L'intolérance au gluten, également connue sous le nom de maladie cœliaque, est une affection chronique de l'intestin grêle qui touche de nombreux enfants. Elle est caractérisée par une réaction inflammatoire déclenchée par le gluten, une protéine présente dans le blé, l'orge, le seigle et l'épeautre. Cette réaction endommage la muqueuse de l'intestin grêle, entraînant divers symptômes et complications.
Qu'est-ce que le gluten ?
Le gluten est un terme générique désignant un complexe de protéines, un mélange de prolamines et de glutélines, présent dans la plupart des céréales. Les glutélines sont inoffensives, mais les prolamines peuvent poser problème aux personnes atteintes de la maladie cœliaque. Le gluten confère aux aliments des propriétés pratiques, notamment son rôle de "protéine gluante" qui donne de l'élasticité à la pâte et une consistance moelleuse aux produits de boulangerie. On le retrouve donc dans de nombreux aliments, y compris transformés, comme les sauces, les mélanges d'épices et la bière.
Comprendre la maladie cœliaque
La maladie cœliaque est une maladie auto-immune dans laquelle le corps considère le gluten comme une substance hostile. Pour le combattre, il produit des anticorps qui attaquent et détruisent les villosités de l'intestin grêle. Ces villosités sont essentielles à l'absorption des nutriments. Leur destruction entraîne une malabsorption et des carences nutritionnelles.
La maladie cœliaque n'est pas une allergie au gluten, mais une intolérance permanente à certaines fractions du gluten. Elle est différente de l'intolérance à l'histamine et de l'allergie au blé. Elle est assez répandue, touchant environ une personne sur 200 en France, et survient chez des personnes ayant une prédisposition génétique (groupes tissulaires HLA particuliers). Cette maladie auto-immune peut toucher différents organes : l’intestin, mais aussi le pancréas (diabète associé), la thyroïde, ou encore la peau.
Facteurs de risque
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer une maladie cœliaque :
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- Hérédité : Si des membres de la famille au premier degré sont atteints de la maladie, le risque est multiplié par dix.
- Autres maladies auto-immunes : Les personnes souffrant de diabète sucré de type 1 ou de maladies auto-immunes de la thyroïde (thyroïdite de Hashimoto et maladie de Basedow) sont plus susceptibles de développer une maladie cœliaque.
- Gènes spécifiques : Pour qu'une maladie cœliaque puisse se développer, il faut que certaines caractéristiques génétiquement héritées soient présentes - ce sont les marqueurs HLA (antigènes leucocytaires humains). Environ 90% des personnes atteintes de la maladie cœliaque possèdent la caractéristique HLA-DQ2, tous les autres ont le gène HLA-DQ8.
Symptômes chez l'enfant
Les symptômes de l'intolérance au gluten varient considérablement d'un enfant à l'autre et peuvent apparaître à tout âge. La maladie cœliaque peut se déclarer dès l'enfance, généralement trois à six mois après l'introduction de céréales contenant du gluten dans l'alimentation. Il est important de noter que la maladie cœliaque peut aussi évoluer sans symptômes, surtout chez les enfants. En raison de la diversité des symptômes, le diagnostic est souvent tardif.
Les symptômes les plus courants chez l'enfant sont :
- Troubles digestifs :
- Diarrhée chronique (durant plus de 15 jours), avec des selles abondantes
- Vomissements
- Constipation
- Douleurs abdominales
- Ballonnements
- Manque d’appétit
- Retard de croissance :
- Ralentissement de la croissance en poids et en taille
- Fonte musculaire
- Changements de comportement :
- Irritabilité
- Tristesse
- Apathie
- Problèmes dentaires :
- Dents de lait anormalement petites et espacées
- Coloration inhabituelle des dents (blanche ou brune)
- Vulnérabilité accrue aux caries
- Autres symptômes possibles :
- Anémie (carence en fer)
- Fatigue
- Éruptions cutanées
- Maux de tête
- Crises d'asthme
Il est à noter que certains enfants ne présentent pas de troubles gastro-intestinaux évidents, ce qui peut rendre le diagnostic plus difficile.
Diagnostic
Le diagnostic de l'intolérance au gluten repose sur plusieurs examens :
- Tests sanguins :
- Dosage des anticorps : La première étape consiste à rechercher dans le sang des anticorps spécifiques produits en réaction au gluten, notamment les anticorps anti-transglutaminase tissulaire (anti-TG2) de classe IgA et les anticorps anti-endomysium (anti-EM). Un dosage des IgA anti-transglutaminase (anti-TG2) est actuellement la sérologie de référence, recommandée en première intention pour le diagnostic de la maladie coeliaque. Les IgA antiendomysium (anti-EM) ne doivent être dosées qu’en seconde intention.
- Dosage des IgA totales : Il est important de vérifier le taux d'IgA totales, car un déficit en IgA peut fausser les résultats des tests d'anticorps. En cas de déficit en IgA, des sérologies de type IgG doivent être réalisées : IgG anti-TG2, IgG anti-EM ou IgG anti-peptides déamidés de la gliadine (anti-DGP).
- Biopsie de l'intestin grêle :
- Si les tests sanguins sont positifs ou douteux, une endoscopie digestive haute (EDH) est réalisée pour prélever des échantillons de tissu de l'intestin grêle (biopsies duodénales multiples). Ces biopsies sont ensuite examinées au microscope pour évaluer l'état des villosités intestinales. Lorsque les conditions clinico-biologiques ne sont pas suffisantes pour affirmer le diagnostic de maladie coeliaque sans biopsie (IgA anti-TG2 positives mais < 10N, ou > 10N avec IgA anti-EM négatives), une endoscopie digestive haute (EDH) doit être réalisée, avec réalisation de biopsies duodénales multiples.
- Tests génétiques :
- La recherche des gènes HLA-DQ2 et HLA-DQ8 peut être utile, car ces gènes sont présents chez la majorité des personnes atteintes de la maladie cœliaque. Cependant, leur présence ne suffit pas à confirmer le diagnostic, car ils sont également présents chez une partie de la population générale.
- Autres examens :
- Dans certains cas, d'autres examens peuvent être nécessaires pour évaluer les complications de la maladie cœliaque, comme une ostéodensitométrie pour mesurer la densité osseuse.
Diagnostic sans biopsie
Les dernières recommandations européennes proposent, même dans le cas des patients asymptomatiques, qu’un diagnostic de certitude de maladie coeliaque puisse être fait sans confirmation histologique, lorsqu’il s’agit d’un individu appartenant à une population à risque, ayant à la fois des IgA anti-TG2 > 10N et des IgA anti-EM positives.
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Traitement
Le seul traitement efficace de l'intolérance au gluten est un régime strict sans gluten à vie. Cela implique d'éliminer de l'alimentation tous les aliments contenant du blé, de l'orge, du seigle et de l'épeautre, ainsi que les produits transformés qui pourraient en contenir.
Conseils pour un régime sans gluten
- Lire attentivement les étiquettes des aliments : Le gluten peut se cacher dans de nombreux produits transformés, comme les sauces, les soupes, les charcuteries et les desserts. Depuis 2005, une directive européenne impose d’étiqueter systématiquement la présence de gluten.
- Privilégier les aliments naturellement sans gluten : De nombreux aliments sont naturellement sans gluten, comme les fruits, les légumes, la viande, le poisson, les œufs, le riz, le maïs, le sarrasin, le quinoa et le tapioca.
- Utiliser des farines alternatives : Il existe de nombreuses farines sans gluten pour remplacer la farine de blé, comme la farine de riz, la farine de maïs, la farine de sarrasin, la farine de châtaigne et la farine de quinoa.
- Faire attention aux contaminations croisées : Il est important d'éviter les contaminations croisées lors de la préparation des repas, en utilisant des ustensiles propres et en séparant les aliments avec et sans gluten.
- Consulter un diététicien : Un diététicien peut vous aider à élaborer un régime sans gluten équilibré et adapté à vos besoins, et vous donner des conseils pour éviter les carences nutritionnelles.
Suivi médical
Un suivi médical régulier est nécessaire pour surveiller l'évolution de la maladie et dépister d'éventuelles complications. Le médecin peut prescrire des analyses sanguines régulières pour vérifier le taux d'anticorps et évaluer l'état nutritionnel de l'enfant.
Soutien psychologique
L'intolérance au gluten peut être difficile à vivre, tant pour l'enfant que pour sa famille. Un soutien psychologique peut être utile pour aider l'enfant à accepter sa maladie et à gérer les contraintes du régime sans gluten. L’AFDIAG (Association Française Des Intolérants au Gluten) propose des « stages d’éducation nutritionnelle » afin d'aider les enfants et ados à comprendre et à vivre avec la maladie cœliaque.
Vivre avec l'intolérance au gluten
Vivre sans gluten demande de l'adaptation et de la vigilance, mais c'est tout à fait possible. Avec un régime strict et un suivi médical régulier, les enfants atteints d'intolérance au gluten peuvent vivre une vie normale et en bonne santé.
Conseils pour les parents
- Informez-vous sur la maladie : Plus vous en saurez sur l'intolérance au gluten, mieux vous serez en mesure d'aider votre enfant.
- Impliquez votre enfant dans la gestion de sa maladie : Expliquez-lui ce qu'est l'intolérance au gluten et pourquoi il doit suivre un régime sans gluten. Cuisiner avec votre enfant lui permettra de s’approprier encore plus sa maladie et de passer du temps avec sa famille.
- Communiquez avec l'école et les autres personnes qui s'occupent de votre enfant : Assurez-vous qu'ils comprennent les besoins de votre enfant et qu'ils sont en mesure de l'aider à suivre son régime sans gluten.
- Rejoignez un groupe de soutien : Partager votre expérience avec d'autres parents d'enfants intolérants au gluten peut être très utile.
- Soyez patient et compréhensif : Il faut du temps pour s'adapter à un régime sans gluten. Soyez patient avec votre enfant et encouragez-le à persévérer.
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