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Comprendre l'IVG et ses Implications: Témoignages, Définitions et Soutien

En France, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour les femmes. Cependant, il est essentiel de comprendre les différentes facettes de cette expérience, y compris les témoignages de celles qui l'ont vécue, les définitions clés et les ressources de soutien disponibles. Cet article vise à explorer ces aspects de manière objective et informative.

L'IVG en France: Un Aperçu Statistique

Environ une femme sur trois en France aura recours à une IVG au cours de sa vie reproductive. Bien que l'IVG soit légalement encadrée, il est crucial de reconnaître que cet acte n'est pas toujours anodin pour toutes les femmes.

Le Traumatisme Post-IVG: Réalité et Controverses

Définition et Manifestations

Le traumatisme post-IVG, parfois appelé syndrome post-avortement, désigne un ensemble de symptômes psychologiques ou émotionnels pouvant survenir après une IVG. Il est important de noter que toutes les femmes ne vivent pas un traumatisme après une IVG. Cependant, certaines sont confrontées à des difficultés plus ou moins grandes.

Témoignages

Ophélie décrit un « violent traumatisme post-avortement » survenu après une IVG à 27 ans. Elle témoigne du choc émotionnel qui est arrivé de manière différé et de sa grande difficulté à gérer le contrecoup psychologique une fois l’acte passé. Ophélie explique que ces symptômes sont survenus de manière envahissante (flashbacks ou angoisses massives) alors qu’elle pensait avoir tourné la page. Cécile évoque sa dépression et ses troubles psychiques suite à son IVG. Ce témoignage fort illustre la dimension de « sidération » et l’incapacité à retrouver un fonctionnement normal, caractéristique des états post-traumatiques où la personne se sent « bloquée » dans l’événement passé.

Facteurs de Risque et Études

Une étude française de l’INSERM (2016) a montré que les femmes ayant un faible soutien social ou des antécédents de troubles mentaux sont plus susceptibles de ressentir des effets psychologiques négatifs.

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Controverse Autour du "Syndrome Post-Avortement"

Le concept de « syndrome post-avortement » est controversé, car il n’est pas reconnu comme un diagnostic officiel dans les DSM-5 (manuel diagnostique des troubles mentaux). Cependant, certaines femmes (environ 10 à 20% selon les études) rapportent des symptômes émotionnels persistants.

Autres Conséquences Possibles

  • Instabilité du couple : l’IVG pourrait fragiliser la relation avec le partenaire présent au moment de l’acte.
  • Difficultés avec les enfants suivants : des troubles du lien maternel ou une anxiété excessive lors de grossesses ultérieures sont évoqués.

Le Droit à l'IVG: Un Droit Fondamental Menacé

Le droit à l’avortement est un droit fondamental, constitutif avec la contraception de l’émancipation des femmes, donc de leur liberté et de la lutte pour l’égalité femmes-hommes. Interdire le droit à l’IVG n’empêche pas les femmes d’avorter, mais les place dans l’illégalité et les conduit à la clandestinité.

Menaces Internationales

Depuis quelques années, ce droit fait l’objet de menaces régulières. Le 24 juin 2022, la Cour Suprême des États-Unis provoquait la stupeur partout dans le monde en annulant l’arrêt Roe vs Wade, qui avait ouvert le droit à l’avortement en 1973. Depuis le jeudi 15 septembre 2022, en Hongrie, les femmes souhaitant avoir recours à une IVG (interruption volontaire de grossesse) doivent désormais être confrontées «aux fonctions vitales du fœtus», en écoutant les battements de son cœur. L’Italie pourrait être le prochain pays sur la liste de ceux limitant ou interdisant ce droit fondamental.

Actions en France

En France, 8 personnes sur 10 sont favorables à la constitutionnalisation du droit à l’avortement. Depuis de nombreuses années, la Fondation des Femmes et les associations de défense de droits des femmes travaillent activement auprès du gouvernement pour faire de l’inscription de ce droit dans la Constitution, une réalité. Le 24 novembre 2022, une proposition de loi pour inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution était adoptée par l’Assemblée nationale, avec 337 voix pour et 32 contre. Le 29 octobre 2023, le chef de l’État annonçait ainsi la présentation en conseil des ministres d’ici fin 2023 d’un projet de loi qui reprendrait le contenu de la proposition de loi pour inscrire dans la Constitution de 1958 la liberté des femmes de recourir à l’IVG. Ce projet de loi sera ensuite voté à l’Assemblée nationale le 24 janvier et la navette parlementaire se poursuivra devant le Sénat le 26 février.

L'Histoire de la Lutte pour le Droit à l'Avortement

Depuis des années, des historiennes et des sociologues s'efforcent de raconter l'histoire de la lutte pour le droit à l'avortement avec les sources disponibles. Mais c'était d'abord une histoire militante, et parfois une histoire très médicale, aussi. Les témoignages anonymes des femmes manquaient.

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Collecte de Témoignages par l'INA

L'Institut national de l'audiovisuel vient de lancer la première grande collecte de témoignages sur l’avortement, tant du point de vue intime que politique : l'INA propose aux femmes de raconter comment elles vivaient une grossesse non désirée avant que l'IVG ne devienne légal, et ce qu'elles faisaient alors avant 1975. En France, le droit d’avorter date en effet de janvier 1975 et de ce que l’on appellera “les lois Veil”. Mais avant aussi les femmes avortaient : elles n’ont pas attendu la dépénalisation pour ça.

Avant les Lois Veil

Avant la dépénalisation de l'avortement, il y avait des avorteurs, médecins en catimini, et des avorteuses, parmi lesquelles des femmes qu'on appellera les “faiseuses d’anges”. Mais aussi des circuits clandestins, pour partir à l’étranger, et puis tout un réseau pour pratiquer l'IVG par aspiration, après que la France a eu découvert en 1972 la méthode Karman. La cadence des interruptions de grossesse avait alors accéléré en même temps que les risques pour santé des femmes avaient baissé. Des milliers d’avortements par aspiration ont ainsi pu être pratiqués entre 1972, et les premières démonstrations, dans l'appartement de Delphine Seyrig par exemple, et 1975, date de la dépénalisation. Dans ce temps de la clandestinité, ces avortements ont d'abord été pratiqués par des médecins militants, qui bravaient la loi, puis par des femmes entre elles, qui se sont formées entre elles. Au passage, les femmes qui avortaient d'une grossesse non désirée, puis souvent en aidaient d'autres à avorter ensuite, en pratiquant elles-mêmes l'aspiration, ont acquis des compétences, et même une expertise. Mais leur trace échappe en grande part : n'étant pour la plupart ni médecin ni activiste, elles ont très peu raconté.

L'Histoire "Par en Bas"

C'est cette inscription ordinaire et des récits un peu muets que permet de combler ce que les chercheurs appellent "une histoire par en bas". L'expression "histoire par en bas" désigne une histoire saisie à la hauteur des acteurs et surtout des actrices. Mais encore faut-il que des traces soient consignées pour que le récit historique s'ouvre à ces histoires personnelles qui valent d'abord pour ce qu'elles sont : des récits de soi, depuis soi, épars et pas toujours structurés.

La Dénonciation d'Avortements: Un Passé Sombre

Devenu une pratique courante, l’avortement reste une opération sur laquelle règne le silence. Si les adresses des sages-femmes et les moyens d’avortement circulent entre amies, voisines ou collègues, solidarité oblige, cela ne veut pas dire pour autant que l’on avorte au grand jour, sans complexe et sans crainte. L’avortement demeure un acte strictement privé et clandestin que la police judiciaire est incapable de constater seule. Sa découverte en flagrant délit est quasiment impossible. Comment dès lors les avortements parviennent-ils aux oreilles des autorités judiciaires ? Preuves d’une banalisation inachevée, la dénonciation et la rumeur publique constituent les moyens les plus fréquemment usités par la population pour mettre en marche la machine judiciaire à l’encontre de ce délit spécifique. Il y a donc fort à parier que l’aide apportée à la justice provienne de l’entourage social même des acteurs d’un avortement.

Les Dénonciations à la Rescousse de la Justice

Pour secourir une justice dépassée par ce « fléau », certains citoyens se font un devoir de dénoncer celles et ceux qu’ils suspectent d’avortement. Près de 75 % des dossiers dinantais étudiés s’ouvrent sur base de délations.

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L'Anonymat des Dénonciateurs

Pour 107 lettres et cinq déclarations, le dénonciateur ne révèle pas son identité. Cette prédominance laisse supposer que l’anonymat fait partie intégrante de la procédure. La discrétion est de rigueur et cela à l’image même du crime que l’on entend révéler. Rares sont ceux qui expliquent leur choix de dénoncer « incognito ».

Motifs des Dénonciations

Parmi les 107 lettres anonymes, dix-neuf sont signées d’une expression ou d’un terme. Des exemples comme « justice, une bonne citoyenne, conscience, votre serviteur, une commerçante dévouée » traduisent le rôle que s’assigne l’auteur de la délation ou son sentiment du devoir accompli. Certaines formules sont censées éclairer le statut moral ou social du dénonciateur : « un groupe de braves mères de famille, un grand catholique de Oignies, un chômeur ». D’autres révèlent un état d’esprit : « un indigné ». L’entourage social ou familial est également évoqué : « un parent, un ami, un bouvigonois [de Bouvignes], un voisin, des voisins rassemblés, les habitants de Solet ». Enfin, le dernier terme d’une lettre est aussi l’occasion de souligner sa légitimité ou son audace : « une personne bien renseignée, une voisine qui a vu claire ».

Collaboration avec la Justice

Dans deux affaires, l’ouverture d’une information judiciaire, sur base d’une dénonciation, semble pousser les délateurs à « collaborer » avec le commandant de la gendarmerie qui mène les recherches. Les missives qui sont alors envoyées à ces autorités stipulent que « dans l’affaire en poursuite engagée contre Alice P. vous devrier rechercher Maria D.(…) elle doit avoir opéré des piqures à la matrice de la dite Alice P.C’est la piste à suivre ».

Les Dénonciateurs "Déclarés"

De près ou de loin, les auteurs « déclarés » ont un lien avec les personnes qu’ils dénoncent. Tous ont également un motif, souvent non avoué mais néanmoins perceptible, à trahir, voire à salir dans le cas d’une dénonciation calomnieuse. Ce mobile ne s’éclaire qu’une fois connu le rapport entre la personne incriminée et son dénonciateur : est-ce un conjoint, un membre de la famille, du voisinage, de l’entourage social ou du corps médical ?

Dénonciations Conjugales

Excepté cet exemple particulier, nos seize dénonciateurs identifiés sont en majorité des conjoints : il s’agit de cinq maris et de deux épouses. Quatre de ces conjoints s’avèrent être des compagnons légitimes délaissés, qui informent la justice des pratiques criminelles prétendument déployées par leur époux ou épouse afin d’effacer le « fruit » de leur faute, l’enfant adultérin. Que ce soit du chef de la femme trompée ou du mari lésé, ce type de dénonciation est incontestablement dominé par la vengeance et la jalousie. Il reflète une instrumentalisation de l’avortement pour régler ses comptes.

Soutien et Ressources

Pour certaines femmes, des émotions difficiles voire douloureuses peuvent émerger après une IVG. Vos ressentis sont légitimes et méritent d’être entendus. Si vous ou une personne proche traversez une telle situation, il est essentiel de chercher un soutien adapté, sans honte ni jugement. Si vous traversez une période compliquée après une IVG (ou même longtemps après), parlez-en.

Le Planning Familial

Le Planning familial est un réseau de plus de 80 associations qui informent et orientent sur des questions liées aux sexualités, la contraception, l’avortement, la prévention des violences sexistes et sexuelles et la promotion de l’égalité de genre, sur tout le territoire français. Ce tchat est un outil efficace pour contrevenir à des méthodes menaçant les droits des femmes et informer les femmes sur leurs droits concernant la sexualité, la contraception et bien sûr l’avortement.

Violences Sexistes et Sexuelles

Une violence sexiste ou sexuelle, c’est lorsqu’une personne impose à autrui un propos (oral ou écrit), un comportement, un contact à caractère sexuel. Cela porte non seulement atteinte aux droits fondamentaux de la personne, notamment à sa dignité, mais aussi à son intégrité psychologique et à son intégrité physique dans le cas d’une agression.

Contacts d’Urgence

Si vous êtes témoin ou victime de violences sexistes ou sexuelles, appelez le 3919 ou signalez-le sur sur le portail de signalement. Vous disposez de six ans pour porter plainte. En cas de viol, ce délai est rallongé à vingt ans.

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