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Le liquide amniotique : Composition, Rôles et Influence de l'Odorat

Le liquide amniotique, ce bain protecteur dans lequel le fœtus se développe, joue un rôle essentiel tout au long de la grossesse. Sa composition complexe et ses fonctions variées sont cruciales pour le développement fœtal et la préparation à la vie extra-utérine. L'odorat, un sens souvent sous-estimé, s'avère être un acteur important dans cette période prénatale et postnatale, influençant les préférences et les comportements du nouveau-né.

Composition et formation du liquide amniotique

Le liquide amniotique est composé à 98 % d'eau. Les 2 % restant sont composés d'électrolytes, d'enzymes, d'hormones, d'immunoglobulines, mais aussi de cellules en suspension, très utiles lors d'une amniocentèse. Il est formé par la diurèse fœtale, c'est à dire lorsque bébé urine (jusqu'à 600ml par jour en fin de grossesse), et le liquide sécrété par les poumons, de l'ordre de 200 à 300 ml par jour en fin de grossesse. La bonne quantité de liquide amniotique est garantie par l’équilibre entre ce que sécrète le fœtus et ce qu’il ingère in utero. Le liquide amniotique sera alors essentiellement composé d’eau puis, au fur et à mesure des semaines de grossesse, de sels minéraux, d’acides aminés, de cellules fœtales et bien sûr, de l’urine de notre futur bébé. Perpétuellement renouvelé, le liquide amniotique est avalé, dégluti puis éliminé en urinant. Le fœtus en absorbe entre 200 et 500 ml par jour. Le pic de production a lieu vers 22 SA et la norme en fin de grossesse est celle d'un volume compris entre 500 et 2000 mL. Un excès ou une diminution de liquide amniotique ne sont jamais pris à la légère car ils peuvent être des signes d'appels de pathologies fœtales ou maternelles.

Rôles du liquide amniotique

Le liquide amniotique a un rôle protecteur à différents niveaux. Il permet tout d'abord de protéger bébé, en amortissant les chocs et les sons de l'extérieur, mais aussi d'avoir assez d'espace pour bouger. S'il y a une perte des eaux très précoce pendant grossesse, les muscles peuvent être atrophiés. Par ailleurs, grâce au liquide amniotique, la température locale reste constante ce qui lui assure une stabilité de l'environnement. Autre point essentiel : le rôle du liquide amniotique contre les infections et les bactéries. Enfin, il participe au développement des sens que sont l'odorat et le goût. Ce liquide clair et limpide peut être comparé à un coussin douillet, qui entoure le bébé. Il le protège ainsi des chocs externes et du froid, en le maintenant à une température constante de 37 degrés. L’eau permet les mouvements actifs du fœtus, indispensables au développement de sa motricité dans le ventre de sa mère. Mais le liquide amniotique a surtout un puissant rôle antibactérien.

Le sens du goût et de l'odorat : développement et rôle

La gustation et les autres sens utiles à l'alimentation, le toucher et l'olfaction, sont les premiers à se mettre en place durant la vie fœtale. Les papilles gustatives, responsables de la sensibilité au sucré, au salé, à l'amer et à l'acide, apparaissent chez le fœtus entre la septième et la huitième semaine ; elles sont fonctionnelles dès le troisième trimestre de la grossesse. Le sens du goût permet de percevoir les quatre saveurs élémentaires dont le mélange fait toutes les saveurs : le sucré, le salé, l'acide et l'amer. Le sens du goût, qui autorise la perception des 4 saveurs élémentaires, est suppléé par le sens de l'odorat pour d'autres sensations plus fines.

L’apprentissage de la reconnaissance olfactive s’est faite pendant la vie intra-utérine : le système olfactif du fœtus est un des premiers sens à se mettre en place entre la 11e et 15 e semaine.

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Sentir in utero

Bien que le système nerveux fœtal soit immature, le fœtus peut détecter les molécules odorantes et sapides véhiculées par le liquide amniotique qui circule dans les voies respiratoires. Par ailleurs, le système nerveux impliqué dans le traitement de l'information olfactive est suffisamment mature et développé pour produire des sensations et les mémoriser. Cette aptitude sensorielle fœtale s'exerce dans un milieu fluctuant dont la composition dépend notamment des arômes consommés par la mère. En effet, en analysant le liquide amniotique, on a montré que les composés odorants de l'alimentation maternelle sont rapidement transmis au liquide amniotique et au fœtus. Des arômes complexes, tels ceux du cumin, du curry, de l'anis, de l'ail, du chocolat ou encore de la carotte, passent aisément vers le compartiment fœtal.

Préférences olfactives et apprentissage

Les préférences olfactives ne sont pas établies à la naissance. Toutefois, les expériences gustatives et olfactives peuvent être influencées par l’alimentation maternelle, de même lors de l’allaitement. Les études ont montré que l’exposition à un arôme spécifique via le lait maternel est associée à une appréciation plus élevée de cet aliment au début de la diversification alimentaire.

Préférences précâblées ?

Les nouveau-nés reconnaissent l'odeur du liquide amniotique, et qu'à trois jours d'âge, ils préfèrent leur propre odeur amniotique à celle d'un autre fœtus. Le cerveau fœtal est ainsi en mesure d'extraire et de retenir l'information olfactive présente dans le liquide amniotique et le cerveau néonatal peut se la remémorer. Des mères ont accepté d'enrichir leur alimentation avec un arôme donné - de l'anis par exemple - au cours des derniers jours de leur grossesse. Après la naissance, quand on propose l'odeur pure d'anis à des enfants ainsi exposés in utero, ils tournent plus souvent leur nez vers cette odeur, alors que les enfants de mères qui n'en ont jamais consommé s'orientent au hasard. Ainsi, les préférences olfactives dépendent de l'expérience prénatale, par le jeu de mécanismes cognitifs - familiarisation et association - probablement semblables à ceux qui interviennent lors des apprentissages postnatals.

Odeur du sein, du cou et des aisselles maternels

Le nouveau-né détecte et mémorise les odeurs naturelles de sa mère. Ainsi, on a montré à plusieurs reprises que l'odeur du sein devient rapidement attractive lors des premières tétées. Il en va de même des odeurs du cou et des aisselles. Mais selon qu'ils sont nourris au sein ou au biberon, les enfants ne sont pas confrontés aux mêmes situations d'apprentissage olfactif. Alors que des enfants nourris au sein pendant deux semaines préfèrent l'odeur axillaire de leur mère (par rapport à la même odeur d'une autre mère), ceux nourris au biberon ne font pas cette distinction. La différence entre ces enfants serait liée au degré d'exposition directe à la peau maternelle. En effet, les enfants allaités ne discriminent pas l'odeur axillaire de leur père - à laquelle ils n'ont jamais été directement exposés - de celle d'un homme non familier.

Le cerveau de bébé et les sensations gustatives

Dès le plus jeune âge, les stimulations gustatives vont être détectées par le cerveau en construction de votre bébé. Le cortex gustatif primaire (on parle d’opercule frontal ou insula) joue un grand rôle dans la reconnaissance de la sensation gustative avec une réponse aux 5 saveurs:sucrésaléacideamerumami (glutamate de sodium bien connu des asiatiques). Il y a aussi le cortex gustatif secondaire (cortex orbito-frontal) qui va jouer un rôle dans le lien action-récompense. Il se développe selon l’environnement du foetus, de l’enfant, il s’éduque, peut aussi amener à certains blocages. A la naissance, la saveur amère est rejetée par bébé et l’appréciation de la saveur sucrée est une des seules à être innée. Les systèmes gustatifs et olfactifs sont fonctionnels dès la naissance, mais les préférences gustatives continuent à évoluer au cours de la première année de vie, avec une évolution très nette de l’appréciation pour le gout salé entre 3 et 6 mois, en rapport très certainement avec les expériences alimentaires (diversification).

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Importance de l'odorat dans l'interaction mère-enfant

Avec le sens du toucher, le système olfactif est le sens le plus mature à la naissance. Environ 1-2% du génome humain est consacré à la production de récepteurs du système olfactif. Le nouveau-né (homme ou animal) est spontanément capable (sans aucune expérience préalable) dans ses tous premiers instants de vie de détecter et reconnaître l’odeur des mamelons de sa mère afin d’aller téter (question de survie). Pour le bébé humain, l’odeur des seins de sa mère a un effet attracteur tel une phéromone. Son système olfactif est d’ailleurs capable de détecter des concentrations très basses. D’après les travaux de Browne, le lait maternel et le liquide amniotique ont la même signature aromatique pour le nouveau né. La mémoire des odeurs de la vie gestationnelle est active chez le nourrisson immédiatement après sa naissance et dure plusieurs semaines voire mois. Cette mémoire des odeurs lui permet de mieux s’adapter à sa vie extra-utérine comme s’il y avait continuité entre sa vie fœtale et sa vie de néonatale. Un des aspects de cet effet médiateur se concrétise par le bien-être psychologique : l’odeur maternelle soulage et calme l’enfant qui pleure.

Impact thérapeutique de l'odorat

De nouvelles connaissances de la physiologie de l’odeur chez l’humain pourront avoir des implications majeures pour des actions thérapeutiques. Différentes études se sont intéressées à la préférence olfactive des nourrissons (lait maternel, lait de formulation ou solution saline). Le lait maternel a suscité plus d’enthousiasme (mouvements de têtes et activation buccale plus intenses) et cette préférence était indépendante de l’expérience de l’enfant (c’est-à-dire qu’un nourrisson non allaité était aussi attiré préférentiellement par du lait maternel). Les glandes de Montgomery émettent des composés volatiles qui activent une réponse comportementale autonome chez le petit humain et interviennent aussi dans la communication chimiosensorielle entre la mère et l’enfant. La stimulation olfactive du nouveau né par le contact avec le corps et les seins de sa mère, est une véritable nourriture psychologique et émotionnelle (un pont entre sa vie fœtale et sa vie extra utérine). Soulignons aussi l’impact thérapeutique de la stimulation olfactive, notamment pour les enfants prématurés (nette diminution de l’apnée (avec et sans bradycardie).

Perte des eaux : Signes et conduite à tenir

La perte des eaux est un moment décisif de l’accouchement. Mais elle ne ressemble pas toujours aux films. Apprenez à décoder les signaux que votre corps vous envoie. Le signe le plus révélateur de la perte des eaux est la sensation soudaine d'un liquide s’écouler, que vous ne pouvez pas retenir en contractant votre périnée. Quand vous perdez vos eaux, le liquide continue de couler. Même si vous serrez fort les muscles de votre plancher pelvien. L’urine, elle, peut être stoppée volontairement. L’écoulement peut être abondant ou modéré. Faites attention à votre position. Debout, le liquide s’écoule plus facilement sous l’effet de la gravité. Allongée, vous ressentirez peut-être simplement une sensation d’humidité. N’hésitez pas à placer une serviette hygiénique pour mesurer la quantité de liquide et d’observer sa couleur.

Couleur et odeur du liquide amniotique

La couleur du liquide amniotique est un indicateur essentiel. En temps normal, il est clair comme de l’eau, parfois légèrement jaunâtre. Une teinte rosée peut aussi apparaître. Observez bien la couleur sur votre protection ou vos vêtements. Le liquide amniotique ne doit pas être jaune foncé, ni vert, ni marron, car ces couleurs signalent une urgence médicale potentielle. La couleur vous aide aussi à différencier le liquide amniotique de l’urine. L’urine est généralement plus jaune et elle a une odeur caractéristique d’ammoniaque. Le liquide amniotique, lui, a une odeur plutôt sucrée. Si vous voyez du sang rouge vif en abondance, contactez immédiatement votre maternité car le sang peut indiquer un problème avec le placenta.

Autres signes de la perte des eaux

Beaucoup de femmes décrivent un petit bruit ou une sensation particulière, comme un ballon qui se perce délicatement. Un « pop » discret à l’intérieur du ventre. Après cette sensation, l’écoulement commence généralement dans les secondes qui suivent, parfois immédiatement, d’autres fois avec quelques minutes de décalage. Si vous ressentez ce « pop » sans écoulement visible, il peut s’agir d’une fissure haute dans la poche. Le liquide s’écoule alors très lentement. Le liquide amniotique ne s’arrête pas complètement car votre corps en produit continuellement. Vous remarquerez que votre protection se mouille régulièrement, même après avoir changé de serviette plusieurs fois. Cette humidité persistante est caractéristique. L’écoulement peut varier selon vos mouvements.

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Que faire en cas de perte des eaux ?

Mettez une serviette hygiénique propre, marchez pendant 30 minutes, puis examinez la serviette. Le liquide amniotique a aussi une particularité physique. Il ne s’absorbe pas comme l’urine, il reste plutôt en surface. L’urine, elle, est absorbée plus profondément. En cas de doute persistant, une consultation reste indispensable. La rupture de la poche des eaux déclenche souvent le travail. Dans les 24 heures qui suivent, 60 à 70% des femmes commencent leurs contractions. Même sans contractions, vous devez consulter après une perte des eaux car le risque d’infection augmente avec le temps.

Complications liées au liquide amniotique

Un excès (hydramnios) ou une diminution (oligoamnios) de liquide amniotique ne sont jamais pris à la légère car ils peuvent être des signes d'appels de pathologies fœtales ou maternelles. La principale source de liquide amniotique vient de l'urine du bébé, donc s'il n'y en a pas assez, cela peut-être le signe d'une malformation rénale. L'oligoamnios peut aussi être provoqué par un retard de croissance du fœtus, ou une perte des eaux. Concernant l'hydramnios, il peut être causé par une malformation, par exemple si bébé ne peut pas déglutir. Il arrive qu'une femme enceinte perde du liquide amniotique avant le terme de sa grossesse. Le degré de gravité va bien entendu dépendre du stade de la grossesse auquel survient la fissure ou la rupture de la poche des eaux, puis la perte de liquide entraîne les contractions utérines et donc la mise en travail.

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