Les maux de tête pendant la grossesse sont un problème courant qui touche de nombreuses femmes. Bien que la plupart de ces maux de tête soient bénins et liés aux changements normaux de la grossesse, ils peuvent parfois être inconfortables et soulever des questions. Il est essentiel de comprendre les causes de ces maux de tête, comment les soulager en toute sécurité, les différencier des migraines et reconnaître les signes qui nécessitent une consultation médicale.
Maux de tête et grossesse : un aperçu
Les maux de tête pendant la grossesse sont fréquents et touchent environ 10 à 15 % des femmes enceintes à des degrés divers. Ils peuvent se manifester par une douleur diffuse, une pression au niveau des tempes ou une migraine plus intense. La plupart de ces douleurs sont bénignes et liées aux changements normaux de la grossesse.
Amélioration de la migraine pendant la grossesse
Chez 60 à 70 % des femmes, la migraine s'améliore pendant la grossesse en raison de l'augmentation du taux d'œstrogènes dans le sang. Cette amélioration concerne surtout les femmes souffrant de migraines cataméniales (migraines survenant au moment des règles) et se produit au cours du premier trimestre. Certaines femmes peuvent présenter une première crise de migraine au cours du premier trimestre, alors que les taux d'œstrogènes sont les plus élevés. Il s'agit souvent d'une migraine avec aura.
Causes des maux de tête pendant la grossesse
Les maux de tête pendant la grossesse peuvent être déclenchés par plusieurs facteurs, notamment :
Fluctuations hormonales: Les changements hormonaux pendant la grossesse, en particulier les variations du niveau d'œstrogènes, peuvent jouer un rôle majeur dans l'apparition des maux de tête.
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Stress et tension: La grossesse peut être une période particulièrement stressante en raison des changements physiques et émotionnels ainsi que des préparatifs pour l'arrivée du bébé. Ces différentes sources de stress peuvent occasionner des maux de tête.
Fatigue et troubles du sommeil: Les modifications physiologiques et les inconforts associés à la grossesse ainsi que le manque de sommeil peuvent entraîner de la fatigue, cette dernière pouvant être à l’origine des maux de tête.
Hypertension artérielle: Une tension artérielle élevée pendant la grossesse peut causer des maux de tête sévères et doit nécessiter une surveillance particulière.
Déshydratation: Une hydratation insuffisante peut également contribuer aux maux de tête chez les femmes enceintes. Il est essentiel de maintenir une bonne hydratation tout au long de la journée.
Hypoglycémie: Un niveau de sucre dans le sang trop bas peut parfois déclencher des maux de tête. Maintenir une alimentation équilibrée et régulière est important pour éviter les baisses de glycémie.
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Mauvaise posture ou tension musculaire: Les changements de posture dus à la croissance du ventre peuvent provoquer des tensions musculaires ainsi que des maux de tête.
Autres facteurs: Fatigue, manque de sommeil, stress et tensions musculaires (cou/épaules), prise de poids et changements de posture, manque d'eau (déshydratation) et repas trop espacés (baisse de la glycémie), congestion nasale/sinus liée à la grossesse, parfois majorée par des infections ORL bénignes.
Comment distinguer un mal de tête d'une migraine pendant la grossesse ?
Il est important de distinguer les céphalées de tension des migraines pendant la grossesse. La céphalée de tension se manifeste par une douleur bilatérale, en pression ou en serrement, d'intensité légère à modérée, sans nausées ni vomissements (au plus une photophobie ou une phonophobie). Le début est souvent brutal. La migraine, elle, provoque une douleur souvent pulsatile, plutôt d'un côté (parfois des deux), aggravée par l'activité et associée à des nausées/vomissements et à une intolérance à la lumière ou au bruit ; une aura peut précéder les crises.
Soulager les maux de tête pendant la grossesse
Plusieurs méthodes peuvent aider à soulager les maux de tête pendant la grossesse :
Gestes simples au quotidien
- Bien s’hydrater: Boire régulièrement de l’eau tout au long de la journée pour éviter la déshydratation.
- Avoir une alimentation équilibrée et régulière: Éviter de sauter des repas afin de prévenir les baisses de glycémie.
- Dormir suffisamment: Maintenir des horaires de sommeil réguliers et favoriser une bonne qualité de repos.
- Limiter le temps d’écran: Faire des pauses régulières pour soulager les yeux et la nuque.
- Soigner sa posture: En particulier au bureau ou lors des longues stations assises, afin d’éviter les tensions musculaires du cou et du dos.
- Pratiquer une activité physique douce: Marche, yoga prénatal, étirements, qui améliorent la circulation et réduisent le stress.
Remèdes naturels
- Repos: Se reposer dans une pièce calme et sombre pour diminuer la sensibilité à la lumière et au bruit.
- Compresses: Appliquer des compresses fraîches ou chaudes (mais pas brûlantes) selon ce qui soulage le mieux. Généralement, ce sera du froid sur le front ou du chaud dans la nuque.
- Massage: Masser doucement les tempes, le cuir chevelu, le cou ou les épaules pour relâcher les tensions musculaires.
- Techniques de relaxation: Respiration profonde, méditation, sophrologie, hypnose.
- Bain tiède: Prendre un bain tiède pour détendre le corps.
- Aération: Aérer bien la pièce et faire des promenades en extérieur pour bénéficier d’un air frais et oxygéné.
Médicaments autorisés ou déconseillés
Les traitements médicamenteux doivent TOUJOURS être discutés avec un professionnel de santé.
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- Paracétamol (acétaminophène): C'est l’antalgique de référence en première intention pendant toute la grossesse, en respectant les doses prescrites.
- Aspirine et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, comme l’ibuprofène): Ils sont déconseillés, en particulier au 3ᵉ trimestre en raison du risque pour le fœtus.
- Autres traitements antimigraineux: Ils ne doivent être utilisés qu’en cas de nécessité, après avis médical spécialisé. Si un traitement contre les migraines était déjà en place avant la grossesse, parlez-en à votre médecin afin de confirmer qu’il reste adapté et sûr.
- Automédication: Elle est à proscrire. Toujours demander conseil à une sage-femme, un médecin généraliste, un gynécologue ou un pharmacien avant de prendre un traitement.
Traitements spécifiques de la migraine
- Sumatriptan: En cas d’inefficacité des autres traitements, le sumatriptan peut être proposé pendant la grossesse quel que soit le terme. En cas d’échec du sumatriptan, 3 autres triptans sont autorisées (rizatriptan, élétriptan, zolmitriptan).
- Traitements de fond: Les traitements de fond autorisés au cours de la grossesse sont deux bétabloquants (le propranolol et le métoprolol) et l’amitriptyline. En cas d’échec avec ces molécules, le pizotifène et l’oxétorone peuvent être une alternative mais le CRAT doit alors être contacté. La posologie du traitement de fond choisi sera la plus faible possible en tenant compte de l’efficacité et de la tolérance. La poursuite du traitement sera réévaluée au cours de la grossesse, en fonction de l’évolution. Il est d’usage d’arrêter le traitement au cours du 3ème trimestre. Si le traitement est poursuivi, l’amitriptyline doit être arrêtée un mois avant le terme, car même avec des posologies minimes, un syndrome de sevrage du bébé doit être évité.
- Antiémétiques: Un traitement antiémétique contre les nausées et les vomissements, qui sont souvent plus prononcés lors des migraines durant la grossesse, peut être prescrit. Le métoclopramide 10 mg, si besoin en forme suppositoire, a l’avantage d’avoir aussi une action antimigraineuse et sera donc privilégié.
Quand consulter pour des maux de tête pendant la grossesse ?
La majorité des maux de tête sont bénins, même chez la femme enceinte. Toutefois, certains symptômes doivent amener à consulter sans attendre :
- Crise de maux de tête soudains, intenses ou inhabituels.
- Troubles visuels (vision floue, éclairs lumineux, taches devant les yeux).
- Gonflement soudain du visage, des mains ou des jambes associé à des maux de tête.
- Douleurs abdominales hautes (barre épigastrique), accompagnées ou non de nausées.
- Hypertension artérielle connue ou découverte au cours du suivi.
- Fièvre élevée, vomissements persistants ou raideur de nuque, qui peuvent traduire une infection.
Ces signes peuvent évoquer des complications de santé comme la prééclampsie.
Pré-éclampsie
La pré-éclampsie est une complication de la grossesse caractérisée par une hypertension artérielle associée à des signes comme des protéines dans les urines, des gonflements (visage, mains, jambes) et des céphalées. Elle peut avoir des conséquences sérieuses pour la maman et le bébé, c’est pourquoi un suivi médical rapide est nécessaire pour écarter tout risque.
Thrombophlébite cérébrale
"La grossesse favorise l’hypercoagulabilité sanguine, ce qui augmente les risques de thrombophlébite, à savoir la formation d'un caillot de sang dans une veine", explique la neurologue. Dans 90% des cas, la veine concernée est située dans le mollet ou dans la cuisse. Mais lorsqu’elle touche une veine du cerveau, on parle de thrombophlébite cérébrale. Le principal symptôme est alors d'importantes céphalées.
Hypertension intracrânienne idiopathique
L'hypertension intracrânienne idiopathique est une complication très rare de la grossesse. Son incidence chez les femmes enceintes n'excède pas 1/870. Elle peut survenir aux trois trimestres de la gestation et semble être essentiellement favorisée par : l'obésité, une prise de poids importante, le syndrome des ovaires polykystiques, la thrombophilie et l'hyperfibrinolyse. Elle est liée à une augmentation de la pression du liquide céphalorachidien, et les principaux symptômes sont des céphalées dites "en casque", associées à des vomissements et à des troubles visuels.
Suivi médical et prévention
Même lorsqu’ils semblent anodins, les maux de tête au cours de la grossesse méritent d’être signalés lors des consultations prénatales. Cela permet d'écarter une cause sérieuse nécessitant une action rapide. Par ailleurs, le professionnel pourra adapter les conseils de prévention et de soulagement à vos besoins.
Lors du suivi prénatal, plusieurs examens peuvent être proposés : test urinaire pour détecter la présence de protéines, test sanguin pour contrôler certaines valeurs, ou encore mesure de la tension artérielle. Ces examens simples aident à écarter toute complication.
Prévention des maux de tête
Pour prévenir les maux de tête pendant la grossesse, voici quelques conseils :
- Gestion du stress: Trouvez des méthodes de relaxation comme le yoga, la méditation, la respiration profonde ou la pratique d’activités apaisantes pour vous aider à réduire le stress.
- Hydratation adéquate: Assurez-vous de boire suffisamment d'eau tout au long de la journée pour éviter la déshydratation qui peut être à l’origine des maux de tête.
- Gestion du sommeil: Essayez d'établir une bonne routine de sommeil. Utilisez des oreillers de soutien pour améliorer votre posture de sommeil.
- Éviter les déclencheurs connus: Identifiez les facteurs déclenchants de vos maux de tête et essayez de les éviter autant que possible. Cela pourrait inclure les odeurs fortes, les environnements bruyants ou les situations stressantes.
- Maintenir une bonne posture: Faites attention à votre posture, surtout en raison des changements physiques liés à la grossesse. Évitez de rester dans la même position pendant de longues périodes.
- Exercice modéré: Consultez votre médecin traitant, ou le professionnel de santé qui suit votre grossesse pour obtenir des conseils quant aux exercices adaptés pendant la grossesse. L'exercice régulier peut aider à réduire le stress et à améliorer la circulation sanguine.
Maux de tête après l'accouchement
Au cours de l’allaitement, l’accalmie se prolonge le plus souvent jusqu’au retour de couches. Pour les femmes qui n’allaitent pas, les crises risquent de reprendre plus rapidement. Parfois, les jeunes mamans rapportent une aggravation de la fréquence et de la sévérité des crises. Cette évolution est plus à rapporter aux changements de rythme liés à l’arrivée de l’enfant avec des réveils nocturnes fréquents qu’à l’allaitement.
Plusieurs traitements de crise sont autorisés, car ils ne passent qu’en faible quantité dans le lait maternel : le paracétamol, l’aspirine (en prise unique), l’ibuprofène, le kétoprofène et deux triptans, le sumatriptan et l’élétriptan.
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