Une infection urinaire (IU) est une infection où un germe contamine l’urine, normalement stérile. La bactérie colonise ce nouvel environnement et prolifère. Les femmes enceintes sont plus susceptibles de développer des infections urinaires en raison des changements hormonaux et physiques qui se produisent pendant la grossesse. Il est donc crucial de connaître les signes, les risques et les mesures préventives pour assurer la santé de la mère et du bébé.
Pourquoi les infections urinaires sont-elles plus fréquentes pendant la grossesse ?
La grossesse entraîne de nombreux chamboulements hormonaux et physiques. La progestérone, l’hormone de la grossesse, agit entre autres sur la vessie. Dès le premier trimestre, les variations hormonales ont un impact sur le fonctionnement de la vessie et des voies urinaires. Elles se dilatent et sont moins toniques, travaillant au ralenti. Le débit urinaire a tendance à diminuer, et les urines peuvent stagner dans la vessie, ce qui affaiblit les défenses naturelles de la vessie contre les microbes et les bactéries.
L’utérus de la femme enceinte grossit également tout au long de la grossesse. À partir du deuxième trimestre, il prend plus de place et a tendance à comprimer la vessie et les uretères (les tubes qui relient les reins à la vessie). La femme enceinte a souvent l’impression d’avoir envie d’uriner, alors que sa vessie n’est pas pleine. Plus fréquentes, les mictions ne sont pas complètes. Des urines stagnent dans la vessie, ce qui favorise la multiplication des bactéries et l’apparition d’infections urinaires. En fin de grossesse, l’urine contient aussi plus de sucre et de protéines, ce qui diminue son acidité dans la vessie et crée un environnement parfait pour le développement des bactéries.
De plus, durant la grossesse, le système immunitaire est affaibli, rendant les femmes plus vulnérables aux infections.
Environ 10 % des femmes développent une infection urinaire pendant leur grossesse. Cette prévalence élevée s'explique par les changements physiologiques liés à la grossesse, notamment la pression exercée par le bébé sur la vessie, qui peut favoriser la stagnation de l'urine et la prolifération des bactéries.
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Types d'infections urinaires pendant la grossesse
On distingue principalement deux types d'infections urinaires :
- La cystite : C'est l’infection urinaire dite “classique”, c’est l’infection de la vessie. Les infections urinaires sont le plus souvent des infections de la vessie, également appelées cystites. Elles sont dues à des bactéries et touchent plus souvent les femmes que les hommes car leur urètre, le canal qui relie la vessie à l’extérieur, est plus court. L’entrée de bactéries dans la vessie s’en trouve facilitée. Dans 90% des cas, la cystite est due à la bactérie Escherichia coli (E. coli).
- La pyélonéphrite : C'est une infection des reins. Si l’infection urinaire n’est pas traitée, cela peut donner une pyélonéphrite aiguë, une infection des reins pour la maman.
Signes et symptômes d'une infection urinaire pendant la grossesse
Il y a plusieurs symptômes à l’infection urinaire. Comme chaque femme est différente, certaines auront quelques symptômes tandis que d’autres les auront tous. Il est fréquent que des femmes ne présentent aucun symptôme. Dans certains cas, il est possible que vous ne ressentiez aucun symptôme alors même que vous avez une infection urinaire. C’est pour cela que des tests d’urine sont mis en place de façon régulière durant la grossesse.
Les symptômes courants incluent :
- Un besoin pressant et fréquent d’uriner.
- Des difficultés à uriner et l’impression de ne pas vider entièrement sa vessie.
- L’élimination de quelques gouttes d’urine seulement.
- Des douleurs ou des brûlures à la miction (au moment d’uriner). Uriner s’accompagne de sensations de brûlure.
- Des urines malodorantes et troubles (avec parfois des traces de sang). L’urine peut être trouble et sentir mauvais.
- Une sensation de pesanteur ou de poids dans le bas du ventre, des douleurs dans le bas du dos ou le bas du ventre.
- De la fièvre, des frissons et des nausées (signes d’une infection plus sévère, comme une pyélonéphrite). A noter : la présence de fièvre indique une infection urinaire plus sévère.
Les symptômes de l’infection urinaire surviennent généralement de manière soudaine. S’ils restent localisés dans le bas-ventre, il s’agit d’une cystite. Mais si la douleur remonte dans le dos (au niveau des reins), il peut s’agir d’une pyélonéphrite (une infection des reins).
Il est normal de se rendre plus souvent aux toilettes quand on est enceinte, et une IVU peut donc être plus difficile à détecter. Une IVU s’accompagne-t-elle toujours de symptômes ? Non. Une IVU peut être présente et nécessiter un traitement, même si vous ne voyez ni ne ressentez aucun symptôme.
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Diagnostic d'une infection urinaire pendant la grossesse
Quand il y a une infection urinaire, il est impératif de la traiter. Pour cela, il est donc important de consulter la personne qui suit votre grossesse au moindre doute. Un diagnostic doit être posé par le personnel médical et vous ne devez pas faire d’automédication. Cela peut être dangereux pour bébé. En cas d’apparition des symptômes ou si vous avez le moindre doute d’avoir une infection urinaire au cours de votre grossesse, prévenez immédiatement le professionnel chargé de votre suivi. Téléconsultez dès aujourd’hui un gynécologue.
Un test d’urine est la méthode standard pour détecter une IVU. Après avoir interrogé sa patiente sur ses symptômes (description, fréquence, circonstances d’apparition…), le médecin réalise une analyse d’urines à l’aide d’une bandelette urinaire réactive. Cet examen rapide permet de mettre en évidence la présence de leucocytes (globules blancs) et de nitrites dans les urines. Dans certains cas, le médecin peut prescrire une analyse d’urines plus complète pour identifier la bactérie (ou l’autre micro-organisme) responsable de l’infection. L’ECBU (Examen cytobactériologique urinaire) est réalisé en laboratoire.
Grâce aux tests d’urine réguliers, les cystites sont généralement soignées à temps. Mais dans de rares cas, l’infection bactérienne se propage. La contamination remonte jusque dans les reins et se transforme en pyélonéphrite.
Risques liés aux infections urinaires non traitées pendant la grossesse
Si l’infection urinaire n’est pas traitée, cela peut donner une pyélonéphrite aiguë, une infection des reins pour la maman. Cette infection peut se généraliser. Par ailleurs, l’infection urinaire (même une cystite) peut provoquer des contractions. Cela peut entraîner un accouchement prématuré.
Une infection urinaire pendant la grossesse peut engendrer certaines complications, plus ou moins graves. Si elle n’est pas traitée, l’infection de la vessie (cystite) peut remonter le long de l’uretère (de la vessie jusqu’au rein) et être à l’origine d’une atteinte infectieuse rénale plus grave (pyélonéphrite). Une infection urinaire peut aussi être responsable d’un travail et d'un accouchement prématuré, ou engendrer un retard de croissance chez le fœtus (avec des bébés de petit poids à la naissance). Il arrive parfois que le bébé soit infecté : en cas d’infection urinaire chez la mère, des analyses sont systématiquement effectuées à la naissance, et un traitement adapté mis en place.
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Décelée à temps et traitée efficacement, une IVU ne devrait pas mettre en danger votre bébé. Si elle n’est pas traitée, néanmoins, une IVU peut empirer et gagner les voies urinaires supérieures. Si cela se produit, cela risquerait de nuire à votre santé ou celle de votre bébé, car une IVU entraîne un risque accru d’hypertension artérielle, de naissance prématurée et de poids plus faible du bébé à la naissance. Une IVU pendant la grossesse peut déclencher votre accouchement prématurément. Une IVU fait également courir le risque d’hypertension, et de perdre les eaux trop tôt.
En cas de pyélonéphrite, une hospitalisation de quelques jours est nécessaire. Contracter une IVU (infection des voies urinaires) pendant la grossesse n’est pas agréable, mais heureusement, il est possible de la traiter. En raison d’un risque plus élevé de complications, le traitement d’une IVU pendant la grossesse est différent de celui utilisé pour la population en général, et il est vital de la déceler tôt.
Traitement des infections urinaires pendant la grossesse
Dès les premiers signes de cystite, il est recommandé à la femme enceinte de boire beaucoup d’eau. Cela permet d’uriner et de vider sa vessie régulièrement, pour éliminer progressivement les bactéries responsables de son inflammation (et pour éviter qu’elles ne remontent dans les reins).
Après avoir confirmé le diagnostic d’infection urinaire, le médecin prescrit généralement un traitement antibiotique adapté à la grossesse, comme la céfalexine ou la fosfomycine. D'autres antibiotiques peuvent être utilisés, mais leur choix dépend du stade de la grossesse, de l’antibiogramme et des éventuelles contre-indications. Certains, comme la nitrofurantoïne ou l’association triméthoprime/sulfaméthoxazole, ne sont pas recommandés à certains trimestres. Pour être efficaces, les médicaments doivent être pris pendant toute la durée prescrite, à la bonne fréquence. Il est important de noter que la prise de médicaments pendant la grossesse doit être effectuée sous la supervision d’un professionnel de santé.
À l’issue du traitement, une nouvelle analyse d’urines est effectuée : elle permet de s’assurer que toutes les bactéries ont été détruites par l’antibiotique.
Prévention des infections urinaires pendant la grossesse
Pour prévenir une infection urinaire, il est important de boire suffisamment. Il est recommandé de s’hydrater tout au long de la journée et de boire un litre et demi d’eau par jour. Allez aux toilettes quand vous en avez envie !
Plusieurs mesures d’hygiène simples permettent de prévenir l’apparition de ces infections chez la femme, enceinte ou non :
- Boire beaucoup d’eau, tout au long de la journée (au moins 2 litres par jour pendant la grossesse). Pour réduire le risque de développer une infection, il est recommandé aux femmes enceintes de consommer au moins 2 litres d’eau par jour.
- Limiter la consommation de café et d’épices.
- Consommer des aliments riches en fibres pour éviter la constipation.
- Ne pas se retenir d’uriner : la vessie doit être vidée régulièrement (et complètement), pour éviter la prolifération des bactéries et autres agents pathogènes. Ne pas retenir l'envie d'uriner : il est crucial d'aller aux toilettes dès que le besoin se fait sentir.
- Porter des vêtements amples en coton : optez pour des sous-vêtements en coton et des vêtements amples pour favoriser la circulation de l'air autour des zones intimes.
- Si l’infection urinaire survient juste après les rapports, c’est un phénomène assez fréquent car des germes peuvent se déposer sur l’urètre et remonter jusqu’à la vessie. Cela amène donc un cercle vicieux chez certaines femmes.
- Allez aux toilettes quand vous en avez envie ! Boire leur donne envie d’aller aux toilettes et cela peut être douloureux.
Dans de nombreux pays, si vous avez déjà contracté une IVU ou toute autre maladie augmentant le risque d’IVU, un dépistage des bactéries dans les voies urinaires fait partie des procédures habituelles proposées aux femmes enceintes.
Troubles pouvant être confondus avec une IVU
- La bactériurie asymptomatique : La bactériurie asymptomatique se réfère à la présence de bactéries dans les voies urinaires avec pour unique symptôme une urine trouble ou malodorante. Il s’agit d’un trouble sans gravité qui ne doit pas être traité par des antibiotiques. Néanmoins, cela n’est pas vrai pendant la grossesse. Les femmes enceintes ayant une bactériurie asymptomatique courent un plus grand risque de développer une infection urinaire, qui elle, a des symptômes, et présente des risques pour la santé du fœtus. Les antibiotiques réduisent considérablement ce risque, et peuvent donc être recommandés par votre médecin si une bactériurie asymptomatique est détectée.
- La déshydratation : La déshydratation peut également entraîner une urine foncée, trouble et malodorante.
- La cystite interstitielle : La cystite interstitielle est une inflammation chronique de la vessie relativement rare. D’origine inconnue, elle ne doit pas être confondue avec la cystite bactérienne. Cette maladie touche surtout les femmes jeunes (de 30 à 40 ans). Elle se traduit par des douleurs intenses du bas-ventre et le besoin fréquent d’uriner, de jour comme de nuit.
Infection urinaire et rapports sexuels
Si l'infection urinaire survient juste après les rapports, c'est un phénomène assez fréquent car des germes peuvent se déposer sur l'urètre et remonter jusqu'à la vessie. Cela amène donc un cercle vicieux chez certaines femmes.
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