Loading...

Remboursement de la kinésithérapie pendant la grossesse par la Sécurité Sociale en France

Cet article détaille la prise en charge des soins de kinésithérapie pendant la grossesse par la Sécurité Sociale en France, en abordant les aspects financiers et les conditions de remboursement.

Prise en charge des frais médicaux pendant la grossesse

Dès le début de la grossesse et jusqu'à la fin du cinquième mois, les frais médicaux sont remboursés aux tarifs habituels. Les examens médicaux obligatoires dans le cadre du suivi de la grossesse sont pris en charge à 100 % sur la base de remboursement de l’Assurance Maladie. Cela inclut :

  • Les consultations prénatales obligatoires (une avant la fin du 3e mois, puis une par mois à partir du 4e mois jusqu'à l'accouchement).
  • Les séances de préparation à la naissance et à la parentalité, y compris l'examen prénatal précoce.
  • Les examens biologiques complémentaires, y compris ceux du futur père.

À partir du premier jour du sixième mois de grossesse jusqu'au douzième jour après l'accouchement, tous les frais médicaux remboursables (pharmaceutiques, analyses, examens de laboratoire, hospitalisation) sont pris en charge à 100 % sur la base de remboursement de l’Assurance Maladie. La dispense d'avance de frais est appliquée (hors dépassements d’honoraires), que les frais soient liés ou non à la grossesse.

Importance de la kinésithérapie prénatale

La kinésithérapie prénatale est une pratique peu connue mais essentielle pour préparer physiquement et mentalement à l'accouchement. Elle s'adresse à toutes les femmes enceintes, y compris celles ayant une césarienne programmée. Elle favorise un accouchement physiologique ou classique avec péridurale, en donnant un maximum de connaissances aux femmes.

Bénéfices de la kinésithérapie prénatale

  • Préparation du corps à l'accouchement : La kinésithérapie prénatale prépare le corps à l'accouchement, à la manière d'une préparation physique pour une compétition sportive.
  • Préparation mentale : Grâce à la visualisation, la future maman se prépare à l'arrivée du bébé en imaginant ce qu'elle ressentirait si elle sentait son odeur, si elle le prenait dans ses bras, le touchait, sentait sa chaleur… Cela permet de conditionner la femme à l'arrivée de son bébé.
  • Prévention des douleurs : L'activité physique va permettre de prévenir les douleurs.
  • Diminution des risques : La préparation du périnée permet de diminuer le risque d'incontinence, de déchirure et d'épisiotomie.
  • Amélioration de la respiration : La préparation respiratoire offre à la femme la possibilité de savoir exactement ce qu'elle doit faire pour pousser au moment de l'accouchement, cela permet de savoir engager ses abdominaux pour diriger correctement les pressions et éviter à plus long terme les descentes d'organes.
  • Activité physique adaptée : Toutes les activités dans l'eau sont adaptées puisqu'il n'y a pas d'impact : on peut sauter, courir, danser, faire de l'aquabike. Pour les femmes qui n'ont pas l'habitude de faire du sport, le yoga prénatal, plus calme, est conseillé.
  • Mobilité : L'accouchement est grandement aidé par la mobilité : le bébé va faire 7 mouvements pour naître, la femme sera d'autant plus à l'aise en bougeant et en utilisant la pesanteur pour enfanter.
  • Fertilité : Dans le cadre d’une PMA (procréation médicalement assistée), cette remise en forme est également bénéfique : plus le corps est en forme, plus c’est propice à la fécondation. En outre, une activité physique sera bénéfique pour prévenir la prise de poids liées aux traitements hormonaux.
  • Douleurs articulaires : Les modifications hormonales ainsi que les variations de poids et la modification de la statique générale peuvent également entraîner des douleurs articulaires.
  • Rééducation du périnée : Il arrive que des femmes enceintes commencent à subir des fuites urinaires associées parfois à des douleurs pelviennes dès le premier trimestre de grossesse. Une rééducation du périnée pourra donc être entamée pendant la grossesse.
  • Insuffisance veineuse : L’insuffisance veineuse est courante au cours de la grossesse. Elle se traduit par un mauvais retour veineux et qui résulte, le plus souvent, d’une perte d’élasticité et de tonicité des veines, ainsi que d’un dysfonctionnement des valvules situées sur la paroi veineuse.
  • Rééducation abdominale : En plus de cette rééducation bien connue, il faut également songer à la rééducation abdominale qui peut, elle aussi, commencer tôt. Elle nécessite un contrôle préalable notamment pour éliminer un diagnostic de diastasis, c’est à dire une séparation des abdominaux superficiels (les grands droits, connus sous le joli nom de “tablettes de chocolat”). Ces muscles sont réunis au niveau de la ligne du nombril, appelée ligne blanche ou linea alba, par un tissu conjonctif. La séparation des abdominaux survient lorsque ce tissu s’étire à l’excès, notamment lors d’une grossesse - c’est le cas pour près de la moitié des femmes.

Prise en charge de la kinésithérapie par l'Assurance Maladie

La kinésithérapie, quel qu'en soit le motif, est prise en charge par l'Assurance Maladie tout au long de la grossesse.

Lire aussi: Guide Kiné Post-Grossesse

Remboursement des soins de kinésithérapie

Le remboursement des soins de kinésithérapie repose sur le conventionnement. La convention nationale établit les engagements réciproques entre les professionnels et l’Assurance Maladie et fixe les tarifs opposables pour chaque acte codifié.

  • Secteur 1 : Régime majoritaire.
  • Secteur 2 : Rare en kinésithérapie.
  • Non-conventionné : Concerne moins de 1% des kinésithérapeutes.

Les actes de kinésithérapie sont codifiés selon la Nomenclature Générale des Actes Professionnels (NGAP), qui attribue à chaque type d’intervention une lettre-clé associée à un coefficient multiplicateur reflétant sa complexité. Dans le cadre général, l’Assurance Maladie rembourse 60% du tarif conventionnel des actes de kinésithérapie.

Dépassements d'honoraires

Un dépassement d’honoraires correspond à la différence entre le tarif conventionnel et le montant facturé. Les dépassements sont relativement rares en kinésithérapie et ne sont jamais pris en charge par l’Assurance Maladie.

Tiers payant

Le principe est simple : vous ne payez pas (ou partiellement) vos soins directement au professionnel.

Kinésithérapie à domicile

Pour être pris en charge, l’ordonnance doit mentionner explicitement « à domicile » avec un motif médical justifiant l’impossibilité de déplacement.

Lire aussi: Approches de Kinésithérapie Pédiatrique

Questions fréquentes sur le remboursement de la kinésithérapie

  • Une séance de kinésithérapie coûte-t-elle le même prix partout en France ? Non, plusieurs facteurs font varier le coût final : dépassements d’honoraires (plus fréquents dans les grandes villes), majorations spécifiques (déplacement, horaires), ou techniques spéciales hors nomenclature.
  • Combien de séances de kinésithérapie sont généralement remboursées ? Le remboursement dépend de la prescription médicale (généralement 10-20 séances initiales). Un accord préalable peut être requis au-delà d’un certain seuil (souvent 30 séances pour une même pathologie).
  • Faut-il une entente préalable pour être remboursé ? L’entente préalable n’est plus systématiquement requise pour la plupart des actes courants. Elle reste nécessaire dans certains cas spécifiques (rééducation neurologique complexe, malformations congénitales, certains actes lourds).
  • Le kinésithérapeute peut-il refuser la carte vitale ou le tiers-payant ? Un kinésithérapeute conventionné ne peut pas refuser la carte Vitale (sauf dysfonctionnement technique). En revanche, il peut refuser le tiers-payant sauf dans les situations obligatoires (ALD, CSS, accidents du travail, grossesse avancée).
  • Les techniques spéciales (dry needling, crochetage) sont-elles remboursées ? Ces techniques ne figurent pas explicitement dans la nomenclature officielle. Si elles constituent le motif principal de la séance, elles peuvent générer un dépassement non remboursé par l’Assurance Maladie.
  • Puis-je bénéficier d’une prise en charge à 100% pour ma kinésithérapie ? Oui, dans plusieurs situations : ALD (pour les soins liés), accident du travail ou maladie professionnelle, grossesse à partir du 6ème mois, bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire, ou titulaires de certaines pensions d’invalidité.

Prise en charge à 100% à partir du 6ème mois de grossesse

À partir du 6ème mois de grossesse, la totalité des frais remboursables sont pris en charge à 100% au titre de l’assurance maternité. Cela comprend tous les frais médicaux, qu'ils soient ou non en rapport avec la grossesse.

Examens et soins pris en charge à 100%

  • Consultations prénatales obligatoires (une avant la fin du 3e mois de grossesse, puis une par mois à partir du 4e mois de grossesse).
  • Séances de préparation à la naissance et à la parentalité, dont l'examen prénatal précoce.
  • Examens biologiques complémentaires (y compris ceux du futur père).
  • Les 2 premières échographies réalisées avant la fin du 5e mois de grossesse sont prises en charge à 70 %. La 3e échographie bénéficie de la prise en charge à 100 %.
  • Examen de prévention bucco-dentaire à partir du 4e mois de grossesse.

Frais d'accouchement

Les frais d'accouchement et les frais de séjour, dans la limite de 12 jours, sont pris en charge à 100 % dans un hôpital ou une clinique conventionnée. Dans une clinique non conventionnée, les frais sont remboursés à 100 % sur la base et dans la limite des tarifs de l'Assurance maladie.

Suivi par une sage-femme

Un suivi par une sage-femme à domicile est possible dans la semaine après la sortie de la maternité. Cette surveillance est prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie, jusqu'au 12e jour après la naissance de votre bébé.

Rééducation post-partum

La rééducation post-partum est une étape essentielle pour aider les jeunes mamans à retrouver leur équilibre physique après l’accouchement. Elle se concentre principalement sur le renforcement du périnée et des muscles abdominaux, souvent affaiblis par la grossesse et l’accouchement. En travaillant avec un professionnel, dont votre kinésithérapeute, cette rééducation aide à prévenir les fuites urinaires, à améliorer la posture, et à réduire les risques de douleurs lombaires. Elle permet également de se sentir plus forte et plus sereine dans le quotidien avec bébé, en assurant une récupération complète et durable.

Autres types de kinésithérapie pour la femme et l'enfant

  • Kinésithérapie chez le bébé : Dès le plus jeune âge, la kinésithérapie peut être utile pour lever les tensions internes et améliorer le confort de votre bébé.
  • Traitement des cicatrices : Le traitement des cicatrices chez la femme enceinte ou post-partum, réalisé par un kinésithérapeute, vise à améliorer la souplesse des tissus, réduire les adhérences et soulager les éventuelles douleurs, tout en respectant cette période délicate.

Lire aussi: Définition et Indications de la Kinésithérapie Pédiatrique

tags: #kine #grossesse #remboursement #sécurité #sociale

Articles populaires:

Share: