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Maladies du Placenta Ovin: Causes, Symptômes et Traitement

Introduction

Les maladies du placenta ovin peuvent avoir des conséquences graves sur la santé de la brebis et de l'agneau, entraînant des avortements, des mortinaissances et une diminution de la fertilité. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble des principales maladies placentaires chez les ovins, en abordant leurs causes, leurs symptômes, ainsi que les options de traitement et de prévention disponibles.

Salmonellose

Origine et Contamination

La salmonellose est une maladie infectieuse causée par des bactéries du genre Salmonella. L'origine de la contamination provient principalement des chèvres et des brebis excrétrices, via leurs crottes. L'existence d'un autre élevage sur le même site que la bergerie constitue un risque. Le chevrier/berger ne doit pas être le fromager, et inversement.

Avortement dû à la Salmonelle

L'avortement par la salmonelle est fréquent chez les ovins, surtout à cause du germe Salmonella abortusovis. Il se manifeste par des avortements, le plus souvent entre le 3ème et le 5ème mois de gestation ou par la naissance d'agneaux vivants, mais destinés à mourir en quelques heures. Également, des agneaux naissant apparemment sains peuvent s'affaiblir et mourir durant le premier mois de vie s'ils ne sont pas soignés correctement. La brebis qui avorte peut ne manifester aucun autre symptôme apparent de maladie, avoir de nouveau des chaleurs, s'accoupler et porter une nouvelle gestation jusqu'à son terme. De plus, en cas de rétention placentaire (absence d'expulsion du placenta), l'état des animaux peut empirer gravement et la brebis peut mourir si elle n'est pas soignée correctement et à temps. L'avortement par salmonelles touche surtout les agnelles en première gestation, et on retrouve rarement la maladie deux fois chez le même animal.

Contagion

La contagion se fait essentiellement par le pâturage contaminé (par les restes des avortements et les fèces) ou par l'introduction d'animaux infestés.

Mesures Curatives

Une fois la salmonellose déclarée, le respect de toutes les mesures prophylactiques et sanitaires est nécessaire, ainsi que l'application d'une thérapie antibiotique spécifique.

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Vaccins contre la Salmonellose chez la Brebis

Il existe deux types de vaccins contre la salmonellose chez la brebis :

  • Vaccin vivant: Une injection avant la lutte (animaux >3 mois), rappel annuel. Il offre une meilleure protection que les vaccins inactivés. Inconvénients : anticorps vaccinaux persistants pendant 1 an.
  • Vaccin inactivé: Deux injections avant et pendant la gestation. Rappel annuel. Avantages : mères vaccinées pendant la gestation : immunité passive chez l'agneau pendant au moins 3 semaines. Inconvénients : deux injections lors de la primo-vaccination, réaction d'hypersensibilité positive.

Toxoplasmose

Contamination

Au cours du cycle parasitaire, le chat (hôte définitif) se contamine en ingérant un placenta ou de la viande crue infestée, des rongeurs ou oiseaux infestés (hôte intermédiaire). Le chat excrète ensuite les œufs du parasite, via ses matières fécales pendant 1 mois. Ces œufs sont très résistants dans le milieu extérieur (jusqu’à deux ans). Le petit ruminant se contamine par l’ingestion d’aliments infestés par les excréments du chat parasité (fourrage, concentré, pâture…).

Symptômes et Diagnostic

Chez les petits ruminants, la maladie passe le plus souvent inaperçue, sauf si l’infestation se produit pendant la gestation. La maladie n’ayant pas de signes visibles sur les animaux, seul un taux d’avortement anormal et important peut orienter le diagnostic vers cette maladie. Le diagnostic de certitude se fait par PCR sur cerveaux d’avortons. Un diagnostic sérologique peut également être réalisé sur 5 femelles ayant avorté récemment (en réalisant 2 séries de prises de sang espacées de 15 jours pour voir une éventuelle séroconversion).

Lorsqu’un animal a été touché par le parasite, il s’immunise. Cette immunité est durable car l’animal la conservera durant l’ensemble de sa vie. Pour les brebis, il est possible d’utiliser un vaccin, il faut alors vacciner toutes les femelles la première année, puis uniquement des agnelles de renouvellement les années suivantes.

Prévention

Il faut veiller particulièrement à la protection des animaux de renouvellement en envisageant, en cas de risque, leur isolement.

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Fièvre Q

Agent causal et transmission

La fièvre Q est une maladie abortive due à la bactérie Coxiella burnetii. La contamination s’effectue essentiellement par l’inhalation de particules infectées sous forme d’aérosols (petites particules très fines dispersées dans l’air) ou de poussières contaminées. Toutes les activités susceptibles de générer des aérosols et/ou de favoriser la dissémination des bactéries exposent à l’infection. Présente dans les poussières, la bactérie peut être transportée dans l’air sur de longues distances.

Les animaux infectés, même sans manifester de symptôme, peuvent excréter des bactéries par les secrétions vaginales, le placenta, le lait et les excréments. La voie d’infection principale est respiratoire : les bactéries peuvent être remises en suspension dans l’air, seules ou avec des poussières, puis inhalées.

La particularité de Coxiella burnetii est de pouvoir développer des formes de résistance, qui peuvent survivre à l’air libre plusieurs semaines ou mois et être disséminées. Ces formes s’apparentent à des spores. La transmission vers les êtres humains dépend donc d’une combinaison de facteurs favorisant la diffusion aérienne des spores bactériennes à partir des élevages infectés (le vent, la topographie des lieux, l’hygrométrie, …), ou de leur remise en suspension dans l’air (épandage des fumiers, …). Le transport d’animaux ou de produits d’origine animale peut aussi contribuer à la diffusion de la bactérie.

Symptômes

Chez les ruminants, l’infection est le plus souvent asymptomatique : les ruminants infectés ne présentent pas de signes cliniques dans la majorité des cas. La bactérie ne provoque majoritairement pas de symptômes chez les animaux infectés mais elle peut entraîner des avortements et des mort-nés chez les ovins, les caprins et les bovins. Des problèmes d’infections de l'utérus et d’infertilité ont été suggérées mais aucune preuve directe n’a été rapportée.

Diagnostic

Des analyses sérologiques (test Elisa) sur une dizaine d’animaux peuvent apporter des précisions sur la circulation des bactéries dans le troupeau, en complément des PCR qui auront pu être réalisées. En revanche, fonder le diagnostic sur la foi d’une seule analyse sérologique est à proscrire.

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Prévention et contrôle

Pour éviter l’apparition de la fièvre Q dans l’élevage, des mesures sanitaires sont à suivre :

  • Destruction des avortons et placentas: Le ramassage des avortons et placentas, riches en Coxiella, leur stockage dans des bacs hermétiques en vue de leur enlèvement et de leur destruction est indispensable.
  • Vaccination: La vaccination des animaux vis-à-vis de la fièvre Q est préconisée en concertation avec votre vétérinaire (le protocole vaccinal précis étant à définir avec lui). Elle peut permettre de limiter les avortements et de diminuer l’excrétion de bactéries par les animaux dans l’environnement. La bactérie pouvant persister de longs mois dans l’environnement, il est conseillé de poursuivre cette vaccination chaque année.

Fièvre Q et Lait

Concernant le lait, aucune donnée scientifique et épidémiologique ne permet de considérer que la consommation de lait contenant des Coxiella peut engendrer des cas humains cliniques. La collecte du lait d’animaux ne présentant aucun signe clinique permet de façon générale de limiter fortement le risque lié à la consommation de lait cru et de crème crue. L’excrétion par des animaux cliniquement sains est possible, mais très faible.

Chlamydiose

Agent causal et transmission

La chlamydiose est une pathologie abortive qui touche principalement les ovins : elle est à l’origine de sérieuses pertes de production car elle provoque des avortements en série, en particulier pour les troupeaux qui séjournent en bâtiment pendant la gestation. Les caprins peuvent également être touchés mais dans une moindre mesure que les ovins. La chlamydiose est provoquée par des bactéries du genre Chlamydia.

La contamination du milieu extérieur par le placenta, les fœtus et les décharges utérines des brebis infectées constitue la principale source d’infection pour les autres femelles qui se contaminent essentiellement par voie digestive.

Symptômes

La maladie se traduit par des avortements qui surviennent au cours des 2 à 3 dernières semaines de gestation avec mortinatalité et inflammation du placenta. Elle peut aussi provoquer la naissance à terme d’agneaux mort-nés ou trop chétifs pour survivre. Un écoulement utérin peut être observé pendant une quinzaine de jours.

Traitement et prévention

Chez les ovins, la mise en œuvre d’une antibiothérapie (à base de tétracycline) chez les brebis atteinte ou susceptibles de l’être et chez les nouveau-nés permet de limiter l’extension de la maladie dans l’élevage mais elle ne garantit pas la disparition du germe.

Un vaccin vivant atténué contre la chlamydiose existe pour les ovins : utilisé sur tous les animaux puis sur tous les animaux de renouvellement pendant 3 ans, il prévient les avortements et l’excrétion du germe. En cas d’avortement, les mesures recommandées pour limiter les risques sont destinées à limiter la contamination du milieu extérieur. En cas d’avortements inexpliqués et/ou de suspicion de Chlamydiose, contactez votre vétérinaire qui effectuera les prélèvements pour des analyses complémentaires en laboratoire.

Brucellose

Agent causal et transmission

La brucellose ovine et caprine (infection à Brucella ovis exclue) est principalement causée par la bactérie B. melitensis. Elle est très similaire à l’infection bovine à B. abortus.

L’excrétion de Brucella est également fréquente dans les sécrétions mammaires et dans le sperme.

Symptômes

La maladie passe souvent inaperçue. Elle incube entre 2 semaines et 6 mois. L'avortement ne survient habituellement qu'une fois. Cependant, à chaque gestation, la bactérie envahit l’utérus et se trouve excrétée dans les fluides foeto-maternels. Ces avortements peuvent être suivis de métrites ou de rétentions placentaires. Lorsque la gestation est menée à terme, cette dernière aboutit à la naissance de jeunes faibles ou mort-nés. Chez le bélier, la bactérie se retrouve dans les testicules, et provoque une inflammation.

Prévention et contrôle

De ne pas laisser traîner et surtout de détruire les délivrances et les avortons.

Tremblante du Mouton

Agent causal et transmission

Apparue au XVIIIe siècle, la tremblante du mouton a traversé les décennies sans faiblir. Cette maladie mortelle qui touche les ovins et les caprins est d’autant plus redoutable qu’aucun traitement ne parvient à l’éliminer. La tremblante du mouton est connue depuis 1732, année où elle a été observée pour la première fois chez des petits ruminants (chèvres et moutons) en Grande-Bretagne. Cette maladie mortelle appartient au groupe des encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles (ESST).

Si l’origine précise de la tremblante du mouton ne fait pas encore l’unanimité, la théorie la plus reconnue par les scientifiques est l’agent infectieux nommé prion. Cette protéine anormale résiste aux enzymes et, par conséquent, ne subit pas de dégradation.

Transmission verticale lors d’une ingestion de matières contaminées par les congénères. Les animaux indemnes sont ainsi infectés lorsqu'ils consomment ou lèchent le placenta et les excréments présents dans les lieux de mise bas.

Symptômes

La tremblante est une maladie qui évolue lentement : la durée d’incubation s’étend de quelques mois chez les animaux très sensibles à plusieurs années (deux ans en moyenne). Toutefois, dans certains cas, l’infection a mis jusqu’à huit ans pour se manifester. La plupart des détections se sont produites tardivement (à l’abattoir ou à l’équarrissage) et très rarement par l’observation de signes cliniques. L’infection touche généralement des individus âgés de 2 à 5 ans mais le plus jeune sujet recensé avait 7 mois.

Diagnostic

Le diagnostic visant à établir avec certitude la présence du prion pathogène responsable de la tremblante est pratiqué sur un animal mort. Un examen microscopique du tissu cérébral met en évidence des lésions spongiformes caractéristiques au niveau de l’encéphale. Peuvent également être analysés : les amygdales, les ganglions lymphatiques ou la rate après injection d’un colorant spécial. Sur un animal vivant, la biopsie des tissus lymphoïdes périphériques permet de détecter avec précision les animaux atteints de la tremblante.

Prévention et contrôle

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement ni vaccin contre la tremblante du mouton. En présence de signes cliniques, il est préconisé d’isoler l’animal et de brûler le placenta et la litière souillée par les liquides et les membranes fœtaux. Il est aussi demandé de ne pas faire allaiter les petits par des mères suspectes.

Rétention Placentaire et Métrite

On considère qu’il y a une rétention placentaire (ou non-délivrance) quand le placenta n’est pas sorti dans les 12 heures post-partum. Les structures fœtales (ou annexes) et maternelles (la muqueuse de l’utérus) sont étroitement imbriquées, mais uniquement au niveau de 60 à 120 cotylédons. Ces « points d’attaches » peuvent facilement entrainer une déchirure au niveau du placenta. Un morceau de placenta va alors rester dans la cavité utérine et provoquer des infections. La préparation à la mise-bas permet d’éviter les non délivrances. Lors du tarissement, attention à la ration qui doit être équilibrée afin d’éviter les excès. Certains aliments, comme l’ensilage d’herbe et les légumineuses (trèfle violet et luzerne principalement) le dernier mois de gestation semble également être des aliments prédisposants.

La métrite est une infection de l’utérus qui suit le plus souvent une mise-bas difficile. Sa gravité peut aller d’une infection subclinique à l’altération de l’état général de l’animal.

Fièvre de Lait

La fièvre de lait (aussi appelée fièvre vitulaire ou hypocalcémie puerpérale) est due à une forte augmentation de la demande en calcium suite au démarrage de la lactation. Elle touche principalement les animaux laitiers fortement producteurs et se rencontre peu chez les primipares ou en élevage allaitant.

Les premiers symptômes apparaissent dans les 48 h après la mise-bas et sont dus principalement à la diminution du taux de calcium dans le sang. Celui-ci étant essentiel à la contraction des fibres musculaires, l’hypocalcémie provoque une paralysie à l’origine des différents signes observés : une diminution de l’appétit et de prise de boisson, un arrêt de la rumination ainsi que des troubles locomoteurs tels que piétinements, tremblements ou démarche raide. La « fièvre de lait » est un terme un peu impropre car la température reste normale. Par la suite, l'animal présente des difficultés à tenir debout ou à se relever.

Solutions Naturelles

  • B18TE: Solution à base de chlorure de magnésium, de sarriette et d’armoise. En cas de métrite ou de mauvaise délivrance, le produit permet de favoriser les contractions utérines.
  • B09MB2: Chlorure de magnésium.
  • B02TE: Drainant à action rapide.
  • B03TE: Crème végétale cicatrisante à base de lavandin et de girofle. Fonctionne très bien sur une plaie après une césarienne.
  • B30TE: Résine à base de pin, de cèdre, de lavandin et de girofle. Cicatrisant à appliquer au pinceau une plaie (comme une césarienne) en couche épaisse.

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