L'ascension de l'extrême droite en France et ailleurs suscite de vives inquiétudes dans divers secteurs de la société, y compris au sein de la communauté scientifique. Une tribune publiée dans le Nouvel Obs, initiée par Scientifiques en rébellion et signée par plus de 4000 chercheurs et enseignants-chercheurs, illustre cette préoccupation. Cet article explore les arguments avancés dans cette tribune, les enjeux liés à l'avortement, ainsi que le rôle des tribunes dans le débat public.
L'Appel des Scientifiques : Une Alerte Face à l'Extrême Droite
Dans cette tribune, plus de 4000 scientifiques issus de diverses disciplines et institutions françaises expriment leur inquiétude face à la montée du Rassemblement National (RN). Ils soulignent que leur mission ne peut être dissociée du respect de certaines valeurs fondamentales. Ils estiment qu'il est de leur devoir d'alerter sur les dangers que représente l'extrême droite pour la démocratie, l'État de droit, les droits des minorités et l'environnement.
Les scientifiques rappellent que l'arrivée au pouvoir de partis d'extrême droite dans d'autres pays a souvent conduit à une érosion des libertés et à une remise en question des consensus scientifiques. Ils dénoncent les stratégies de "dédiabolisation" du RN, qui visent à masquer son véritable programme. Ils mettent en garde contre les atteintes à l'État de droit, le pluralisme de l'information et l'indépendance de la justice, qui sont autant de menaces pour la démocratie.
L'Avortement : Un Droit Menacé par l'Extrême Droite
La tribune des scientifiques met en lumière les attaques répétées contre l'accès à l'avortement par les partis d'extrême droite dans divers pays. Ils notent que les eurodéputés RN se sont abstenus ou étaient absents lors du vote sur l'inclusion du droit à l'avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Cette question de l'avortement est particulièrement sensible en France, comme le souligne l'ouvrage collectif « De haute lutte ». Bien que la France ait constitutionnalisé la "liberté garantie aux femmes d'interrompre leur grossesse" en mars 2024, des voix s'élèvent pour rappeler que ce droit reste fragile.
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Un Droit Encadré et Contesté
Laurie Marguet, dans « De haute lutte », nuance l'idée selon laquelle l'avortement serait un acquis absolu et extrêmement protégé en France depuis 1975. Elle rappelle que la loi Veil, qui encadre la dépénalisation de l'avortement, impose aux femmes un long parcours médico-social à caractère dissuasif et pose des conditions strictes. De plus, Simone Veil elle-même avait affirmé qu'il ne s'agissait pas de consacrer un droit à l'avortement, mais d'encadrer sa dépénalisation.
Stéphanie Hennette-Vauchez souligne également que l'avortement reste marqué par une forme d'exceptionnalisme, avec des règles différentes de celles qui s'appliquent aux autres actes médicaux. Elle note l'existence d'une clause de conscience spécifique pour l'avortement, ainsi que les résistances ou réticences récentes, comme à la suite de l'allongement du délai d'IVG de 12 à 14 semaines en 2022.
La Constitutionnalisation : Une Victoire Symbolique
La constitutionnalisation de l'avortement en France est une victoire symbolique importante, qui affirme la pleine et entière citoyenneté des femmes en tant que sujets politiques ayant le droit de disposer de leur corps. Cependant, comme le souligne Laurie Marguet, la liberté est considérée comme jouissant d'une protection plus faible que le droit.
Il est donc essentiel de rester vigilant et de continuer à défendre ce droit, face aux remises en cause dont il fait l'objet dans d'autres pays, et aux controverses qu'il continue de susciter à travers le monde.
Les Tribunes : Un Espace de Débat Public
La publication de tribunes dans les journaux est une pratique courante en France, qui remonte à l'affaire Dreyfus. Les tribunes permettent d'offrir un espace de débat public, où des personnalités extérieures à la rédaction peuvent exprimer leurs opinions sur des sujets d'actualité.
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Un Processus de Sélection Rigoureux
Les journaux reçoivent quotidiennement un grand nombre de tribunes, et doivent effectuer un travail de sélection rigoureux. Les critères de sélection incluent l'actualité du texte, la qualité de l'argumentation, la maîtrise du sujet et le respect de certaines valeurs. Certains journaux accordent également une importance à la parité, en sollicitant des contributions de femmes.
Un Débat Encadré
Bien que les journaux affichent une volonté d'ouvrir le débat, ils ne publient que très peu de tribunes clairement opposées à leur ligne éditoriale. Ils préfèrent réaliser des interviews pour diffuser des points de vue différents, afin de garder le contrôle sur le déroulé de l'article.
Claire Blandin souligne que le débat que les journaux souhaitent impulser est "contrôlé". Les médias fonctionnent comme une caisse de résonance, donnant écho à certaines opinions plutôt qu'à d'autres, en fonction de leur cadre idéologique.
Un Outil de Fidélisation
Les tribunes représentent une plus-value pour les journaux, car elles contribuent à façonner les opinions des lecteurs et à les fidéliser. Elles sont une vitrine du journal et traduisent son identité. Certaines tribunes ont marqué l'histoire de la presse, comme le « J'accuse » d'Émile Zola ou le « Manifeste des 343 » pour l'avortement.
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