Karim Bouamrane, figure montante du Parti socialiste, incarne une nouvelle génération d'élus locaux qui ambitionnent de peser sur l'avenir politique de la France. Maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) depuis 2020, il s'est rapidement fait remarquer par ses prises de position et ses initiatives, notamment en matière de sécurité. Son parcours atypique, son expérience dans le secteur privé et son engagement politique précoce en font un personnage complexe et attachant, dont l'ascension ne semble pas près de s'arrêter.
Des racines et un engagement précoce
Né le 21 février 1973, Karim Bouamrane est issu d'une famille modeste d'origine marocaine. Son père, ouvrier dans le bâtiment, lui a transmis le sens du travail et l'importance de l'intégration. Dès l'âge de 15 ans, il s'engage dans diverses manifestations, notamment pour la libération de Nelson Mandela. Cette même année, à l'âge de 22 ans, il est élu conseiller municipal. Son « apparence », comme il dit, n’a jamais été pour lui un argument de vente électoral, dans une municipalité où la population immigrée représente, selon l’Insee, 31,2 % des habitants. Le plus important est de faire émerger « une élite populaire » : « C’est ça, la vraie histoire », jure-t-il.
Parcours professionnel : de la cybersécurité à la politique
Avant de se consacrer pleinement à la politique, Karim Bouamrane a mené une carrière brillante dans le secteur de la cybersécurité. Il a travaillé pour des entreprises américaines de renom, telles que RSA et Aruba Networks. Il a également été vice-président de Xirrus et a occupé des postes à responsabilité chez Guidance Software et Bitglass. Ces expériences, notamment dans la Silicon Valley, lui ont permis de développer une vision pragmatique et internationale. Il dit d'ailleurs, après des expériences dans la Silicon Valley, que les États-Unis sont le "premier pays où (il s'est) senti respecté pour (s)es qualités". Celui qui parle 5 langues, notamment le latin et le portugais, pimente ses paragraphes haletants de citations de Marx, Platon, Sartre, Spike Lee et Pink Floyd.
Parcours politique : ascension et convictions
Karim Bouamrane adhère au Parti socialiste en 2008, après avoir rompu avec le Parti communiste. "Ils étaient en train de ghettoïser la ville, de l’ethniciser. Les classes moyennes partaient, nivelant tout vers le bas, engendrant une surcommunautarisation et fragilisant le ciment républicain", a-t-il dit à Libération. Au PS, il est repéré par le premier secrétaire de l'époque Jean-Christophe Cambadélis qui en fait l'un de ses porte-paroles en 2016.
Après un échec en 2014, Karim Bouamrane est élu à la tête de la ville de Saint-Ouen en 2020. C’est l’un des premiers édiles d’origine maghrébine à diriger une ville de plus de 50 000 habitants. Il s'y fait connaître pour ses politiques de renforcement de la sécurité dans sa commune. Il a multiplié par dix le nombre de policiers municipaux dans sa ville depuis son élection en 2020 et a inauguré un commissariat flambant neuf fin 2023 pour les accueillir. Toujours dans l'optique de lutter contre le trafic de drogue, il plaidait aussi pour un couvre-feu pour les mineurs après 22 heures et fin 2021 il a vidé de ses habitants deux tours situées près des puces de Saint-Ouen gangrénées par le trafic. "Le pays n’est pas à droite mais vote à droite car ces valeurs sont taboues à gauche", assure-t-il auprès de Libération, évoquant la sécurité, l’autorité, l’ordre et le civisme.
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Il rompt avec le Parti communiste pour adhérer au Parti socialiste en 2008. Aujourd'hui, il est critique sur l'alliance menée par le PS avec La France insoumise au sein du Nouveau Front populaire. « Je suis socialiste, j’ai soutenu le Nouveau Front populaire (NFP) et donc je soutiens Lucie Castets », laquelle « doit être nommée Première ministre », a prévenu l’édile dans une interview à La Voix du Nord . « Il n’y a pas de sujet.
Saint-Ouen : un laboratoire politique
En tant que maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane a mis en œuvre une politique ambitieuse de transformation urbaine et sociale. Il a notamment mis l'accent sur le développement économique, la rénovation urbaine et la lutte contre la délinquance. La ville a accueilli une partie du village olympique lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, ce qui a permis de mettre en lumière les transformations opérées sous sa direction. Saint-Ouen accueillait en effet une partie du village olympique, et la maire de Los Angeles Karen Bass a rencontré à plusieurs reprises le maire pour recueillir des conseils avant l'organisation des JO en Californie en 2028, les deux villes signant d'ailleurs un contrat de jumelage. De quoi le mettre en avant sur la scène internationale.
Dès le mois d’avril, le prestigieux New York Times lui consacrait un portrait, saluant depuis son élection en 2020 « la transformation rapide » de Saint-Ouen, une commune longtemps en difficulté. Début août, alors que les Jeux olympiques battent leur plein, Die Welt , l’un des plus grands quotidiens allemands, fait de lui « le grand vainqueur de ces Jeux olympiques, le médaillé d’or politique ».
"La France humaine et forte" : un mouvement pour l'avenir
Le 3 octobre, Karim Bouamrane a lancé son mouvement politique baptisé "La France humaine et forte". Ce mouvement vise à rassembler des personnalités et des citoyens issus de différents horizons autour de valeurs communes : le social, l'écologie, l'autorité et la sécurité. "La France humaine et forte" se veut une force de proposition pour l'avenir, capable de dépasser les clivages partisans et de répondre aux défis auxquels la France est confrontée. Ils seront tous au stade Bauer de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), ce jeudi 3 octobre, pour le lancement de "La France humaine et forte". Le maire de la commune, Karim Bouamrane, figure montante du Parti socialiste - qu'il ne compte pas quitter - mettra au sein de son mouvement l'accent sur le social, l'écologie, l'autorité et la sécurité.
Ambitions et perspectives
Si ces dernières semaines Karim Bouamrane disait se tenir prêt pour Matignon, en vérité le maire de Saint-Ouen voit plus loin. À deux ans et demi de la prochaine élection présidentielle, il dit attendre son heure "tranquille et déterminé". "Il y a la place. C’est paradoxal, mais je suis optimiste, les personnalités comme les nôtres se révèlent dans le désordre, car on sait faire, on s’est structuré dans le désordre", confie-t-il à Libération. Derrière lui, il pourrait compter sur des personnalités comme l'ancien ministre Clément Beaune, l’ancien ministre de la Ville, Jean-Louis Borloo, ou le banquier Matthieu Pigasse. Son fan numéro un est sûrement l'ancien communicant de François Hollande, Gaspard Gantzer. "Le mec a un charisme fou, il n’y en a pas deux comme lui, il est en dehors de toutes les cases." Président ? "Il doit l’être", assure-t-il. Il s'y préparera avec "La France humaine et forte".
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D’après le journal Le Monde , le maire « dispose de solides appuis, de l’ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo, qui - en privé - le voit aller jusqu’à l’Élysée, au banquier Matthieu Pigasse, qui vante son sens du “compromis” ». Ses relations seraient aussi « excellentes » avec Clément Beaune, ancien ministre macroniste.
Dans un article du Figaro , publié le 17 août, Karim Bouamrane, dépeint comme « le visage d’une autre gauche », s’en prend encore plus directement au parti de Jean-Luc Mélenchon. « Cette gauche n’était pas là quand on avait 7 000 francs par mois pour vivre, quand mon père a connu le chômage, quand nous vivions dans un logement insalubre. « Ils sont souvent des enfants d’aristocrates ou de bourgeois qui veulent tuer le père et se chargent de distribuer les bons ou les mauvais points de gauche.
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