Loading...

Isabelle de Gaulmyn et le débat sur l'avortement: un témoignage

L'avortement est un sujet qui suscite des débats passionnés, même au sein des institutions religieuses. Le témoignage d'Isabelle de Gaulmyn, journaliste à La Croix, illustre les tensions et les contradictions qui peuvent émerger lorsque des convictions personnelles se heurtent à des positions institutionnelles. Cet article explore le témoignage d'Isabelle de Gaulmyn concernant l'avortement et les controverses qui en découlent, tout en examinant plus largement la question de la liberté d'expression et de la cohérence doctrinale au sein des médias catholiques.

Une divergence éditoriale à La Croix

Dans un éditorial du 28 mai, La Croix a déclaré qu'il fallait « respecter cette réponse » au référendum irlandais ouvrant la porte à la légalisation de l'avortement. Le quotidien catholique a ajouté pour justifier cette décision : « on sait que la vie n’est pas qu’un phénomène physique qui mettrait un signe strict d’égalité entre une vie déjà là, celle de la mère et une vie en devenir ». Il a conclu en affirmant que « rendre possible l’IVG est une chose, faire en sorte qu’il en ait le moins possible en est une autre ».

Une semaine plus tard, Isabelle de Gaulmyn a publié sur son blog, hébergé sur le site de La Croix, un texte intitulé « Avortement : non au vichysme mental ! » dans lequel elle dénonçait la contradiction entre une telle ligne éditoriale et l’identité catholique revendiquée par le quotidien. Elle rappelait que le pape François avait lui-même repris en 2014 les mots forts du concile Vatican II pour qualifier objectivement l’avortement de « crime abominable ». Elle ajoutait que l’argument consistant à justifier un tel acte en catégorisant les vies humaines, comme si l’une avait plus de dignité que l’autre, relevait du vichysme mental qu’elle définissait comme « l’illusion de croire que l’on peut négocier ce qui n’est pas négociable ».

La suppression du blog et la polémique

Deux jours après la publication de son article, Guillaume Goubert, directeur de la rédaction de La Croix, a réagi en supprimant le blog d'Isabelle de Gaulmyn et en l'accusant de porter contre le journal « une accusation grave et qui se veut infamante en utilisant l’expression vichysme mental ».

La Croix a choisi de porter le débat sur son honneur bafoué pour mieux se détourner de la question de fond : comment un journal soi-disant catholique peut-il soutenir sur un sujet si grave une position diamétralement opposée à l’enseignement et à la vie de l’Eglise ? En prétendant accéder à son for interne, par nature inaccessible à autrui, Guillaume Goubert a jugé qu'Isabelle de Gaulmyn avait choisi l’expression vichysme mental pour offenser volontairement son journal.

Lire aussi: Le parcours fascinant d'Isabelle Mergault

La justification de l'expression « vichysme mental »

Isabelle de Gaulmyn a expliqué avoir choisi cette expression en toute connaissance de cause, non pour offenser telle ou telle personne, mais pour provoquer un choc de conscience salutaire. Elle a souligné qu'il s'agissait d'une analogie, c’est-à-dire d’un rapprochement entre deux situations différentes mais partageant un point commun central : une certaine similitude de rapport.

Elle a précisé qu'elle n'accusait évidemment pas la rédaction actuelle d’être antisémite. Elle établissait une similitude de rapport entre l’attitude du gouvernement Laval en 1942 face aux exigences allemandes de déportation des Juifs et la position actuelle manifestée dans cet éditorial face à la perspective de destruction légale d’enfants à naître, auxquels on a préalablement retiré « une partie » de leur dignité. Le rapport porte sur une capacité à transiger sur des principes humains fondamentaux en catégorisant des vies humaines : jadis, Juifs français et Juifs étrangers ; aujourd’hui, « vie déjà là » (la mère) et « vie en devenir » (l’enfant in utero). Elle a ensuite posé la question : l’enfant à naître n’est-il pas lui aussi une « vie déjà là » ?

Enfin, elle a expliqué pourquoi elle avait qualifié ce vichysme de « mental ». Pour circonscrire le champ d’application de l’analogie. La Croix ne tient certes pas des centres d’orthogénie ! Mais avec ce type de papier, elle contribue avec bien d’autres, à entretenir un climat intellectuel, moral et spirituel qui obscurcit les consciences au lieu de les interpeller.

L'imposture d'un journal prétendument catholique

Pour conclure, Isabelle de Gaulmyn a dénoncé une nouvelle fois l’imposture que représente un journal prétendument catholique mais qui prend comme critère d’évaluation non pas le respect inconditionnel de la vie humaine innocente mais l’idéologie des droits de « l’individu total ». Elle a souligné qu'une telle idéologie engendre immanquablement des soi-disant « conflits de droits », le plus souvent arbitrés à l’avantage des plus forts, en l’occurrence ici de ceux qui peuvent revendiquer, manifester et même voter.

La question de la liberté d'expression au sein des médias catholiques

Cette affaire soulève la question de la liberté d'expression au sein des médias catholiques. Dans quelle mesure un journaliste peut-il exprimer des opinions divergentes de la ligne éditoriale de son journal, tout en respectant l'identité catholique de celui-ci ? La suppression du blog d'Isabelle de Gaulmyn peut être interprétée comme une atteinte à la liberté d'expression, mais aussi comme une volonté de préserver la cohérence doctrinale du journal.

Lire aussi: Décès de Niels Arestrup : Retour sur sa vie

L'avortement : un crime abominable ?

Le pape François a qualifié l'avortement de « crime abominable », reprenant les mots du concile Vatican II. Cette position est conforme à l'enseignement traditionnel de l'Église catholique, qui considère que la vie humaine commence dès la conception et doit être protégée à tout prix.

Cependant, certains catholiques estiment que l'avortement peut être justifié dans certaines circonstances, notamment lorsque la vie de la mère est en danger ou en cas de viol. Ils mettent en avant la nécessité de prendre en compte la souffrance des femmes et de respecter leur liberté de choix.

L'Église et le féminisme

Le féminisme est un mouvement qui vise à promouvoir l'égalité des droits entre les hommes et les femmes. L'Église catholique a souvent été perçue comme opposée au féminisme, en raison de son enseignement sur la place de la femme dans la société et dans la famille.

Cependant, certains théologiens et certaines féministes catholiques estiment que le féminisme peut être compatible avec la foi catholique. Ils soulignent que le christianisme a reconnu à la femme une égale dignité et que les femmes ont joué un rôle important dans l'histoire de l'Église.

Lire aussi: Portrait d'une femme d'exception : Isabelle Mir

tags: #isabelle #de #gaulmyn #avortement #témoignage

Articles populaires:

Share: