Loading...

Manifestations pour le droit à l'avortement en France : Un droit toujours à défendre

À l'occasion de la journée internationale consacrée au droit à l'avortement, le 28 septembre 2025, des manifestations ont eu lieu en France pour défendre ce droit fondamental. Ces rassemblements interviennent dans un contexte d'inquiétude et de vigilance, six mois après l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution française. Malgré cette avancée constitutionnelle, les associations féministes et une partie de la population restent mobilisées face aux menaces persistantes et aux obstacles qui entravent l'accès à l'IVG.

Mobilisation nationale pour un droit menacé

Samedi 28 septembre, des centaines de personnes se sont mobilisées à Paris et dans plusieurs villes françaises pour défendre le droit à l'avortement. Le cortège parisien, à l'appel du collectif Avortement en Europe, les femmes décident, regroupant associations féministes et syndicats, a témoigné de l'engagement de la société civile pour la défense de ce droit.

À Toulouse, le rassemblement a réuni plusieurs centaines de personnes, avec des pancartes revendiquant « IVG pénalisée femmes sacrifiées » ou « mon corps mon choix ». La députée écologiste Sandrine Rousseau a souligné que le droit à l'IVG recule dans plusieurs pays en raison de la montée de l'extrême droite. Elle a insisté sur la nécessité de rester vigilant et de ne rien lâcher, relevant l'entrée au gouvernement de parlementaires ayant voté contre la constitutionnalisation de l'IVG.

À Lille, environ 150 personnes ont manifesté, réclamant la démission des parlementaires ayant voté contre l'IVG dans la Constitution. Les slogans brandis, tels que « Tu ne veux pas que j’avorte alors castre-toi » ou « le droit de choisir est vital », témoignent de la détermination des manifestants à défendre leur droit à disposer de leur corps.

À Nice, une centaine de personnes se sont réunies pour exprimer leur solidarité avec les femmes du monde entier. Valérie Radix, membre du Planning familial du collectif Droits des femmes du Rhône, a souligné l'importance de rappeler que l'avortement est un droit toujours à défendre, face à un gouvernement très conservateur et aux menaces d'une arrivée de l'extrême droite.

Lire aussi: Manifestations IVG : Récit Historique

Inquiétudes et revendications

Le texte de l'appel à manifester exprime l'inquiétude que les conditions de la « liberté garantie » d'accès à l'IVG inscrite dans la Constitution puissent être « revues à la baisse ». Thomas Laurent, un intermittent du spectacle, craint que l'inscription de l'IVG dans la Constitution « n’empêchera pas la suppression de l’aide médicale d’Etat » (AME), qui garantit sous conditions certains soins gratuits aux étrangers en situation irrégulière. Cette crainte est partagée par de nombreux manifestants, qui brandissent des pancartes « Touche pas à l’AME » et « le droit à la santé, avec ou sans papiers ».

Les associations féministes tirent la sonnette d'alarme face à un droit toujours « fragile » et font état « d'attaques régulières » de ses opposants. Elles revendiquent :

  • L’accès aux soins pour toutes, sur tous les territoires, tout le long de l’année avec la réouverture des CIVG fermés, des maternités et hôpitaux de proximité, et le maintien de l’offre en ville.
  • La garantie pour toutes du choix des méthodes pour l’IVG et la contraception.
  • Une politique claire et forte impulsant des campagnes publiques d’information sur les droits sexuels et reproductifs ainsi que les séances d’éducation à la vie affective et sexuelle en milieu scolaire prévues par la loi du 4 juillet 2001.
  • Une politique de production publique des médicaments essentiels, incluant ceux nécessaires à l’IVG, pour éviter toute pénurie.

La "Marche pour la Vie" et l'opposition à l'IVG

Le 19 janvier 2025, le collectif Marche pour la Vie a organisé la plus grande manifestation anti-IVG d’Europe à Paris. Cette manifestation, qui intervient 50 ans après l’adoption de la Loi Veil dépénalisant l’IVG et 1 an après la constitutionnalisation de ce droit, est perçue comme une remise en cause manifeste de ce droit fondamental.

Les organisateurs de la "marche pour la vie" réclament une échographie obligatoire dès la sixième semaine de grossesse, permettant d'"entendre battre le cœur du fœtus", ou encore un délai de réflexion de trois jours avant toute IVG. Ils appellent également à "encourager l’accouchement sous X" et à défendre "le droit absolu à l’objection de conscience des personnels de santé et protéger la clause de conscience spécifique."

Nicolas Tardy-Joubert, président de la Marche pour la vie, a affirmé que l'avortement est la première cause de mortalité en France pour l'espèce humaine. Il a également dénoncé la loi Veil, la considérant comme responsable de la mort et de l'exclusion de plus de 10 millions de bébés de la société française.

Lire aussi: PMA en Franche-Comté : Les Dernières Nouvelles

Un contexte international préoccupant

Les manifestations pour le droit à l'avortement en France s'inscrivent dans un contexte international préoccupant. Aux États-Unis, la décision de la Cour suprême de 2022 continue de peser sur les femmes, dont certaines se rendent au Mexique où la Cour suprême a dépénalisé l’avortement en septembre 2023. En Argentine, le Président Milei cherche à revenir sur le droit à l’avortement, acquis de haute lutte en 2020.

Partout où l’extrême-droite arrive au pouvoir, elle n’a de cesse de vouloir restreindre voire interdire les droits des femmes. C’est le cas dans différents pays européens comme en Italie, en Hongrie ou en Pologne. Les femmes polonaises en paient encore le prix fort malgré un changement politique qui peine à rétablir le droit à l’avortement. Il est essentiel d’inscrire le droit à l’avortement dans la Charte européenne des droits fondamentaux.

Depuis 2021, l’avortement a été progressivement interdit au Texas. Le bilan de cette politique est terrible : en 2024, le Texas a connu une explosion d’abandons sauvages de bébés et une hausse de 56% de décès de femmes enceintes entre 2019 et 2022 contre 11% dans tout le reste du pays.

Lire aussi: PMA : Échos de Strasbourg

tags: #manifestation #pour #avortement #france

Articles populaires:

Share: