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Imane Khelif : Biographie d'une championne entre gloire sportive et controverses

Imane Khelif, figure montante de la boxe algérienne, a captivé l'attention du monde sportif, oscillant entre des performances exceptionnelles sur le ring et des polémiques virulentes sur sa féminité. Son parcours, marqué par la détermination et le talent, est aussi jalonné de défis et d'injustices.

Un talent précoce révélé sur les rings

Originaire d'un petit village de Biban Mesbah, rattaché à la commune d'Aïn Bouchekif dans la wilaya de Tiaret, Imane Khelif a découvert la boxe presque par hasard. Repérée pour son jeu de foot rugueux sur les terrains de son village, un camarade lui suggère de s'essayer à la boxe. Elle s'entraîne alors quotidiennement, multipliant les déplacements à Alger pour rejoindre rapidement l'équipe nationale locale, abandonnant ainsi l'école.

Son père, berger et soudeur, l'a vue combattre pour la première fois à Oran, en 2022, réalisant alors l'importance du talent de sa fille.

Ascension fulgurante vers les sommets olympiques

L'année 2024 marque un tournant dans sa carrière. Lors des Jeux olympiques de Paris, Imane Khelif, dans la catégorie des 66 kg, réalise un parcours impressionnant. Elle domine la Thaïlandaise Janjaem Suwannapheng en demi-finale, assurant ainsi à l'Algérie une médaille d'argent au minimum. Sa victoire est saluée comme un succès historique pour la boxe féminine algérienne.

« Je suis tellement fière de ce succès devant un public merveilleux, qui m’a soutenu tout au long de cette demi-finale. Je donne rendez-vous à tous les Algériens en finale vendredi », a-t-elle déclaré à l'APS.

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Bien en place sur le ring, avec un jeu de jambes fluide, Khelif enchaîne les coups gagnants en s’appuyant sur son allonge supérieure pour s’adjuger les trois rounds du combat.

« Je pense que j’ai réussi à gérer le combat comme je le souhaitais, face à une adversaire que je connais bien. J’ai remporté les trois rounds et j’ai franchi une nouvelle étape dans ma quête de médaille d’or olympique », a-t-elle estimé après sa nette victoire en demi-finale.

Sa performance lui ouvre les portes de la finale, où elle doit affronter la Chinoise Yang Liu.

« Je suis sûre que ce combat pour le titre olympique sera d’un niveau très relevé. Nous allons préparer cette finale avec mon équipe, pour atteindre l’objectif que nous avons tracé depuis trois ans », a assuré la vice-championne du monde 2022.

Une préparation minutieuse en France

Déterminée à décrocher une médaille aux Jeux olympiques de Paris, Imane Khelif s'entraîne régulièrement depuis avril 2023 au Nice Azur Club, avec lequel elle est sous contrat. Elle et son entourage algérien ont choisi de professionnaliser son parcours, en s'appuyant sur des infrastructures et des experts basés en France plutôt que dans son pays d'origine.

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Nasser Yefsah, d'origine algérienne, directeur sportif du club de Nice, croise Mohamed Chaoua, l'entraîneur historique d'Imane Khelif, lors des Jeux méditerranéens à Oran en juin 2022. Yefsah imagine alors une trajectoire pour la pousser plus loin, avec l'or à Paris 2024 en ligne de mire, et rédige un document à l'intention de la présidence algérienne. Ce courrier atterrit sur le bureau du ministère des Sports, qui accepte l'offre de service et finance ce projet olympique. Une petite équipe se forme autour de la championne dès décembre 2022.

Nasser Yefsah compose une équipe de choc : un nutritionniste, un préparateur physique, un entraîneur étranger… sont sollicités pour l'encadrer. « En Algérie, une seule personne faisait tout. Il s'agissait d'être plus pointilleux », justifie Yefsah.

À Paris, elle passe une batterie de tests physiques et physiologiques sous la houlette du Français Georges Cazorla, un expert reconnu en la matière. « On a commencé à construire avec son manageur un programme rigoureux visant à la faire progresser de manière optimale », décrit l'ancien professeur de biologie. Tout y passe : travail sur la vitesse, gestion des temps de repos, etc.

Pour lui permettre de s'entraîner, et surtout de combattre sur notre sol, elle se licencie en septembre 2023 auprès du club Poing d'1 PACTE 65 à Tarbes, où l'attend l'ancien DTN de l'équipe d'Algérie de boxe, Karim Aiouaz. « Elle a suivi un stage d'évaluation de performance sportive, et a pu croiser les gants avec une boxeuse internationale de sa catégorie. La boxe d'Imane est basée sur la vitesse, la précision, le sens de la distance… », nous rapporte-t-il.

Elle voyage beaucoup, entre ses visites à sa famille en Algérie et des stages aux États-Unis, à Las Vegas et en Floride, où elle rencontre l'Américano-Cubain Pedro Diaz, qui l'a coachée pendant le tournoi olympique.

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La polémique et le harcèlement sur la féminité d'Imane Khelif

Malgré ses succès sportifs, Imane Khelif est confrontée à une violente campagne de haine sur les réseaux sociaux, mettant en doute sa féminité et la validité de ses performances. Cette polémique prend de l'ampleur lors des championnats du monde de boxe de New Delhi de 2023, où des rumeurs insinuent qu'Imane Khelif ne serait pas tout à fait une femme.

L'affaire rebondit lors des JO de Paris, lorsqu'Angela Carini, son adversaire italienne, évoque une victoire « injuste » après son abandon. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, s’élève sur X contre un « combat qui n’était pas sur un pied d’égalité », indignée que des athlètes présentant des « caractéristiques masculines » soient autorisées à participer aux compétitions féminines.

Des personnalités publiques, telles qu'Elon Musk et J. K. Rowling, alimentent la polémique, dénonçant un combat truqué par la « transgenre » Imane Khelif. J.K. Rowling voit même dans le visage de la boxeuse « le sourire narquois d’un homme » qui « vient de frapper à la tête » une femme.

L’affaire Imane Khelif s’invite jusque dans la campagne présidentielle américaine quand le candidat Donald Trump écrit, en lettres majuscules indignées, sur son réseau Truth Social : « Je garderai les hommes hors du sport féminin ! »

Le lundi 5 août, un jour avant qu’Imane Khelif ne dispute la demi-finale olympique des 66 kg face à la Thaïlandaise Suwannapheng, la Fédération internationale de boxe réaffirme ce qu’elle a annoncé en 2023, c’est-à-dire que la boxeuse algérienne Imane Khélif ainsi que la Taïwanaise Lin Yu-ting étaient atteintes d’hyperandrogénie selon le résultat médical des tests sanguins. L’hyperandrogénie signifie une présence élevée d’androgènes (hormones sexuelles masculines) et notamment la testostérone.

Soutien et défense face aux accusations

Face à ces attaques, de nombreuses voix s'élèvent pour défendre Imane Khelif et dénoncer la transphobie et le sexisme dont elle est victime. On rappelle qu'une personne qui est née femme n’est pas un homme quand bien même elle aurait une présence élevée d’androgènes. Imane Khelif n’est donc pas un homme, mais une femme.

Cette histoire met en lumière la difficulté que rencontrent les femmes dans le monde du sport. Une femme musclée et forte, au-delà des limites qu’on pense être celles des femmes, est suspectée d’être un homme.

Un avenir incertain mais plein de promesses

Malgré les controverses, Imane Khelif reste concentrée sur sa carrière sportive. Son manageur évoque plusieurs possibilités pour son avenir : poursuivre en amateur, passer professionnelle, ou se lancer dans le business.

Aujourd'hui, elle ne compte qu'un sponsor, un petit opérateur de télécoms algérien, tandis que son compte Instagram est passé de 80 000 à 1,6 million d'abonnés à l'occasion des Jeux olympiques.

Imane Khelif incarne la complexité du sport féminin, où les performances sont scrutées et les corps sont soumis à des normes strictes. Son parcours est un symbole de résilience et de détermination face à l'adversité.

tags: #imane #khelif #biographie

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