Jérôme Pellistrandi est une figure respectée dans le domaine de l'analyse stratégique et des questions de défense. Ancien officier général français, il s'est imposé comme un expert des enjeux géopolitiques, militaires et sécuritaires. Ses interventions régulières dans les médias et les cercles spécialisés témoignent de son expertise et de sa capacité à décrypter les complexités du monde contemporain.
Un Parcours Militaire Distingué
Jérôme Pellistrandi est un ancien officier supérieur de l'armée française. Saint-Cyrien (promotion 1986), docteur en histoire, et breveté de l’Enseignement Militaire Supérieur français et espagnol, le colonel Jérôme Pellistrandi est chevalier de la Légion d’Honneur et titulaire de la Ehrenkreuz d’argent de la Bundeswehr. Il a notamment exercé des fonctions de commandement, mettant à profit son expérience du terrain et sa connaissance des rouages de l'institution militaire. Il a effectué trois séjours OPEX en Afrique, au Tchad, puis aux Etats-Unis de septembre 2003 à février 2004 dans le cadre des opérations contre le terrorisme.
L'Expertise Géopolitique et la Présence Médiatique
Après sa carrière militaire, Jérôme Pellistrandi s'est tourné vers l'analyse et le conseil en matière de défense et de géopolitique. Le général Pellistrandi est directeur de la Revue Défense Nationale et consultant à BFMTV. Il intervient quasi quotidiennement sur l’antenne pour analyser la situation en Ukraine. Il a aimablement accepté de nous faire une synthèse. Ses analyses fines et pertinentes lui valent d'être régulièrement sollicité par les médias pour commenter l'actualité internationale, en particulier les conflits et les crises.
Fidèle aux cérémonies marquant la libération de Tréguier, lors de ses vacances en famille à Plouguiel, le général Jérôme Pellistrandi a accepté de faire un rapide survol de la situation en Ukraine. Issu de l’école de Saint-Cyr, l’officier général, membre de l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), juge « la situation catastrophique. La Russie de Poutine veut toujours détruire l’Ukraine. On ne voit pas de sortie de crise. La Russie ne peut pas se permettre de perdre la guerre. Moscou veut la neutralisation, la dénazification, la démilitarisation de l’Ukraine. Le général Pellistrandi est catégorique. « C’est pourquoi il faut poursuivre impérativement le soutien à l’Ukraine. Militairement, financièrement, politiquement. » Le stratège, dans ce contexte explosif international, alerte : « On est dans une situation extrêmement inquiétante. La Russie de Poutine veut réinstaurer la Guerre froide comme celle qui existait au temps de Staline. Avecun régime extrêmement totalitaire. Les opposants sont condamnés à la prison ou à l’exil.
Engagement Académique
Chargé de cours à l’université de droit de Clermont Ferrand depuis 2000 ainsi qu’à l’Ecole Supérieure de Commerce de Clermont-Ferrand depuis 2006, il est membre des conseils d’administration de la Saint-Cyrienne et de l’Institut de Stratégie Comparée.
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Réflexions sur l'État de l'Armée Française
Le général Pellistrandi n'hésite pas à exprimer ses opinions sur les questions qui touchent à l'armée française. Général Jérôme Pellistrandi : J'ai été choqué. Je trouve ça pathétique et pitoyable. Tant sur le fond que sur la forme, ce texte est d'une faiblesse incroyable et il met en cause ce qui fait la force de nos armées. Je suis peiné et choqué ce soir, avec ce texte inutile. D'une part, ce texte qui a été rédigé par une vingtaine d'officiers généraux en deuxième section, dont la moyenne d'âge est d'ailleurs assez élevée, est totalement déconnecté de la réalité du quotidien de nos armées. Nos armées ce sont des jeunes hommes et femmes qui ont 25 ans en moyenne, qui se battent contre le terrorisme au Sahel, au Levant, sur le territoire national avec l'opération Sentinelle. Il y a une espèce d'amalgame dans ce texte, fait par des politiques en considérant que ce sont les militaires qui s'expriment. Je ne sais pas quel est leur but, s'il est politique, s'il est de se positionner. Nous allons bientôt entrer en campagne présidentielle. Bien entendu. Ils portent un préjudice énorme à nos armées. Moi ce que je vois aujourd'hui ce sont des jeunes qui s'engagent quelle que soit leur couleur de peau, leur religion. Ils sont derrière le drapeau, ils servent avec abnégation dans des conditions difficiles. Ce sont eux les véritables héros, eux qui se battent pour la France. Pas ce groupe de généraux qui n'a rien compris à l'évolution de notre société et qui pense qu'avant c'était toujours mieux.
La ministre des Armées a promis des sanctions. Que risquent-ils ? Il faut bien voir que tout dépend de leur positionnement sur le plan statutaire. Les généraux en deuxième section peuvent être sanctionnés, on peut leur rappeler leur devoir de réserve. Ils peuvent même être mis en retraite. En tout cas ils ne peuvent pas se revendiquer de l'identité militaire comme ils le font. Ils peuvent s'exprimer en tant que citoyens mais pas en tant que généraux, qui seraient en quelque sorte dépositaires d'une forme d'identité nationale. Ensuite, parmi ceux qui ont signé cette tribune, on va voir quels sont ceux qui sont actifs. Je pense qu'il n'y en a pas. Il se peut qu'il y ait quelques réservistes. Ils quitteront la réserve. - p.
Discrétion et Vie Privée
La vie privée de Jérôme Pellistrandi reste volontairement discrète. De la même manière, très peu d’éléments sont connus concernant la famille de Jérôme Pellistrandi. Cette discrétion contribue à l'aura de sérieux et de professionnalisme qui l'entoure.
Héritage et Influence
Figure respectée du monde militaire et stratégique, Jérôme Pellistrandi incarne l’expertise, la rigueur et la discrétion. Son parcours illustre une transition réussie entre le commandement militaire et l’analyse géopolitique. À travers ses analyses, ses interventions médiatiques et son engagement intellectuel, il contribue à éclairer les enjeux complexes du monde contemporain et à nourrir le débat public sur les questions de défense et de sécurité. Son expérience au sein de l'armée française, combinée à sa capacité d'analyse et à son sens de la pédagogie, font de lui une voix écoutée et respectée dans les cercles décisionnels et médiatiques. Son travail de vulgarisation des enjeux géopolitiques est essentiel pour permettre à un large public de comprendre les défis auxquels la France et le monde sont confrontés.
Parallèle avec Alfred Grosser
Il est intéressant de noter un parallèle avec une autre figure intellectuelle franco-allemande, Alfred Grosser. Né en Allemagne en 1925, il arrive en France, à Saint-Germain-en-Laye, en 1933, avec sa famille, son père, juif non croyant, ayant opté pour l’exil. La citoyenneté française a ainsi été un choix revendiqué sans pour autant vouloir oublier les racines allemandes des Grosser. Ce n’est donc pas un hasard si le jeune homme choisit, la guerre à peine achevée, et après l’agrégation d’allemand, une carrière d’enseignant, avec la ferme volonté de participer au rapprochement des anciens adversaires. Depuis un demi-siècle, sans chercher à jouer un rôle politique par le biais d’un mandat électif, Alfred Grosser va inlassablement militer pour une meilleure compréhension des deux peuples si opposés par l’histoire. Que ce soit par ses écrits et ses analyses sur la nouvelle Allemagne, ses cours à « Sciences po », ou ses multiples interventions sur le terrain au sein de nombreux organismes franco-allemands, l’auteur a incontestablement participé à la constitution de l’axe Paris-Bonn. De par sa double culture, il a été médiateur et animateur de cette nécessaire entente. Si, aujourd’hui, la relation privilégiée entre les deux pays les plus puissants de l’Union européenne semble naturelle, il n’en était pas de même sous la IVe République, tant les plaies étaient vives. Les accords de 1963 -le traité de l’Élysée du 22 janvier - entre de Gaulle et Adenauer ont été l’aboutissement de ce travail en profondeur pour une meilleure compréhension mutuelle, dans lequel Alfred Grosser peut avec fierté assumer une part non négligeable. Parmi les multiples facettes de l’auteur, il faut noter l’importance attachée à l’enseignement, ce qui lui a permis d’ailleurs de côtoyer le monde militaire. Au moment de la réforme indispensable et ambitieuse de la scolarité à Saint-Cyr (à partir de 1982), il participa au jury de l’école, expérience qu’il jugea très réussie et révélatrice de l’effort d’adaptation consenti par l’armée de terre pour la formation de ses officiers. De même, il eut souvent l’occasion de s’exprimer dans les amphithéâtres de l’École militaire au profit des stagiaires des différentes Écoles de guerre, chez qui il a toujours trouvé un souci de tolérance, d’ouverture et de réelle compréhension des enjeux du monde contemporain. Alfred Grosser manifeste également son attachement envers la presse hebdomadaire et quotidienne, symbole d’une vraie liberté garante de notre citoyenneté. Encore aujourd’hui, ses chroniques pour Ouest-France et La Croix continuent ce travail de pédagogie et d’explication de la nécessité européenne. Ainsi, hostile aux idéologies, il a toujours privilégié la culture de la raison.
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Tout comme Alfred Grosser a œuvré pour une meilleure compréhension entre la France et l'Allemagne, Jérôme Pellistrandi contribue à éclairer les enjeux stratégiques contemporains et à promouvoir un débat informé sur les questions de défense et de sécurité.
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