L'entrée en micro-crèche représente une étape significative dans la vie d'un jeune enfant. C'est une transition délicate, marquée par la séparation d'avec les figures d'attachement primaires, la découverte d'un nouvel environnement et l'apprentissage de la vie en collectivité. Dans ce contexte, la question de l'accompagnement de l'enfant, notamment par l'utilisation d'objets transitionnels tels que la tétine et le doudou, suscite de nombreuses interrogations chez les parents et les professionnels de la petite enfance. Cet article se propose d'explorer en profondeur les enjeux liés à la tétine et au doudou en micro-crèche, en mettant en lumière leurs avantages et leurs inconvénients, afin d'aider les parents à prendre des décisions éclairées pour le bien-être de leur enfant.
L'Adaptation à la Crèche : Un Nouveau Chapitre
Venir à la crèche est souvent perçu comme une chance pour un bébé, une opportunité d'expérimenter des situations favorisant son développement. Contrairement à une idée reçue, l'âge de l'enfant n'est pas un facteur limitant. De plus en plus de micro-crèches, adoptant des approches pédagogiques flexibles, accueillent des enfants d'âges et de niveaux de développement variés. Cette mixité est même considérée comme un atout, car elle favorise les interactions sociales et l'apprentissage par imitation.
L'entrée à la crèche, même à 2 ans, peut être bénéfique pour l'enfant. Il ne s'agit pas uniquement de le préparer à l'école, mais de lui offrir un environnement stimulant où il pourra développer ses compétences sociales et émotionnelles. Il apprendra à interagir avec les autres, à comprendre les codes sociaux et à gérer ses émotions avec l'aide d'adultes autres que ses parents. Cette expérience enrichissante lui permettra de développer une plus grande ouverture sur le monde.
L'Enfant de 2 Ans : Entre Opposition et Exploration
L'âge de 2 ans est une période charnière dans le développement de l'enfant. C'est un âge où il affirme son individualité, s'oppose aux règles et exprime clairement ses désaccords. Cette phase d'opposition peut se traduire par des colères, des pleurs, des crises et un besoin constant d'attention. Il est essentiel de comprendre que ces comportements ne sont pas du "cinéma", mais l'expression d'un besoin d'affirmation et de reconnaissance.
Face à ces manifestations, il est important de dire à l'enfant la vérité sur son inscription à la crèche. Expliquez-lui que cette décision a été prise dans son intérêt, car elle lui permettra de jouer, d'apprendre et de se faire des amis. Évitez de présenter la crèche comme un "paradis sur terre", car cela pourrait susciter la méfiance. Présentez-la plutôt comme une étape naturelle de son parcours, une évolution normale de sa vie.
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Il est essentiel que l'enfant se familiarise avec l'environnement de la crèche, tant sur le plan matériel qu'humain. Les professionnels doivent se présenter, faire visiter les lieux et accueillir chaleureusement la nouvelle famille. Les parents, quant à eux, doivent présenter leur enfant en mettant en avant ses qualités et ses centres d'intérêt. Évitez de lui demander des comportements qu'il n'est pas encore capable d'adopter, comme dire bonjour, et privilégiez une approche positive et encourageante.
Le Doudou : Un Compagnon de Vie Indispensable
Le doudou est bien plus qu'un simple objet pour l'enfant. Il représente un véritable compagnon de vie, un objet transitionnel qui le rassure et le réconforte en l'absence de ses parents. Généralement adopté entre 6 et 9 mois, le doudou porte l'odeur de la maison et des parents, ce qui permet à l'enfant de se sentir en sécurité, même dans un environnement inconnu.
Le doudou est un point de repère stable dans un monde en constante évolution. Il aide l'enfant à mieux vivre les séparations, les situations nouvelles et les sources de stress. En le serrant contre lui, l'enfant retrouve la sécurité de son foyer, où qu'il soit.
Il est important de noter que tous les enfants n'ont pas besoin d'un doudou. Certains se tournent vers d'autres sources de réconfort, comme le jeu, le dessin ou le langage. L'essentiel est de respecter le choix de l'enfant et de ne pas lui imposer un doudou s'il n'en ressent pas le besoin.
Le Doudou à la Crèche : Un Allié Précieux
Vous pouvez tout à fait apporter le doudou à la crèche, et même à la maternelle. D’ailleurs bien souvent ces structures le demandent. À la crèche, le doudou aidera votre bébé à supporter votre départ, et votre absence. Il sera d’autant plus important durant la semaine d’adaptation de la rentrée à la crèche.
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Les professionnelles de la crèche doivent respecter l'attachement de l'enfant à son doudou et lui permettre de le conserver avec lui, même si cela suscite la convoitise des autres. Dans un premier temps, l'enfant a besoin de se raccrocher à ce qu'il connaît avant d'aller vers la nouveauté.
Pour faciliter la transition, vous pouvez préparer la veille les vêtements de l'enfant et lui proposer de choisir ceux qu'il préfère afin qu'il se sente à l'aise. Vous pouvez également lui permettre d'emporter avec lui d'autres objets auxquels il est attaché, comme une photo de ses parents ou un tee-shirt portant leur odeur.
L'Entretien du Doudou : Un Délicat Équilibre
Dans la mesure où l’odeur du doudou constitue son principal atout pour l’enfant, il est très délicat d’envisager de le laver. Pourtant, il faudra bien le faire de temps en temps. Mettez de préférence votre tout-petit à contribution. Autre solution pour laver le doudou : achetez un second exemplaire de la même peluche, et dormez avec elle durant quelques nuits, pour lui faire prendre l’odeur de la maison. Puis, prenez l’habitude d’intervertir de temps en temps le doudou et son double (de préférence la nuit, discrètement). Il vous suffira alors de passer doudou en machine lors de ses jours off !
L'Autonomie et le Doudou : Un Détachement Progressif
Le doudou est très important jusqu'à l'âge de 3 ans, minimum. C'est en général entre 3 et 6 ans que l'enfant va se détacher de son doudou. C'est un phénomène très progressif et très variable d'un enfant à l'autre. Apprenez à votre bambin à s'occuper lui-même de son doudou, dès 2-3 ans. À lui par exemple, de penser à le prendre le matin pour partir à la crèche, et à l'emporter le soir. En plus de lui faire gagner en autonomie, cela va l'aider à se détacher progressivement de son doudou. Vous pouvez l'aider en collant un pense-bête (une image du doudou) à côté de la porte. S'il a oublié son doudou à la maison, restez zen, et ne retournez pas le chercher. Cet oubli signifie que votre enfant se sent plus confiant et qu'il a moins besoin de son doudou ; faites-lui remarquer cela gentiment. De plus, cela l'encouragera à mieux y penser la prochaine fois.
Dès l'âge de 3 ans, l'enfant peut suivre des règles concernant son doudou : OK pour le dodo, et les situations nouvelles (médecin, voyage…), mais pas pour aller en courses ou au parc. Instaurez un endroit où ranger le doudou dans ses moments d'inutilisation : un joli panier au-dessus du lit, une étagère d'angle… L'idée est que votre tout-petit puisse voir et attraper son doudou quand il le souhaite, mais aussi qu'il puisse le ranger lui-même. C'est très rassurant pour lui de savoir que son doudou est là. Après un certain temps, lorsque votre enfant semblera n'avoir presque plus besoin de son doudou, vous pourrez décider ensemble de le ranger dans un endroit fermé, comme son armoire à vêtements. Il se peut que votre bambin ait de nouveau besoin de son doudou, ponctuellement (maladie, voyage des parents…). Surtout, ne le jetez pas !
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La Tétine : Réconfort ou Dépendance ?
La tétine, cette petite sucette en silicone, suscite de nombreux débats. Doit-on la donner ? L'éviter ? Jusqu'à quel âge ? Et surtout, comment l'enlever sans traumatiser l'enfant ? Les professionnels de la petite enfance, tout comme les parents, sont souvent partagés sur la question.
La succion est un réflexe inné chez le nourrisson. C'est un geste vital pour se nourrir, mais aussi une source de réconfort et d'apaisement. Très tôt, bébé découvre que sucer lui permet de se calmer. C'est souvent dans cette logique que de nombreux parents introduisent une tétine dès les premiers jours, parfois même à la maternité.
L'entrée en crèche est une étape importante pour l'enfant, marquée par la séparation avec les parents, un nouvel environnement, et une adaptation à la vie en collectivité. Dans ce contexte, une tétine peut devenir un repère rassurant. Les équipes de crèche, conscientes de ce besoin, tolèrent généralement la tétine, tout en encadrant son usage. Il est fréquent que la tétine soit autorisée uniquement lors des siestes ou dans des situations particulières.
Les Avantages de la Tétine : Un Allié Ponctuel
Il serait injuste de condamner la tétine sans reconnaître ses véritables atouts. Elle facilite l'endormissement : Nombreux sont les enfants qui associent leur tétine au sommeil. En crèche, ces effets sont également observés : un enfant qui retrouve sa tétine pour la sieste a tendance à s'endormir plus facilement.
Les Inconvénients de la Tétine : Une Utilisation à Encadrer
Problèmes de langage : L'un des inconvénients les plus souvent évoqués est l'impact sur le langage. En gardant une tétine constamment en bouche, l'enfant limite ses échanges oraux, ce qui peut retarder l'apprentissage de la parole, de la prononciation, ou simplement gêner ses interactions avec les autres enfants. Troubles dentaires : Une tétine utilisée trop longtemps, ou mal adaptée à la morphologie bucco-dentaire de l'enfant, peut entraîner des malpositions dentaires, voire des troubles de l'occlusion. Dépendance affective : Certains enfants développent un attachement excessif à leur tétine, au point de ne plus pouvoir s'en passer, même pour jouer ou s'exprimer.
Le Sevrage de la Tétine : Un Accompagnement en Douceur
Il n'y a pas de règle stricte, mais la majorité des spécialistes s'accordent à dire qu'entre 2 et 3 ans, le moment est idéal pour commencer à envisager le sevrage. En crèche, les équipes peuvent proposer une diminution progressive, en concertation avec les parents, afin que l'enfant n'ait plus besoin de sa tétine en journée, mais seulement pour la sieste ou dans des moments ponctuels. Certains enfants se détachent naturellement de leur tétine, d'autres non.
Si la tétine est acceptée en crèche, elle est souvent encadrée par un règlement propre à chaque structure. Certains établissements demandent que la tétine soit marquée au nom de l'enfant, réservée au lit ou à un petit sac personnel. Il est donc important que les parents informent l'équipe de l'utilisation souhaitée à la maison, et réciproquement.
La Tétine : Un Outil Temporaire
Une tétine peut être une alliée précieuse dans les premières années de vie, en particulier lors des grandes étapes comme l'entrée en crèche, l'apprentissage du sommeil ou la gestion des premières émotions. Mais elle doit rester un outil temporaire, progressivement mis de côté au fil du développement de l'enfant.
Tétine : Sujet de Débats
Sujet de débats, de polémique, souvent la tétine fait beaucoup parler d’elle, du coté des parents, comme des professionnels. Chacun a son avis sur la question…. Doit-on donner la tétine à l’enfant ? À quel moment ? Comment lui retirer la tétine ? Est-elle nécessaire ? Etc.
La Tétine : C’est Quoi ?
C’est ce petit objet miracle qui apaise bébé, le réconforte, l’aide à s’endormir… Objet « magique » donc, mais alors, pourquoi veut-on la lui retirer ? La tétine est introduite dans la bouche par l’adulte, dès tout petit, pour le calmer, l’apaiser, l’empêcher de pleurer. C’est donc l’adulte, au départ, qui fournit à l’enfant un moyen d’apaisement, et non l’enfant qui trouve ce moyen seul.
Elle devient, souvent, une solution pour arrêter les pleurs, difficiles à supporter. Il est vrai que le bébé a besoin de sucer. La succion correspond à un besoin physiologique : téter lui apporte plaisir et détente grâce à l’endomorphine, appelée aussi « hormone du bien être », secrétée par la succion. La succion a donc un rôle apaisant et calmant.
Si la tétine rempli ce rôle de succion, ce n’est pas elle qui apaise l’enfant. Elle ne remplace en effet pas les bras, les câlins, les paroles douces de l’adulte. Par ailleurs, l’enfant, pour répondre à son besoin de succion, peut trouver de lui-même son pouce ou ses doigts lorsque la tétine ne lui est pas proposée d’emblée, ce qui lui permet de « gérer » la réponse à son besoin de succion de lui-même, sans attendre de l’adulte qu’il lui mette la tétine à la bouche.
Les Risques de la Tétine
Elle peut devenir un « tais-toi » pour faire taire l’enfant ou le stopper dans ses pleurs, si l’on extrapole un peu… et du coup, cet objet dans la bouche de l’enfant risque de couper toute communication. Elle crée parfois des tensions entre professionnels et parents car il faut « gérer » la tétine : à quel moment il faut la donner ? Juste pour à sieste ? Ah mais s’il pleure, est ce qu’on lui donne ? Vous souhaitez la lui retirer du jour au lendemain ?
Si l’enfant est allaité dès la naissance, peut-être n’est-il pas nécessaire de lui donner de suite la tétine. Elle peut servir en effet au besoin de succion qu’à tout nourrisson, mais pas comme moyen de combler les pleurs. Il est même parfois préconisé par certains spécialistes de donner son petit doigt à l’enfant afin qu’il trouve ensuite de lui-même son pouce ou ses doigts. Si cela ne suffit pas, il est toujours temps de proposer la tétine ensuite. Le risque de cette tétine donnée trop vite, si vite lorsque l’enfant pleure, est qu’elle enferme l’enfant et l’empêche d’interagir avec son entourage.
La Communication Avant Tout
Avant de proposer la tétine, il est donc important de parler à l’enfant, d’essayer de savoir ce qui ne va pas, pourquoi il pleure. Plus on met des mots, de l’échange, plus on est en mesure d’instaurer un dialogue avec l’enfant. Mieux vaut également qu’il ne parle pas avec sa tétine à la bouche, afin de ne pas déformer la prononciation. Elle peut également être investie par l’enfant comme objet transitionnel, au même titre qu’un doudou. Objet qui lui permet de se réassurer en cas de besoin dans les moments difficiles.
Il peut alors être intéressant de mettre une « boite à tétine » à la maison, ou un espace qui lui est dédié, afin que l’enfant puisse la poser et la ranger lui-même, et la reprendre de lui-même quand il en a besoin. C’est ce que nous proposons à la Micro-crèche avec « la maison des doudous et tétines », petit meuble avec des casiers ; Chaque enfant a « sa case », dans laquelle il peut déposer son doudou et / ou sa tétine, et les reprendre à tout moment. Il peut arriver qu’un jour la tétine soit oubliée, ou alors perdue… cela peut représenter une difficulté pour l’enfant, mais qui n’est pas insurmontable ! Parents ou même professionnels, nous avons tendance à paniquer, et se dire que cela va être trop difficile pour lui. Or, la panique des adultes ne fait qu’augmenter l’angoisse liée à ce manque de tétine. Il s’agit, lorsque cette situation arrive, d’avoir confiance en l’enfant en lui expliquant qu’il devra faire sans tétine aujourd’hui, mais que nous savons qu’il va très bien s’en sortir sans. Si nous avons des « tétines de secours », nous pouvons lui en proposer. Pas de panique, alors, si un jour, l’enfant n’a pas sa tétine.
À 5 ou 6 mois, le bébé se détache de lui-même pour s’intéresser au monde extérieur : « C’est le bon moment pour proposer d’autres moyens de l’amener à se consoler », conseille Armand Malka, pédiatre à Paris et coauteur de « L’Art de nourrir les bébés », sous la direction de Myriam Szejer (Albin Michel, 2008). Lorsque l’enfant est plus grand, vouloir supprimer la tétine alors qu’elle est investie par l’enfant comme un doudou peut s’avérer très dur pour lui. Ça serait comme lui ôter son doudou du jour au lendemain, alors qu’il l’investit pour se rassurer, réconforter, lors de moments difficiles et de fatigue. En l’accompagnant lui proposant de déposer, lui-même, en lui demandant de l’enlever pour parler, l’enfant va gérer de lui-même sa tétine et peu à peu s’en détacher. A condition qu’elle ne soit pas utilisée par l’adulte systématiquement dès qu’il pleure ! On en revient à l’essentiel : amener l’enfant à lâcher son « bouchon », c’est pour ses parents et les professionnels s’occuper davantage de lui, le solliciter, lui parler pour l’aider à parler avec les autres.
Tétine ou Pouce ?
On peut alors dire que la tétine n’est pas indispensable à la naissance. L’enfant qui suce son pouce est peut être une « meilleure solution » que la tétine, car cela ne le rend pas dépendant de l’adulte, et il peut s’en passer une fois son besoin de succion terminé ! La manière dont la tétine est proposée par l’adulte va inciter la manière dont l’enfant va l’investir… une tétine proposée pour la succion, pour les moments difficiles (accompagné de paroles - même utilité ici que le doudou), peut être intéressant, et l’enfant peut s’en détacher de lui-même, en l’accompagnant et le responsabilisant. Quoiqu’il en soit, la tétine n’est pas « mauvaise » en soi, et, ne vous inquiétez pas, l’enfant finira par l’abandonner, par un travail d’accompagnement bienveillant et de confiance en l’enfant… Rappelons-nous que c’est nous, adultes qui avons créée ce besoin de la tétine !
L'Objet Transitionnel : Un Lien Affectif Essentiel
L’objet transitionnel rassure le tout-petit lors des séparations avec son parent. Il permet à l’enfant de se représenter symboliquement son parent, et particulièrement sa mère, en son absence. Il est source de lien affectif entre sa cellule familial et l’environnement extérieur. Par expérience, nous pensons que l’enfant peut avoir un objet transitionnel différent en fonction des endroits dans lesquels il se trouve. Certains enfants peuvent avoir un doudou auquel ils sont attachés à la crèche, qu’ils ne ramènent pas à la maison le soir. Nous pensons que l’enfant à une capacité d’adaptation qui lui permet d’avoir différents objets transitionnels en fonction du lieu et des personnes avec lesquels il se trouve. Entre la crèche et la maison, l’enfant va rencontrer des situations diverses et variées au quotidien. Dans la journée du jeune enfant, les transitions sont nombreuses. Un objet transitionnel est un objet qui rassure l’enfant en l’absence de ses parents. Il est alors un intermédiaire lors de la séparation quotidienne. Il permet une continuité « psychique » pour l’enfant. Les parents étant absents il ne peut plus se référer à une continuité physique avec l’un d’entre eux. L’objet transitionnel va permettre à l’enfant de se créer un espace intermédiaire. Plus l’enfant va se sentir en sécurité et plus celui-ci va être tenté d’explorer l’espace, les jeux. Il est possible que certains enfants se sentent rassurés autrement. Pour certains enfants, ça peut-être la répétition d’un aménagement de l’espace chaque matin avec des jeux qu’il retrouve au même endroit. Pour d’autres, ça peut être une comptine, un temps de regroupement pour se dire bonjour. Chaque enfant construit son sentiment de sécurité de la manière dont il le souhaite. L’objet transitionnel n’est alors pas obligatoire, c’est au tout petit de choisir s’il en éprouve le besoin ou non. Il est récurrent d’entendre que l’objet transitionnel doit rester dans le lit et que celui-ci n’est utile que pour la sieste. Nous pensons qu’il est important que l’enfant puisse se saisir de cet objet lorsqu’il en ressent le besoin. Plus il pourra y avoir accès à son souhait, plus il sera rassuré et donc en sécurité affective. Cette même sécurité lui permettra d’aller explorer l’environnement qui l’entoure et de se « séparer » de cet objet plus facilement. Une observation concrète permet de refléter nos propos. Guillaume, 2 ans ne souhaite pas retirer la tétine de sa bouche. Les tétines sont habituellement rangées dans une boîte hors de la portée des enfants pour éviter qu’ils les aient à disposition. Nous nous sommes donc interrogés en équipe sur l’option de lui laisser sa tétine à disposition. Ne serait-il pas plus facile pour lui de s’en séparer s’il savait qu’il peut la retrouver quand il veut ? Devoir demander l’autorisation à l’adulte, pour avoir un objet qui est le sien, ne nuit-il pas à son autonomie ? Nous avons finalement convenu de laisser les tétines et doudous à disposition. Il est tout de même possible d’observer que par moment l’enfant a besoin de retrouver un objet transitionnel (déménagement, arrivée d’un nouveau-né dans une famille ou tout autre évènement inhabituel pour l’enfant).
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