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Intolérance au lait de vache chez le nourrisson : symptômes, diagnostic et solutions

L'intolérance au lait de vache chez le nourrisson est une condition qui suscite de nombreuses interrogations chez les parents. Il est essentiel de bien comprendre les symptômes, les causes et les solutions pour assurer le bien-être de son enfant. Cet article aborde en détail cette problématique, en distinguant l'intolérance au lactose de l'allergie aux protéines de lait de vache (APLV) et en proposant des pistes pour soulager les bébés concernés.

Intolérance au lactose versus APLV : bien faire la distinction

Il est crucial de différencier l'intolérance au lactose de l'APLV, car ce sont deux conditions distinctes avec des mécanismes et des prises en charge différents.

Intolérance au lactose : un déficit enzymatique

L’intolérance au lactose est une intolérance alimentaire, provoquée par le lactose, qui n’est autre que le sucre naturellement présent dans le lait. Ce trouble est dû à un manque ou une absence de lactase, enzyme qui permet la digestion du lactose, ou au fait que celle-ci est moins fonctionnelle. L'enzyme « lactase » est produite par la muqueuse de l’intestin grêle : elle digère le lactose ingéré pendant ses repas en coupant la molécule de lactose en deux molécules simples, le glucose et le galactose. Le glucose et le galactose sont ensuite absorbés à travers la muqueuse de l’intestin vers la circulation sanguine. On parle d’intolérance au lactose lorsque cette enzyme est produite en trop faible quantité, empêchant de ce fait une bonne digestion. Résultat ?

Le lactose est le sucre naturellement présent dans tous les laits d’origine animale. Lorsqu’il est consommé, ce sucre est scindé en glucose et en galactose, qui sont à leur tour absorbés par l’organisme.

Les différents types d'intolérance au lactose

  • Congénitale : liée à un défaut génétique qui implique une absence totale de lactase dans l’organisme du nourrisson, et se manifeste dès la naissance. Elle est extrêmement rare.
  • Primaire : liée à un déficit progressif de lactase au cours de la petite enfance. Elle est rare avant l’âge de 5 ans, et de petites quantités de lactose restent tolérées.
  • Secondaire : cette intolérance au lactose, transitoire, peut être observée chez les bébés, à tout âge, suite à une gastro-entérite aiguë par exemple. Les intolérances « passagères » lors d’une gastro-entérite sévère ou de certaines parasitoses de l’intestin comme la Giardia, nécessitent la prise temporaire d’un lait sans lactose mais elles guérissent avec le traitement de la maladie en cause.

Allergie aux protéines de lait de vache (APLV) : une réaction immunitaire

L’APLV, ou allergie aux protéines du lait de vache, est la première allergie alimentaire à apparaître chez l’enfant, débutant le plus souvent chez le nourrisson, dans les premiers mois de vie. Sa fréquence est de l’ordre de 2 à 4 % de tous les nourrissons. L’APLV doit être différenciée de l’intolérance au lactose qui n’est pas une allergie, mais un ensemble de réactions secondaires à une insuffisance d’enzyme (la lactase) produite par la muqueuse de l’intestin grêle pour digérer le lactose. Il s’agit d’une insuffisance de digestion du lactose et non d’une allergie.

Lire aussi: Reconnaître et traiter l'allergie APLV

Les causes sont différentes : l’Allergie aux Protéines de Lait de Vache (APLV) survient lorsque le système immunitaire du bébé réagit aux protéines contenues dans le lait. C’est une des allergies les plus fréquentes chez les enfants. Entre 2 et 7,5% d’entre eux sont concernés (4).

L’allergie aux protéines de lait de vache est une forme d’allergie alimentaire qui touche surtout les nourrissons et les enfants de moins de trois ans. Elle provoque des symptômes digestifs et des rougeurs de la peau. L’allergie aux protéines de lait de vache est une allergie alimentaire qui touche surtout les nourrissons et les enfants de moins de 3 ans. Elle disparaît spontanément chez 80 % des nourrissons touchés, vers l'âge de 1 à 2 ans. C’est une réaction allergique de l’organisme lorsqu’il est exposé aux protéines contenues dans le lait de vache, mais également, très souvent, à celles contenues dans le lait de chèvre, de brebis ou de jument. L’allergie aux protéines de lait de vache peut apparaître dès l’âge de trois semaines et jusqu’à l’âge de huit à dix mois.

Symptômes : comment reconnaître l'intolérance au lait de vache ?

Les symptômes de l'intolérance au lactose et de l'APLV peuvent se chevaucher, ce qui rend le diagnostic parfois délicat. Il est important d'observer attentivement les réactions de votre bébé après la consommation de lait.

Symptômes de l'intolérance au lactose

Lorsqu’il ingère son lait, vous remarquez que votre enfant n’est pas dans son état normal quelques temps après… S’agit-il d’une intolérance au lactose ? Comment se manifeste-t-elle ? Quelles solutions existent pour soulager votre enfant ? Cependant, certains bébés peuvent avoir des difficultés à digérer des doses importantes de lactose parce que leur sécrétion de lactase n’est pas tout à fait suffisante. On parle alors de mal digestion du lactose. En revanche, chez l’enfant plus âgé, une réelle intolérance au lactose peut exister suite à la diminution de la production de lactase car le lait n’est plus l’élément principal de son alimentation. Si vous, maman ou papa, êtes intolérant au lactose, cela ne signifie en aucun cas que votre enfant le sera à son tour, même s’il semble que cette intolérance soit plus fréquente dans certaines familles. Veillez à consulter un.e professionnel.le de santé si votre enfant ne vous semble pas dans son état normal.

Symptômes de l'APLV

De nombreux symptômes sont associés à l’allergie aux protéines de lait de vache (APLV). Ils peuvent être d’ordre digestif dans 50 % des cas (vomissements, diarrhée) et/ou dermatologique dans 30 % des cas (éruption cutanée, eczéma, urticaire) et/ou respiratoire dans 20 % des cas (dyspnée, rhinite, sifflements respiratoires, œdème pulmonaire). Souvent les différents symptômes peuvent coexister. Attention ! Ces symptômes peuvent aussi être associés à d’autres pathologies. En effet, les crises de pleurs, les éruptions cutanées, la diarrhée, les coliques, les sifflements respiratoires, les vomissements ou encore les troubles du sommeil peuvent survenir chez votre enfant sans qu’il s’agisse d’une APLV. Même si vous connaissez parfaitement votre enfant et que vous avez raison de faire confiance à votre instinct parental, n’hésitez pas à consulter le médecin. Un diagnostic posé permet une prise en charge efficace.

Lire aussi: Intolérance au gluten chez les enfants : un guide complet

L’allergie aux protéines de lait de vache peut apparaître dès l’âge de trois semaines et jusqu’à l’âge de huit à dix mois. Elle se traduit par des rougeurs et des démangeaisons de la peau, ainsi que par des symptômes digestifs, tels que régurgitations, vomissements, constipation, diarrhée ou maux de ventre. Parfois, des symptômes neurologiques de type malaise peuvent apparaître. Le bébé est souvent irritable. Des carences peuvent se développer et nuire à la croissance de l’enfant.

APLV IgE-médiée

Les symptômes de l’APLV IgE-médiée sont des manifestations dues au conflit entre les anticorps IgE dirigés contre les antigènes des protéines du lait de vache (PLV). Il s’agit d’une réaction rapide, de type immédiat : les symptômes débutent après un intervalle court, de quelques minutes à 2h, après l’ingestion des PLV. Cette réaction dure peu de temps, généralement moins de 6 à 8 h. Les réactions peuvent se manifester rapidement, habituellement 2 heures après le repas, avec en général des vomissements et d'autres symptômes plus fréquemment associés aux réactions allergiques, tels qu’une respiration sifflante ou bruyante, une éruption cutanée, de l’urticaire et un gonflement des paupières ou des lèvres.

APLV non IgE-médiée

Le diagnostic est parfois difficile (ou non évoqué) car il n’existe pas d’examen de laboratoire pour confirmer l’APLV non IgE-médiée. D’autre part, les signes cliniques sont dominés par des manifestations chroniques, difficiles à rattacher à la consommation de PLV. Le plus souvent, il s’agit de troubles digestifs chroniques et d’eczéma. L’intervalle libre souvent long entre la consommation de PLV et l’apparition des symptômes ne facilite pas l’évocation d’une relation de causalité.

Diagnostic : comment confirmer l'intolérance au lait de vache ?

Le diagnostic de l’intolérance au lactose ne peut être posé que par un professionnel de santé, notamment pour s’assurer de ne pas la confondre avec une Allergie aux Protéines du Lait de Vache (APLV). Votre médecin examinera votre bébé et posera des questions sur des symptômes que vous avez peut-être identifiés. Si une allergie aux protéines de lait est suspectée, votre médecin pourra également demander des tests spécifiques pour confirmer le diagnostic.

Examens pour diagnostiquer l'APLV

  • Prick-test : Il s’agit d’une petite piqûre de la peau à l’aide d’un vaccinostyle au travers d’une goutte de lait frais (ou du lait habituel du bébé). En cas d’APLV IgE-médiée, la réaction est immédiate, la lecture se faisant au bout de 15 minutes.
  • RAST (dosage sanguin des IgE spécifiques) : Il s’agit du dosage sanguin des anticorps IgE spécifiques anti-lait, normalement présents en cas d’APLV IgE-médiée. Plutôt que de doser les IgE spécifiques pour le lait et les protéines du lait (lait, caséine, alpha lactalbumine), inutile en pratique clinique, il est préférable de doser les IgE spécifiques pour le lait de vache entier et pour les allergies volontiers associées, surtout en cas d’eczéma, notamment pour l’œuf et l’arachide.
  • Test de Provocation Orale (TPO) : Pour confirmer le diagnostic, un Test de Provocation Orale (TPO) peut être réalisé, mais il doit être effectué en milieu médical car il peut être dangereux (choc anaphylactique).
  • Patch-test : Le patch-test peut être utilisé, mais sa fiabilité reste mal précisée. On place une cupule en aluminium de 12 mm contenant du lait au contact de la peau pendant 48 h. La lecture se fait 24 h après le retrait, par comparaison avec un témoin. Il faut avoir arrêté tout traitement à base de stéroïdes et d’antihistaminiques, au moins 3 jours auparavant.
  • Test d’éviction des PLV : Le plus souvent, le seul moyen d’évoquer le diagnostic est de faire un test d’éviction des PLV pendant 4 semaines et de constater la disparition des symptômes.

Pour parler d’allergie, la positivité du prick test et des RAST ne suffisent pas : il faut aussi que la consommation de protéines du lait de vache (PLV) entraîne des signes cliniques évocateurs dans des délais courts. La confirmation du diagnostic est obtenue par la disparition des signes cliniques avec le régime d’éviction des PLV.

Lire aussi: Vomissements de bébé et intolérance au lait : que faire ?

Suivi allergologique

Un suivi allergologique est nécessaire pour décider de la réintroduction du lait, analysant notamment la diminution de la papule et celle des IgE spécifiques.

Solutions : comment soulager bébé ?

Soulager un bébé intolérant au lait passe nécessairement par une modification de son alimentation, en fonction du type de maladie dont il souffre (congénitale, primaire, ou secondaire). Les symptômes de l’APLV peuvent être facilement pris en charge en adaptant l'alimentation de votre bébé.

En cas d'intolérance au lactose

La véritable intolérance au lactose, exceptionnelle chez le bébé, nécessite un régime strictement sans lactose. Si la diarrhée aiguë dure plus de 7 jours, le médecin ou pédiatre de l’enfant pourra dans ce cas prescrire de façon temporaire un régime pauvre en lactose, avec un lait infantile sans lactose adapté aux bébés, que vous pourrez vous procurer en pharmacie. Dans le cas d’une intolérance congénitale, le régime alimentaire de votre bébé devra être totalement sans lactose (présent dans le lait et les produits laitiers), et dans le cas d’une intolérance primaire, un régime transitoire sans lactose, lait infantile inclus, lui sera proposé jusqu’à disparition des signes cliniques. Pour répondre aux besoins des bébés intolérants au lactose, des laits infantiles sans lactose existent.

En cas d'APLV

Il faut aussi éviter le lait de vache, les laitages et les fromages, et les produits pouvant contenir du lait ou du lactose. Il faut exclure le lait de tous les mammifères car leur composition protéique étant proche des PLV, il existe un risque d’allergie croisée. En effet, il existe par exemple 80 % d’homologie (ou ressemblance) entre le lait de chèvre et le lait de vache.

Allaitement maternel et APLV

AVIS IMPORTANT : Le lait maternel est l'aliment idéal du nourrisson. Il est conseillé de poursuivre l'allaitement même lorsque le bébé souffre d'une allergie aux protéines de lait de vache. Le diagnostic peut être étayé par des prick-tests ou des patch-tests réalisés avec le lait de vache et avec le lait maternel. La certitude est donnée par le régime d’éviction strict. L’allaitement est encouragé, mais en évitant les PLV dans l’alimentation de la maman allaitante, de même que la viande bovine dans la période diagnostique. Le recours à une diététicienne est utile pour parvenir à une exclusion totale des sources cachées de protéines du lait de vache. Si la mère souhaite continuer l’allaitement tout en maintenant un régime sans PLV, elle doit recevoir des suppléments de calcium (1 000 mg / j) et de la vitamine D, et des conseils diététiques pour assurer ses besoins nutritionnels.

Alternatives au lait de vache

Si votre médecin décide d'utiliser une formule destinée aux nourrissons, il est important de suivre les instructions mentionnées sur l'étiquette du produit. L'eau non-bouillie, un biberon non-stérilisé, une dilution incorrecte du produit peuvent rendre les nourrissons et enfants en bas âge malades.

Réintroduction du lait

Contrairement à la réintroduction très prudente dans l’APLV IgE-médiée, les essais de réintroduction du lait dans l’APLV non IgE-médiée peuvent être réalisés à domicile, à condition de pratiquer au préalable un prick-test et des RAST pour vérifier que ceux-ci sont toujours négatifs. La guérison (tolérance) est spontanée et survient le plus souvent au cours des premières années. La guérison de l’APLV passe par une phase au cours de laquelle l’enfant se met à tolérer les formes de lait très cuites dans les gâteaux (à 180°C pendant 20 min), puis les formes de moins en moins cuites. Cette étape est importante car elle facilite considérablement l’alimentation de l’enfant.

Conclusion

L'intolérance au lait de vache chez le nourrisson, qu'il s'agisse d'intolérance au lactose ou d'APLV, nécessite une attention particulière et une prise en charge adaptée. Il est primordial de consulter un professionnel de santé pour obtenir un diagnostic précis et mettre en place un plan d'alimentation approprié. Avec un suivi médical rigoureux et une adaptation de l'alimentation, il est possible d'améliorer considérablement le confort et la qualité de vie des bébés concernés.

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