L'interruption volontaire de grossesse (IVG), bien que légale et de plus en plus courante, n'est jamais une décision facile et peut laisser des cicatrices psychologiques profondes. Cet article explore les conséquences psychologiques souvent tues qui peuvent survenir après une IVG, offrant un éclairage sur les souffrances vécues par les femmes et les hommes concernés.
L'IVG : Un Choix Complexe
L'IVG est souvent perçue comme une solution à une situation de grossesse non désirée ou difficile. Cependant, la réalité est rarement aussi simple. Les femmes qui choisissent d'interrompre leur grossesse peuvent se retrouver confrontées à un tourbillon d'émotions contradictoires.
Grossesses Accidentelles : Nécessité Inconsciente ?
Les grossesses menant à une IVG sont-elles toujours totalement involontaires ? Certaines études suggèrent que, derrière l'accident apparent, peut se cacher une nécessité inconsciente. Le désir d'enfant, en effet, n'est pas toujours un projet rationnel, mais peut être profondément ancré dans l'inconscient.
Un Acte "Volontaire" Pas Si Simple
Le terme "volontaire" utilisé pour qualifier l'IVG peut être trompeur. Pour beaucoup de femmes, il s'agit d'un choix contraint par des circonstances difficiles, une situation impossible. L'IVG peut alors être vécue comme une déchirure, un compromis douloureux.
Les Conséquences Psychologiques : Une Blessure Invisible
La souffrance suite à un avortement est souvent une blessure intime, vécue en silence. Les femmes peuvent mettre des années à en parler, cherchant à comprendre leur histoire, leurs joies, leurs peines et leurs déceptions.
Lire aussi: Blessures du bébé lors d'une césarienne
Le Syndrome de Stress Post-Avortement (SSPT)
Certains psychologues ont rassemblé un ensemble de signes sous la dénomination de syndrome de stress post-avortement (SSPT). Ce syndrome peut se manifester par :
- Un sentiment de colère: qui recouvre les autres émotions et donne l'impression de pouvoir maîtriser la situation.
- Un état dépressif: pouvant aller jusqu'à des pensées suicidaires, particulièrement chez les adolescentes.
- Des troubles de l'anxiété: insomnie, hypervigilance, insécurité, etc.
- Une perte de l'estime de soi: pouvant aller jusqu'à la haine de soi.
- Des dépendances: comme tentative d'oublier la souffrance.
- Des fausses couches ultérieures: pouvant être interprétées comme une punition.
- Des reviviscences: de la souffrance de l'avortement sous forme de cauchemars, flash-back, ruminations, idées obsédantes, etc.
Culpabilité et Pardon de Soi
Toutes les femmes ayant subi un avortement éprouvent une culpabilité inconsciente, même celles qui affichent des justifications rationnelles ou idéologiques. Plus cette culpabilité est combattue et refoulée, plus elle risque de devenir toxique. Se pardonner est une démarche complexe et longue, mais nécessaire pour s'apaiser.
Impact sur l'Identité Féminine
Se trouver dans l'incapacité de porter la vie jusqu'à la naissance peut être ressenti comme une faillite de son identité de femme. Remettre en cause son identité peut entraîner une perte de sens, de repères et un égarement intense.
Le Rôle du Père : Une Souffrance Souvent Ignorée
La souffrance après une IVG n'est pas l'apanage des femmes. Les hommes peuvent également être profondément affectés, même si leur douleur est souvent ignorée ou minimisée.
Culpabilité, Colère et Impuissance
Le père peut ressentir de la culpabilité, de la colère, de l'indifférence, un désengagement, voire une dépression. Il peut se sentir impuissant face à la souffrance de sa partenaire.
Lire aussi: Comprendre le retour de couches
Impact sur le Couple
L'IVG peut entraîner une instabilité du couple, surtout si les partenaires vivent différemment l'événement. Il est important de reconnaître la dimension émotionnelle de chacun pour réduire le décalage et renforcer le couple.
Les Enfants Nés Après une IVG : Un Héritage Invisible
Les enfants nés après un avortement peuvent avoir l'intuition du drame qui a précédé leur venue au monde. Ils peuvent se sentir chargés d'accomplir et de vivre les attentes que leurs parents nourrissaient pour l'enfant disparu.
Le Deuil Périnatal : Reconnaître la Perte
Que ce soit après une IVG ou une fausse couche, il est essentiel de reconnaître la perte et d'entamer un processus de deuil. Ce deuil peut prendre différentes formes et nécessiter un accompagnement psychologique adapté.
Rituels de Deuil
Créer un rituel peut aider à symboliser la perte et à exprimer sa douleur. Écrire une lettre à l'enfant qui ne verra pas la matière, planter une fleur ou un arbre en sa mémoire, sont autant de façons de personnaliser son deuil.
L'Accompagnement Psychologique : Une Nécessité
Malgré les progrès réalisés en matière de droit à l'avortement, l'accompagnement psychologique resteinsuffisant. Il est crucial que les femmes et les couples concernés aient accès à un soutien adapté pour surmonter les conséquences psychologiques d'une IVG.
Lire aussi: Vaincre la fatigue après l'accouchement
Parler, Exprimer, Partager
Le temps de parole, la mise en lumière des vérités, sont nécessaires pour ouvrir un chemin d'apaisement. Il est important de pouvoir se confier sans filtre à des professionnels ou à des personnes ayant vécu des expériences similaires.
Se Faire Aider
De nombreuses associations et professionnels proposent un accompagnement psychologique spécifique aux personnes ayant vécu une IVG. N'hésitez pas à chercher de l'aide si vous en ressentez le besoin.
Les Différentes Méthodes d'IVG : Comparatif
Il existe deux méthodes principales d'IVG : médicamenteuse et instrumentale.
IVG Médicamenteuse
- Jusqu'à quand ? 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée).
- Avec quel professionnel ? Médecin ou sage-femme.
- Où ? En cabinet, en centre de santé sexuelle, en centre de santé, en établissement de santé.
- Comment ? Prise de deux médicaments à 24-48h d'intervalle.
- Douleur ? Pas d'anesthésie, mais prescription d'antalgiques systématique.
- Durée totale ? Variable (évacuation de la grossesse dans les 4h dans environ 60% des cas, dans les 24 à 72h dans 40% des cas).
- Consultation de suivi ? 14 à 21 jours après l'IVG.
- Taux de succès ? 95%.
- Effets indésirables ? Douleurs plus intenses que des douleurs de règles, troubles gastro-intestinaux, saignements plus abondants que des règles habituelles.
- Téléconsultation ? Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation.
IVG Instrumentale
- Jusqu'à quand ? 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée).
- Avec quel professionnel ? Médecin, ou sage-femme sous certaines conditions.
- Où ? En établissement de santé, dans certains centres de santé.
- Comment ? Introduction d'une canule souple pour aspirer le contenu de l'utérus.
- Douleur ? Anesthésie locale ou générale.
- Durée totale ? Intervention rapide (15-20 minutes), surveillance de quelques heures après l'intervention.
- Consultation de suivi ? 14 à 21 jours après l'IVG.
- Taux de succès ? 99,7%.
- Effets indésirables ? Douleurs de règles, saignements plus abondants que des règles habituelles.
- Téléconsultation ? Les étapes préalables à l'IVG et la consultation de suivi sont réalisables en téléconsultation.
tags: #il #me #blesse #après #un #ivg