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Mamadou Doudou Diouf : Parcours d'un Officier Général et Homme d'État Sénégalais

Introduction

Cet article retrace la biographie de Mamadou Doudou Diouf, une figure éminente du Sénégal, en s'appuyant sur les informations disponibles. Général de Corps d’armée, officier général sénégalais, il a marqué l'histoire de son pays à travers son parcours militaire et ses contributions diplomatiques et politiques.

Formation Militaire et Début de Carrière

Le Général Doudou Diop a reçu une formation prestigieuse à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (France), promotion 1960-1962. Il fait partie des premiers officiers sénégalais saint-cyriens. Il a également obtenu son brevet d'officier à l’École nationale des sous-officiers d’active à Saint-Maixent-l’École.

En 1956, il fut incorporé dans l’Armée française et affecté au Niger puis en Algérie. En 1960, il est promu lieutenant. Au mois de novembre de la même année, il revient au Sénégal et intègre la gendarmerie. Il a commandé la compagnie de gendarmerie du Sine-Saloum et du Sénégal oriental ainsi que l’école de formation et d’application de la gendarmerie nationale avant d’être versé dans la réserve lorsqu’il obtient le grade de commandant.

Après le bataillon, il a été nommé comme Commandant et Directeur du Génie, nommé par le Général Jean-Alfred Diallo, en remplacement d’un colonel français, un conseiller technique.

Missions Diplomatiques et Politiques

En tant que chef d’État-major particulier, le Chef de l’État, le Président Abdou Diouf lui confie certaines missions diplomatiques telles que la dissolution et la liquidation de la confédération de la Sénégambie, la gestion du conflit Sénégal - Mauritanie où sous le couvert de la DGSE et du Quai d’Orsay, les négociations ont permis la reprise des relations diplomatiques, la restitution des biens et la gestion des réfugiés et des déplacés.

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En 1971, il accède aux fonctions de magistrat à la Cour suprême où il occupe le poste d’avocat général. En reconnaissance à l’appui de son père, le président de la République le fait venir à ses côtés. Il devient secrétaire général de la Présidence. En janvier 1981, il est ministre de la Santé publique dans le premier Gouvernement de Habib Thiam. En 1984, Mamadou Diop devient maire de Dakar et occupera ce poste pendant 17 ans. Pape Diop lui succède en 2002.

Abdou Diouf : Un Homme d'État Sénégalais

Abdou Diouf, né le 7 octobre 1935, à Louga, une province d’agriculteurs et de pasteurs, peuplée de Peuls, Wolofs et Maures, a marqué l'histoire politique du Sénégal. Ses parents sont le fruit d’un métissage. Son père, N’Diaye DIOUF, un Saint-louisain, avait une mère peule et un père Sérère. Sa mère, Coumba DEME, était la fille d’un Peul et d’une Wolof.

Après la ville M’Backé, Abdou DIOUF a grandi à Saint-Louis, élevé par sa grand-mère maternelle, Fama BASSE. C’est la nièce de sa grand-mère, Toutane BASSE, qui poursuivra par la suite son éducation. Il porte le porte le prénom du père de Toutane, appelé Abdou Samba Toro BASSE, un nom typiquement peul qu’il gardera jusqu’à l’entrée de l’école française où il reprendra le nom de DIOUF Abdou. C’est sa tante, Toutane BASSE, présidente du Comité des femmes senghoristes à Saint-Louis qui lui fera rencontrer le futur président de la République du Sénégal, son mentor politique.

Abdou Diouf a gravi tous les échelons au sein du Parti Socialiste, puisqu’il en a été le président. Pour la première fois, Abdou DiOUF raconte dans le détail son prestigieux parcours politique, et dont on chercherait en vain un équivalent contemporain. Toujours ouvert au dialogue, notamment à celui qui doit prévaloir entre les religions, cet homme épris de liberté se révèle aussi un homme de culture d’une rare finesse d’esprit. Ses Mémoires, où de savoureuses anecdotes côtoient les convictions humanistes les plus profondes, s’adressent à l’humanité de chacun de nous.

Sorti major de l’école nationale d’administration de l’Outre-mer, il a été successivement gouverneur de la région de Sine-Saloum à 26 ans, à 27 ans Secrétaire général de la Présidence de la République, à 32 ans, Ministre de SENGHOR (1906-2001), à 34 ans Premier Ministre, et à 45 ans, Président de la République. Il sera réélu trois fois au poste de président du Sénégal : en 1983, 1988 et 1993, qu’il occupera quittera en mars 2000 en vrai démocrate. C’est la grande alternance, fait inédit en Afrique. Mais dès octobre 2002, l’infatigable Abdou DIOUF est élu secrétaire général de la Francophonie. Il prolonge ainsi sur le plan international son combat pour la démocratie et son œuvre de tolérance et de paix, d’ouverture au monde et de rayonnement du continent africain.

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Après ses études primaires et secondaires à Saint-Louis, Abdou DIOUF s’inscrit en 1955, à la faculté de droit de Dakar, à l’époque dénommée Institut des hautes études. Il se rend, pour la première fois, à Paris, en 1957, à la suite d’une bourse dite de vacances. Il reviendra le 30 septembre 1958, à l’école nationale d’Outre-mer, située à l’avenue de l’Observatoire, à Paris, dans le 14ème arrondissement. C’est en 1959, au Quartier latin, qu’il rencontre, à Paris, sa future épouse, Elisabeth. Ils se marieront le 21 décembre 1963. «Elle est la lumière de ma vie», dit-il. Abdou DIOUF voulait faire une carrière dans les finances publiques. A l’époque, il ne rêvait pas d’une carrière politique. Mais le destin en a décidé autrement.

Abdou DIOUF, de retour au Sénégal, est propulsé par Mamadou DIA dans différents postes, mais sur des périodes très courtes, avec parfois des échecs qu’il n’occulte pas. Abdou DIOUF a démarré dans l’administration en qualité de gouverneur à Kaolack. Il sera, par la suite, grâce à Mamadou DIA, premier ministre, nommé au Ministère du Plan, chef de division, poste qui ne lui convenait pas. «J’ai eu du mal à y trouver mes marques», dit-il. Il sera promu Directeur de la coopération économique et technique, puis auditeur à la Cour suprême du Sénégal. C’est Mamadou DIA qui le fera nommer adjoint au Secrétaire général du gouvernement, auprès de Jean COLLIN. «Jean COLLIN est un administrateur chevronné, déterminé et brillant», dit-il. Abdou DIOUF est notamment rapporteur de la Commission des coûts et rendements et coordonne les services rattachés à la Primature. Il sera nommé en 1961, Secrétaire du Ministère de la défense, puis gouverneur de la région du Sine-Saloum, le 11 décembre 1961.

Abdou DIOUF voulait devenir historien ou enseignant, mais ses rencontres avec Mamadou DIA (ancien premier ministre), mais surtout avec le président SENGHOR, ont changé le cours de l’histoire. «Me voici par le temps et l’histoire», dit-il. Après plus de 50 d’expérience politique, Abdou DIOUF a choisi faire publier ses mémoires chez Seuil, le 14 novembre 2014. Abdou DIOUF veut participer à l’écriture de l’histoire politique du Sénégal et de l’Afrique. Il est rare d’avoir à prendre connaissance des mémoires d’un ancien premier et d’un ancien chef de l’Etat encore en vie. En effet, Abdou DIOUF a gravi tous les échelons au sein du Parti Socialiste, puisqu’il en a été le président. Pour la première fois, Abdou DiOUF raconte dans le détail son prestigieux parcours politique, et dont on chercherait en vain un équivalent contemporain. Toujours ouvert au dialogue, notamment à celui qui doit prévaloir entre les religions, cet homme épris de liberté se révèle aussi un homme de culture d’une rare finesse d’esprit. Ses Mémoires, où de savoureuses anecdotes côtoient les convictions humanistes les plus profondes, s’adressent à l’humanité de chacun de nous.

L'École Senghorienne et l'Influence de Mamadou Dia

Abdou DIOUF est un élève de Mamadou DIA (1910-2009), converti au Senghorisme, Même s’il ne le dit pas explicitement, et a un peu réécrit l’histoire, le premier mentor en politique d’Abdou DIOUF a été Mamadou DIA (1910-2009), premier ministre du Sénégal du 4 avril 1960 au 18 décembre 1962. Abdou DIOUF, qui était reçu chaque mois par Mamadou DIA l’avait questionné sur les rumeurs de dissension avec le président SENGHOR. Abdou DIOUF reconnaît qu’à la chute de Mamadou DIA, le président SENGHOR avait demandé aux gouverneurs de région de faire acte d’allégeance au président SENGHOR. En bon républicain, il avait refusé, «estimant qu’étant soumis aux institutions de la République, je n’avais pas à faire acte d’allégeance personnelle». Il cite même une recommandation d’une amie de sa mère «Mon fils, ne te mêle pas de cela. Ce combat ne concerne que SENGHOR et DIA. Ne sacrifie pas ton avenir». André PEYTAVIN (1926-1964) pense qu’Abdou DIOUF était un Diaiste. Pour cette hésitation, lors de la crise de 1962, Abdou DIOUF a été relevé de ses fonctions de gouverneur du Sine-Saloum.

Reçu en audience, par le président SENGHOR, les liens se sont renoués et Abdou DIOUF est nommé, fin décembre 1962, Directeur de cabinet de Doudou THIAM (1926-1999), ministre des affaires étrangères. Abdou DIOUF admet qu’il a été également soutenu dans son ascension politique par Colette SENGHOR, la femme du président. «Elle m’a toujours soutenu, avec discrétion et efficacité», admet Abdou DIOUF.

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Pour Abdou DIOUF, le président SENGHOR aimait et voulait la perfection, une gestion rigoureuse de l’Etat. Il choisissait ses collaborateurs en conséquence parce qu’il visait toujours le meilleur. Une bonne répartition des tâches entre SENGHOR et Abdou DIOUF est organisée. Le président SENGHOR s’occupait des grandes orientations de l’Etat, organisait et planifiait ses déplacements à l’intérieur et à l’extérieur du pays, dirigeait le parti socialiste, mais se réservait un temps pour ses activités intellectuelles et littéraires. Abdou DIOUF était le point de centralisation, de tri, de classement et de pré-validation. Abdou DIOUF avait en charge l’intendance et la coordination quotidienne des activités de l’Etat. Ce qui permettait au président SENGHOR de prendre de la hauteur.

Abdou DIOUF a eu un mentor politique exceptionnel : Léopold Sédar SENGHOR. Il a tout appris de lui. Dans ses mémoires Abdou DIOUF évoque la ponctualité légendaire de SENGHOR. Il mettait avant toujours en avant le respect.

Mamadou Dia : Un Nationaliste Intransigeant

Issu d’un milieu rural, des profondeurs du Sénégal, enseignant, journaliste, Secrétaire général du Bloc Démocratique Sénégalais (BDS), Sénateur, député à l’assemblée nationale française et du Sénégal, maire de Diourbel, Mamadou DIA a été le premier président du Conseil du gouvernement sénégalais de 1957 à 1962. Intransigeant, il refusait toute compromission. En effet, arrêté en décembre 1962, emprisonné à Kédougou de 1963 à 1974, il n’a été gracié qu’en 1976.

En décembre 2013, les amis de Mamadou DIA regrettaient le fait qu’au Sénégal «aucune rue, aucune impasse ne porte le nom de Mamadou DIA. Cela surprend». Compagnon de route depuis 1946, puis concurrent de SENGHOR en 1962, victime d’une conspiration du silence depuis sa destitution, son histoire oubliée ou occultée mériterait un hommage, car Mamadou DIA, un authentique Foutankais, un nationaliste engagé pour la ruralité.

Deux visions de la politique du Sénégal indépendant se sont affrontées : SENGHOR défendait des relations privilégiées avec la France et composait avec les intérêts en place notamment l’économie arachidière (bourgeoisie nationale, lobby des marabouts) et Mamadou DIA prônait une diversification de la production, l’autogestion à partir des communautés de base, en voulant, à travers les coopératives, libérer les paysans de ce système de la traite arachidière au cœur du système colonial.

La fédération du Mali a été éphémère : «Le rôle de la France dans la rupture de la Fédération du Mali, c’est tout à fait clair : la France a pris position contre parce qu’effectivement c’était l’option de diviser pour régner» écrit Roland COLIN. En 1960, à l’indépendance, la Constitution prévoit un «régime parlementaire rationalisé», avec un exécutif bicéphale, Léopold Sédar SENGHOR, président de la République et Mamadou DIA, président du Conseil. SENGHOR, un animal politique, finira par liquider son ami Mamadou DIA, pour tentative de «coup d’Etat» et régnera, sans partage, sur le Sénégal de 1962 à 1980.

60 ans après les indépendances, le projet politique de Mamadou DIA est finalement reconnu de nos jours, comme inspiré d’un authentique nationalisme ; il voulait sortir les «Badolos», les déshérités de leur misère, de ce système de traite qui les maintenait dans la servitude.

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