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Vertiges au coucher : causes, diagnostic et traitements

La sensation de tête qui tourne, souvent appelée vertige, peut se manifester de différentes manières, allant d'un simple étourdissement à une impression de rotation de l'environnement. Ces sensations peuvent être déclenchées par divers facteurs, notamment les changements de position, en particulier lorsqu'on se couche. Cet article explore les causes possibles des vertiges au coucher, les méthodes de diagnostic et les options de traitement disponibles.

Comprendre les sensations de vertige

La sensation de tête qui tourne peut se manifester de différentes manières :

  • Étourdissement : Impression de légèreté ou de flottement, sans rotation réelle de l'environnement.
  • Sensation de perte d'équilibre : Difficulté à maintenir la stabilité en position debout ou en marchant.
  • Vertige rotatoire : Impression que l'environnement ou soi-même tourne, souvent associée à des troubles de l'oreille interne.

Ces sensations peuvent résulter de dysfonctionnements de l'oreille interne, du système nerveux ou de la circulation sanguine. Il est important de distinguer le vertige de l'étourdissement, ce dernier étant un terme plus général englobant diverses sensations connexes, telles que le malaise, le déséquilibre et la sensation de planer. Le vertige, quant à lui, est une fausse sensation de mouvement, souvent accompagnée de nausées, de vomissements, de problèmes d'équilibre et de difficultés à marcher. Certaines personnes peuvent également présenter un mouvement saccadé des yeux (nystagmus) lors d'un épisode de vertige.

Causes fréquentes des vertiges au coucher

Plusieurs facteurs peuvent provoquer des vertiges lorsqu'on se couche :

Causes bénignes et fréquentes :

  • Fatigue, stress, anxiété : Ces états peuvent perturber le système nerveux autonome et entraîner des sensations de vertige.
  • Chute de tension orthostatique : Baisse soudaine de la pression artérielle lors du passage de la position allongée à debout, provoquant des étourdissements. En se levant brusquement, le sang stagne dans les membres inférieurs, entraînant une baisse de la tension artérielle et un étourdissement transitoire.
  • Déshydratation, hypoglycémie : Un manque de liquides ou de sucre dans le sang peut affecter le fonctionnement cérébral et provoquer des vertiges.
  • Effets secondaires de médicaments : Certains traitements peuvent entraîner des étourdissements comme effet indésirable.

Causes liées à l'oreille interne :

  • Vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB) : Provoqué par le déplacement de petits cristaux (otolithes) dans l'oreille interne, cela déclenche des épisodes brefs de vertiges lors de mouvements spécifiques de la tête, notamment lorsqu'on se couche ou qu'on se tourne dans son lit. Le VPPB est l’une des causes les plus fréquentes de vertiges. Les positions de la tête qui déclenchent le vertige sont le plus souvent celles de la tête en extension ou lorsque le patient se couche dans son lit le soir ou passe le matin de la position couchée à la position assise. Ce vertige se reproduit à chaque fois que le patient replace sa tête dans la même position mais il s’amenuise en intensité traduisant ainsi sa fatigabilité.
  • Maladie de Ménière : Affection chronique caractérisée par des crises de vertiges, des acouphènes et une perte auditive.
  • Névrite vestibulaire : Inflammation du nerf vestibulaire, entraînant des vertiges soudains et sévères sans perte auditive.

Causes cardiovasculaires :

  • Hypotension : Pression artérielle anormalement basse pouvant provoquer des étourdissements.
  • Arythmie : Rythme cardiaque irrégulier qui affecte la circulation sanguine vers le cerveau.
  • Insuffisance cardiaque : Incapacité du cœur à pomper efficacement le sang, entraînant une mauvaise irrigation cérébrale.

Causes neurologiques (plus rares) :

  • Migraine vestibulaire : Forme de migraine associée à des vertiges, souvent sans maux de tête concomitants.
  • Accident ischémique transitoire (AIT) : Interruption temporaire de l'apport sanguin au cerveau qui provoque des symptômes neurologiques transitoires, y compris des vertiges.
  • Sclérose en plaques : Maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central, et est susceptible d’entraîner des troubles de l'équilibre et des vertiges.

Autres causes possibles :

  • Problèmes visuels : Troubles de la vision ou fatigue oculaire pouvant induire des sensations de déséquilibre.
  • Anémie : Diminution du nombre de globules rouges qui réduit l'oxygénation du cerveau et provoque des étourdissements.
  • Grossesse : Changements hormonaux et circulatoires pouvant entraîner des vertiges chez certaines femmes enceintes.

Vertige Positionnel Paroxystique Bénin (VPPB) : une cause fréquente

Le VPPB représente l’une des causes les plus fréquentes de vertiges. La physiopathogénie est aujourd’hui bien établie et incrimine une pathologie du canal semi-circulaire postérieur, elle même secondaire à une atteinte de la macule utriculaire. Cette lésion se caractérise par un détachement des otoconies de la macule utriculaire, lesquelles se déposent à l’endroit la plus déclive de la cavité labyrinthique, c’est-à-dire sur l’ampoule du canal postérieur.

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Diagnostic du VPPB

L’interrogatoire est donc d’emblée très évocateur. L’examen doit être réalisé sous VNG. Il va consister en la réalisation de manœuvres de positionnement. Après une latence de quelques secondes, un nystagmus et un vertige rotatoire sont déclenchés. Nystagmus et vertige s’arrêtent après une dizaine de secondes si la tête est maintenue dans la même position. La remise en position assise déclenche à nouveau un nystagmus battant cette fois en sens inverse, lequel s’accompagne aussi d’une sensation rotatoire. La répétition de ces manœuvres entraîne une diminution progressive de ce nystagmus et du vertige. La crise de VPPB se répète durant une période de 3 semaines à un mois. Passée cette période, les crises s’estompent, ne laissant alors au patient qu’une sensation d’inconfort et surtout d’appréhension lorsqu’il reprend la position déclenchante.

Traitement du VPPB

Le traitement dépend du stade évolutif auquel est vu le patient. Si le patient consulte au moment des crises ou au cours d’une rechute, le traitement repose sur des manœuvres kinésithérapiques. Elle consiste à mobiliser vigoureusement la tête du patient de façon à déplacer la cupulo ou la canalolithiase. Cette manœuvre entraîne souvent une guérison du vertige positionnel. Elle peut être reproduite au cours d’une séance suivante si le vertige positionnel est encore présent. Si le vertige positionnel résiste à deux ou trois manœuvres bien faites, le praticien doit remettre en cause le diagnostic de VPPB. En aucun cas, ces manœuvres ne doivent être répétées de façon itérative. Elles sont de deux types : manœuvre de Semont ou manœuvre de Eppley. Si le patient est vu à distance de la crise, un bilan de l’équilibre doit être fait sur l’équitest. Ce dernier permettra de quantifier les troubles de l’équilibre et de prescrire des séances de rééducation et une thérapie médicale efficace.

Vertige positionnel du canal horizontal

Ce type de vertige positionnel est beaucoup plus rare. Il survient le plus souvent non pas lorsque le patient se couche ou se lève mais lorsque, couché, il se tourne d’un côté ou de l’autre dans son lit. Le nystagmus induit est horizontal et non torsionnel, sa latence d’apparition est plus brève (inférieur à 5 s) et sa durée est plus longue (20 à 60 s). Le traitement repose sur la réalisation d’une manœuvre libératoire un peu différente : la manœuvre dite « en barbecue ».

Quand consulter un médecin ?

Il est recommandé de consulter un professionnel de santé si :

  • La sensation de tête qui tourne est fréquente, sévère ou s'aggrave.
  • La tête qui tourne s’accompagne de symptômes tels que perte de connaissance, troubles de la parole, faiblesse musculaire ou vision double.
  • Vous avez des antécédents médicaux ou prenez des médicaments susceptibles d'affecter l'équilibre.
  • Les étourdissements sont accompagnés de l’un des signes suivants : Présence de sang dans les selles ou selles noires et goudronneuses, troubles neurologiques (difficulté à marcher, manque de coordination ou troubles de l’équilibre), chutes ou évanouissements répétés, douleur ou gêne thoracique.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur :

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  • L’interrogatoire : Le médecin recueille des informations sur la fréquence, la durée et les circonstances des vertiges.
  • L’examen clinique : Tests d'équilibre, évaluation neurologique et, si nécessaire, manœuvre de Dix-Hallpike pour diagnostiquer le Vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB).
  • Des examens complémentaires : IRM, scanner, bilan sanguin ou électrocardiogramme selon les suspicions cliniques. Un bilan otoneurologique complet doit être fait à distance de la crise pour essayer de retrouver la cause du vertige positionnel et prévenir une récidive.

Traitements contre les vertiges

Le traitement dépend de la cause identifiée :

  • Rééducation vestibulaire : Exercices spécifiques pour améliorer l'équilibre en cas de troubles de l'oreille interne.
  • Médicaments : Anti-vertigineux, anti-nauséeux ou traitement de la cause sous-jacente (par exemple, antihypertenseurs), antihistaminiques ou diurétiques pour la maladie de Ménière.
  • Manœuvres kinésithérapiques : Pour le VPPB, la manœuvre consiste à mobiliser vigoureusement la tête du patient de façon à déplacer la cupulo ou la canalolithiase. Cette manœuvre entraîne souvent une guérison du vertige positionnel. Elle peut être reproduite au cours d’une séance suivante si le vertige positionnel est encore présent. Elles sont de deux types : manœuvre de Semont ou manœuvre de Eppley.
  • Conseils pratiques : Bonne hydratation, se lever lentement, éviter les mouvements brusques et l'auto-médication sans avis médical.

Tout vertige positionnel doit faire l’objet d’un traitement pour éviter que ne se créent des angoisses ou une dépression réactionnelle liée à la mauvaise qualité de vie du patient. Il ne faut en aucun cas laisser le doute et des comportements d’éviction s’installer comme se coucher lentement, ne pas bouger la tête etc.

Prévention des vertiges

Certaines mesures peuvent aider à prévenir ces sensations :

  • Hygiène de vie : Alimentation équilibrée, hydratation suffisante et sommeil de qualité.
  • Gestion du stress : Techniques de relaxation, méditation ou thérapie si nécessaire.
  • Surveillance médicale : Suivi régulier en cas de maladies chroniques ou de prise de médicaments affectant l'équilibre.
  • Se lever en douceur : Passez d’abord en position assise quelques secondes avant de vous mettre debout.
  • Bouger les jambes avant de se lever : Fléchissez les chevilles ou contractez les muscles pour aider le retour veineux.
  • Éviter l’alcool et les repas trop lourds avant de se coucher : Car ils ralentissent les ajustements de la pression artérielle.

Hypotension orthostatique et vertiges au lever

L’hypotension orthostatique est la chute soudaine de la pression sanguine lorsqu’on passe un peu trop rapidement de la position couchée ou assise à la position debout. Une des raisons d’étourdissement en se levant trop vite est une chute temporaire de la pression artérielle, aussi connue sous le nom d’hypotension orthostatique… Un trouble vasculaire dû à un passage trop brusque de la position allongée ou assise à debout qui réduit l’afflux sanguin vers le cerveau. La personne ressent alors des vertiges, une vision trouble, des nausées, voire un malaise, qui s’estompent en position assise ou allongée. En cause ? Une déshydratation, la fatigue, certains médicaments ou une tension naturellement basse qui ralentit l’ajustement de la circulation sanguine.

Lorsque vous passez de la position assise ou allongée à debout, le sang s’accumule dans les jambes sous l’effet de la gravité. Normalement, le système nerveux autonome compense rapidement en accélérant le rythme cardiaque et en contractant les vaisseaux sanguins pour stabiliser la pression artérielle. Mais lorsque cette régulation est trop lente ou inefficace, les symptômes apparaissent.

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Facteurs de risque aggravant l'hypotension orthostatique

Le vertige en se levant trop vite peut être aggravé par plusieurs éléments :

  • La déshydratation : Boire peu réduit le volume sanguin et la tension.
  • Un repas copieux : Après manger, une grande partie du sang est mobilisée pour la digestion, rendant l’ajustement plus difficile.
  • La fatigue ou un manque de sommeil : Réduit l’efficacité du système nerveux.
  • Un alitement prolongé.

Vertiges chroniques en position verticale

D’autres causes sont responsables de vertiges chroniques en position verticale :

  • Changements de la régulation de la pression artérielle liés à l’âge.
  • Dysfonctionnement du système nerveux autonome dans le cas d’une dystonie.
  • La prise de certains médicaments : traitements pour l’hypertension, les antidépresseurs ou les diurétiques.
  • Glandes surrénales hypoactives (insuffisance surrénale).

Vertiges chez les aînés

En vieillissant, le système de compensation artérielle est moins performant. La baisse de réactivité des récepteurs qui gèrent la pression artérielle et la rigidité de la paroi compliquent le transport de sang pour relancer la pression. Les réactions normales du cœur et des vaisseaux sanguins à la position verticale sont retardées. Paradoxalement, l’hypertension artérielle, plus fréquente chez les personnes âgées, nuit à la sensibilité des récepteurs et augmente la vulnérabilité aux étourdissements en position verticale.

Syndrome de tachycardie orthostatique posturale (STOP)

Chez les plus jeunes, des symptômes similaires apparaissent avec un rythme cardiaque à plus de 30 battements par minute dans les 10 minutes suivant le passage en position debout, sans chute de la pression artérielle. Il s’agit du syndrome de tachycardie orthostatique posturale (STOP). Contrairement à l’hypotension orthostatique, où la tension baisse, ici le cœur s’emballe pour compenser un mauvais retour veineux, ce qui provoque :

  • Une sensation de vertige ou de malaise en position debout prolongée.
  • Des palpitations et essoufflements.
  • Une fatigue intense et un brouillard mental (difficulté à se concentrer).
  • Des nausées et troubles digestifs.
  • Une sensation de faiblesse générale.

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