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Le Partage Avorté de la Palestine : Une Histoire de Conflit et d'Exode

Introduction

Le conflit israélo-palestinien est une question complexe et profondément enracinée, dont les origines remontent au plan de partage de la Palestine par les Nations Unies en 1947 et à la guerre israélo-arabe de 1948-1949. Cet article explore les événements clés qui ont conduit à l'échec du plan de partage, aux déplacements massifs de populations et aux conséquences durables qui continuent de façonner la région.

Contexte Historique : Le Plan de Partage de l'ONU

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution 181, qui prévoit le partage de la Palestine en deux États : un État juif et un État arabe, avec une zone internationale pour Jérusalem et les lieux saints. Cette résolution, bien que visant à résoudre les tensions croissantes entre les populations juives et arabes en Palestine, a été le point de départ d'une guerre et d'un exode massif.

Les Prémices de la Guerre : Combats Préliminaires et Préparations Militaires

Avant même la fin du mandat britannique et la proclamation de l'État d'Israël, des combats éclatent entre les forces palestiniennes et juives. Les Palestiniens, soutenus par des partisans du grand mufti de Jérusalem, Hajj Amine al-Husseini, et l'Armée de libération arabe, cherchent à empêcher le partage de la Palestine. Les forces juives, mieux préparées militairement grâce à leur expérience acquise pendant la Seconde Guerre mondiale au sein des armées britanniques, agissent au sein du Stern, de l'Irgoun et de la Haganah pour sécuriser la zone qui leur est attribuée par le plan de partage, parfois par l'expulsion des populations arabes. En avril 1948, les forces juives reçoivent des armes tchécoslovaques, renforçant ainsi leur capacité militaire.

Le Plan Dalet et l'Offensive Sioniste

À partir d'avril 1948, les forces sionistes lancent une offensive contre les populations arabes présentes dans la partie juive, en mettant en œuvre le plan Dalet. Ce plan prévoit la destruction de villages et de villes arabes, entraînant le déplacement de milliers de Palestiniens. Des villes comme Haïfa (prise le 22 avril 1948) et Jaffa (prise le 13 mai) tombent aux mains des forces juives, et des villages situés sur la route entre Tel-Aviv et Jérusalem, comme Deir-Yassine, sont détruits. Le massacre de Deir Yassin, perpétré par l'Irgoun et le Lehi dans la nuit du 9 au 10 avril 1948, où 250 habitants, dont des femmes, des enfants et des vieillards, sont abattus, contribue à semer la panique parmi les populations arabes.

La Guerre de 1948-1949 : Intervention Arabe et Victoires Israéliennes

Le 15 mai 1948, au lendemain de la proclamation de l'État d'Israël par David Ben Gourion, les armées égyptienne, syrienne, irakienne, jordanienne et libanaise déclarent la guerre à Israël, afin de soutenir les Palestiniens et par crainte que l'État d'Israël ne menace l'équilibre régional. Les combats sont menés au nord par l'armée syrienne et au sud par l'armée égyptienne, qui prend la région de Gaza et le Néguev au sud. À Jérusalem, l'armée jordanienne conquiert les quartiers juifs de la vieille ville le 28 mai. L'armée irakienne occupe la région de Jenine et de Naplouse.

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Un cessez-le-feu est signé le 11 juin 1948 à la suite de l'arrivée du médiateur envoyé par l'ONU, le comte Folke Bernadotte. Ce moment est mis à profit par les deux camps pour reconstituer leurs forces humaines et matérielles, avec un avantage certain pour Israël, qui reçoit notamment des armes soviétiques. Les combats reprennent le 8 juillet 1948 et sont marqués par les victoires de l'armée israélienne. Tsahal prend la Galilée et la région de Jérusalem, puis, à la suite d'un nouveau cessez-le-feu signé le 18 juillet, les combats reprennent le 15 octobre. Dans le Néguev, l'armée israélienne bat l'armée égyptienne, et les combats cessent le 7 janvier 1949.

Les Armistices de Rhodes et les Conséquences Territoriales

À la suite des combats, des négociations sont menées à Rhodes, aboutissant à la conclusion de quatre armistices : israélo-égyptien (24 février 1949), israélo-libanais (23 mars), israélo-jordanien (3 avril) et israélo-syrien (20 juillet). Ces armistices portent principalement sur des questions territoriales. Israël, en plus de la partie issue du plan de partage de l'ONU, garde les territoires acquis pendant la guerre, occupant ainsi 78 % de la Palestine. Israël se compose alors de la Galilée, de la côte jusqu'à Gaza, de Jérusalem-Ouest et du Néguev en totalité.

La Nakba : L'Exode Palestinien

Le bilan humain de la guerre de 1948-1949 est lourd, tant pour les Israéliens que pour les Arabes. Le lourd bilan humain se traduit également par l'exode d'environ 700 000 Palestiniens (les chiffres diffèrent en fonction des sources, allant de 530 000 à 900 000 réfugiés palestiniens), qui se réfugient dans des camps installés dans les États arabes voisins, au Liban, en Syrie et en Transjordanie. Cet événement est connu sous le nom de "Nakba" (la catastrophe) par les Palestiniens, et marque le début d'un exil qui se poursuit pour de nombreux réfugiés et leurs descendants.

Selon un document secret des services de renseignement de la Haganah, au 15 mai 1948, il y a déjà près de 400 000 Palestiniens qui ont quitté le territoire. Les espions de la Haganah indiquent que 73 % de ces départs sont dus aux actions des forces armées juives et aux massacres qui se sont produits à cette période. Le reste étant soit, à 22 %, les peurs de la dissolution de la société palestinienne, et, à 5 %, des appels aux départs locaux lancés par des responsables de milices palestiniennes.

La stratégie des autorités israéliennes pour inciter au départ prend également la forme d'une "guerre psychologique". Un des thèmes favoris est celui de la propagation de maladies côté arabe. La peur des Palestiniens se fonde également sur des massacres, comme celui de Deir Yassin. La stratégie d'incitation au départ est utilisée par les Israéliens, comme le reconnaît lui-même le dirigeant de l'Irgoun, Menahem Begin.

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La Conférence de Lausanne et l'Échec du Règlement des Problèmes

En parallèle des négociations d'armistice, une conférence se tient à Lausanne du 27 avril au 15 septembre 1949. Organisée par l'ONU, son but est de régler les problèmes nés du conflit israélo-arabe : la question du retour des réfugiés et celle des frontières. Pour les réfugiés, les États arabes demandent le droit à leur retour, mais Israël le refuse. Concernant les frontières, Israël ne veut pas revenir sur leur élaboration, provenant du plan de partage de l'ONU et des territoires conquis. En outre, la ville de Jérusalem reste partagée entre Israël et la Transjordanie.

Le Mythe de la Fuite et la Nouvelle Historiographie

Longtemps, les expulsions de Palestiniens sont niées par les autorités israéliennes et les Israéliens eux-mêmes. Pour Israël, les Palestiniens se sont enfuis parce qu'ils ont répondu à l'appel au départ des pays arabes. Cette version officielle de l'Histoire est qualifiée de "propagande" par l'historien palestinien Walid Khalidi.

Ce n'est qu'à la fin des années 1970 qu'une nouvelle historiographie remet en cause cette version israélienne de l'Histoire. Elle est menée par une génération qualifiée de "nouveaux historiens" israéliens, comme Benny Morris, Tom Segev ou Avi Shlaïm. Trente ans après la création de l'État d'Israël, ils ont enfin accès aux archives et ne trouvent aucun appel provenant des pays arabes.

La Nakba Aujourd'hui : Une Plaie Ouverte

Pour commémorer l'exode de leur peuple entre 1947 et 1949, les Palestiniens ont choisi le 15 mai. Aujourd'hui, de nombreux historiens s'accordent à dire que la Nakba continue, sous une autre forme, à travers la dépossession des Palestiniens de leurs terres. L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) dénombre aujourd'hui plus de cinq millions de réfugiés palestiniens.

Le retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres est le "dossier le plus difficile de futures négociations israélo-palestiniennes. Le 11 décembre 1948, les Nations Unies ont voté une résolution qui affirme "qu'il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers". Le 11 mai 1949, le gouvernement israélien endosse cette résolution lors de la conférence de Lausanne. Le lendemain, Israël est admis comme membre des Nations Unies. Mais depuis, la résolution n'a jamais été respectée.

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