Introduction
Jérôme Lavrilleux, figure politique française, a connu une trajectoire marquée par son engagement auprès de personnalités influentes comme Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy. Son nom est indissociable de l'affaire Bygmalion, un scandale de financement illégal de campagne électorale qui a ébranlé la droite française. Cet article explore la vie privée de Jérôme Lavrilleux, son rôle dans l'affaire Bygmalion, son parcours politique et ses tentatives de rebond après cette affaire.
Parcours et Ascensions Politiques
La fascination de Jérôme Lavrilleux pour la politique remonte à loin. Avant de collaborer avec Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy, il a occupé pendant neuf ans le poste de directeur de cabinet à la mairie de Saint-Quentin et de conseiller général. Son parcours est jalonné de rencontres et de choix qui l'ont mené au cœur du pouvoir.
Au début des années 2000, une anecdote révèle l'ambition de Jean-François Copé, alors maire de Meaux. Lors d'un trajet en voiture sous une pluie battante, Copé, conscient de son potentiel, lance à son collaborateur : « Faites attention quand même ; vous transportez un destin national. » Guy Alvès, qui conduisait la voiture, perçoit cette scène comme un moment fondateur.
Alvès rejoint l'équipe de Copé après un stage au groupe parlementaire RPR et une année comme conseiller du maire d'Albi. Il s'occupe des relations avec les administrés, gérant un volume important de courriers et assurant les permanences. L'équipe est minimaliste, mais le patron, Copé, est exigeant et travailleur.
En mai 2002, Jean-François Copé entre au gouvernement en tant que porte-parole et secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement. Alvès et Millot le suivent dans un ministère désert, où ils doivent apprendre rapidement les rouages de l'administration. Alvès assiste à la montée en puissance de Copé, qui gravit les échelons jusqu'à devenir ministre délégué à l'Intérieur, puis au Budget.
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L'Affaire Bygmalion : Au Cœur du Scandale
L'affaire Bygmalion éclate en 2014, lorsque des révélations font état de surfacturations et de fausses factures lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Jérôme Lavrilleux, alors directeur adjoint de la campagne, est au cœur de la tourmente.
Le 27 février 2014, Guy Alvès, à la tête de l'agence de communication Bygmalion, découvre un article accusateur à paraître dans Le Point, intitulé « L'affaire Copé ». L'article évoque des surfacturations, du favoritisme et une caisse noire. Alvès se sent pris au piège et craint de devenir un dommage collatéral.
Les mois suivants sont un tourbillon médiatique. Bygmalion est présentée comme une pompe à fric, et Alvès se bat pour sauver son entreprise. Son téléphone ne sonne plus, sauf pour des dénonciations de contrats et des demandes d'explications.
Le dimanche suivant la parution du Point, une réunion discrète est organisée entre les avocats d'Alvès et de Copé, ainsi qu'Alvès, Millot et Lavrilleux. Les avocats cherchent à savoir s'il existe des liens d'affaires entre eux. Alvès certifie n'avoir plus parlé à « aucun d'entre eux » depuis lors.
Le 26 mai, Lavrilleux avoue en larmes sur BFMTV la falsification des comptes de campagne. Il dira plus tard que c'était son « arrêt de mort politique ». Il explique avoir agi ainsi pour ne pas que Copé paie pour ce qu'il n'a « pas fait » et « jamais su ».
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Lors du procès Bygmalion, Franck Attal, directeur adjoint de Event & Cie, révèle que Lavrilleux lui a dit : « On a un problème… » Il explique que la campagne de Sarkozy a pris l'allure d'un train que rien ne semblait pouvoir arrêter, avec des meetings coûteux et des dépenses excessives.
Pour réduire la facture, un système de fausses factures est mis en place. Les coûts sont supportés par le parti politique plutôt que par le candidat, en faisant croire qu'ils correspondent à des conventions politiques bidon.
Sébastien Borivent, directeur général adjoint de Bygmalion, précise que le dispositif a été « proposé » à Bygmalion par l'UMP. Il se souvient de sa surprise et de sa réaction : « L'idée, c'était de contourner le truc… »
Guy Alvès explique avoir « accepté » le dispositif pour une raison simple : « Si je dis "non", il y a deux ou trois effets, raconte-t-il alors. Le premier, c’est que ma boîte est morte. J’ai des créances que je ne pourrais pas honorer. Je mets alors au tapis 40 collaborateurs. Et je ne suis pas à l’abri d’embarquer avec moi quelques sous-traitants… »
Jérôme Lavrilleux : Vie Privée et Conséquences Personnelles
L'affaire Bygmalion a eu des conséquences profondes sur la vie de Jérôme Lavrilleux. Il a décrit cette période comme une forme de relégation ou d'assignation à domicile. Il a exprimé sa lassitude et son manque de ressources pour continuer à faire face à cette situation.
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Divorcé et sans enfants, Lavrilleux est entré en politique par admiration pour Jacques Chirac. Il a gravi les échelons grâce à son travail et à sa loyauté envers Jean-François Copé.
Après l'affaire Bygmalion, certains avaient déjà enterré politiquement Jérôme Lavrilleux. Mais contre toute attente, il a réussi à rebondir grâce à certains soutiens. Il a notamment reçu celui d'Apolline de Malherbe qui l'a recruté pour son émission sur RMC.
Jérôme Lavrilleux n'est pas près d'oublier l'année 2012, quand il était directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy. Il a su se rendre indispensable lors de cette campagne, mais son rôle dans l'affaire Bygmalion a marqué un tournant dans sa vie.
Réflexions et Jugements
Jérôme Lavrilleux assume de payer pour ce qu'il a fait, mais pas pour ce qu'il n'a pas fait. Il affirme n'avoir pas pris un euro et qu'il n'y a eu aucun détournement d'argent. Il reconnaît avoir fait des choses qui n'étaient pas bien, mais pas des choses qu'il estime immorales.
Il considère que sa seule erreur fut de ne pas avoir dit « non » quand on est venu le voir pour lui dire que les comptes étaient dépassés et qu'il fallait que le parti paye.
Il assure n'avoir aucune « nostalgie » du passé. Il dit : « Quand je fais le ménage dans mes gîtes, je ne me dis pas : Avant, tu étais en jet privé avec Nicolas Sarkozy et Didier Barbelivien en train de chanter. »
Dans un entretien au magazine Le Point, Jérôme Lavrilleux a exprimé des opinions tranchées sur plusieurs personnalités politiques, les qualifiant de « morts de l'intérieur » ou de « raclures ».
Concernant l'affaire Bygmalion, il a déclaré : « quand les enquêteurs vont voir que je n’ai pas pris de fric, ça va être un problème (…) ils pourront venir retourner chaque latte de mon parquet, je n’ai rien à cacher, rien de rien ». Il a également ajouté : « personne n’a eu le courage de dire stop à Sarkozy. »
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