Les Tétines Noires, un groupe français atypique et culte, ont marqué les années 90 avec leur mélange unique de dérision, de provocation et d'expérimentation sonore. Leurs concerts étaient de véritables performances, mêlant visuel, écrit et sonore, refusant les cloisonnements et revendiquant le droit de mélanger les genres et les ambiances.
Un Mélange d'Influences et d'Expérimentations
La musique des Tétines Noires évoque les délires psychédéliques des premiers Pink Floyd, les outrages d'Alice Cooper et les ambiances de Nick Cave. Leur parcours musical, retracé dans la box "Anthomologies", témoigne d'une évolution constante et d'une volonté de ne jamais se contenter d'une seule direction.
Anthomologies : Une Rétrospective Complète
"Anthomologies" n'est ni un recueil de morceaux choisis, ni une étude des insectes, mais presque l'intégrale des Tétines Noires. Rangés par ordre alphabétique, les titres nous font remonter le temps jusqu'en 1982, avec les "Botanus tracks". Ces premiers enregistrements, réalisés en Normandie par deux collégiens inspirés, laissent entrevoir un rock sombre où les expérimentations des années 70 rencontrent les sentiments dépressifs de la fin de la décennie. Le son est bon et le génie créatif de la famille Hubaut est déjà éclatant.
L'Évolution du Son : De la Cold Wave à l'Indus
Quelques années plus tard, en 1986-1987, le son des Tétines Noires évolue vers une cold wave plus rock, avec des mélodies plus présentes et davantage de chant. Les cinq pistes suivantes témoignent d'une époque plus brute et sauvage, où les ados devenus (post)-punks jouent avec les codes du rock n roll sans pour autant soigner les mélodies et sans hésiter à casser les structures classiques.
Les Performances Live : Marquer l'Auditoire Durablement
À l'heure du minitel, le nom du groupe va commencer à circuler avec l'album mais également avec des performances live hors du commun, notamment aux Transmusicales en 1990. Un premier aperçu nous est donné avec le live du titre "Le loup des steppes" capté en 89 à l'Abordage, où l'ambiance prévaut sur le rythme, avec l'objectif de marquer l'auditoire durablement et ne pas se contenter de faire un concert.
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Fauvisme et Pense-Bête : La Libération Totale
En 1990 sort leur premier album, "Fauvisme et pense-bête", où Les Tétines Noires chantent en français, totalement libérés, mettent en valeur les "Freaks", assument leur folie et se permettent des titres presque sans musique. En quelques minutes, le trio (Marcus est arrivée à la basse) dépasse le cadre de groupe pour devenir un concept.
Brouettes : Le Théâtre du Grand Guignol
Le deuxième disque, "Brouettes" (1991), est toujours gothique, mais un peu plus flamboyant ou grandiloquent. Le théâtre du grand guignol se joue sur plusieurs tableaux, les silences bousculent les larsens, les invités foutent le bordel, la cacophonie jouxte les parties éthérées. Les Tétines Noires partent dans tous les sens et ne sont vraiment pas faciles à suivre.
Les Titres Bonus : Vers un Son Plus Accessible
Les 11 titres bonus enregistrés entre 1992 et 1994 sont plus lisibles, ressemblant plus à des chansons ou à du rock. Certains sont même particulièrement touchants et accessibles, et c'est aussi l'occasion de commencer à tâter de l'industriel.
12 Têtes Mortes : L'Ère Indus et la Démence
Une série de vingt-quatre pistes à base de "tête" dont une moitié qui sert de sauce pour lier le tout et l'autre qui sont autant de brûlots forgés dans un rock-métal machinal. Faut-il y voir les volontés de Jérôme (nouveau batteur), celles d'Entonie (nouveau bassiste), la patte d'Amadou (Treponem Pal vient de sortir Excess and overdrive) qui produit cet album ? Ou alors, une simple évolution et une attirance vers un mouvement qui prend de l'ampleur ? Les samplers se domptent plus facilement et ouvrent de nouvelles perspectives à la démence des Tétines. C'est l'album dans lequel je me retrouve le plus, entre décadence et fulgurance, le son permet à la fois les plus belles coquetteries et d'envoyer des riffs surpuissants, ça matraque, ça éclate, ça balance des psychotropes, sur une trame indus sans concession, le combo poursuit le dessin de son univers haut perché et le mariage fonctionne. Les 4 remixes proposés ensuite dénotent l'intérêt de la scène électronique pour le travail de bidouillage et l'idée que les titres peuvent être réinventés à l'infini.
Un Inédit et des Versions Live Rares
Le quatrième disque est dédié à un inédit enregistré en 2015 qui rend hommage à Jacques Luley et à 18 titres dans des versions live rares, captés à travers l'Europe. Une sorte de best of sur scène entre 1987 et 1997 avec un très bon son (surtout pour l'époque) même si on entend rarement le public.
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Boucherie Productions : Un Label Alternatif et Éclectique
En 1985, ne trouvant pas de maison de disque pour les signer, le groupe des Garçons bouchers décide de créer son propre label pour publier leur premier enregistrement. De son côté, Luc Natali décide de monter en 1985 le Festival international de rock français à Montréal (FIRM). Il rencontre à cette occasion François Hadji-Lazaro, membre du groupe Les Garçons Bouchers et co-fondateur Boucherie Productions, qui l’aide dans cette entreprise. Volontairement éclectique, le label produit aussi bien du punk, du métal que de la musique traditionnelle et de la chanson française. Le label développe également ses propres outils de promotion en diffusant un bulletin d’information à partir de 1995, L’écho des côtelettes, un service téléphonique dédié aux écoutes de nouveaux titres et un 3615 Bouchprod. Il s’appuie aussi sur des structures dites « alternatives » comme les fanzines, les radios libres et locales, mais n’hésite pas à faire appel à des médias plus populaires pour faire connaître leurs artistes comme les émissions télévisées de Jacques Martin ou encore le magazine Elle.
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