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Interruption Médicale de Grossesse (IMG) : Dépistage de Malformations Fœtales et Parcours de Décision

L'interruption médicale de grossesse (IMG), ou avortement thérapeutique, est une décision difficile à laquelle certains parents sont confrontés lorsqu'une malformation ou une maladie grave est détectée chez leur futur enfant. Cet article explore le processus de dépistage des malformations fœtales, les implications d'une IMG et les aspects médicaux et émotionnels liés à cette expérience.

Dépistage des malformations fœtales au premier trimestre

Le dépistage des malformations fœtales au premier trimestre de la grossesse est une pratique courante qui vise à identifier les anomalies potentielles chez le fœtus. L'échographie du premier trimestre, réalisée généralement entre 11 et 14 semaines d'aménorrhée (SA), est un examen clé dans ce processus. Elle permet de visualiser le fœtus et de mesurer certains marqueurs, tels que la clarté nucale, qui peuvent indiquer un risque accru de certaines anomalies chromosomiques comme la trisomie 21.

Une étude du Collège Français d’Échographie Fœtale (CFEF) a analysé des dossiers de malformations fœtales dépistées avant 14 SA, excluant les hyperclartés nucales isolées. Les résultats ont montré que les malformations les plus fréquemment détectées étaient les nuques ou hygromas associés à d’autres malformations (32%), les malformations cérébrales (31%), les malformations de la paroi thoracoabdominale (25%) et les anomalies de membres (24%).

La découverte de malformations fœtales avant 14 SA est relativement fréquente, touchant environ 1% des échographies du premier trimestre. Malheureusement, ces malformations sont souvent graves, avec seulement 12% des enfants naissant vivants, et certains décédant peu après la naissance.

Le diagnostic et l'annonce

L'annonce d'une malformation fœtale est un moment bouleversant pour les futurs parents. Comme le souligne le gynécologue-obstétricien Roger Bessis, les parents se rendent souvent à l'échographie avec l'attente joyeuse de "voir" leur bébé, sans être préparés à "savoir" qu'il y a un problème.

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Dans le récit personnel d'une femme, elle décrit l'expérience traumatisante d'apprendre lors d'une échographie du premier trimestre que le radiologue ne parvenait pas à visualiser la mâchoire de son bébé et suspectait une micro-ophtalmie. L'attente d'une semaine avant le rendez-vous au CHU a été insupportable, remplie de recherches angoissantes sur les conséquences possibles pour la vie de leur bébé.

Le rôle des centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN)

Lorsqu'une malformation est suspectée, la patiente est généralement orientée vers un Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic Prénatal (CPDPN). Ces centres réunissent une équipe de spécialistes (gynécologues-obstétriciens, généticiens, pédiatres, psychologues, etc.) qui évaluent le dossier médical de la patiente, réalisent des examens complémentaires (échographies, amniocentèse, etc.) et se concertent pour établir un diagnostic précis.

L'équipe pluridisciplinaire examine la demande de la femme et, après concertation, établit les attestations permettant de pratiquer l'IMG si le risque est fondé. La femme enceinte a le droit de demander à un médecin ou à une sage-femme de son choix d'être associé à cette démarche.

L'interruption médicale de grossesse (IMG)

L'IMG est un avortement thérapeutique réalisé lorsqu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic, ou si la grossesse met gravement en danger la santé de la femme enceinte. En France, l'IMG est autorisée à tout moment de la grossesse.

La décision de recourir à une IMG est personnelle et doit être prise par la femme enceinte, après avoir reçu une information complète sur les options disponibles et les risques encourus. Il est important de prendre le temps de la réflexion, de se faire accompagner par des professionnels de santé et de bénéficier d'un soutien psychologique.

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Procédure de l'IMG

La procédure d'IMG varie en fonction du terme de la grossesse et des protocoles médicaux. Généralement, elle comprend les étapes suivantes :

  1. Prise de médicaments pour arrêter la grossesse : La patiente reçoit des médicaments (comme le RU 486) pour interrompre le développement de la grossesse.
  2. Déclenchement de l'accouchement : Des hormones sont administrées pour provoquer des contractions utérines et l'ouverture du col, conduisant à l'expulsion du fœtus.
  3. Accouchement : L'accouchement peut avoir lieu par voie naturelle ou, dans de rares cas, par césarienne.

Pour les enfants nés après 22 semaines d’aménorrhée ou pesant plus de 500 g, une déclaration à l’état civil est obligatoire suivie d’une inhumation ou d’une crémation. Si l’interruption médicale de grossesse a lieu avant 22 semaines d’aménorrhée, le médecin peut établir un arrêt de travail.

Soutien après l'IMG

Après une IMG, il est essentiel de bénéficier d'un suivi médical et psychologique adapté. Une consultation est prévue de préférence avec le médecin ayant réalisé l'intervention. Des soins sont apportés à la femme sur qui une IMG vient d'être pratiquée : un suivi tant sur le plan physique que psychologique est proposé. Pour les questions liées à l'état civil et à l'inhumation de l'enfant, le ou les parents peuvent être accompagnés dans ces démarches par l'assistante sociale de l'établissement de santé.

En cas de constat d'une incapacité de travail faisant suite à une IMG, une femme bénéficie d’une indemnisation pendant son arrêt de travail, sans délai de carence, à la différence d’un arrêt maladie « classique ».

Aspects émotionnels et psychologiques

L'IMG est une expérience émotionnellement difficile qui peut engendrer un deuil périnatal. Il est important de reconnaître et d'exprimer ses émotions, de se faire accompagner par un psychologue ou un groupe de soutien, et de prendre le temps nécessaire pour faire son deuil. Des associations comme Petite Émilie offrent un accompagnement aux parents confrontés à l'IMG et au deuil périnatal.

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Dans le témoignage personnel mentionné précédemment, la femme décrit la dureté morale de l'IVG, se sentant seule et sans soutien au milieu d'autres femmes ayant des raisons différentes de ne pas garder leur bébé. Elle a dû ensuite justifier sa situation auprès de la Sécurité Sociale et de la CAF et annoncer à son entourage qu'elle n'avait plus de bébé.

L'évolution des lois et des pratiques

La loi du 2 mars 2022 visant à renforcer le droit à l’avortement a élargi la possibilité en France d’avorter jusqu’à 16 semaines d’aménorrhée, mais certains hôpitaux ne pratiquent pas les avortements au-delà d’un certain terme. La loi autorise les personnes qui le demandent à réaliser un avortement au-delà de 14 semaines d’aménorrhée (12 semaines de grossesse).

Une étude a tenté de déterminer si l’allongement du délai légal d’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) (loi du 4 juillet 2001) interférait avec le devenir de la grossesse en dehors du cadre légal. Les résultats n’ont pas mis en évidence d’augmentation significative du nombre des IVG secondaires à l’échographie de 12 SA rendues possibles, quoique illégales par l’allongement du délai d’accès à l’IVG en France depuis juillet 2001.

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