La violence maternelle envers un enfant, qu'elle soit physique, psychologique ou par négligence, est une violation grave de la confiance et de la sécurité dont l'enfant a besoin pour se développer sainement. C'est un problème complexe avec des conséquences profondes et durables pour l'enfant, la mère et la société dans son ensemble. Cet article explore les différentes formes de violence maternelle, leurs conséquences sur l'enfant, et les ressources disponibles pour aider les victimes et les auteurs de ces actes.
Les Formes de Violence Maternelle
La violence maternelle peut prendre de nombreuses formes, allant de la violence physique à la violence psychologique plus subtile, en passant par la négligence. Il est important de reconnaître ces différentes formes pour pouvoir identifier et intervenir efficacement dans les situations de maltraitance.
Violences physiques: Cela inclut tout usage de la force physique contre l'enfant, comme frapper (avec la main, le poing, un objet), mordre, brûler, empoisonner, droguer, étouffer, étrangler, secouer ou bousculer. Un exemple tragique est le syndrome du bébé secoué, qui entraîne de graves séquelles neurologiques, voire la mort. Les violences physiques n'ont pas besoin d'être habituelles ou répétées pour être illégales. En 2016, les forces de l’ordre ont recensé 131 infanticides, dont 67 commis dans le cadre intrafamilial. Parmi ces 67 enfants décédés sous les coups d’un parent ou d’un proche, près de quatre sur cinq avaient moins de cinq ans.
Violences psychologiques: Plus difficiles à déceler que les violences physiques, elles sont pourtant tout aussi dommageables. Elles peuvent inclure des insultes, des humiliations, des menaces, du harcèlement, de l'isolement, ou toute autre forme de comportement qui mine l'estime de soi et la sécurité émotionnelle de l'enfant. La violence psychologique peut être une forme de violence conjugale mais elle est également une forme de maltraitance répandue envers les enfants. C’est une forme de violence envers autrui sans qu’une violence physique soit mise en œuvre directement. Ces violences peuvent s’exprimer de différentes manières. Par ailleurs, cette forme de maltraitance et les violences subies peuvent freiner le développement et l’épanouissement personnel de l’enfant.
Négligences: Il s'agit du fait de priver l'enfant des éléments indispensables à son développement et à son bien-être, comme la nourriture, le sommeil, les soins médicaux, l'attention, l'affection et la supervision adéquate. La loi prévoit des peines plus sévères lorsqu'un ascendant prive l'enfant d'aliments ou de soins au point de compromettre sa santé.
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Violences sexuelles: Elles comprennent tous les actes à connotation sexuelle imposés à l'enfant, comme le viol, les agressions sexuelles, les mutilations sexuelles, la prostitution de mineurs, la pédopornographie et la corruption de mineurs. Depuis la loi du 3 août 2018 relative aux violences sexuelles et sexistes, le Code pénal précise que la contrainte peut résulter de la différence d’âge entre l’auteur et sa victime, ou de l’autorité que l’auteur exerce sur la victime. Les atteintes sexuelles commises sur un mineur sont punies par la loi même en l’absence de violence, de contrainte, de menace ou de surprise.
Il est aussi important de considérer la notion d'"incestuel" ou de "climat incestuel," qui désigne un climat psychique et de relations interpersonnelles intrafamiliales proches de l'inceste, sans forcément passage à l'acte. Il s'agit d'une relation de dépendance érotisée entre un parent et son enfant, avec une confusion des rôles, pouvant avoir des conséquences aussi graves qu'une agression physique.
Les Conséquences Traumatiques sur l'Enfant
Les conséquences de la violence maternelle sur l'enfant sont multiples et peuvent affecter tous les aspects de son développement.
Conséquences physiques: Retard de croissance, allergies, troubles ORL et dermatologiques, maux de tête, maux de ventre, troubles du sommeil et de l’alimentation, et une plus grande vulnérabilité aux accidents.
Conséquences psychologiques et comportementales: Troubles de l'adaptation (phobies scolaires, angoisse de séparation, hyperactivité, irritabilité, difficultés d'apprentissage, troubles de la concentration), détresse émotionnelle, anxiété, dépression, faible estime de soi, difficultés relationnelles, troubles du comportement, conduites addictives à l'adolescence, et un risque accru de comportements suicidaires.
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Traumatismes cérébraux: La maltraitance peut perturber le développement cérébral, en particulier dans le traitement de l'information, augmentant le risque de troubles de l'attention, des émotions, de la cognition et du comportement. Elle peut également altérer le développement du système biologique de la gestion du stress, générant un risque accru de problèmes anxieux, dépressifs et cardiovasculaires à l'âge adulte.
Difficultés d'apprentissage et problèmes scolaires: La maltraitance peut entraîner des difficultés d'apprentissage, des déficits des fonctions d'exécution et de régulation de l'attention, un QI plus faible, des difficultés de lecture et un faible niveau d'étude.
Problèmes relationnels et attachement insécurisé: Les enfants victimes de violence maternelle ont souvent des difficultés à établir des relations saines et sécurisées avec les autres. Ils peuvent développer des relations d'attachement insécurisées, caractérisées par la crainte, la méfiance et la difficulté à faire confiance.
Exposition à la violence conjugale: Les enfants victimes directes lorsqu’ils sont eux-mêmes frappés, insultés, harcelés, humiliés, menacés ; victimes indirectes lorsqu’ils sont exposés. Les enfants qui sont témoins de violence conjugale présentent davantage de problèmes de santé : retard de croissance, allergies, troubles ORL et dermatologiques, maux de tête, maux de ventre, troubles du sommeil et de l’alimentation et ils sont plus souvent victimes d’accidents (8 fois plus d’interventions chirurgicales). Ils présentent fréquemment des troubles de l’adaptation : phobies scolaires, angoisse de séparation, hyperactivité, irritabilité, difficultés d’apprentissage, et des troubles de la concentration.
L’exposition aux scènes de violences conjugales a d’autant plus d’impact quand l’enfant est petit car pendant la période préverbale, c’est à dire lorsqu’il a moins de deux ans, il n’a pas la capacité de mettre des mots sur ce qu’il ressent, et la scène est intériorisée à l’état brut, sous la forme de sons, de cris, de gestes, de regards, etc. Ces sensations se fixent au niveau cérébral sous la forme d’une mémoire traumatique qui peut resurgir telle quelle dans des circonstances qui rappellent le passé. Il faut sortir de l’idée que l’enfant petit ne se rendra pas compte de ce qui se passe.
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Le Rôle de l'Exposition à la Violence Conjugale
Il est crucial de reconnaître que l'exposition à la violence conjugale, même sans violence directe envers l'enfant, constitue une forme de maltraitance. L'enfant est une victime indirecte lorsqu'il est témoin de scènes de violence entre ses parents, ou lorsqu'il entend des cris et des disputes. Cela peut entraîner des conséquences traumatiques similaires à celles de la violence directe.
Les enfants exposés à la violence conjugale peuvent développer des sentiments de peur, d'anxiété, de culpabilité et d'impuissance. Ils peuvent également présenter des troubles du comportement, des difficultés scolaires et des problèmes relationnels.
« L’enfant est d’autant plus exposé à des conséquences psychotraumatiques que les violences conjugales ont commencé très tôt, qu’il est l’aîné ou qu’il est enfant unique, que les violences sont graves et fréquentes, que l’enfant s’interpose et subit des violences directes.
Que Faire Face à une Situation de Violence Maternelle?
La loi oblige tout citoyen ayant connaissance de privations, de mauvais traitements ou d'agressions sexuelles infligés à un mineur à en informer les autorités judiciaires ou administratives. Ne pas le faire est passible de sanctions pénales.
Signaler la situation: Si vous avez des soupçons ou des preuves de violence maternelle, il est crucial de signaler la situation aux autorités compétentes. Vous pouvez contacter la cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) de votre département, le 119 (numéro national d'appel d'urgence pour l'enfance en danger), ou le procureur de la République.
Écouter et soutenir l'enfant: Si un enfant se confie à vous, il est important de l'écouter attentivement, de le croire, de le rassurer et de lui dire que ce qui lui arrive n'est pas de sa faute. Évitez de poser des questions intrusives ou d'utiliser un vocabulaire inapproprié.
Protéger l'enfant en danger immédiat: S'il y a un danger immédiat pour l'enfant, contactez la police ou les services d'urgence.
Accompagner la mère: Il est important de ne pas stigmatiser la mère, mais de lui offrir un soutien et un accompagnement adaptés. Elle peut avoir besoin d'une aide psychologique, d'un soutien social, ou d'un accompagnement juridique.
Les Ressources Disponibles
De nombreuses ressources sont disponibles pour aider les enfants victimes de violence maternelle, ainsi que les mères qui ont recours à la violence.
Le 119: Numéro national d'appel d'urgence gratuit et confidentiel pour toute situation d'enfant en danger.
La CRIP (Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes): Service départemental chargé de recueillir et d'évaluer les informations concernant les enfants en danger.
Les services de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE): Services départementaux chargés de la protection de l'enfance.
Les associations de protection de l'enfance: De nombreuses associations offrent un soutien aux enfants victimes de maltraitance et à leurs familles. Un exemple est SOlidarité femmeS Loire-Atlantique, qui accueille, écoute, accompagne, oriente et héberge les femmes victimes de violences conjugales et/ou familiales, ainsi que leurs enfants. L'association a même prévu l’ouverture d’un lieu d’accueil et d’orientation pour les femmes et les enfants victimes à Saint-Nazaire.
Les centres de planification et d'éducation familiale (CPEF): Ils offrent des consultations médicales, psychologiques et sociales, ainsi qu'un accompagnement pour les femmes enceintes et les jeunes parents.
Les services de médiation familiale: Ils peuvent aider à résoudre les conflits familiaux et à trouver des solutions pour le bien-être de l'enfant.
Prévention et Sensibilisation
La prévention de la violence maternelle passe par une meilleure sensibilisation du public aux différentes formes de maltraitance, à leurs conséquences, et aux ressources disponibles. Il est également important de soutenir les parents en difficulté, de promouvoir une éducation positive et non-violente, et de lutter contre les inégalités sociales et les discriminations qui peuvent contribuer à la violence.
Le violentomètre est un outil de sensibilisation qui rappelle ce qui relève ou non des violences à travers une gradation colorée, trois segments pour évaluer si sa relation amoureuse est saine : « Profite », « Vigilance, dis stop ! » et « Protège-toi, demande de l’aide ».
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