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Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) par Aspiration et Échographie : Procédure, Déroulement et Informations Essentielles

L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), ou avortement, est un droit garanti par la loi en France, permettant à une femme d'interrompre une grossesse non désirée dans un cadre légal et sécurisé. Cet article vise à informer de manière exhaustive sur l'IVG chirurgicale par aspiration, en mettant l'accent sur le rôle de l'échographie, les étapes de la procédure, et les aspects pratiques et médicaux importants.

Le Droit à l'IVG en France

Le droit à l’IVG est garanti par la loi. L’entrave à l’IVG constitue un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. En France, une IVG peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse (SG), soit 16 semaines d’aménorrhée (SA) ou absence de règles après le 1er jour des dernières règles. Une femme mineure peut avorter sans autorisation parentale. Elle peut garder le secret en ayant recours à une personne majeure référente de son choix (copains, copines, personne du Planning Familial, famille, vie scolaire etc.). Elle doit demander cette intervention elle-même, en dehors de la présence de toute personne. Il n’y a pas de motif de détresse à justifier, ni de délai de réflexion à observer. La consultation de conseil, dite psychosociale pour une femme qui souhaite faire pratiquer une IVG, n’est pas obligatoire pour les femmes majeures, mais le reste pour les femmes mineures. Le coût d’un avortement est pris en charge par l’assurance maladie à 100%.

Les Différentes Méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes principales d'IVG :

  • IVG médicamenteuse : Elle peut être réalisée jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles et consiste en la prise successive de deux médicaments, connue du grand public sous le nom de « pilule abortive ». L’IVG médicamenteuse consiste en une prise successive de deux médicaments, connue du grand public sous le nom de « pilule abortive ». Elle peut être réalisée en établissement de santé ou à domicile.

  • IVG chirurgicale (ou instrumentale) : Elle peut être pratiquée au début d’une grossesse et jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles (Semaines Aménorrhées). Lorsque la personne hésite entre ces deux méthodes d’avortement, elle peut bénéficier d’une écoute pour l’aider à cheminer dans sa décision, ainsi que d’informations complémentaires en appelant le numéro vert 0800 08 11 11 ou du tchat (service & appel gratuits).

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L'IVG Chirurgicale par Aspiration : Déroulement et Étapes

L’IVG chirurgicale consiste en la dilatation du col de l’utérus et l’évacuation du contenu utérin par aspiration.

Préparation à l'Intervention

Avant de se rendre à la clinique ou à l'hôpital :

  • Si vous venez pour une IVG chirurgicale par aspiration ou pour un avortement instrumental, assurez-vous d'être à jeun.
  • Assurez-vous d’avoir une bonne hygiène corporelle. Prenez une douche avant de vous rendre à la clinique.
  • Si vous venez pour une IVG chirurgicale ou pour un avortement instrumental, et si vous des piercings sur la langue ou sur les parties génitales, retirez-les chez vous rendre. Si vous avez de faux ongles, enlevez-en au moins un.
  • Vous ne devez pas consommer de drogues durant les 24 heures qui précèdent l’avortement.
  • Assurez-vous d’avoir sur vous tout ce dont vous aurez besoin pour l’intervention. Quelle que soit la méthode d’IVG, nous vous demanderons dans tous les cas une pièce d’identité, une carte ou un contrat d’assurance, ainsi que la lettre de liaison (si vous en avez une). Si vous venez pour une IVG chirurgicale par aspiration ou pour un avortement instrumental, vous aurez aussi besoin de quelques vêtements de rechange.
  • Faites en sorte d’arriver à l’heure ! Si vous avez du retard, veuillez immédiatement en informer la clinique. En fonction de la raison de votre retard et du type de rendez-vous, nous déciderons de maintenir ce dernier ou de convenir d’une nouvelle date.

L'Accueil et les Entretiens Préalables

  • L'accueil : Présentez-vous à l’accueil dès votre arrivée à la clinique. Vous donnerez à l’hôtesse votre pièce d’identité et les documents demandés. Elle vous remettra un questionnaire (médical) auquel vous répondrez en salle d’attente. Une fois terminé, vous retournerez à l’accueil pour l’y déposer. À cette occasion, vous pourrez récupérer votre pièce d’identité et vos éventuels autres documents personnels.
  • L’entretien avec le médecin : Le médecin demandera d'abord à vous parler en privé. Il veut ainsi s'assurer que c’est bien vous qui avez pris la décision d’avorter. Si vous le souhaitez, la personne qui vous accompagne pourra ensuite assister à l'examen préalable et à l'échographie. Si vous ne vous exprimez pas bien (ou pas du tout) en néerlandais, en anglais, en français ou en allemand, le médecin utilisera un service téléphonique pour traduire la conversation dans votre propre langue.Le médecin procédera à un examen préalable et déterminera exactement, au moyen d’une échographie, depuis combien de temps vous êtes enceinte. Selon le stade de la grossesse, l’échographie sera réalisée soit par le déplacement d’une sonde sur votre ventre, soit par voie vaginale. Si vous souhaitez voir l’échographie ou en garder une copie, c’est tout à fait possible. Il suffit de le demander au médecin. Si l’échographie ne laisse pas encore apparaître (clairement) que vous êtes enceinte, nous vous donnons, en général, un nouveau rendez-vous.
  • L’entretien avec l’infirmière : Après vous être entretenu avec le médecin, vous retournerez en salle d’attente. Si vous devez régler vous-même votre IVG ou si vous voulez vous faire poser un contraceptif à la suite de l’intervention, veuillez en informer l'accueil. Une hôtesse vous expliquera comment procéder.Une infirmière viendra vous chercher pour un deuxième entretien et pour vous préparer à l’intervention. Vous pourrez lui demander des explications supplémentaires. Vous pourrez également vous entretenir avec elle de votre choix en matière de contraception. Si vous n’êtes toujours pas sûre de votre décision, n’hésitez pas à lui en parler. Si vous avez besoin de plus de temps pour vous décider ou si vous avez trop de doutes, ce n’est pas gênant. Vous pouvez tout à fait prendre un nouveau rendez-vous ou annuler définitivement l’avortement.

Le Rôle Crucial de l'Échographie

La plupart des médecins ou sage-femmes demandent une échographie de datation avant de réaliser l’IVG pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une grossesse extra utérine (GEU) en vérifiant l’implantation de l’œuf, et pour préciser la datation de la grossesse. Si elle est souvent pratiquée, l’échographie n’est cependant pas obligatoire notamment si les cycles sont réguliers, la date des dernières règles et la date du rapport à risque connues. L’absence d’accès à l’échographie ne doit pas être un frein à la programmation de l’IVG médicamenteuse. Il existe 2 méthodes échographiques : soit la méthode avec la sonde sur le ventre (sus pubienne/abdominale), soit la méthode avec la sonde introduite dans le vagin (endo-vaginale). La vérification échographique par voie sus pubienne/abdominale (la sonde est appliquée sur le ventre) est le plus souvent préconisé. Si l’échographie est réalisée trop tôt, avant 5 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 3 semaines de grossesse, et avec un résultat de prise de sang de Beta HCG (Hormones de grossesse) inférieur à 1000 unités, on ne voit rien à l’échographie.

Le Prélèvement Sanguin

Si vous êtes enceinte de plus de sept semaines, nous aurons besoin de connaître votre groupe sanguin et votre facteur rhésus. C'est la raison pour laquelle L'infirmière procédera à un prélèvement sanguin. Il est important de connaître le facteur rhésus avant de pratiquer une IVG. Nous devons savoir s’il est positif ou négatif. En cas de rhésus négatif, et selon le stade de la grossesse, nous vous injecterons des anticorps immédiatement après l’intervention.

Si vous êtes enceinte de plus de 18 semaines, l’infirmière déterminera également votre taux de fer dans le sang (Hb). S’il est trop faible (cela n’arrive que dans de rares cas), le médecin décidera de reporter l’intervention à une date ultérieure.

L'Intervention

Quand votre tour sera arrivé, vous irez en salle d’intervention. Vous vous installerez dans un fauteuil gynécologique. L’intervention sera réalisée par un médecin orthogéniste (spécialiste en IVG). Il est assisté d’au moins un membre infirmier.

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Si vous avez opté pour une sédation (profonde), un somnifère à courte durée d’action vous sera administré par une perfusion posée sur votre bras. Vous vous endormirez en l’espace de 30 secondes. Vous dormirez tout le temps de l’intervention. La sédation profonde n’est donc pas une anesthésie générale. Si vous avez opté pour une anesthésie locale, le médecin procèdera par de petites injections dans le col de l’utérus. Vous ne sentirez quasiment rien. Les IVG sur les patientes enceintes de plus de 13 semaines sont généralement réalisées sous sédation profonde.

Une dilatation du col est parfois nécessaire pour permettre l’introduction de la canule. Elle peut se faire par prise médicamenteuse au préalable et/ou mécaniquement après l’anesthésie grâce à des petits instruments de différents diamètres introduits successivement dans le col de l’utérus pour permettre son ouverture progressive.

La durée de l’intervention est de 5 à 25 minutes ; elle varie en fonction du stade de la grossesse. Vous vous réveillerez presque immédiatement après l’intervention. L’infirmière vous reconduira en salle de repos.

Après l'Intervention

Vous resterez en salle de repos pendant encore une heure au moins. Pendant ce temps, nous vous donnerons des antibiotiques pour prévenir les infections. La durée de votre hospitalisation dépend du stade de votre grossesse, de votre état de santé et de votre réaction aux médicaments.

Vous ne pourrez sortir qu’après avoir été revue par le médecin ou un membre infirmier. Si vous avez été mise sous sédation (profonde), vous n’êtes pas autorisée à prendre la route durant les 24 heures qui suivent votre sortie (vous ne devez pas faire de vélo, ni conduire une voiture, un scooter ou un deux-roues motorisé). Les effets du somnifère perdurent en effet pendant 24 heures, ce qui vous rend moins vigilant.

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Deux consultations médicales sont obligatoires avant la réalisation de l’IVG. Lors de cette consultation, vous formulerez votre demande d’IVG. Un entretien psycho-social vous sera proposé (celui-ci est obligatoire si vous êtes mineur.e et a lieu entre les 2 consultations). Les examens médicaux nécessaires à l’IVG, seront prescrits selon votre cas (échographie, prise de sang, etc…).

Anesthésie et Gestion de la Douleur

Deux méthodes d’anesthésie sont possibles pour réaliser une IVG chirurgicale : locale ou générale. Ce choix ne revient pas forcément à la patiente. Les anesthésies locales ne sont pas pratiquées dans tous les centres (dépendent des habitudes des praticiens et du matériel à disposition). Si l’intervention est réalisée sous anesthésie générale, une consultation pré-anesthésie est obligatoire.

Les contractions de l’utérus liées à l’IVG peuvent être douloureuses, notamment en cas d’IVG médicamenteuse. C’est pour cette raison que le médecin ou la sage-femme vous prescrira systématiquement des anti-douleurs pour vous soulager.

Suivi Post-IVG

Une consultation de suivi doit être réalisée entre le 14e et le 21e jour après l’intervention, et ce, dans le but de s’assurer qu’il n’existe pas de complication.

Une consultation de suivi est organisée 15 à 21 jours après l’intervention pour s’assurer de l’efficacité de l’IVG, de l’absence de complications et de discuter des options contraceptives.

Lors de la consultation de suivi, le médecin ou la sage-femme aborde avec vous la contraception si vous en souhaitez une pour l’adapter à votre situation.

Complications Possibles et Précautions

Les complications à la suite d’une IVG chirurgicale sont rares. Néanmoins, comme toute intervention invasive nécessitant une anesthésie, celles-ci ne sont pas totalement inexistantes.

Les complications immédiates sont rares. Dans de rares cas, la survenue d’une hémorragie est possible. La perforation de l’utérus lors d’une aspiration instrumentale est quant à elle un événement exceptionnel.

Les complications à distance d’une IVG sont rares. Cependant, dans les jours suivant l’intervention, si vous présentez de la fièvre (température supérieure à 38 °C), d’importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales et/ou un malaise, vous devez rapidement contacter l’établissement où a eu lieu votre IVG ou à défaut le service d’urgences gynécologiques le plus proche de chez vous, car cela peut être un signe de complication.

Aspects Psychologiques et Soutien

Les femmes qui pratiquent un avortement ne développent pas de troubles psychologiques post-IVG, dépression ou un comportement suicidaire par exemple, si elles n’en avaient pas avant l’IVG. Il n’y a pas de traumatisme si l’avortement a été décidé par la personne et si elle ne subit pas de pressions et/ou de jugement par son entourage ou par les professionnel·les qui l’accompagnent. La majorité des femmes qui décident de pratiquer une IVG par choix ressentent un soulagement.

Un soutien psychologique est toujours possible tout au long de la procédure et après.

Le numéro vert (anonyme et gratuit) 0800 08 11 11 ou le tchat sont des espaces pour bénéficier d’une écoute bienveillante et sans jugement quelque soit son vécu.

Prise en Charge Financière

L’IVG est prise en charge à 100 % dans le cadre d’un tarif forfaitaire avec dispense totale d’avance de frais.

Oui, l’IVG est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie dans le cadre d’une hospitalisation ou consultation externe, quel que soit l’âge ou la situation de la patiente.

Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais, que vous soyez majeure ou mineure.

IVG et Minorité

Les femmes mineures peuvent recourir à une interruption volontaire de grossesse, avec ou sans le consentement de leurs parents.

Une jeune femme mineure qui souhaite recourir à une IVG sans le consentement de ses parents doit se faire accompagner dans sa démarche par une personne majeure de son choix (membre de la famille, ami…).

Un entretien préalable avec une conseillère conjugale et familiale sera nécessaire avant la programmation de l’IVG.

L’accord des parents n’est pas obligatoire. En cas d’impossibilité de l’obtenir, les patientes mineures doivent se faire accompagner par la personne majeure de leur choix. L’établissement est tenu par le secret médical.

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