L'augmentation des naissances gémellaires est un phénomène observé dans de nombreux pays développés. L'Australie ne fait pas exception, avec une augmentation notable du nombre de jumeaux nés grâce à la fécondation in vitro (FIV). Cet article explore les tendances, les causes et les implications de ce phénomène en Australie, en mettant en lumière des histoires de couples ayant surmonté des obstacles pour réaliser leur rêve de parentalité.
Une tendance mondiale à la hausse des naissances gémellaires
Le nombre de naissances gémellaires a presque doublé dans les pays développés au cours des 40 dernières années. Cette tendance est observée dans des pays aussi divers que le Canada, le Japon et les pays européens. Plusieurs facteurs contribuent à cette augmentation, notamment l'âge maternel plus avancé et l'utilisation croissante des technologies de procréation assistée (PMA).
Des études ont montré que la PMA joue un rôle plus important que l'âge maternel dans l'augmentation des naissances gémellaires. En effet, les chercheurs ont tenté de quantifier la part de chacun de ces facteurs et, en moyenne, le poids de la PMA serait 3 fois plus important que l’âge des mères dans ces naissances gémellaires. Les données de 32 pays, dont l'Australie, le Canada, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, confirment cette observation.
L'impact de la FIV sur les naissances gémellaires en Australie
La fécondation in vitro (FIV) est une technique de PMA qui consiste à féconder un ovule avec un spermatozoïde en laboratoire, puis à transférer l'embryon résultant dans l'utérus de la femme. La FIV augmente les chances de grossesse multiple, car plusieurs embryons peuvent être transférés simultanément.
Les statistiques montrent que les jumeaux naissent avec une fréquence de 1/80. Avec cela, les jumeaux dizygotes apparaissent plus souvent (dans le peuple ils sont appelés « dvoyniachki »). Cela se produit lorsque deux ovules sont fécondés et développés simultanément. Dans ce cas, peuvent naître des enfants unisexuels et de sexes différents, qui se ressemblent comme des frères et des sœurs. Les jumeaux monozygotes naissent de 4 fois moins souvent.
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En Australie, le Pr Robert Jansen, directeur médical d'un centre de FIV à Sydney, a souligné que le nombre de jumeaux monozygotes ("vrais jumeaux" issus de la division d'un seul et même oeuf) a considérablement augmenté au Royaume-Uni et en Australie, même en l'absence de FIV. Le taux de jumeaux monozygotes nés par FIV est compris entre 1% et 2%, soit un peu plus du double de celui observé avec les grossesses spontanées.
Pour comprendre les raisons de cette évolution, le chercheur et son équipe ont passé en revue les registres australiens de natalité depuis 1920 jusqu'à 2003. Ils ont constaté que le taux de gémellité dizygote -impliquant deux embryons et donnant donc des "faux jumeaux"- est resté relativement constant entre 1920 et 1960, date à laquelle il a connu une augmentation spectaculaire avec l'avènement de la FIV, s'élevant à 300 cas sur 1.000 naissances par FIV en 2000. Le taux de jumeaux monozygotes issus de grossesses naturelles a, quant à lui, régulièrement augmenté au cours des dernières décennies. Il en est de même du taux de jumeaux monozygotes nés par FIV, à la nuance près qu'il était inférieur, dans les années 80, à la fréquence observée chez les enfants conçus naturellement, avant de s'élever ensuite à 14 cas pour 1.000 naissances en 2000.
Les défis et les risques associés aux grossesses gémellaires
Bien que la naissance de jumeaux soit souvent perçue comme une bénédiction, les grossesses gémellaires sont considérées comme des grossesses à haut risque. Le risque de fausse couche augmente de manière significative dans les premiers stades de la grossesse. Les femmes éprouvent souvent une toxicose. Lors des stades de la grossesse avancées la gestose survient très souvent, c-à-d une situation dans laquelle la grossesse s'accompagne de nombreuses complications telles que des œdèmes, des problèmes du système cardiovasculaire, etc. Les accouchements sont souvent déclenchés et les jumeaux naissent souvent prématurés avec des taux de mortalité infantile plus élevé.
L'histoire d'Amber et Chris : Un miracle rendu possible par le don d'ovocytes
L'histoire d'Amber et Chris, racontée sur le blog australien House of White, illustre les défis et les espoirs des couples confrontés à l'infertilité. Après s'être mariés et avoir acheté une maison, Amber et Chris ont décidé d'avoir un bébé. Cependant, Amber a commencé à ressentir de fortes bouffées de chaleur, et elle a appris qu'elle était ménopausée à l'âge de 23 ans.
Après avoir subi plusieurs traitements de fertilité et fécondations in vitro sans succès, Amber a découvert qu'elle souffrait d'un second kyste sur la trompe de Fallope gauche. En plus de la tumeur, les médecins ont décidé cette fois de lui retirer la tumeur mais également la trompe atteinte. Avec des ovaires qui ne fonctionnent pas et sans trompe de Fallope, les chances de grossesse deviennent très faibles. Finalement, sa petite sœur Taylor lui a fait une proposition : lui faire don de ses ovules.
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Amber et Chris, extrêmement reconnaissants, ont accepté. C'est suite à la deuxième tentative que le miracle se produit. Trois mois plus tard, Amber découvre qu’elle est enceinte, non pas d'un, mais de deux bébés ! Elle attend des jumeaux pour novembre.
Les considérations éthiques et les perspectives d'avenir
L'augmentation des naissances gémellaires soulève des questions éthiques concernant les pratiques de la FIV. Certains experts recommandent de ne transférer qu'un seul embryon lors d'une FIV, quel que soit l'âge de la future mère, afin de limiter le nombre de jumeaux, mono- ou dizygotes.
Le transfert d'un seul embryon peut donc conduire à la naissance de jumeaux. Pour ce dernier, le fait qu'une plus forte proportion de jumeaux monozygotes soit une adaptation naturelle à une meilleure alimentation et de meilleures conditions de vie, rend difficile une inversion de la tendance actuelle vers une baisse du nombre de jumeaux. Selon le chercheur, " le meilleur moyen de limiter le nombre de jumeaux, mono- ou dizygotes, est donc de ne transférer qu'un seul embryon lors d'une FIV, et ce, quel que soit l'âge de la future mère ".
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