L'article explore les alternatives au Lupron dans le cadre de la fécondation in vitro (FIV) et les options thérapeutiques pour l'endométriose, une affection gynécologique complexe et souvent douloureuse. Il aborde également les considérations relatives à l'allaitement pendant les traitements de PMA et les aspects liés à la transition médicale chez les personnes transgenres.
Endométriose : Une Affliction Féminine Mal Comprise
"Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours eu des règles extrêmement douloureuses. Ma gynécologue, mon médecin traitant, m’ont gentiment dit que ce n’était 'que' des douleurs de règles", confie Aïssa, 32 ans. L'endométriose, caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de l'utérus, affecte de nombreuses femmes et peut entraîner des douleurs intenses, de l'infertilité et une diminution de la qualité de vie. Le Dr Petit, fondateur et responsable du centre de l’endométriose de l’hôpital St Joseph, explique : "L’endométriose c’est la migration de cellules de l’endomètre qui tapissent la cavité utérine, en dehors de l’utérus par reflux dans les trompes. Elles sortent de là où elles sont habituellement pour arriver dans le muscle utérin, et en dehors de l’utérus."
Diagnostic Tardif : Un Problème Persistant
Le diagnostic de l'endométriose est souvent tardif, avec un délai moyen de 7 à 9 ans. "Il est généralement entre 7 et 9 ans, ce qui est énorme, surtout chez une femme entre 20 et 30 ans, rappelle le médecin. Pour Aïssa, il aura fallu 6 ans avant de poser un diagnostic sur ses maux : "J’ai souffert pendant tant d’années, je me bourrais de médicaments pour faire taire cette douleur. Jusqu’au jour où un gynécologue m’a annoncé que je souffrais d’endométriose. La première base du traitement est de prendre la pilule de manière continue, sans arrêter les plaquettes, de façon à stopper les règles." Ce retard peut être attribué à un manque de sensibilisation et de formation des professionnels de santé, bien que des efforts soient faits pour améliorer l'éducation médicale sur cette condition. Fort heureusement, un arrêté du ministère de l’enseignement et de la recherche, publié le 10 septembre 2020, intègre désormais l’endométriose dans le chapitre "De la conception à la naissance, pathologie de la femme - Hérédité - L’enfant - L’adolescent".
Options Thérapeutiques pour l'Endométriose
Plusieurs options thérapeutiques sont disponibles pour gérer l'endométriose, allant des traitements hormonaux à la chirurgie.
- Pilule contraceptive en continu : "Cette maladie en résumé c’est la fuite des règles par les trompes. Prendre la pilule en continue est efficace car cela supprime les douleurs et plus le diagnostic est établi tôt, plus tôt on supprime les règles à titre thérapeutique." Cette approche vise à supprimer les menstruations et à réduire la douleur.
- Chirurgie : "Pendant la chirurgie on enlève toutes les lésions. Cela marche très bien, à condition de reprendre après la pilule en continue, sinon le trouble récidive." L'excision chirurgicale des lésions endométriales peut soulager la douleur et améliorer la fertilité.
- Cures de ménopause artificielle : Du Danazol (Cyclomen®), une hormone permettant de bloquer la sécrétion d’oestrogènes par les ovaires afin de réduire les douleurs, peut être proposé. Cependant, ce dernier entraîne des effets secondaires androgènes (acné, poils au visage) mais aussi une prise de poids ou des bouffées de chaleur. Des analogues de la Gn-RH (Lupron®, Zoladex®, Synarel®), des hormones qui bloquent l’activation de l’hypophyse par les hormones de l’hypothalamus, peuvent aussi être envisagées sous forme d'injections. Ces traitements visent à induire une ménopause temporaire pour réduire l'activité hormonale et l'inflammation.
- Traitements antalgiques : "Il faut s’intéresser à la douleur, il faut que dans une équipe multidisciplinaire, il y ait un spécialiste de la douleur qui va aider à se libérer de celle-ci. Notamment grâce à des pratiques alternatives qui sont très importantes comme le sport régulier, la sophrologie, certaines formes d’ostéopathie, de mésothérapie. Début octobre 2020, l’Agence Régionale de Santé Auvergne/Rhône-Alpes a ainsi reconnue officiellement l’association End’AURA comme la première filière ville-hôpital pour la prise en charge de l’endométriose. Les centres hospitaliers universitaires et cliniques "tête de pont" de la filière, pour prendre en charge les cas complexes, coordonner les réseaux (mettre en place les staffs pluridisciplinaires, les animer, mener des actions de formation des professionnels, et mener des projets de recherche)." La gestion de la douleur est un aspect essentiel du traitement de l'endométriose, incluant des approches médicales et alternatives.
ENANTONE : Un Analogue de la LHRH
ENANTONE est un médicament contenant un analogue de la LHRH (hormone de libération de la LH), également appelée GnRH. "Ce médicament contient contient un analogue de la LHRH (également appelée GnRH), une hormone de synthèse analogue à une hormone sécrétée par le cerveau. Il libère pendant plusieurs semaines cette hormone qui agit sur les organes de la reproduction." Il est utilisé dans le traitement de certains cancers du sein et de la prostate, de l'endométriose, des pubertés précoces et de certains fibromes utérins.
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Contre-indications et Précautions
Ce médicament ne doit pas être utilisé chez la femme dans les cas suivants : saignements vaginaux de cause non déterminée, grossesse, allaitement. Des précautions sont nécessaires dans certaines situations : diabète, troubles cardiaques ou circulatoires, antécédents familiaux d'ostéoporose, obstruction de voies urinaires, compression de la moelle épinière. Des troubles de l'humeur, y compris des dépressions, ont été rapportés avec les analogues de la LHRH.
Alternatives au Lupron en FIV : Le Cycle Naturel Modifié
Dans le contexte de la fécondation in vitro (FIV), le Lupron est parfois utilisé pour contrôler le cycle menstruel. Cependant, des alternatives existent, notamment le cycle naturel modifié.
Le Cycle Naturel : Un Retour aux Sources
Le cycle naturel (CN) en FIV consiste à prélever un ovocyte mature lors d'un cycle menstruel spontané, sans stimulation ovarienne importante. "Le CN ou spontané sous-entend l’absence de stimulation ovarienne. Il implique une surveillance stricte échographique et biologique du follicule dominant avec en particulier des dosages répétés de la LH sanguine ou urinaire afin de dépister la survenue d’un pic prématuré de LH. L’ovulation est déclenchée avant la survenue du pic dès que la maturité folliculaire semble atteinte (16 à 18 mm selon les équipes)."
Cycle Naturel Modifié : Une Approche Combinée
Le cycle naturel modifié (CNM) implique l'utilisation d'un antagoniste du GnRH pour prévenir une ovulation prématurée, combinée à de faibles doses de gonadotrophines pour soutenir la croissance folliculaire. "Le cycle naturel modifié (modified natural cycle et minimal stimulated IVF des anglo-saxons) ou cycle « managé » consiste en un cycle naturel sur lequel on a introduit un antagoniste du GnRH afin d’éviter la survenue du pic de LH. Cette introduction interfère avec la dynamique de croissance folliculaire et la production des stéroïdes et elle est donc associée à une supplémentation en gonadotrophines, afin de soutenir la folliculogénèse et de pouvoir déclencher l’ovulation à la date et à l'heure choisies."
Avantages Potentiels du Cycle Naturel Modifié
- Réduction des risques d'hyperstimulation ovarienne.
- Coût potentiellement inférieur à la FIV conventionnelle.
- Amélioration de la qualité ovocytaire (sélection naturelle).
- Amélioration de la réceptivité endométriale.
Inconvénients Potentiels du Cycle Naturel Modifié
- Taux de ponction blanche (absence d'ovocyte) plus élevé.
- Nécessité d'une surveillance étroite du cycle.
- Taux de grossesse par tentative parfois plus faible qu'en FIV conventionnelle.
Utilisation des Antagonistes en Cycle Naturel Modifié
En cas d’utilisation d’antagonistes, la dose quotidienne habituelle de 0.25 mg/jour de ganirelix pourrait paraître suffisante. Cependant, ces données correspondent à des cycles stimulés et il en est peut être autrement en cas de cycle naturel. Ainsi, Weghofer et Morgia qui utilisait cette dose de 0,25 mg ont constaté chacun 9% de pic prématuré dans leur série. La dose minimale efficace pourrait donc être de 0,25 mg mais ceci devrait être confirmé sur des effectifs plus importants. En attendant, l’utilisation de 0,5 mg semble prudente quoique plus onéreuse, même si la suppression totale des pics prématurés n’est peut-être pas l’objectif à atteindre dans la recherche d’un équilibre entre la performance de la suppression de la LH et un éventuel effet délétère sur la folliculogénèse ou l’endomètre.
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Allaitement et PMA : Compatibilité et Considérations
De nombreuses femmes allaitent encore leur enfant lorsqu’elles désirent en concevoir un autre. Certaines souhaitent poursuivre l’allaitement pendant leur parcours de PMA, pour des raisons affectives ou nutritionnelles. Toutefois, la majorité des médecins recommandent un sevrage avant de commencer un traitement. Les médicaments utilisés en PMA sont généralement classés comme « probablement sûrs » pour l’allaitement. Ils ne sont pas associés à des effets secondaires graves chez l’enfant, mais peuvent réduire la production lactée. Toutefois, cette diminution n’est pas systématique, et la grossesse elle-même a tendance à la provoquer.
Impact de l'Allaitement sur la PMA
Certains médecins craignent que l’allaitement complique la PMA en empêchant une ovulation optimale ou en rendant l’utérus moins réceptif à l’implantation de l’embryon. Mais cette approche n’est pas unanime. Le taux de prolactine varie d’une femme à l’autre, et un sevrage systématique ne prend pas en compte ces différences.
Classification des Médicaments et Allaitement
- L1 (le plus sécuritaire) : Médicament ayant été administré à un grand nombre de mères qui allaitent sans détecter une augmentation des effets néfastes chez le bébé.
- L2 (sécuritaire) : Un médicament étudié chez un nombre limité de femmes qui allaitent, sans détecter une augmentation des effets néfastes chez le bébé.
- L3 (probablement sécuritaire) : Il n’y a pas d’études contrôlées chez les femmes qui allaitent, mais le risque d’effets néfastes est possible; ou, les études contrôlées démontrent seulement des effets néfastes minimaux et non menaçants. Ces médicaments devraient être administrés seulement si les bénéfices potentiels justifient les risques potentiels chez le bébé.
- L4 (potentiellement dangereux) : Il y a des preuves d’un risque pour l’enfant allaité ou pour la production de lait, mais les bénéfices d’utiliser ce médicament chez les mères qui allaitent peuvent être acceptables en dépit du risque pour l’enfant.
- L5 (contre-indiqué) : Les études chez les mères qui allaitent ont démontré qu’il y a un risque significatif et documenté pour le bébé basé sur l’expérience humaine ou il s’agit d’un médicament qui risque fortement de causer des dommages significatifs chez un bébé. Le risque d’utiliser le médicament chez une femme qui allaite est clairement plus grand que tout bénéfice possible de l’allaitement.
Décision Éclairée
Le choix entre allaiter et poursuivre un parcours de PMA est propre à chaque femme. Il n’existe pas de solution unique, mais plutôt une nécessité d’adaptation à chaque situation. Il est primordial que les femmes puissent être informées sur les avantages et les risques afin de prendre une décision en toute sérénité.
Transition Médicale : Témoignage et Réflexions
Le témoignage de Scott, un homme transgenre, met en lumière les complexités et les risques potentiels associés à la transition médicale.
Expérience Personnelle et Complications
À l’âge de 42 ans, j’ai pris une décision qui a transformé mon existence. Tout ce qui était autrefois de l’or s’est transformé en charbon, presque instantanément. J’ai supporté complication médicale après complication médicale en raison du parcours de soins de santé transgenre. J’ai perdu tout ce pour quoi j’avais travaillé : ma maison, ma voiture, mes économies, ma carrière, ma femme, mon assurance médicale et, surtout, ma foi en moi-même et en Dieu. Mes complications médicales comprennent sept interventions chirurgicales, une embolie pulmonaire, une crise cardiaque provoquée par le stress, une septicémie, une infection récurrente de 17 mois, 16 séries d’antibiotiques, trois semaines d’antibiotiques quotidiens par voie intraveineuse, une chirurgie reconstructive du bras, des dommages aux poumons, au cœur et à la vessie, des insomnies, des hallucinations, un syndrome de stress post-traumatique, un million de dollars de frais médicaux et la perte de ma maison, de ma voiture, de ma carrière et de mon mariage."
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Remise en Question et Prise de Conscience
Si j’avais une boule magique pour me ramener au moment où j’ai décidé de faire une transition médicale, je dirais que « non », je ne referais pas de transition. Cela a été difficile à dire publiquement, car franchement, c’est embarrassant. Eh bien, j’ai largement dépassé le stade de l’embarras, n’est-ce pas ? Autant faire bouger la situation que j’ai eue, comme le dit ma sœur ! Mais il y a un autre mensonge que les gens répandent : « Détransition ». Et ce n’est pas ce que les gens croient. La vérité ? Je ne pourrai jamais redevenir celle que j’étais. Jamais. Croire que je pourrais revenir en arrière n’est qu’un autre fantasme, et franchement, j’en ai assez avec les fantasmes. La transition médicale est permanente : point final !
Appel à la Prudence et au Soutien
La transition médicale n’est pas pour les enfants. Elle ne répare rien et ne sauve pas de vie. Mais convaincre les gens que c’est le cas fait gagner beaucoup d’argent aux entreprises et aux médecins, n’est-ce pas ? C’est une question d’argent. Cela reflète ma position. L’industrie médicale et l’industrie pharmaceutique font une épidémie à partir de rien.
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