L'allaitement est une période spéciale pour une mère et son enfant. Cependant, des questions se posent souvent quant à la sécurité de certains médicaments pendant cette période. L'ibuprofène, un médicament antidouleur couramment prescrit, suscite des interrogations. Cet article vise à informer les mères allaitantes sur l'utilisation de l'ibuprofène, en particulier dans le contexte de l'engorgement mammaire, tout en tenant compte des conseils de professionnels de la santé.
Qu'est-ce que l'ibuprofène ?
L'ibuprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) utilisé depuis les années 1960 pour soulager la douleur. Il est fréquemment prescrit aux femmes qui allaitent en raison de ses propriétés anti-inflammatoires et analgésiques.
Pourquoi prendre de l'ibuprofène pendant l'allaitement ?
Les gynécologues prescrivent couramment l'ibuprofène en post-partum immédiat, notamment en cas de douleurs liées à l'épisiotomie ou à une déchirure périnéale. Le Pr Deruelle explique que l'ibuprofène agit sur l'œdème et l'inflammation. Il peut également être prescrit plus tard, par exemple en cas de mastite, une inflammation du sein causée par un engorgement de lait.
L'ibuprofène est-il sans risque pendant l'allaitement ?
Selon le Pr Deruelle, l'ibuprofène passe très peu dans le lait maternel, environ 1 % de la dose prise par la mère. Par conséquent, il y a très peu de risques pour l'enfant. Cependant, il est essentiel de respecter la posologie recommandée et de consulter un médecin avant de prendre ce médicament.
Comment prendre l'ibuprofène 400 mg ?
L'ibuprofène est disponible en pharmacie sous différents noms commerciaux tels que Advil, Nurofen et Spifen, souvent sans ordonnance. Cependant, il est préférable de consulter un médecin pour déterminer le dosage approprié et évaluer le besoin réel. La posologie classique est de 400 mg, généralement trois comprimés par jour maximum, espacés de six heures, sans dépasser cinq jours. Les comprimés doivent être avalés avec un grand verre d'eau.
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Ibuprofène et grossesse : une contre-indication formelle
Bien que l'ibuprofène puisse être utilisé pendant l'allaitement, il est strictement interdit pendant la grossesse. Le Pr Philippe Deruelle souligne que l'ibuprofène peut provoquer une fermeture prématurée du canal artériel chez le fœtus, entraînant une insuffisance cardiaque et même la mort in utero.
Engorgement mammaire : causes, symptômes et traitement
L'engorgement mammaire est une complication courante de l'allaitement, souvent liée à un mauvais drainage du sein. Plusieurs facteurs peuvent favoriser l'engorgement, tels que des tétées peu fréquentes ou inefficaces, une alternance insuffisante des seins lors des tétées, de mauvaises positions d'allaitement, une hyperlactation ou un fort réflexe d'éjection du lait.
Symptômes de l'engorgement mammaire
L'engorgement se manifeste par des seins tendus, douloureux, chauds et gonflés. Une légère fièvre (38°C) peut également apparaître. Il est important de ne pas confondre l'engorgement avec la congestion mammaire, qui survient lors de la montée de lait, généralement entre 2 et 6 jours après la naissance.
Prévention de l'engorgement mammaire
La meilleure façon de prévenir l'engorgement est de maintenir des tétées fréquentes et efficaces dès la naissance. Si la production de lait dépasse la consommation de bébé, il est important d'adapter la production de lait en conséquence.
Traitement de l'engorgement mammaire
Plusieurs mesures peuvent être prises pour soulager l'engorgement :
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- Soulager la douleur et l'inflammation : La prise d'ibuprofène peut aider à calmer la douleur et l'inflammation.
- Avant la tétée : Appliquer un cataplasme chaud sur les seins pendant une dizaine de minutes et masser doucement pour assouplir l'aréole. Désengorger légèrement le sein en utilisant la technique du verre d'eau chaude.
- Pendant la tétée : Vider les seins au maximum. Si bébé ne tète qu'un seul sein, exprimer le lait de l'autre à l'aide d'un tire-lait.
- Entre les tétées : Appliquer un gant froid ou une poche de glace sur la poitrine pour diminuer l'œdème.
- Assurer un bon drainage du sein : Mettre bébé au sein plus souvent que d'habitude, sans limiter le nombre et la durée des tétées. Varier les positions d'allaitement et laisser bébé téter jusqu'au bout le sein avant de proposer le deuxième. Démarrer la tétée par le sein différent de la tétée précédente. Procéder à l'expression du lait dès l'apparition d'une sensation de gêne ou de tension dans le sein.
- Autres conseils : Éviter les soutiens-gorge et les vêtements trop serrés. Certaines femmes trouvent un soulagement en appliquant quelque chose de chaud sur le sein douloureux avant d'allaiter, ou de la glace entre les tétées.
Ce qu'il faut éviter
Il est important de ne pas réduire l'hydratation, d'éviter d'envelopper les seins avec un bandage, de ne pas utiliser de coquilles d'allaitement qui peuvent stimuler la production de lait, et de ne pas utiliser de bouts de sein en silicone.
Mastite : une complication de l'engorgement
Si l'engorgement n'est pas traité efficacement, il peut se compliquer en mastite, une inflammation du sein résultant d'un canal lactifère obstrué. Les mastites sont fréquentes durant les six premières semaines d'allaitement et se manifestent par une zone sensible et rouge sur le sein, chaude et gonflée.
Traitement de la mastite
Le traitement de la mastite repose sur la vidange efficace et régulière du sein, et sur un drainage du pus en cas d'abcès. Dans la plupart des cas, il n'y a pas de risque majeur à continuer d'allaiter. Pour améliorer le confort et désengorger le sein, il est conseillé de réchauffer le sein avant d'allaiter pour stimuler l'écoulement de lait, et de le rafraîchir après l'allaitement pour soulager la douleur et l'inflammation. Le paracétamol ou l'ibuprofène peuvent être utilisés pour soulager la douleur, à condition de maîtriser leurs posologies et d'éviter l'ibuprofène en cas de suspicion d'infection.
Antibiotiques et allaitement
Si la mastite ne régresse pas après 24 à 48 heures ou en cas d'abcès du sein, un traitement antibiotique peut être nécessaire. Certains antibiotiques peuvent nécessiter la suspension temporaire de l'allaitement en raison de leurs effets indésirables potentiels pour l'enfant. Cependant, d'autres antibiotiques permettent le maintien de l'allaitement. Il est donc crucial de consulter un médecin pour déterminer le traitement approprié.
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