Introduction : Lever le Tabou
Les règles, un sujet entouré de non-dits, restent paradoxalement peu étudiées en France par la littérature scientifique. Pourtant, elles sont au cœur de l'expérience féminine, influençant non seulement la santé physique mais aussi le rapport au corps et à la société. Cette étude se penche sur la représentation des menstruations dans la littérature, en explorant comment ce phénomène biologique et culturel est perçu, interprété et mis en récit. Cet article vise à explorer la complexité de la représentation des menstruations dans la littérature, en mettant en lumière les tabous, les mythes et les évolutions de perception qui entourent ce sujet essentiel.
Méthodologie : Une Approche Plurielle
Cette analyse s'appuie sur une revue de la littérature variée, allant des manuels scolaires aux œuvres littéraires classiques et contemporaines. L'objectif est d'identifier les aspects des règles qui sont discutés ou, au contraire, occultés, et d'examiner comment ces représentations influencent la perception des menstruations chez les jeunes et les adultes.
Les Règles dans les Manuels Scolaires : Une Vision Réductrice ?
Une étude des manuels de Science de la Vie et de la Terre (SVT) des collégiens et lycéens révèle que les règles sont principalement représentées par leur fonction reproductrice et comme un sujet exclusivement féminin. Cette approche tend à occulter d'autres aspects importants, tels que l'expérience émotionnelle et physique des menstruations, leur dimension sociale et culturelle, et leur lien avec le bien-être général des femmes.
L'analyse souligne que la compréhension des menstruations et du cycle menstruel est primordiale pour une image positive de ce phénomène. En réduisant les règles à leur fonction biologique, les manuels scolaires risquent de perpétuer les tabous et les idées reçues, et de ne pas préparer les jeunes filles à vivre cette étape de leur vie de manière épanouie.
Mythes et Symboles : Le Sang Menstruel à Travers l'Histoire
Le sang menstruel a toujours été entouré de mythes et de symboles, souvent contradictoires. Tantôt considéré comme impur et dangereux, tantôt comme sacré et doté de pouvoirs de guérison, il a suscité fascination et répulsion à travers les cultures et les époques.
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Les déesses fileuses et le temps cyclique
Dans de nombreuses traditions, les règles sont associées à la lune, au temps cyclique et à la fertilité. Les déesses de la destinée sont souvent représentées comme des fileuses, tissant les existences humaines au rythme des cycles lunaires et des saisons. Cette symbolique met en évidence le lien profond entre la femme, la nature et le mystère de la vie.
Tabous et interdits
Le sang menstruel a également été source de tabous et d'interdits dans de nombreuses sociétés patriarcales. Considéré comme impur, il pouvait entraîner l'exclusion des femmes de la vie sociale et religieuse pendant leurs règles. Ces tabous, souvent liés à des croyances religieuses ou superstitieuses, ont contribué à stigmatiser les menstruations et à les entourer de honte et de secret.
Le sang "perdu" et le sang "versé"
La distinction entre le sang "perdu" par les femmes et le sang "versé" par les hommes est révélatrice des inégalités de genre. Alors que le sang versé pour de nobles causes est valorisé, le sang menstruel est souvent perçu comme un signe de faiblesse et d'incapacité à contrôler son corps. Cette vision contribue à dévaloriser l'expérience féminine et à renforcer les stéréotypes de genre.
La Psychanalyse et le "Voir" des Règles : Entre Angoisse et Féminité
La psychanalyse, notamment à travers les travaux de Freud, a exploré la dimension psychologique des menstruations. Le "voir" des premières règles peut être vécu comme un choc, une confirmation de la différence des sexes et de la "castration" symbolique. Cependant, ce "voir" peut aussi être porteur d'une assomption de la féminité, d'une entrée dans le monde des femmes.
Le rôle de la mère
Le message transmis par la mère joue un rôle crucial dans la manière dont les jeunes filles vivent leurs premières règles. Un message positif, valorisant la féminité et la fertilité, peut aider les filles à accepter leur corps et à se sentir fières d'être femmes. Au contraire, un message négatif, associé à la honte, à la souillure ou à la culpabilité, peut entraîner des complexes et une vision dévalorisante de soi.
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Le corps caché et le corps révélé
Les règles sont ce que les femmes cachent, ce qui doit rester invisible. Toute tache visible provoque la honte. Cette dissimulation est liée à la perception du corps féminin comme un corps caché, secret, voire menaçant. L'évolution de l'homo erectus, avec la dissimulation du sexe féminin, a renforcé cette invisibilité et a contribué à la construction de théories sur le sang menstruel comme un phénomène étrange et incontrôlable.
La découverte du vagin
Les menstruations marquent la découverte du vagin, un organe longtemps ignoré ou refoulé. Cette irruption du féminin change les données psychologiques et sexuelles, et peut entraîner des angoisses spécifiques liées à la féminité. La manière dont les filles et les garçons élaborent les fantasmes liés à la découverte du vagin est essentielle pour leur développement psychosexuel.
Le XVIIIe Siècle : La Spécificité du Sang Féminin Reconnue
Le XVIIIe siècle marque un tournant dans la perception du corps féminin. La théorie qui voyait en la femme une version imparfaite de l'homme disparaît, entraînant une prise de conscience de la spécificité féminine. On reconnaît alors que la vie féminine se déroule sous le signe du sang, avec ses cycles, ses transformations et ses vulnérabilités propres.
La femme, un être fragile ?
Si la femme n'est plus considérée comme une version imparfaite de l'homme, elle est néanmoins perçue comme plus délicate et plus fragile. L'utérus, maintenant reconnu comme un organe distinct des organes masculins, acquiert une importance capitale. Les troubles féminins, tels que l'hystérie, sont attribués à des déplacements désordonnés de l'utérus dans le corps.
Le sang menstruel, un fluide ambivalent
Le sang menstruel est considéré comme un fluide ambivalent, à la fois purificateur et dangereux. Il est censé purifier le corps des femmes et les délivrer d'un excès de sang. Cependant, il est aussi doté d'un pouvoir maléfique, capable de contaminer l'environnement et de provoquer des maladies. Cette ambivalence reflète la complexité de la perception des menstruations et du corps féminin.
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L'Évolution de la Condition Féminine et la Visibilité des Menstruations
Le XIXe et le XXe siècles sont marqués par une évolution progressive de la condition féminine et une plus grande visibilité des menstruations. Les mouvements féministes revendiquent le droit des femmes à disposer de leur corps et à vivre leur sexualité de manière épanouie. La littérature féminine se développe, offrant de nouvelles perspectives sur l'expérience menstruelle et les tabous qui l'entourent.
Le XIXe siècle : entre Code Civil et émancipation
Le XIXe siècle est une période de grands contrastes, marquée par le Code Civil napoléonien qui soumet les femmes à l'autorité masculine, mais aussi par les premières revendications féministes et l'émergence d'une littérature engagée en faveur des droits des femmes.
Le XXe siècle : visibilité et revendications
Le XXe siècle est marqué par une plus grande visibilité des femmes dans la société et par l'acquisition de nouveaux droits, tels que le droit de vote et le droit à la contraception. La littérature féminine se répand de plus en plus, offrant des représentations plus réalistes et nuancées de l'expérience menstruelle.
Les Menstruations Aujourd'hui : Réappropriation et Rituels
Aujourd'hui, on assiste à un renouveau autour de la manière d'accueillir et de représenter les menstruations en Occident. Des mouvements de "tentes rouges" favorisent les échanges entre les femmes à propos de leur vécu menstruel. Des rituels personnels émergent, visant à réapproprier un corps cyclique et à se reconnecter à une cosmologie féminine.
Rituels et pratiques
Ces rituels peuvent prendre différentes formes : repos, utilisation de calendriers lunaires, don du sang à la terre, art menstruel, méditation, yoga, écriture réflexive, danse, Qi Gong… L'objectif est de redonner du sens à cette expérience corporelle et de participer à une reconquête symbolique du féminin.
Connexion et empuissancement
Ces pratiques rituelles nourrissent un sentiment d'empuissancement accru, favorisent l'inscription dans une temporalité plus respectueuse du rythme personnel et permettent de se reconnecter à ses propres besoins et à son corps. Elles peuvent également conduire à une plus grande conscience écologique et à un sentiment de connexion à une sororité universelle.
Représentations des Âges de la Vie des Femmes dans la Littérature
L’intérêt accru pour les études de genre nous amène aujourd’hui à nous interroger sur les représentations des âges de la vie des femmes dans la littérature et les arts. Des jeunes filles en fleurs aux femmes parvenues à l’automne de leur vie, les âges de la vie des femmes sont très fréquemment pensés à travers l’image des saisons, tant dans la littérature du Moyen Âge que dans des textes contemporains. Comme la nature à laquelle on ne cesse de les rapporter, les femmes seraient des êtres du cycle, dont la vie serait marquée profondément par le rythme de leurs saisons physiologiques. Au-delà de la correspondance pythagoricienne traditionnelle entre saisons et âges de la vie, que connotent ces imaginaires des âges féminins ? Comment expliquer leurs constantes et leurs variations à travers les époques ? Qu’est-ce qu’une “jeune fille”, une femme “jeune”, une “vieille femme”, une femme “vieille” ? Nous aimerions élaborer une réflexion collective qui permette de mieux cerner et historiciser ces représentations des âges de la vie des femmes. On se demandera ce qui détermine et alimente ces figurations, notamment dans les interactions entre discours médical et discours littéraire et artistique, et ce qui les différencie de celles des âges de la vie des hommes. En tenant compte des difficultés définitionnelles de ces périodes de la vie des femmes, on voudrait interroger la fixité des imaginaires qu’elles suscitent à travers les époques. Il semblerait que ce soit souvent la question de leur rapport au corps et à la sexualité qui lie leurs représentations, du Moyen Âge à nos jours : si la jeune fille fait son entrée dans la puberté en même temps que dans le monde du désir (bien souvent masculin), la femme qui vieillit et devient inféconde est priée d’en sortir, sous peine d’être dépeinte comme ridicule ou monstrueuse. On se penchera sur les sens que l’on donne aux « âges de la vie » des femmes en littérature et sur les rapports (inverses) qu’ils entretiennent avec le corps et la sexualité. Périodes de la vie dont on sait qu’elles sont traditionnellement pensées en termes de « passages » et d’« étapes » dans la culture occidentale, dit autrement comme des moments de « rupture » et de « crise », bref de « seuils » socio-biologiques. Le seuil en effet ne correspond-il pas à ce moment « de changement brusque, de crise, de décision modifiant le cours de l’existence (ou d’indécision, de crainte de “passer le seuil”)ii», que la littérature se plaît à mettre en texte ? On aura deviné l’utilité de se tourner vers les ressources offertes par l’ethnocritique, qui, partant de l’hypothèse qu’il existe entre le récit littéraire et le rite de passage (Van Gennep) une « homologie […] structurelle et fonctionnelleiii », s’est depuis longtemps penchée sur les multiples figures masculines et féminines du seuil, dont deux notamment font problème puisque intimement liées au corps et à la sexualité surveillés : la jeune fille et la vieille fille - dont il n’est pas rare qu’elle soit aussi une femme vieillissante. Plus que d’autres en effet, la jeune fille court le risque de voir son initiation bloquée sur des seuils rituels sanglants (les premières menstruations, le mariage), bref de devenir un « personnage liminaire » (pour parler comme Marie Scarpaiv), un être « inachevé » au plan de la socialisation, en particulier si elle adopte un comportement social qui, parce que jugé hors normes, la rend indésirable aux yeux masculins et la condamne à demeurer une « éternelle jeune fillev ». Si la vieille fille est un personnage liminaire dérangeant volontiers la dichotomie masculin-féminin (la vieille fille virile), la femme vieillissante (au seuil de ce que le XIXe siècle nommera ménopause) en est-il un ? Peut-on trouver des personnages liminaires hors du récit moderne et contemporain (rien en effet ne signale leur absence dans le théâtre et dans la poésie du Moyen Âge et de l’âge classique) ? Comment sont-ils présentés à des lecteur.trices eux.elles-mêmes sans cesse en train d’apprendre et d’intérioriser l’ordre social ? Sont-ils toujours frappés d’indésirabilité socio-physiologique ? Que nous révèle cette indésirabilité de l’époque qui les voit naître à la fiction, des normes masculines en vigueur ?
La sociologie de la littérature pourra également être utilement convoquée, notamment les travaux de Pierre Bourdieu - lui aussi observateur rigoureux des « rites comme actes d’institutionvi » et de la domination masculine en Kabylie et en France. On pense à la théorie des champs, plus particulièrement à la manière dont l’inscription dans un champ littéraire détermine les représentations qu’un.e écrivain.e ou un groupe d’écrivain.e.s offre des âges de la vie des femmes (et des états plus ou moins dé-sexualisés et in-désirables qui lui sont associés) ; quand ledit champ n’écarte pas carrément certaines périodes et personnages féminins au profit d’autres : ainsi, au tournant des XIXe et XXe siècles, la jeune fille idéale (entendre : décorporifiée, désexualisée, en position d’être désirée) devient-elle le « personnage régnantvii » de la culture catholique en lutte contre la Troisième République perçue comme masculiniste, tandis que la femme vieillissante est reléguée à l’arrière-scène du personnel littéraire. Observe-t-on des périodes au cours desquelles le corps de la femme vieillissante, de la vieille fille et de la vieille femme se voit attribuer un rôle politique ? Comment les différents états du champ littéraire ainsi que l’incorporation d’« habitus sexuésviii » influencent-ils les représentations qu’offrent les agent.e.s littéraires des âges de la vie des femmes ? Les propositions pourront aussi s’intéresser à l’écriture stéréotypique des jeunes filles et des femmes vieillissantes, ainsi qu’aux subversions et aux évolutions de ces figures. De la jeune fille en fleur à la vieillarde bigote et repoussante se dessinent des types littéraires bien identifiables adossés à des stéréotypes sociaux : les textes construisent des caractères respectant une esthétique et une morale implicite des tempéraments et des comportements qui conviennent à chaque âge. Du caractère au type, la jeune fille et la vieille femme sont des figures particulièrement travaillées par les écrivain·es : on pourra en interroger les manifestations et la construction dans les oeuvres littéraires et artistiques. Emblématique de l’écriture des types au XIXe siècle, Les Français peints par eux-mêmes par exemple, contient bien une physiologie de « La jeune fille ». Les femmes qui vieillissent en revanche ne disposent pas d’une physiologie à part entière mais se voient abordées de biais dans divers articles, écriture de biais que l’on rencontre également dans les littératures plus anciennes - la femme du “Lai du désert d’amour” d’Eustache Deschamps en est un bon exemple. L’âge entraînerait-il au XIXe siècle une diminution de l’intérêt associé au personnage féminin, mais également une diversification de ses traits stéréotypiques ? S’il n’y a peut-être qu’une jeune fille, il y a de multiples femmes vieillissantes dont il s’agira d’explorer les diverses représentations, aussi bien littéraires qu’iconographiques. En parallèle, la littérature s’emploie à complexifier les représentations stéréotypées de la femme en explorant diverses figures de jeunes femmes et des femmes vieillissantes.
On s’intéressera aux rôles donnés à ces figures féminines typifiées. Entre l’ingénue et la duègne, l’objet de la quête et le personnage secondaire, les femmes semblent cantonnées à des rôles soit passifs, soit subalternes. Si la jeune fille apparaît fréquemment comme le but de la quête du héros dans le schéma narratif type, la vieille femme semble évoluer davantage en périphérie, jouant le rôle d’adjuvante (indiquant son chemin au héros…) ou d’opposante (la sorcière dans les contes), dans une opposition duelle avec la jeune fille. En outre, la jeune fille est souvent « fille de (roi, paysan…) à marier (au héros) », donc définie par rapport aux personnages masculins. Pour autant, ce modèle topique fait également l’objet de subversions qu’il s’agira d’interroger. La jeune fille peut n’être pas toujours le réceptacle passif d’un désir masculin et prendre part à des aventures ou des intrigues dans lesquelles elle est sujet désirant ou animée de préoccupations autres. La vieille femme peut également désirer elle-même, sans être limitée par les normes sociales qui lui assignent une place passive ou extérieure à la sexualité. Pour autant, le désir de la jeune fille comme celui de la vieille femme, lié à une forme d’excès obscène, peut marginaliser ces figures en tant que personnages et l’on pourra s’interroger sur les intrications entre représentabilité du désir et hiérarchie des personnages. Les jeunes filles et les vieilles femmes se voient-elles assigner des rôles spécifiques dans la littérature française ? Parviennent-elles à échapper aux carcans des rôles qui leur sont couramment attribués ? L’élaboration de ces personnages féminins et les rôles qui leur sont conférés seront à interroger. Nous entendrons encore questionner les types d’écriture et les marqueurs génériques qui encadrent et définissent les expressions des différents âges au féminin, émanant d’un imaginaire patriarcal. Ces associations ne sont pas figées dans le temps et il sera loisible d’investiguer leurs évolutions : alors que la “vieillarde” se présente la plupart du temps comme un personnage comique porteur d’obscénité dans les littératures anciennes, sujet privilégié de poésie satirique, elle peut aussi prendre une coloration plus sérieuse sous la plume de Baudelaire ou de Flaubert. Les discours tenus par et sur des personnages de femmes sont bien souvent encadrés par une morale implicite des âges de la vie qui définit à la fois leur caractère et la tonalité de leur propos. Il s’agira dès lors de questionner la fixité de ces types d’écriture et la nature de la communication littéraire qu’elles engagent : quelle place pour une expression du vieillissement au féminin dépourvue de comique ou de dégoût ? À l’inverse, les œuvres peuvent-elles déplacer le personnage de la jeune fille du côté des prérogatives des “vieillardes” ? Les écritures au féminin des âges de la vie, notamment contemporaines, celles d’Annie Ernaux ou d’Hélène Cixous - étudiée par Martine Boyer-Weinmann - ou celles de Chloé Delaume et Camille Laurens, contribuent-t-elles à renouveler ces codes esthétiques et génériques ?
Il serait enfin intéressant de se pencher sur la construction des images et des imaginaires littéraires et artistiques des âges des femmes dans la perspective des études de genre. On pourrait par exemple étudier les ressorts descriptifs et narratifs de ces représentations des corps féminins et des expériences féminines de l’âge. Ainsi, le concept de regard masculin, ou “male gaze”, issu des études cinématographiques et forgé par Laura Mulvey, permet de qualifier la façon dont le cinéma hollywoodien sexualise les femmes qui sont “simultanément regardées et mises en scène, leur apparence étant codée dans le but d’un impact visuel et érotique afin qu’elles puissent connoter “le fait d’être regardées”” selon un point de vue de désir hétérosexuel masculin. Le concept de “female gaze”, forgé par Iris Brey dans la continuité des travaux de Laura Mulvey, permet quant à lui une approche non plus seulement visuelle mais aussi phénoménologique de la narration visuelle et se réfère à “un regard qui permet aux spectateurs et spectatrices de ressentir les expériences de corps féminins, un regard qui met en valeur les expériences du corps biologique ou social des femmes”. Ces concepts se traduisent-ils littérairement, et notamment quand il s’agit de représenter des corps féminins en fonction de leur âge ? Quelles caractéristiques présenteraient des descriptions et des narrations des âges de la vie des femmes selon un "male gaze" et un "female gaze" ? Peut-on penser des concepts poétiques et des terminologies spécifiques pour analyser ces représentations ?
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