Si certains films s'oublient aussitôt leur visionnage terminé, d'autres parviennent à interpeller leur auditoire en mal comme en bien et laissent une trace indélébile dans la mémoire des spectateurs. Les projets de films de kaiju (monstres géants) qui n'ont jamais vu le jour sont une source de fascination pour les fans du genre. Cet article explore certains de ces projets avortés et offre un aperçu de l'évolution du genre kaiju eiga, en s'appuyant sur des éléments marquants comme le film La Forme de l'Eau de Guillermo del Toro pour illustrer la richesse et la complexité de ce cinéma.
Guillermo del Toro et son Affinité pour le Fantastique
Guillermo del Toro Gómez, né le 9 octobre 1963 à Guadalajara au Mexique, a développé une passion pour la réalisation dès son plus jeune âge. Élevé dans un foyer catholique, il réalise de nombreux courts-métrages mettant en scène des jouets inspirés par La Planète des Singes. Son goût prononcé pour le fantastique se manifeste très tôt, notamment avec un court-métrage mettant en scène une patate tueuse.
Après ses études, del Toro travaille comme scénariste et réalisateur pour la série La Hoja Marcada. Un moment clé de sa carrière est son apprentissage des techniques de maquillage et d'effets spéciaux avec Dick Smith, connu pour son travail sur L'Exorciste, Le Parrain et Taxi Driver. En 1993, son premier film, Cronos, sort sur les écrans, acclamé par la critique et le public. Il réalise ensuite Mimic, produit par Miramax Films, dont la production est chaotique malgré des avis positifs.
Del Toro enchaîne avec L'Échine du Diable, tourné en espagnol, avant de réaliser Blade II pour Marvel. Il réalise ensuite Le Labyrinthe de Pan, devenu un film culte grâce à son univers enchanteur et son histoire touchante.
La Forme de l'Eau : Un Conte Moderne et Engagé
La Forme de l'Eau marque les esprits et s'impose comme un long-métrage incontournable. Ce projet avorté se retrouve d'ailleurs dans la structure de La Forme de l'Eau : il est, en effet, possible de remarquer plusieurs similitudes avec le conte popularisé par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont : une jeune femme tombe ainsi sous le charme d'une créature rejetée pour sa différence. Le scénario prend rapidement des airs de fable onirique tant dans sa construction que dans son déroulement, certes classique mais terriblement efficace et renforcé par son atmosphère intemporelle et enchanteresse propre au réalisateur. Au-delà de cet aspect, del Toro revendique un thème fort : la tolérance.
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Le choix des protagonistes est loin d'être anodin. Elisa, muette de naissance, est rejetée à cause de son handicap. Giles, son voisin, est homosexuel à une époque où il n'était pas facile d'assumer sa sexualité. Zelda, une femme noire, tente de se faire respecter malgré le racisme ambiant. Chacun de ces personnages se bat pour ne plus être rejeté par les diktats de la société.
Guillermo del Toro filme ses personnages dans un quotidien étouffant, brisé par l'arrivée de la Créature qui apporte la touche de "fantaisie" caractérisant l'opus. La réalisation sait aussi se faire plus intimiste lors des moments de romance ou plus énergique lors des scènes plus intenses. Sally Hawkins incarne Elisa, une femme de ménage muette qui n'hésite pas à mettre sa vie en danger pour sauver la créature dont elle s'éprend. Doug Jones, habitué des films de del Toro, incarne la Créature avec une aisance remarquable.
Les personnages secondaires ne déméritent pas. Giles est l'une des rares personnes à fréquenter Elisa et la considère comme une confidente. Zelda, interprétée par Octavia Spencer, est également à saluer. Michael Shannon incarne le colonel Richard Strickland, un antagoniste misogyne et sadique qui met tout en œuvre pour réaliser les ordres donnés par ses supérieurs concernant la Créature.
La musique du film, composée par Alexandre Desplat, est juste parfaite. Construite sur une partition douce et magique, elle renforce l'aspect conte de fées moderne et crée la sensation pour le spectateur d'être immergé. Le compositeur utilise un orchestre d'une douzaine de flûtes pour apporter une douceur et un effet de flou à la musique. L'utilisation de quelques notes de piano vient soutenir les scènes romantiques. Le long-métrage se permet aussi quelques moments musicaux orientés jazzy grâce aux chansons You'll Never Know et une reprise de La Javanaise de Serge Gainsbourg.
La Forme de l'Eau est présenté au Festival International du Film de Venise le 31 août 2017 avant de sortir de manière très limitée aux États-Unis le 1er décembre 2017. Il rapporte un peu plus de quatre millions de dollars avant d'atterrir sur un plus grand nombre d'écrans américains le 22 décembre 2017. Les critiques sont dithyrambiques à son sujet et évoquent l'un des meilleurs films réalisés par Guillermo del Toro. Le film est nommé dans treize catégories pour la cérémonie des Oscars en 2018 et remporte quatre statuettes : Meilleure Bande Originale, Meilleurs Décors, Meilleur Réalisateur et Meilleur Film.
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Malgré son succès, La Forme de l'Eau est accusé de plagiat par Paul Zindel, qui reproche à del Toro de s'être inspiré de sa pièce de théâtre Let Me Hear You Whisper. L'enquête est finalement classée sans suite.
La Forme de l'Eau est une véritable perle dans la filmographie de Guillermo del Toro. Œuvre culte grâce à des performances d'acteurs hors du commun, une réalisation soignée, une musique enchanteresse et des thèmes universels.
Les Origines de Godzilla : Un Symbole de Destruction et de Renaissance
Avant de devenir une icône mondiale, Godzilla était avant tout une métaphore puissante des traumatismes vécus par le Japon après la Seconde Guerre mondiale.
Des Débuts Tapageurs (1954-1955)
Si les Godzillatologues du monde entier s’accordent à intégrer les deux premiers films à l’ère Showa, il faut avouer qu’ils dénotent franchement avec le reste de la période. D’une part parce qu’ils installent progressivement les codes de la franchise, d’autre part parce qu’ils font preuve d’une gravité absente des épisodes suivants.
Lézard préhistorique réveillé par une bombe nucléaire, le Godzilla original est un symbole évident de la destruction atomique, moins de 10 ans après les évènements de Hiroshima et Nagasaki. Il constitue donc une menace longtemps indicible, qui se révèle progressivement, grâce à une trace de pas géante ou une mystérieuse tempête, avant de pointer le bout de son museau derrière une montagne.
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Véritable machine de destruction sur pattes, il est surtout - et c’est un élément qui sera souvent abandonné par la suite - un vecteur de peur. Ishirô Honda et Eiji Tsuburaya, alors à l’apogée de leur talent, n’hésitent pas à collationner régulièrement dans le plan le monstre et l’humain, grâce à un jeu de surimpressions toujours efficace, notamment lors de la scène où il s’attaque à un train.
Dès ses premiers défonçages d’immeubles, Godzilla présente toutes ses caractéristiques les plus célèbres. C’est Akira Watanabe, le directeur artistique de Tsuburaya, qui compose principalement son look, lequel sera quasiment toujours respecté à la lettre : une pincée de représentation de Tyrannosaure, un zeste d’Iguanodon, l’épine dorsale d’un stégosaure, et le monstre est vivant. Contrairement à plusieurs autres grosses bestioles américaines du moment (King Kong et Le monstre des temps perdu, deux inspirations), il est résolument unique, même si le scénario le place dans la catégorie « dinosaure ».
Déjà à l’époque, les armes conventionnelles ne peuvent rien contre lui, conséquence directe de sa portée symbolique. Pour éliminer ce titan mettant en péril le Japon entier, l’humain doit recourir à une escalade peu glorieuse, et utiliser l’Oxygen destroyer, capable d’annihiler toute vie. Dans ce premier opus, Big G ne se bat contre aucun monstre… si ce n’est l’Homme. Et pour la première fois de sa carrière, il perd. Il ne connaîtra jamais telle défaite dans les plus de 30 films à venir.
Conçu dans un but déjà bien plus mercantile, Le Retour de Godzilla introduit des codes inhérents à la saga sans pour autant complètement laisser tomber son ambiguïté. Certes, le lézard atomique doit faire face à son premier adversaire monstrueux, Anguirus, mais il inspire encore la peur aux pauvres humains forcés de subir le combat. Il sauve moins l’humanité qu’il ne lui inflige une double peine. Cette suite obéit tout simplement aux lois du genre : toujours plus de divertissement, toujours plus de baston, toujours plus de monstres.
À la fin, un des héros est tué en essayant de s’en débarrasser. Le pugilat avec Anguirus a beau être le clou du spectacle, le climax ne se concentre que sur Godzilla, si impossible à tuer qu’il faut le congeler, au prix de plusieurs vies humaines. Une noirceur certaine, rehaussée par le noir et blanc de l’essai, qu’on ne va pas retrouver avant des dizaines d’années.
À noter qu’il s’agit du deuxième Godzilla, le premier ayant succombé à l’Oxygen destroyer. C’est celui qui connaîtra la plus longue longévité, puisqu’il perdurera tout au long de l’ère Showa, où il deviendra un protagoniste à part entière.
L’Ère Showa (1962-1975) : L’Ascension d’une Icône Pop
C’est probablement la période la plus célèbre de la vie du bestiau aux cuisses charnues, autant qu’elle est la plus prolifique, puisqu’on compte presque un film par an pendant plus de 10 ans. Vue à la fois comme l’âge d’or de la franchise et une source intarissable de spectacles régressifs, nanardesques diront certains, elle a défini une certaine image du monstre qui lui colle encore aujourd’hui à la peau rocailleuse.
Dès King Kong contre Godzilla, crossover en couleur produit 7 ans après Le Retour de Godzilla, le ton est donné : fini les références historiques, la mise en perspective permanente du monstre, le sentiment de terreur qu’il inspire. Place à la violence cartoonesque, à la satire bourrin et aux double high-kicks dans les valseuses de singe. Les deux ennemis n’ont que faire des humains qui les entourent, et leur faussent compagnie dès que possible pour aller - et c’est le début d’une grande tradition - se mettre sur la tronche dans de grandes plaines, sous le regard amusé de quelques badauds loin d’être pétrifiés par la taille et le direct du droit de ces titans.
On ne vous révèle pas le gagnant (un dossier sur le sujet arrive bientôt), mais ils survivent tous les deux, trahissant la légèreté de leur affrontement. Une légèreté qui se fait ressentir également dans Mothra vs Godzilla, d’autant plus que la Mothra en question est un personnage largement destiné aux enfants.
Cependant, l’établissement définitif du Godzilla classique remonte probablement à Ghidrah, le monstre à trois têtes, dans lequel il rencontre son ennemi le plus célèbre, l’extra-terrestre King Ghidorah. Les personnages humains sont réduits à l’état de commentateurs, voire même, dans un cas précis, de prédicateurs mystiques, voués à annoncer l’affrontement des vrais protagonistes : les monstres.
Enfin, Godzilla devient un héros, dans une des séquences les plus drôles de la franchise : alors qu’il s’emploie à corriger Rodan, Mothra demande à ses deux collègues belliqueux d’unir leurs forces pour terrasser Ghidorah.
De plus en plus populaire, Big G assume le rôle principal, et son anthropomorphisme va persister jusqu’en 1975. Entre-temps, les films s’enchainent et se ressemblent, montrant toujours le roi des monstres victorieux. C’est la porte ouverte à plusieurs productions populaires réjouissantes, jouant de la sympathie qu’il inspire désormais, comme ses aventures spatiales Invasion Planète X et Les envahisseurs attaquent, où il prend la tête d’un gang de Kaijus. Godzilla est gentil, il cumule les amis, et c’est aussi ça qui va causer sa perte.
Car juste après le sommet de kitsch inventif et jouissif Les Envahisseurs attaquent, le vénérable Ishirô Honda pond ce qui restera comme l’emblème de l’infantilisation du personnage : Godzilla’s revenge. Outre son opportunisme pur, le film capitalisant largement sur les stock-shots des épisodes précédents, il transforme Godzilla en grand frère protecteur par le biais de son hideux fils, déjà introduit dans La planète des monstres.
Le fils de Godzilla fait beaucoup de mal à son mentor : à cause de lui, le monstre destructeur promu super-héros rigolo se transforme en mascotte bouffonne. Les incartades délirantes et les combats délicieusement ridicules laissent place à des affrontements bien moins inventifs et atrocement puérils, lorgnant de plus en plus sur le Kyodai, alors en plein essor, jusqu’à carrément chasser sur ses terres avec un Godzilla vs Megalon parodiant sans vergogne Ultraman.
Si Godzilla’s Revenge est peut-être le plus douloureux des films de l’ère Showa, le déclin du monstre est acté par Godzilla vs Gigan. Profitant d’un instant de flottement de la firme, le cinéaste Yoshimitsu Banno avait composé la perle noire de cette période : Godzilla vs Hedora. Mais la Toho déteste le résultat et persiste à cibler le très jeune public. Jun Fukuda se charge alors d’achever le monstre dans des œuvres le ridiculisant toujours plus.
Les premiers Mechagodzilla comportent une bonne idée : Godzilla se bat contre lui-même, puis une version robotique de lui-même. Mais le pillage d’Invasion Planète X et son infantilisation ont raison de lui. Suite aux résultats des Monstres du continent perdu (la suite de Godzilla contre Mecanik Monster) et de l’impopularité croissante des Kaiju Eiga, il disparaît. Pour revenir, il devra retrouver son charisme destructeur.
L’Ère Heisei (1984-1995) : Un Retour aux Sources et à la Gravité
La bamboche, c’est fini ! Lorsqu’elle relance enfin la saga après plusieurs projets avortés et une grogne des fans, la Toho veut revenir à un divertissement bien plus adulte. Dans Le Retour de Godzilla, le monstre éponyme retrouve sa majesté menaçante. Conçu comme une suite directe de l’original, le long-métrage fait grandir le reptile en même temps que les immeubles de Tokyo: de 50 mètres de hauteur, il passe à 80 mètres. Plus impressionnant, plus massif et plus enclin à froncer les sourcils, le nouveau Godzilla inaugure une nouvelle ère, dans laquelle la continuité sera autant de mise que l’ambiguïté de sa figure.
En effet, les films se suivent tous et mettent en scène une pléthore de combats contre ses antagonistes historiques aussi bien que contre des nouveaux venus, parmi lesquels le génial Biollante. Pourtant, Big G est toujours plus ou moins perçu comme une menace, et ce dès le premier épisode. Plus intrigants encore, ses ennemis sont souvent issus… de lui-même. Ainsi, Biollante est dérivé de son ADN, Mechagodzilla est construit pour l’affronter et Space Godzilla est dérivé des émanations de ses précédents adversaires.
De fait, il s’impose comme une sorte d’anomalie d’origine humaine avec laquelle il faut composer, et qui motive, par sa seule présence, toute une panoplie de conflits. La métaphore historique est de retour, alors que la guerre froide se termine : une arme aussi puissante que la bombe atomique ne peut que perturber sur le long terme l’équilibre de la nature. Ou pour être plus précis, créer un monstre en fabrique logiquement d’autres. Sans utiliser l’Oxygen destroyer (ou presque), la saga produit un nouveau discours sur l’escalade de l’armement.
Un traitement inédit du monstre particulièrement évident, paradoxalement, dans le plus capillotracté des films de cette ère : Godzilla vs. King Ghidorah. En effet, c’est dans celui-ci que sont exposées les nouvelles origines du roi des monstres. Cette fois-ci, il s’agit d’un dinosaure ayant survécu jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Dérangé par l’armée américaine, il se défend, avant de se faire bombarder la tronche. Godzilla n’est plus réveillé, il est carrément créé de toutes pièces par le pays de la liberté et des fusils d’assaut.
Le Godzilla de l’ère Heisei n’est donc qu’un animal propulsé malgré lui arme de guerre. D’où la relation amour / haine qu’entretiennent les humains avec lui. Certains soutiennent son éradication tandis que d’autres se prennent d’affection pour lui.
Enfin, impossible de ne pas évoquer la conclusion de cette période, faisant le pari osé de tuer une nouvelle fois la bête dans le superbe Godzilla vs Destroyah. Dans cet apocalyptique feu d’artifice, au sein duquel il affronte une réincarnation du diable en Kaiju, Godzilla est lui-même sur le point de fusion nucléaire. La menace qu’il représente revient presque au premier degré de son existence : c’est une bombe ambulante. Et c’est à l’Homme de réparer, une nouvelle fois, son erreur.
On est en 1995, et la peur de l’apocalypse nucléaire commence à perdre de sa gravité. La fin de l’ère Heisei remet les pendules à l’heure, mettant un point final à ce troisième cycle de vie du roi des monstres avec un certain panache, ainsi qu’un rappel de son rôle dans la fiction. Pour certains, cette période restera comme la plus mature. Un point de vue également motivé par la cohérence de la proposition, principe rarement réexploité par la suite.
L’Ère Millenium (1999-2004) : Une Franchise Internationale en Quête d’Identité
L’ère Millenium a-t-elle débuté en réaction à Hollywood ? On est en droit de se poser la question, tant le traumatisme de la version d’Emmerich (voir plus bas) infuse cette salve de longs-métrages, avides de reprendre la main sur ce symbole national. Dans plusieurs d’entre eux, il est fait référence à Zilla. Dans Godzilla, Mothra and King Ghidorah: Giant Monsters All-Out Attack, le premier dialogue vaut son pesant de cacahuètes. Selon un des étudiants, les évènements de New York sont l’œuvre de Godzilla pour les Américains, pas pour les Japonais. Et dans le délirant Final Wars, le dinosaure hollywoodien, reconstitué en CGI foireux, se fait atomiser (sans jeu de mots) par son homologue du terroir.
La reprise de contrôle sur Godzilla se fait néanmoins de façon assez anarchique. La plupart de ces films font fi des suites précédentes, se permettant d’introduire à leur manière les monstres qui leur chantent. Désormais franchise internationale, Godzilla devient un véritable terrain de jeu pour les cinéastes qui s’y frottent. Si le Godzilla 2000: Millennium inaugural revendique son classicisme (malgré un usage lourd des effets numériques), diminuant au passage la taille du monstre pour le rendre plus proche de la population qu’il agresse, certaines autres itérations préfèrent jouer avec la mythologie de la saga comme un gosse hyperactif dans un bac à sable rempli de figurines en plastique.
Les deux opus les plus représentatifs de cette tendance ludique sont Giant Monsters All-Out Attack (souvent abrégé GMK) et Final Wars. La réalisation du premier est confiée à Shusuke Kaneko, l’auteur de la formidable trilogie Gamera des années 1990. Loin de la noirceur de ses essais précédents, en dépit d’un postulat de départ assez sombre (Godzilla est hanté par les âmes des victimes de la guerre), le cinéaste prend un malin plaisir à recycler les Kaijus de l’ère Showa, à adapter les bastons caoutchouteuses aux effets spéciaux actuels et à une mise en scène bien plus ancrée dans le réel. C’est un Godzilla qui s’assume, donc, et le design introduit par Godzilla 2000, inventif, permet autant de capitaliser sur son côté amusant que son côté menaçant.
Le second, produit à l’occasion des 50 ans de la saga, est mis en scène par Ryûhei Kitamura, que les amateurs de séries B véloces connaissent bien. Dans cet hommage foutraque à Invasion Planète X et à une rave clandestine sous extasies, il envoie un Godzilla à nouveau agrandi de quelques dizaines de mètres se fritter contre la moitié du bestiaire de la Toho, sous l’œil avisé de mutants ninja et d’un américain sous prozac arborant fièrement la moustache de Staline. Le cinéaste y assume, à l’instar de ses estimés collègues, les relents nanardesques…
Projets Avortés : Une Fenêtre sur les Possibilités Manquées
L'histoire du cinéma est jalonnée de projets qui n'ont jamais dépassé le stade du développement. Dans le domaine du kaiju eiga, ces projets avortés représentent une source de spéculation et de rêverie pour les fans. Bien qu'il soit difficile d'établir une liste exhaustive, certains projets méritent d'être mentionnés.
Godzilla 3D to the Max
En 1998, après l'accueil mitigé du Godzilla de Roland Emmerich, la Toho a envisagé de relancer la franchise avec un film en 3D réalisé par Shusuke Kaneko, le réalisateur de Godzilla, Mothra and King Ghidorah: Giant Monsters All-Out Attack. Le projet, intitulé Godzilla 3D to the Max, aurait mis en scène un Godzilla plus proche de la version japonaise originale, avec des effets spéciaux innovants pour l'époque. Cependant, le projet a été abandonné en raison de problèmes de budget et de divergences créatives.
Godzilla vs. Superman
Dans les années 1990, un projet de crossover improbable entre Godzilla et Superman a été envisagé. Le film aurait mis en scène les deux icônes de la culture populaire s'affrontant dans une bataille épique. Bien que le projet ait suscité l'enthousiasme de nombreux fans, il n'a jamais abouti en raison de problèmes de droits et de difficultés à concilier les univers des deux personnages.
Divers Projets Abandonnés
De nombreux autres projets de films de kaiju ont été abandonnés au fil des ans, souvent en raison de problèmes financiers, de conflits créatifs ou de changements dans lespriorités des studios. Parmi ces projets, on peut citer des suites potentielles de films existants, des remakes de classiques du genre et des idées originales qui n'ont jamais trouvé leur public.
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