Le Virus du Papillome Humain (VPH) est une infection sexuellement transmissible très courante. Bien que souvent inoffensif et transitoire, il suscite des interrogations quant à son impact sur la fertilité et les traitements de procréation assistée comme la Fécondation In Vitro (FIV). Cet article vise à explorer les liens entre le VPH et la fertilité, en s'appuyant sur les données scientifiques actuelles et en démystifiant certaines idées reçues.
Qu'est-ce que le Virus du Papillome Humain (VPH) ?
Le Virus du Papillome Humain, ou VPH, est un virus ADN qui affecte la peau et les muqueuses. Il s'agit de l'infection sexuellement transmissible la plus fréquente. Plus de 120 types de VPH sont connus, dont 40 infectent la zone génitale et anale. Le virus pénètre dans les couches basales de l’épithélium à travers des microlésions qui se produisent lors de relations sexuelles.
Prévalence du VPH
Le VPH est extrêmement répandu. On estime que 75% des femmes et 85% des hommes seront infectés à un moment de leur vie. Aux États-Unis, le VPH est l’infection sexuellement transmissible la plus courante, touchant jusqu’à 75 % des femmes et des hommes en âge de procréer. Une étude a révélé que le VPH pouvait être présent dans le sperme des hommes dans la population générale (11%) et que ce pourcentage, dans les cas de ceux qui se rendaient dans des cliniques de fertilité, atteignait 20%.
Évolution Naturelle de l'Infection
Dans la majorité des cas (90%), le VPH disparaît de lui-même grâce au système immunitaire. Habituellement, le papillome humain est inoffensif et disparaît tout seul. Près de 90% de ces infections sont transitoires et résolus par le système immunitaire. Toutefois, des facteurs peuvent favoriser la persistance de l’infection, conduisant à des lésions pré-malignes ou malignes, notamment le cancer du col de l’utérus.
Impact du VPH sur la Fertilité Masculine
Chez l’homme, le VPH peut avoir un effet négatif sur la qualité du sperme et la fertilité. Il a été démontré que le spermatozoïde déjà infecté peut transférer le virus à l’ovocyte pendant la fécondation et occasionner des dommages à celui-ci ainsi qu’aux cellules du futur embryon. Une étude suggère que les hommes dont la qualité du sperme est anormale sont plus susceptibles d’avoir une infection par le VPH. Une autre étude constate que la détection du VPH dans le sperme est associée à une incidence plus élevée de fausses couches.
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L’une des altérations les plus importantes est le dommage de l’ADN du spermatozoïde (fragmentation d’ADN). En cas de stérilité d’origine inconnue, il a été observé que le VPH se trouve dans 10% à 35% des échantillons séminaux.
Il faut également prendre en compte que l’infection séminale par VPH peut être temporaire. Le virus se reproduit en cellules en constante division, comme lors de la formation de spermatozoïdes (spermatogenèse). Ce cycle prend environ 2 mois. Diverses techniques de sélection spermatique sont menées à bien de façon routinière au sein du laboratoire de procréation assistée : centrifugation, gradients de densité et swim-up.
Impact du VPH sur la Fertilité Féminine
Bien que le VPH n’est souvent pas mentionné comme une cause primaire ou courante d’infertilité, de nombreuses infections sexuellement transmissibles peuvent rendre la grossesse plus difficile, et cela peut inclure le VPH. Les modifications précancéreuses du col de l’utérus peuvent être légères ou graves. Malheureusement, certaines de ces procédures peuvent rendre plus difficile le fait de tomber enceinte ou de porter un bébé à terme.
L’ablation de cellules cervicales peut parfois affecter la production de mucus cervical. Un mucus sain et normal aide les spermatozoïdes à remonter dans l’appareil reproducteur. En fonction de la quantité de tissu retirée, le traitement peut également affaiblir le col de l’utérus, entraînant un état connu sous le nom d’insuffisance cervicale. Si vous essayez de concevoir, le fait de minimiser la quantité de tissu enlevé réduira tout effet sur une future grossesse, mais il est vital pour votre médecin d’enlever toutes les cellules anormales.
VPH et Techniques d'Aide Médicale à la Procréation (AMP)
L’impact que pourrait avoir l’infection sur les résultats de traitements de procréation assistée n’est pas clair. Certains auteurs ont effectivement trouvé un risque plus élevé d’échec du traitement, mais d’autres non. Des études menées sur des animaux révèlent que la présence du virus pourrait diminuer la survie des embryons et donc réduire la probabilité de grossesse et augmenter le risque de fausse-couche.
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Une étude menée au CHU de Saint-Étienne sur une large population de couples infertiles a révélé une prévalence élevée de HPV (17.28 % chez les femmes et à 19.36 % chez les hommes). Cependant, l’analyse des paramètres spermatiques, des taux de grossesse, d’accouchement et des complications obstétricales n’ont pas montré de différence statistiquement significative pour ces paramètres entre les couples dont l’un des membres ou les 2 sont infectés par HPV. L’étude a mis également en évidence un taux de contamination des prélèvements biologiques destinés aux techniques de biologie de la reproduction (8 % des PF, 22.8 % des LF et 17 % des puis de FIV positifs à HPV).
Les données de la littérature sur l’effet de l’infection par HPV sur la fertilité des couples ainsi que sur la réussite des actes d’Assistance médicale à la procréation (AMP) sont contradictoires. Plusieurs études semblent montrer un impact négatif du HPV sur les résultats des tentatives d'AMP, que ce soit pour l'IIU ou la FIV, bien que des divergences subsistent entre les conclusions. L'hétérogénéité des résultats observée dans la littérature peut être attribuée à des méthodologies et des populations étudiées différentes. Des études supplémentaires seraient donc nécessaires pour affirmer ou non l'impact réel du HPV sur la fertilité.
Dépistage et Traitement du VPH
Pour le moment, aucun dépistage routinier du VPH pour les hommes n’a été approuvé. Tout comme chez les femmes, des verrues génitales peuvent être diagnostiquées et traitées, si toutefois elles sont visibles. En cas de stérilité, des tests de fragmentation d’ADN peuvent être effectués, en prenant en compte toutefois que le dommage sur l’ADN n’est pas une conséquence exclusive d’une infection virique par VPH. D’ailleurs, selon le type de VPH et le lieu d’infection, les effets peuvent être les uns ou les autres.
Malheureusement, il n’existe pas de remède contre le VPH, mais il existe un vaccin contre le VPH qui protège les femmes (et les hommes) contre les souches les plus susceptibles de provoquer un cancer. Trois doses du vaccin sont recommandées pour les filles et les garçons à l’âge de 11 ou 12 ans. Si vous avez contracté le VPH, votre prestataire de soins peut vous prescrire des médicaments pour traiter les verrues.
Prévention du VPH
L’idéal est la prévention de la contagion à la fois pour prévenir les éventuels effets négatifs sur la fertilité et pour surtout éviter le cancer. Le vaccin contre le VPH est un outil essentiel de prévention.
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Idées Reçues sur le VPH et l'Infertilité
On pensait autrefois que le vaccin contre le VPH causait l’infertilité. Cette idée a été largement démentie. Certains pensent que le résultat positif au HPV pourrait être un facteur de risque pour l’infertilité, mais pas une cause indépendante.
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