Le diabète gestationnel, une condition qui se manifeste pendant la grossesse, est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable. Diagnostiqué pour la première fois durant la grossesse, il touche environ 7% des femmes enceintes en France. Bien que transitoire, disparaissant généralement après l'accouchement, il nécessite une attention particulière pour la santé de la mère et de l'enfant. Cet article vise à fournir une compréhension approfondie du diabète gestationnel, en abordant ses causes, son diagnostic, sa gestion et les mesures à prendre pour assurer une grossesse en toute sécurité.
Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance au sucre qui se caractérise par une augmentation du taux de glucose dans le sang (glycémie). Il est diagnostiqué pour la première fois au cours de la grossesse. Les hormones sécrétées par le placenta peuvent perturber la sécrétion d'insuline, l'hormone qui régule le taux de sucre dans le sang. Chez les femmes atteintes de diabète gestationnel, le corps n'est pas capable d'augmenter suffisamment sa sécrétion d'insuline pour compenser cette situation, entraînant une hyperglycémie.
Facteurs de risque et dépistage
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer un diabète gestationnel. Parmi eux, on retrouve :
- L'âge de la mère (plus de 35 ans)
- Le surpoids ou l'obésité
- Des antécédents familiaux de diabète
- Un diabète gestationnel lors d'une précédente grossesse
Le dépistage du diabète gestationnel est généralement réalisé entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée par un test HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale). Ce test consiste en une prise de sang à jeun, suivie de l'absorption de 75g de glucose, puis de nouvelles prises de sang une et deux heures après. Au premier trimestre de la grossesse, le dépistage se fait par la mesure d’une glycémie veineuse chez une femme à jeun depuis au moins 8 heures.
Diagnostic et suivi
Le diagnostic du diabète gestationnel repose sur les critères de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui le définit comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, apparaissant ou étant diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.
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Une fois le diabète gestationnel diagnostiqué, un suivi médical rigoureux est mis en place. La future maman devra contrôler sa glycémie plusieurs fois par jour à l'aide d'un lecteur de glycémie. Ce suivi permet d'adapter le traitement et de s'assurer que la glycémie reste dans les objectifs fixés.
Alimentation et diabète gestationnel : que faire ?
L'alimentation joue un rôle essentiel dans la gestion du diabète gestationnel. Il n'existe pas de régime spécial diabète gestationnel à proprement parler, mais il est important d'adopter une alimentation variée et équilibrée. L'objectif n'est pas de maigrir, mais d'éviter les hyperglycémies répétées et de limiter la prise de poids pendant la grossesse.
Principes clés de l'alimentation
Répartition des glucides : Il est souvent conseillé de répartir les glucides sur la journée en plusieurs petits repas et collations, plutôt que de les concentrer en un seul repas. Cela permet de lisser l'arrivée de sucre dans le sang et d'éviter les pics de glycémie. Une alimentation fractionnée peut être envisagée, consistant à prendre le petit déjeuner en deux fois, le plat du midi à un moment et le dessert plus tard, et de même pour le dîner.
Aliments à privilégier : Les aliments à faible indice glycémique (IG) sont à privilégier. Ils ont moins d'impact sur la glycémie et se décomposent plus lentement, évitant ainsi les fringales. Parmi eux, on retrouve :
- Les céréales complètes (pain aux céréales, quinoa, flocons d'avoine, blé)
- Les légumes secs (haricots rouges/blancs, fèves, lentilles, pois)
- La plupart des fruits et légumes frais
Association des nutriments : Il est important d'associer les glucides à des aliments riches en graisses ou en protéines. Cela ralentit la digestion et évite l'arrivée massive de sucre dans le tube digestif. Par exemple, on peut consommer un fruit avec un yaourt ou du pain avec du fromage.
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Acides gras insaturés : Ne pas supprimer les acides gras insaturés, mono-insaturés et poly-insaturés (oméga 3, 6 et 9) présents dans l'huile d'olive, l'huile de colza, l'avocat, les petits poissons gras (sardine, maquereau, hareng) et les oléagineux (noix, noisette, amande).
Vitamines et minéraux : Assurer un apport suffisant en vitamines et minéraux, notamment la vitamine D (importante pour la croissance du fœtus et la régulation de la glycémie) et le zinc (qui améliore le métabolisme du glucose et la sensibilité à l'insuline).
Hydratation : Boire suffisamment d'eau (plate, gazeuse ou aromatisée sans sucre ajouté), de thé ou de café sans sucre. Éviter les boissons sucrées (sodas, jus de fruits, sirops, thé et café sucrés, eaux aromatisées sucrées).
Aliments à éviter
Il est préférable d'éviter les sucres pris de manière isolée, comme un fruit, un chocolat au lait ou une compote sucrée consommés seuls. Il faut aussi faire attention au sel et notamment à tout ce qui est féculents et préparations à base de farine blanche. Certains féculents comme les pâtes et le riz devront être bien choisis.
Exemples de repas
- Petit-déjeuner : Pain complet ou pain aux céréales avec un peu de beurre, un fruit, une boisson non sucrée et un laitage nature.
- Déjeuner et dîner : Une source de protéines (volaille, poisson, œuf, viande), une portion de féculents à index glycémique faible (pain aux céréales, riz basmati, pâtes complètes, lentilles, quinoa, haricots secs, pois), et une portion de légumes au moins équivalente à la portion de féculents.
Activité physique
Si le gynécologue l'autorise, une activité physique régulière est recommandée. Elle contribue à réguler la glycémie et à améliorer la santé générale. Il est conseillé de pratiquer une activité physique adaptée environ 30 minutes, trois à cinq fois par semaine.
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Traitement
Dans certains cas, les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas à contrôler la glycémie. Le médecin peut alors prescrire des injections d'insuline. L'insuline s'administre par injections sous-cutanées, réalisées par la patiente elle-même après avoir été formée à cette technique.
Risques et complications
Un diabète gestationnel mal contrôlé peut entraîner des complications pour la mère et l'enfant.
Pour le bébé :
- Macrosomie (poids de naissance excessif)
- Hypoglycémie à la naissance
- Risque accru d'obésité ou de diabète plus tard dans la vie
Pour la mère :
- Pré-éclampsie (hypertension artérielle et œdèmes)
- Accouchement difficile
- Risque accru de développer un diabète de type 2 après la grossesse
Accouchement et post-partum
En l'absence de facteurs de risques, si le diabète gestationnel est bien équilibré, la grossesse est prise en charge comme une grossesse normale. Une césarienne pourra être proposée si le poids de votre bébé est estimé à plus de 4,200 kg.
Après l'accouchement, la glycémie de la mère est surveillée pour vérifier que le diabète disparaît. Il est important de continuer à adopter une alimentation équilibrée et de pratiquer une activité physique régulière pour réduire le risque de développer un diabète de type 2 dans les années à venir.
Le nouveau-né est également surveillé pour détecter d'éventuelles hypoglycémies. Il doit être nourri le plus tôt possible après la naissance et toutes les 2/3 heures.
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