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L'Affaire Josef Fritzl : Un Abîme d'Horreur et d'Incompréhension

L'affaire Josef Fritzl, survenue à Amstetten, en Autriche, en avril 2008, a révélé au monde une histoire d'une monstruosité inimaginable. Elle a mis en lumière le calvaire enduré par Elisabeth Fritzl, séquestrée et abusée par son propre père pendant 24 ans, à quelques mètres seulement du reste de sa famille, y compris sa mère, Rosemarie. Sept enfants sont nés de cet inceste, sans que personne ne semble se rendre compte de l'enfer qu'elle vivait.

La Révélation d'un Cauchemar

Douze ans après l'affaire Dutroux et deux ans après l'affaire Kampusch, les médias ont relayé un cauchemar qui aura duré 24 ans. Elisabeth Fritzl, alors âgée de 18 ans, a été enfermée par son père dans une cave insonorisée située au sous-sol de leur maison. Elle n'en sortira qu'à l'âge de 42 ans. Pendant toutes ces années de captivité, Elisabeth a été méthodiquement violée par son père, Josef Fritzl.

L'affaire a éclaté par hasard, à la suite de l'hospitalisation de Kerstin, l'aînée des enfants issus de cette relation incestueuse. L'adolescente, qui vivait séquestrée avec sa mère et deux de ses frères dans la cave, a été admise à l'hôpital d'Amstetten le 19 avril dans un état comateux. Elisabeth, âgée de 42 ans, avait réussi à persuader son père de faire soigner leur enfant, qui avait été prise de convulsions. Les médecins, perplexes face à la maladie de Kerstin, ont lancé un appel à la télévision pour retrouver la mère de la jeune fille, afin de mieux diagnostiquer la maladie. Elisabeth, entendant l'avis de recherche à la télévision dans son réduit d'Amstetten, a obtenu de son père la permission de se rendre à l'hôpital pour tenter de sauver sa fille.

L'Antre de l'Horreur

Les enquêteurs ont découvert un pénitencier souterrain où le soleil ne pénétrait jamais et où vivaient reclus une mère et ses enfants. La cave, d'une quarantaine de mètres carrés, était privée de ventilation et de lumière naturelle, et infestée de rats. Au moment de la découverte, Josef Fritzl y retenait sa fille Elisabeth, âgée de 42 ans, ainsi que trois de leurs sept enfants, âgés de 19, 18 et 5 ans. L'aménagement du bunker souterrain remontait à 1978, alors qu'Elisabeth, dont il abusait déjà, n'avait que 12 ans. Six ans plus tard, Fritzl l'y avait recluse afin de bâtir, en la violant, une seconde famille captive et dépendante qu'il habillait, ravitaillait et gâtait pour les fêtes et anniversaires.

L'accès à la cave se faisait par une série de huit portes, dont les trois dernières étaient équipées de dispositifs de verrouillage électronique dont seul Fritzl possédait les codes. Les prisonniers étaient prévenus : toute tentative d'évasion serait punie par un "gazage".

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Josef Fritzl : Le Monstre d'Amstetten

En Autriche, Josef Fritzl est affublé d'un surnom qu'il portera jusqu'à la fin de ses jours : "le monstre national". Décrit comme courtois et bon vivant, ce grand-père, qui possède un coquet parc immobilier, justifiait par une passion immodérée pour le bricolage les nuits entières passées dans son "atelier souterrain".

Selon les psychiatres, Josef Fritzl est un homme banal, voire ennuyeux. Ni schizophrène, ni paranoïaque, ni dépressif, il est juste un "violeur né", maltraité par une mère brutale dont il se vengera en l'enfermant durant plus de vingt ans sous les combles.

Lors de sa garde à vue, Josef Fritzl avoue les viols répétés sur Elisabeth, sa séquestration pendant vingt-quatre ans, et les naissances des enfants. En 2009, il se déclare coupable de tous les chefs d'accusation et est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Les Conséquences et l'Après

Le martyre d'Elisabeth Fritzl, violentée par son père et séquestrée dans une cave avec trois de ses six enfants issus de l'inceste pendant vingt-quatre ans, continue de soulever l'indignation. Dix jours après la découverte du crime d'Amstetten, le gouvernement autrichien annonce un durcissement du droit pénal pour les crimes sexuels.

Un projet de loi est présenté, prévoyant que la durée d'enregistrement des données au casier judiciaire sera portée de dix à trente ans selon la gravité du délit. Les crimes sexuels graves resteront inscrits à vie. Un fichier des délinquants sexuels sera créé et administré par le ministère de l'intérieur. Y auront accès, non seulement la police, mais aussi les services sociaux et scolaires. Ce registre permettra l'application d'une troisième mesure : l'interdiction d'exercer des professions liées au soin ou à l'éducation des enfants.

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Trois des enfants nés des relations incestueuses imposées par Josef Fritzl à sa fille séquestrée pendant 24 ans à Amstetten s'apprêtent à effectuer leur rentrée scolaire, quatre mois après la révélation de l'affaire. Cette rentrée s'effectuera dans des conditions de protection renforcées afin d'éviter qu'ils ne soient harcelés par les paparazzi.

Claustria : Une Fiction Inspirée de l'Horreur

L'écrivain Régis Jauffret s'est emparé de l'histoire abominable de Josef Fritzl pour son roman "Claustria", contraction de claustration et d'Austria (Autriche). Il a mené des années d'enquête, se rendant sur les lieux du drame et rencontrant des policiers, des psychiatres, des experts et des voisins. Il a puisé ses informations sur place, dans cette Basse-Autriche verdoyante, déjà marquée par la sordide histoire de Natascha Kampusch.

Jauffret a assisté au procès de Josef Fritzl, décrit comme un homme banal, voire ennuyeux selon les psychiatres. Il s'interroge sur le fait que personne n'ait jamais rien entendu des bruits émanant de la cave, ni vu Fritzl traverser le jardin la nuit pour apporter des vivres ou charrier les poubelles.

Dans "Claustria", Jauffret raconte l'histoire d'Angelika, séquestrée par son père dans un "abri" pour lui éviter la débauche. Josef, qui viole sa fille depuis ses 12 ans, s'en donne maintenant à cœur joie. La recluse accouche de son premier enfant le 6 janvier 1989. Six suivront, dont l'un, mort peu après sa naissance, sera incinéré dans la chaudière de la maison, et trois autres "adoptés" par le couple Fritzl.

Jauffret décrit la vie dans les tréfonds de la terre, entre rats, télévision (seule ouverture sur le monde), froid polaire ou canicule, et nourriture, arme fatale avec laquelle "papa" joue sans cesse. Pour ne pas mourir de faim, Angelika aguiche son père. Pour ne pas sombrer plus bas dans la folie, Angelika oublie la vie d'en haut et note, fébrilement, sur son cahier les informations du JT : "Fixer les échos de la réalité faute de pouvoir faire partie du réel."

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tags: #josef #fritzl #affaire #enfants

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