L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), plus communément appelée avortement, est un droit fondamental pour toutes les femmes en France. Autorisé depuis 1975 grâce à la loi Veil, l'IVG permet à toute femme qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse de l'interrompre légalement et dans des conditions médicales sécurisées. Cet article vise à fournir une information claire et complète sur l'IVG en France, en abordant les étapes, les méthodes, les délais, la prise en charge et les aspects importants à connaître.
L'IVG : Un Droit Protégé par la Loi
L'IVG est un droit fondamental et un acquis majeur dans le droit des femmes, fruit d'un long combat pour la liberté de disposer de leur corps. En France, l'IVG est légale depuis la loi Veil, votée en 1974 et modifiée en 2001. Cette loi garantit à toute femme, majeure ou mineure, le droit d'interrompre une grossesse non désirée. L'histoire contemporaine dans d'autres pays du monde nous montre qu’il s’agit d’un droit fragile et propice aux désinformations. Il est donc essentiel de poser les questions à des professionnels de santé formés à cette pratique sans retarder la prise en charge, afin que les délais soient respectés. En 2022, 234 300 IVG ont été réalisées en France.
Délais Légaux pour Recourir à l'IVG
En France, l'IVG est possible jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles (ou 16 semaines d'aménorrhée). Ce délai maximal peut varier selon la méthode choisie :
- IVG médicamenteuse : Possible jusqu'à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines après le premier jour des dernières règles ou 9 semaines d'aménorrhée).
- IVG instrumentale : Possible jusqu'à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles ou 16 semaines d'aménorrhée).
Une fois la décision prise, il est important d'engager les démarches très rapidement car les délais de prise en charge peuvent être longs.
Les Deux Méthodes d'IVG
Deux méthodes d'IVG sont pratiquées en France : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale (ou chirurgicale). Chaque femme peut choisir sa méthode en fonction de l'avancement de la grossesse, de ses préférences personnelles et des recommandations médicales.
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L'IVG Médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments différents à 24 ou 48 heures d'intervalle. Ces médicaments vont permettre à l'œuf de se détacher de l'utérus et d'être expulsé. Cette méthode est possible jusqu'à la 7e semaine de grossesse.
Où se déroule l'IVG médicamenteuse ? Elle peut être réalisée :
- Par l'intermédiaire d'un médecin ou d'une sage-femme, exerçant en établissement de santé (hôpital ou clinique).
- En cabinet libéral.
- En centre de santé sexuelle (ex centre de planification familiale).
- En centre de santé.
- En téléconsultation (si cela est proposé).
Avantages :
- Évite l'intervention chirurgicale.
- Peut être réalisée à domicile si la femme le souhaite.
Inconvénients :
- Douleurs liées aux contractions de l'utérus.
- Saignements qui peuvent durer plusieurs jours.
- Risque d'échec (nécessitant une consultation médicale).
Lorsque l’IVG médicamenteuse est réalisée à l’hôpital, le géméprost par voie vaginale (CERVAGEME) peut être utilisé à la place du misoprostol. L’hémorragie vaginale survient le plus souvent dans les 3 ou 4 heures qui suivent la prise du second médicament. Il est recommandé de ne pas être seule à son domicile à ce moment là. Il existe un petit risque d’échec ; en l’absence de saignement, il faut consulter un médecin.
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L'IVG Instrumentale (ou Chirurgicale)
L'IVG instrumentale, également appelée IVG par aspiration, est une intervention instrumentale pour aspirer l'œuf qui se trouve dans l'utérus. Elle dure de 10 à 20 minutes et est possible jusqu'à la 14e semaine de grossesse.
Où se déroule l'IVG instrumentale ? Elle est effectuée :
- En établissement de santé (hôpital ou clinique).
- Dans certains centres de santé autorisés.
Anesthésie : Elle peut être pratiquée sous anesthésie locale (seul le col de l'utérus est "endormi") ou générale. Vous choisissez avec l'aide du professionnel de santé le mode d'anesthésie le mieux adapté à votre situation.
Avantages :
- Rapide.
- Réalisée sous anesthésie.
Inconvénients :
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- Nécessite une brève hospitalisation.
La méthode chirurgicale consiste dans l’aspiration du contenu de l’utérus sous anesthésie locale ou générale. L’aspiration est précédée d’une préparation du col de l’utérus par la prise de mifépristone (MIFEGYNE) 38 à 48 heures avant ou de misoprostol (GYMISO ou MISOONE) 3 à 4 heures avant ou de géméprost (CERVAGEME) 3 heures avant. Une courte hospitalisation (souvent seulement de quelques heures) est nécessaire pour pratiquer l’intervention.
Étapes Préalables à l'IVG
Avant de procéder à une IVG, plusieurs étapes obligatoires doivent être respectées. Ces étapes se déroulent avec un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme et sont nécessaires pour poser toutes les questions et obtenir toutes les informations.
La Consultation d'Information :
- C'est le premier temps, lors duquel vous faites votre demande d'IVG.
- Le professionnel de santé vous donnera les informations sur les deux types d'IVG (médicamenteuse et instrumentale), les risques et les effets indésirables possibles, la liste des lieux qui pratiquent l'IVG et les coûts.
- Il vous remettra un "dossier guide IVG" reprenant toutes ces informations.
- Il vous proposera également un entretien psycho-social (obligatoire pour les mineures).
Le Recueil du Consentement :
- C'est le second temps, lors duquel vous confirmez votre demande d'IVG par la signature d'un consentement écrit.
- Vous choisissez la méthode d'intervention en fonction de votre situation.
Il n'y a pas de délai minimal à respecter entre ces 2 temps. Ils peuvent avoir lieu au cours de la même consultation, si c'est votre choix, ou au cours de deux consultations différentes. Pour les mineures, un entretien psycho-social supplémentaire est obligatoire entre ces deux temps. Les femmes majeures qui en expriment le besoin peuvent également en bénéficier.
L'Entretien Psycho-Social
La consultation psychosociale a lieu entre les deux temps préalables à l'IVG. Elle est obligatoire pour les personnes mineures, possible sur demande pour les personnes majeures. Cette consultation est confidentielle et permet d'obtenir un soutien psychologique, une assistance sur le plan social et des conseils appropriés à votre situation. Elle a lieu avec un professionnel qualifié en conseil conjugal et familial, dans un centre de santé sexuelle, un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) ou un service social agréé. Après cet éventuel entretien, une attestation d'entretien vous sera délivrée. Cette attestation sera à remettre au professionnel de santé qui pratiquera l'IVG.
Consultation de Suivi Après l'IVG
Après l'IVG, une consultation de suivi est nécessaire pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'existe pas de complications. Cette visite doit être effectuée entre le 14e et le 21e jour suivant l'intervention (qu'elle ait été médicamenteuse ou instrumentale). C'est également l'occasion de parler de la contraception envisagée et d'aborder les sujets de santé sexuelle qui vous concernent.
Qui Peut Avoir Recours à une IVG ?
En France, l'accès à l'IVG est autorisé pour toutes les femmes, qu’elles soient majeures ou mineures. Pour les femmes mineures, il est tout à fait possible de débuter une procédure d’IVG, il sera cependant demandé d’être accompagné d’un des parents, ou si cela n’est pas possible ou non souhaité, d’une personne majeure de son choix qui n’aura rien à signer. Les femmes mineures doivent également remettre une attestation de consultation psychosociale.
Prise en Charge Financière de l'IVG
En France, l’Interruption Volontaire de Grossesse est prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie (Sécurité sociale). Cela signifie que pour les femmes bénéficiant du système de santé français, l'IVG est sans aucune avance de frais. Pour les femmes mineures, la procédure d’IVG peut être faite de manière totalement gratuite et anonyme, afin de ne pas apparaître sur le relevé de frais de soin des parents ou assurés principaux. La prise en charge de l'IVG comprend les frais liés aux consultations médicales, aux examens préalables, aux médicaments et à l'intervention elle-même, que ce soit pour l'IVG médicamenteuse ou l'IVG instrumentale.
Confidentialité et Anonymat
L’IVG est toujours confidentielle, c’est vous qui choisissez si vous voulez en parler et à qui. Tous les professionnels de santé sont tenus par le secret professionnel : aucun acte de la procédure n’apparaîtra sur votre relevé de sécurité sociale. L’anonymat doit être proposé à toutes les femmes (majeures, mineures, femmes bénéficiaires de l’aide médicale de l’État, …). La prise en charge à 100% par l’Assurance maladie, la pratique du tiers payant obligatoire et l’absence de décompte envoyé à l’assurée garantissent l’anonymat.
Les Contre-Indications à l’IVG
Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation. La méthode médicamenteuse est contre-indiquée si on a diagnostiqué une grossesse extra-utérine (situation dans laquelle la grossesse se développe en dehors de l’utérus, par exemple dans une trompe).
Conséquences Possibles de l'IVG
L'IVG peut avoir des répercussions physiques et émotionnelles sur la femme qui y a recours. Il est essentiel de comprendre ces conséquences afin d'assurer un suivi approprié et un soutien adéquat. Avant de procéder à l'IVG, les femmes ont droit à un accompagnement médical et psychologique. Dans le cas d’une IVG médicamenteuse, les douleurs peuvent être très intenses (entre 8 et 10 sur une échelle de 10) avec un pic au troisième jour après la prise du premier médicament. Pour soulager la douleur, il est possible d’avoir recours à un antalgique ou à des antispasmodiques prescrits par le médecin. Les saignements peuvent être importants au moment de l’expulsion de l’œuf et ne pas être compatibles avec les activités professionnelles. En cas d’IVG chirurgicale, les principaux effets indésirables observés dans les jours qui suivent l’intervention sont : fièvre, douleurs, saignements. Comme pour toute intervention des complications, rares mais graves, sont possibles : perforation de l’utérus, infection, hémorragie, etc. En cas de fièvre, de pertes de sang importantes ou de fortes douleurs abdominales dans les jours qui suivent l’IVG chirurgicale, il est recommandé d’appeler rapidement l’établissement où a eu lieu l’IVG.
Où S'adresser ?
Pour toute question ou démarche concernant l'IVG, vous pouvez vous adresser à :
- Un médecin généraliste ou gynécologue.
- Une sage-femme.
- Un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification familiale).
- Un établissement de santé (hôpital ou clinique).
- Un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
Des annuaires répertoriant les structures et professionnels réalisant des IVG sont accessibles en consultant les sites internet des ARS de chaque territoire concerné. Un outil interactif, anonyme et gratuit, le tchat vous met en contact direct avec une personne compétente qui pourra répondre à vos questions, vous informer et vous orienter.
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