Introduction
Cet article explore la notion d'insémination vaginale dans le contexte de la sexualité et du fétichisme, tout en l'élargissant à une réflexion critique sur les systèmes de genre modernes et coloniaux. Il s'agit d'analyser comment les dynamiques de pouvoir, la race, la classe, le genre et la sexualité s'entrecroisent pour façonner les expériences individuelles et collectives, notamment en ce qui concerne la reproduction et la violence.
Le « Breeding Kink » : Un Fétichisme de la Reproduction
L'expression anglaise « breeding kink » désigne un fétichisme lié à la fertilité, à la grossesse et à la parentalité. Ce fantasme, souvent appelé « fétichisme de reproduction » ou « fétichisme d'insémination », n'implique pas nécessairement le désir d'avoir des enfants, mais plutôt une excitation liée à l'acte reproductif lui-même, à la connexion à l'autre et à l'abandon de soi.
Selon Gigi Engle, psychothérapeute sexuelle, ce fétichisme peut être considéré comme une forme de fétichisme du sperme, érotisant les rapports sexuels non protégés et l'éjaculation dans le vagin ou l'anus avec consentement. Lee Phillips, psychothérapeute, ajoute que les hommes gays peuvent trouver la reproduction excitante, en particulier ceux qui sont passifs, car ils peuvent fantasmer sur le risque et l'idée de tomber enceinte, renforçant ainsi leur connexion avec le partenaire.
Ce fétichisme peut également être lié à l'érotisation de la grossesse, à l'attirance pour les transformations physiques qu'elle implique, et à un amour profond pour le partenaire. Pour certains, comme Matt, 31 ans, il s'agit d'un moyen de « transformer le sexe en un acte primitif qui libère la bête qui sommeille en moi », un retour aux sources guidé par l'instinct. Le risque est également un facteur évoqué, mais les adeptes de ce fétichisme insistent sur le fait qu'il ne s'agit que d'un fantasme qui doit le rester, et qu'ils ne s'y adonnent pas avec n'importe qui ni n'importe comment.
Reproduction humaine : aspects biologiques
C'est à partir de la puberté que les organes reproducteurs deviennent fonctionnels sous l'action des hormones cérébrales et sexuelles. Devenir apte à se reproduire impose de savoir se protéger soi-même et les autres contre les infections sexuellement transmissibles ou une éventuelle grossesse, si celle-ci n'est pas désirée. La reproduction s'effectue grâce à un double mécanisme :
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- La formation de cellules reproductrices à partir de la puberté
- La fécondation, qui aboutit à la formation d'un nouvel individu
Hormones cérébrales et sexuelles
À partir de la puberté, des glandes du cerveau fabriquent des hormones cérébrales qui permettent le développement des testicules et des ovaires. Sous l'influence des hormones cérébrales, les glandes sexuelles sécrètent des hormones sexuelles responsables de l'apparition des caractères sexuels secondaires :
- Les testicules produisent de la testostérone qui permet le développement des caractères sexuels de l'homme.
- Les ovaires produisent des œstrogènes et de la progestérone qui permettent le développement des caractères sexuels secondaires chez la femme.
C'est à partir du moment où l'organisme sécrète des hormones sexuelles qu'il devient apte à la reproduction et que débute la production des cellules reproductrices. Les hormones cérébrales contrôlent la fabrication des cellules reproductrices et la sécrétion des hormones sexuelles par les testicules et les ovaires. Ce sont les mêmes dans les deux sexes. Mais, alors qu'elles sont sécrétées de manière régulière chez l'homme, elles le sont de manière cyclique chez la femme.
La production des cellules reproductrices
Chez l'homme
Chez l'homme, les cellules reproductrices sont les spermatozoïdes et sont formées dans la paroi de tubes séminifères qui se trouvent dans les testicules. Leur production (spermatogenèse) est régulière, continue et abondante.
Chez la femme
Chez la femme, les cellules reproductrices sont les ovules (ovocytes), formés dans les ovaires. Leur production (ovogenèse) est cyclique : un ovocyte tous les 28 jours en moyenne. Les ovaires contrôlent les cycles de l'utérus grâce aux hormones sexuelles : les œstrogènes et la progestérone. Au cours du cycle, les hormones sexuelles favorisent le développement de la partie superficielle de la paroi de l'utérus (endomètre). Les règles sont déclenchées par une baisse de la quantité d'hormones sexuelles féminines dans le sang car les ovaires en produisent moins. Les hormones ovariennes déterminent donc l'état de la couche superficielle de la paroi de l'utérus. Les hormones sexuelles jouent également un rôle dans le comportement sexuel (désir, recherche de partenaire, etc.).
De la fécondation à la grossesse
Lors d'un rapport sexuel, les spermatozoïdes sont déposés au fond du vagin. Ils doivent ensuite aller à la rencontre de l'ovocyte. Cette rencontre, la fécondation, s'effectue dans les trompes utérines. Au moment de la fécondation, quelques centaines de spermatozoïdes sont regroupés autour de l'ovule. Un seul spermatozoïde va pouvoir fusionner avec l'ovule. Il perd alors son flagelle et son seul noyau entre dans l'ovule. Les noyaux du spermatozoïde et de l'ovule se rapprochent et fusionnent. On obtient alors une cellule-œuf.
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Suite à la fécondation dans l'une des trompes, la cellule-œuf se déplace en direction de l'utérus en se divisant. L'embryon va ensuite s'implanter dans l'endomètre : c'est la nidation. C'est finalement implanté dans la muqueuse utérine que l'embryon va se développer. L'absence de règles est liée à cette implantation de l'embryon dans la couche superficielle de la paroi de l'utérus qui n'est donc plus éliminée.
La durée moyenne de la grossesse est de 39 semaines chez les femmes. Il se développe, en plus de l'embryon lui-même, des annexes embryonnaires (placenta, liquide amniotique, etc.) qui vont permettre à l'embryon puis, à partir de deux mois, au fœtus, de se nourrir et de se développer. Dès le troisième mois, les organes sont en place. Le sexe est identifiable par échographie. Les échanges entre la mère et le fœtus se font à travers le placenta. Le cordon ombilical est un organe du fœtus. Il comporte une veine et deux artères qui permettent au sang fœtal d'aller jusqu'au placenta et inversement.
Sexualité responsable et contraception
Avoir une sexualité responsable suppose également d'utiliser des méthodes contraceptives pour éviter toute grossesse non désirée. Il existe trois étapes fondamentales dans la reproduction, et l'on peut essayer d'intervenir sur une ou plusieurs de ces trois étapes.
- Production des cellules reproductrices : Bloquer les mécanismes hormonaux de contrôle de la production des cellules reproductrices, bloquer l'ovulation, par l'utilisation d'hormones de synthèse (Pilule, implant).
- Rencontre des cellules reproductrices, fécondation : Placer une barrière chimique ou physique bloquant l'accès des spermatozoïdes aux trompes utérines et à l'ovocyte (Préservatifs, crèmes spermicides).
- Implantation de l'embryon : Bloquer le développement de la muqueuse utérine ou empêcher la nidation de l'embryon, par des méthodes chimiques et/ou mécaniques (DIU, pilules).
La pilule (ou pilule contraceptive) est un médicament, à prendre par voie orale, qui contient des hormones naturelles ou de synthèse, agissant comme les hormones sexuelles. Elle est utilisée pour bloquer l'ovulation. Il existe une contraception d'urgence (pilule du lendemain), qui peut être utilisée, de manière exceptionnelle, suite à un rapport non protégé. Elle a pour effet de bloquer en urgence l'ovulation mais ne protège en aucun cas contre les IST.
Le dispositif intra-utérin (DIU ou stérilet) est un dispositif permettant d'empêcher une grossesse. Il peut agir de deux manières : en empêchant les spermatozoïdes d'atteindre l'ovocyte (il bloque leur progression) et/ou en provoquant une incapacité de l'endomètre à accueillir un embryon.
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Stérilité et aide à la conception
Lorsqu'un couple a un désir d'enfant, il peut arriver que cela soit impossible, pour cause d'infertilité (incapacité à avoir des enfants). L'infertilité peut avoir différentes causes, provenant de l'un des deux parents :
- Incapacité à produire des cellules reproductrices
- Mauvaise qualité de production des cellules reproductrices rendant la fécondation impossible
- Implantation impossible de l'embryon
La connaissance des mécanismes de la reproduction sexuée a permis de mettre au point des méthodes permettant de résoudre la plupart des problèmes : c'est la procréation médicalement assistée (PMA). La technique la plus fréquente est la Fécondation In Vitro Et Transfert d'Embryon (FIVETE). Lors de la FIVETE :
- Des gamètes mâles et femelles sont prélevés sur les deux parents, puis on les fait se rencontrer in vitro (FIV). La fécondation n'a donc pas lieu dans l'organisme maternel mais en laboratoire.
- L'embryon obtenu est ensuite implanté dans l'utérus de la femme (transfert d'embryon).
Une femme peut également avoir recours à une insémination artificielle par le biais d'un don de gamètes (du partenaire ou d'un donneur extérieur). Cela consiste à déposer médicalement du sperme dans l'utérus. L'insémination artificielle est préconisée notamment lorsque l'homme possède un sperme de qualité médiocre.
L'intersectionnalité et le système de genre moderne/colonial
La question de l'insémination vaginale, bien que relevant de la sphère intime et personnelle, peut être élargie à une réflexion plus large sur les systèmes de genre modernes et coloniaux. Il est essentiel de comprendre comment les catégories de race, de classe, de genre et de sexualité s'entrecroisent pour façonner les expériences individuelles et collectives.
L'intersectionnalité, un concept développé par les féministes de couleur, met en lumière les formes de domination et d'exploitation violentes qui émergent lorsque l'on centre la perspective épistémologique sur l'intersection de ces catégories. Aníbal Quijano, quant à lui, a introduit le concept de « colonialité du pouvoir », qui permet de comprendre comment la race et le genre sont structurés dans le cadre du pouvoir capitaliste global, Eurocentré.
En regroupant ces deux cadres d'analyse, il est possible d'arriver à ce que l'on peut appeler « le système de genre moderne/colonial ». Cette interprétation du genre, bien que souvent implicite, est essentielle pour dévoiler la portée et les conséquences de la complicité avec ce système. Il s'agit de rendre visible le caractère instrumental du système de genre moderne/colonial dans notre assujettissement, tant pour les femmes que pour les hommes de couleur, dans tous les domaines de l'existence.
Critique du modèle de Quijano
Bien que le modèle du pouvoir capitaliste global Eurocentré de Quijano offre une compréhension complexe de l'organisation du travail et de la production de connaissances, il présente certaines limites. Sa conception de l'intersection de la race et du genre peut être considérée comme trop étroite, car elle présuppose des interprétations patriarcales et hétérosexuelles des conflits autour du contrôle du sexe, de ses ressources et de ses produits.
Quijano semble accepter une conception hégémonique du genre, caractérisée par le dimorphisme biologique, la dichotomie homme/femme, l'hétérosexualisme et le patriarcat. Cette vision masque les manières dont les femmes colonisées non-« blanches » ont été assujetties et privées de leur pouvoir. Il est donc essentiel de dévoiler les présupposés de son cadre conceptuel et de reconnaître que les relations sociales ne sont pas nécessairement organisées en termes de genre, ni nécessairement hétérosexuelles ou patriarcales.
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