Le site de Mardor à Couches, autrefois un centre de rééducation et de réadaptation de la Croix-Rouge, est au cœur de multiples projets de reconversion depuis sa fermeture en mars 2019. Cependant, ces initiatives se sont souvent soldées par des échecs, laissant les habitants et les élus locaux dans l'incertitude quant à l'avenir de ce lieu emblématique.
Un Projet d'Œnotourisme Avorté
Le dernier projet en date, un projet d’œnotourisme, a été enterré durant l’été 2025. « La boîte qui devait reprendre le site a été rachetée et le nouvel acquéreur a abandonné les projets dont celui de Mardor », a appris Émile Leconte, le maire de Couches, qui craint de « terminer son mandat électoral sans solution pour le site ». Ce projet, comme d'autres avant lui, n'a pas abouti, laissant le site de Mardor dans un état d'abandon et suscitant l'inquiétude quant à sa dégradation progressive.
L'Émergence d'un Projet d'EHPAD
Dans ce contexte de désillusion, un nouvel espoir a émergé avec l'annonce d'un projet d'Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) de 145 lits sur la friche hospitalière de Mardor. La Croix-Rouge, propriétaire du site, a confirmé avoir reçu une marque d'intérêt de la part d'un acteur du médico-social pour la construction d'un tel établissement.
Selon l’association, il s’agirait d’un Ehpad de 145 chambres sur la base du permis de construire initialement déposé (pour le Village Répit Familles de 2017, pour un montant de 25 millions d’euros). L’obtention des autorisations délivrées par les tutelles pour mener à bien ce projet serait déterminante. « Le permis de construire est en effet toujours valable », confirme le maire, et « il peut correspondre aussi à un Ehpad puisqu’il s’agissait de construire des chambres ».
Les Enjeux et les Perspectives d'un EHPAD à Mardor
Ce projet d'EHPAD suscite à la fois de l'espoir et des interrogations. D'une part, il pourrait permettre de redynamiser le site de Mardor, de créer des emplois et de répondre aux besoins croissants en matière d'accueil et de prise en charge des personnes âgées dépendantes. D'autre part, des préoccupations subsistent quant à la pertinence de ce projet au regard des besoins du territoire et de l'offre existante.
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Les Retombées Économiques et Sociales Potentielles
La construction d'un EHPAD de 145 lits à Mardor pourrait avoir des retombées économiques et sociales significatives pour la commune de Couches et ses environs. Selon les estimations, un tel établissement pourrait créer environ 80 emplois, contribuant ainsi à dynamiser le marché du travail local. De plus, il pourrait attirer de nouvelles familles et de nouveaux résidents, stimulant ainsi l'activité économique et commerciale de la région.
Si ce troisième établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes se fait, il estime à 80 le nombre d’emplois qui pourrait en découler. Ce n’est pas autant qu’autrefois : « 150 emplois avec des familles logées sur place », rappelle Natacha Rossi, la secrétaire générale de la mairie.
Les Besoins et l'Offre en Matière d'Hébergement pour Personnes Âgées
Avant de se prononcer définitivement sur la pertinence de ce projet, il est essentiel d'évaluer les besoins réels en matière d'hébergement pour personnes âgées dépendantes sur le territoire. La commune de Couches dispose déjà d'un EHPAD de 83 lits, tout comme la commune voisine d'Épinac. Il est donc important de s'assurer que la construction d'un nouvel établissement ne conduirait pas à une situation de suroffre, qui pourrait fragiliser les établissements existants.
« Il ne faudrait pas déshabiller Pierre pour habiller Jacques. » Il entend par là que cet Ehpad devrait venir s’ajouter aux deux Ehpad existants à Couches et à Épinac dans le secteur, et non se substituer à eux. Couches dispose déjà d’un Ehpad de 83 lits, comme celui d’Épinac.
Par ailleurs, il convient de tenir compte de l'évolution des besoins et des préférences des personnes âgées, qui sont de plus en plus nombreuses à souhaiter rester à leur domicile le plus longtemps possible. Le développement de solutions alternatives à l'hébergement en établissement, telles que le maintien à domicile, les services de soins à domicile et les résidences autonomie, pourrait être une option plus adaptée pour répondre aux besoins d'une partie de la population.
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Les Obstacles Potentiels à la Réalisation du Projet
La réalisation du projet d'EHPAD à Mardor est soumise à plusieurs conditions et autorisations administratives. Notamment, l'accord du conseil départemental de Saône-et-Loire et de l'Agence régionale de santé (ARS) est indispensable pour mener à bien ce projet. Or, selon l'ARS, un tel établissement « ne s’inscrit pas à l’ordre du jour sur ce site, où il ne correspondrait pas à un besoin identifié ».
Pour l’ARS, cet Ehpad « ne correspondrait pas à un besoin identifié »« C’est une idée de la Croix-Rouge mais à l’heure qu’il est, aucun contact n’a été pris et aucune demande de réunion de travail n’a été formulée », répond le conseil départemental de Saône-et-Loire qui ne peut donc pas s’exprimer sur un sujet dont il ne connaît pas les détails.
De plus, il est essentiel de s'assurer de la viabilité financière du projet et de la capacité de l'établissement à offrir des prestations de qualité à un coût abordable pour les résidents. Le maire de Couches souligne que « les Ehpad se remplissent moins bien qu’avant et ils sont de plus en plus chers tandis que les GIR* sont de plus en plus lourds ». Il est donc important de prendre en compte ces éléments pour garantir la pérennité et l'attractivité de l'établissement.
*Le GIR (Groupe iso-ressources) correspond au niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée.
La Dégradation du Patrimoine et l'Abattage des Arbres
Parallèlement aux projets de reconversion, le site de Mardor est confronté à un problème de dégradation du patrimoine et de destruction de l'environnement. Récemment, l'abattage de tous les arbres du parc du château de Mardor a suscité l'indignation des habitants, qui dénoncent la destruction d'un patrimoine naturel et historique.
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La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux : tous les arbres du parc du château de Mardor à Couches ont été abattus ( lire par ailleurs ). Des habitants crient au scandale car « après avoir détruit de nombreux bâtiments, on s’attaque aux arbres centenaires ». Des habitants sont las de voir un bout du patrimoine local tomber en ruine ou être défiguré.
Cette situation témoigne du manque d'entretien et de valorisation du site de Mardor, qui se dégrade progressivement au fil des années. Il est donc urgent de mettre en place des mesures de protection et de restauration du patrimoine, afin de préserver la mémoire et l'identité de ce lieu emblématique.
Le Rôle de la Croix-Rouge et des Autorités Locales
La Croix-Rouge, en tant que propriétaire du site de Mardor, a un rôle essentiel à jouer dans la recherche d'une solution durable pour ce lieu. Il lui appartient de prendre en compte les besoins et les attentes des habitants, de travailler en concertation avec les autorités locales et de proposer un projet de reconversion qui soit à la fois viable économiquement, socialement et environnementalement.
Quant aux autorités locales, elles doivent accompagner et soutenir les initiatives de reconversion, en facilitant les démarches administratives, en mobilisant les financements nécessaires et en veillant à la cohérence des projets avec les politiques publiques en matière de développement économique, social et environnemental.
Le maire Émile Leconte a renouvelé son invitation à la présidente nationale de la Croix-Rouge de se rendre à Couches, sur le site de Mardor. « Ce courrier restera sans doute sans réponse comme les autres », craint le maire qui sait aussi qu’un Ehpad ne peut se faire sans l’accord du conseil départemental de Saône-et-Loire et de l’Agence régionale de santé (ARS).
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