Le transfert d'embryons est l'étape finale d'un traitement de fécondation in vitro (FIV). Cette étape cruciale consiste à déposer un ou plusieurs embryons dans l'utérus de la femme, dans l'espoir qu'ils s'implantent et mènent à une grossesse. Le moment et la méthode de ce transfert sont des sujets de discussion et de recherche constants dans le domaine de la procréation assistée.
Qu'est-ce que l'éclosion embryonnaire assistée ?
L'éclosion assistée est une technique complémentaire à la fécondation in vitro (FIV) qui consiste à réduire l'épaisseur ou à ouvrir un petit orifice dans la zone pellucide, la membrane protectrice qui entoure l'embryon. L'objectif est de faciliter la sortie de l'embryon de cette enveloppe et de favoriser son implantation dans l'utérus. Cette technique est envisagée car, au terme du cinquième jour environ, l’embryon se libère de la zone pellucide (coque protectrice) qui l’enveloppe. L’embryon fait éclater cette enveloppe par une suite de contractions d’expansion (expansion contractions). Il est aidé par des enzymes qui dégradent la zone pellucide au pôle anti-embryonnaire (le pôle qui se trouve à l’opposé de l’embryon). Ces contractions d’expansion rythmiques permettent à l’embryon de s’extraire de l’enveloppe rigide.
Le Hatching est-il systématiquement proposé ?
Bien que le hatching puisse être bénéfique dans certains cas, il ne s'agit pas d'une procédure systématiquement recommandée. Peu d’informations sont disponibles quant à l’impact de cette technique sur l’amélioration des taux de naissance, et on ne peut la recommander régulièrement. (Pierre Miron M.D., Ph. D. Mathieu Provençal Ph. D. avec la collaboration de Denis Gingras Ph. D.
Quand l'éclosion assistée est-elle envisagée ?
L'éclosion assistée est particulièrement envisagée dans les situations suivantes :
- Transferts d'embryons congelés (TEV) : La cryoconservation peut parfois durcir la zone pellucide, rendant l'éclosion naturelle plus difficile.
- Femmes d'âge avancé : Avec l'âge, la zone pellucide peut devenir plus épaisse et moins perméable. On pense de chez certaines femmes plus âgées cette membrane se durcit et diminue la probabilité d’implantation de l’embryon.
- Échecs d'implantation répétés : Si les transferts d'embryons antérieurs ont échoué malgré des embryons de bonne qualité, l'éclosion assistée peut être proposée.
- Embryons à pronostic médiocre : Embryons présentant une fragmentation excessive, une irrégularité des blastomères ou une zone pellucide épaisse.
Comment se déroule l'éclosion assistée ?
À J3, l’embryon est maintenu en place en utilisant une pipette de précision et l’ouverture est créée dans la zone pellucide soit avec un rayon laser infrarouge soit avec une solution acide, l’embryon est ensuite nettoyé, cultivé et remis en culture dans l’incubateur jusqu’au moment du transfert. Il existe plusieurs méthodes pour réaliser l'éclosion assistée :
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- Méthode mécanique : Une micro-aiguille est utilisée pour percer délicatement la zone pellucide.
- Méthode chimique : Une solution acide est appliquée pour dissoudre une partie de la zone pellucide.
- Méthode laser : Un rayon laser précis est utilisé pour créer une ouverture dans la zone pellucide.
Hatching sur embryons congelés ou frais ?
La croyance populaire veut que le hatching ne se fasse que sur les embryons congelés, et pas sur ceux à blasto (à vérifier). Cependant, il est important de noter que le HatchingÇa se fait aussi sur des embryons frais.
Hatching et blastocystes
Il est crucial de noter que l'éclosion assistée est généralement réalisée sur des embryons à J3 (jour 3 de développement) plutôt qu'au stade de blastocyste (J5). Au stade de blastocyste, l'embryon est déjà plus avancé dans son développement et l'éclosion naturelle est plus susceptible de se produire spontanément.
Témoignages et expériences
Les forums en ligne sont remplis de témoignages de femmes ayant vécu des transferts d'embryons à J3, avec ou sans éclosion assistée. Ces témoignages illustrent la diversité des expériences et des résultats. Certaines femmes ont connu des succès avec des TEC de J3, tandis que d'autres ont obtenu des résultats positifs avec des blastocystes.
- Une femme témoigne avoir eu un TEC de deux J3 positif, mais a subi une fausse couche à 9 semaines de grossesse. Elle a ensuite eu un TEC d'un blastocyste J6 négatif. Elle envisage de retenter sa chance avec ses deux J3 restants, en se basant sur son expérience positive précédente avec des J3.
- Une autre femme exprime sa déception d'avoir eu 19 embryons J3 et de se retrouver avec un seul blastocyste. Le blastocyste transféré s'est avéré négatif.
- Une autre encore a eu deux transferts de deux embryons J3 à chaque fois, mais tous négatifs. Lors de sa FIV 2, elle a voulu pousser les embryons au stade blastocystes, mais a perdu beaucoup d'embryons en cours de route. Elle a finalement eu un transfert de blastocyste frais négatif et espère que ses trois blastocystes congelés restants mèneront à une grossesse.
- Un témoignage positif souligne une grossesse suite à un TEV + hatching (les embryons sont issus d'un don d'ovules chez Ginefiv). Le premier transfert en frais a été négatif, mais le résultat a été positif avec les vitrifiés.
Ces expériences soulignent que le succès d'un transfert d'embryons dépend de nombreux facteurs et qu'il n'y a pas de garantie de succès, quelle que soit la méthode utilisée.
Facteurs influençant le succès
Plusieurs facteurs peuvent influencer le succès d'un transfert d'embryons à J3, avec ou sans éclosion assistée :
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- La qualité de l'embryon : Les embryons de bonne qualité ont plus de chances de s'implanter. Les critères d’évaluation de la qualité embryonnaire à J3 sont le nombre de cellules, le pourcentage de fragments, la régularité des cellules, la précocité du clivage et la cinétique d’évolution de J2 à J3.
- L'état de l'endomètre : Un endomètre réceptif est essentiel pour l'implantation embryonnaire. Pour augmenter le taux de réussite du transfert embryonnaire, il est essentiel que l'endomètre soit préparé, c'est-à-dire qu'il soit réceptif. On augmente ainsi la probabilité que l'implantation embryonnaire se produise et, pour ce faire, la patiente s'administre un traitement pour la préparation endométriale.
- L'âge de la patiente : Les femmes plus jeunes ont généralement de meilleures chances de succès.
- La technique de transfert : Un transfert délicat et précis peut améliorer les chances d'implantation.
- Le hatching embryonnaire assisté : Dans certains cas, cette technique peut faciliter l'éclosion et l'implantation de l'embryon.
- Le mode de vie : Certaines études suggèrent que le repos après le transfert peut être bénéfique, tandis que d'autres indiquent que la reprise d'une activité normale peut être préférable.
Risques potentiels
Bien que généralement considérée comme sûre, l'éclosion assistée comporte certains risques potentiels :
- Endommagement de l'embryon : Il existe un risque, bien que faible, d'endommager l'embryon pendant la procédure. Il est par contre possible d’endommager les embryons avec l’éclosion assistée.
- Grossesses gémellaires monozygotes : Certaines études suggèrent que l'éclosion assistée pourrait augmenter le risque de grossesses gémellaires monozygotes (vrais jumeaux).
- Absence de bénéfice : Il est important de noter que l'éclosion assistée ne garantit pas le succès et peut ne pas être bénéfique pour toutes les patientes. Certaines études publiées ont montré que les taux de grossesse pour les procédures de FIV avec éclosion assistée sont supérieurs aux FIV sans éclosion assistée.
Culture prolongée jusqu'au stade blastocyste (J5)
Une alternative au transfert d'embryons à J3 est de prolonger la culture des embryons en laboratoire jusqu'au stade de blastocyste (J5). Cette approche présente plusieurs avantages :
- Meilleure sélection embryonnaire : Seuls les embryons les plus viables atteignent le stade de blastocyste, ce qui permet une meilleure sélection des embryons à transférer. En effet, un embryon à J5 - appelé blastocyste - nous donne beaucoup plus d’information et de probabilité d’implantation qu’un embryon à J3. Il faut savoir qu’il existe une sorte de sélection naturelle durant le 4ème jour de développement et un certain nombre d’embryons n’atteignent pas ce stade de blastocyste.
- Meilleure synchronisation avec l'endomètre : Le transfert d'un blastocyste est plus synchronisé avec la réceptivité naturelle de l'endomètre. Par ailleurs, un transfert à J5 reproduit beaucoup mieux les conditions d’une implantation naturelle dans l’endomètre maternel puisque l’arrivée d’un embryon naturel dans l’utérus se fait à ce moment - les premiers jours après la fécondation, il se trouve encore dans une des tube utérins (Trompes de Fallope).
- Taux d'implantation plus élevés : Les blastocystes ont généralement des taux d'implantation plus élevés que les embryons à J3.
Cependant, la culture prolongée présente également des inconvénients :
- Risque de perte d'embryons : Certains embryons peuvent ne pas survivre à la culture prolongée et ne pas atteindre le stade de blastocyste.
- Nécessité d'un laboratoire expérimenté : La culture prolongée nécessite un laboratoire de FIV expérimenté et des conditions de culture optimales.
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