George Lazenby, né le 5 septembre 1939 à Goulburn, en Australie, est un acteur et mannequin australien dont le nom reste à jamais associé à James Bond, bien qu'il n'ait incarné l'agent 007 qu'une seule fois. Sa vie, avant et après ce rôle emblématique, est une succession de hasards, d'opportunités saisies et de décisions controversées qui ont façonné une carrière atypique.
Les jeunes années d'un Australien
Fils d'un ouvrier des chemins de fer, George Lazenby quitte l'école à 16 ans. Il préfère les sports et l'athlétisme. Il est un skieur accompli et a même gagné deux prix australiens dans ce domaine. En parallèle de cette passion pour le ski, il concourt aussi dans des circuits seniors de dirt bike et de stock car. C'est le fils d’un ouvrier des chemins de fers. Il intègre l'armée américaine, où il sert pendant 4 mois. Suite à son bref service militaire, il gagne l'Angleterre, où il est apprenti mécanicien automobile, avant de devenir vendeur de voiture, puis mannequin pendant quatre ans. Il gagne les Etats-Unis et apparait dans quelques spots commerciaux.
Du mannequinat au rôle de James Bond
Dans les années soixante, George Lazenby gagne sa vie en tant que mannequin en Australie. Il tente bientôt sa chance comme mannequin. En cette fin des sixties, fort de ses 1m88 et de son charme, George est l’un des modèles les mieux payés d’Europe. Il sera notamment en Europe l’un des « fameux » Marlboro Man.
Il devient acteur par hasard quand les producteurs de James Bond peinent à trouver un remplaçant à Sean Connery. En 1969, au terme de recherches infructueuses pour remplacer Sean Connery dans le rôle de James Bond, les producteurs font appel à lui, alors même qu'il n'avait jamais véritablement joué devant une caméra. Malgré son manque complet d'expérience, il est finalement engagé en 1969 pour prendre la suite de Sean Connery dans Au service secret de Sa Majesté. Son manque d'expérience ne lui fait pas peur. Il prend des cours de diction et travaille dur pour convaincre de sa crédibilité dans le rôle (en regardant notamment les films avec son prédécesseur) mais également pour gommer son fort accent australien.
Lazenby se présenta donc à l’audition avec le look de Bond, tiré à quatre épingles : costume issu des ateliers du tailleur de Connery sur Saville Raw, cheveux courts, Rolex au poignet. Mais ne pensez pas qu’il était conscient pour autant de pouvoir prendre la suite de Sean : « Un acteur serait allé passer les tests pour le rôle avec Connery à l’esprit, mais je n’étais pas un acteur », admet-il aujourd’hui. Dans le bureau de Saltzman, il est volontiers provocateur et indifférent, il fait la liste (fausse) des productions étrangères dans lesquelles il a tourné et va même jusqu’à avancer le montant de son cachet (50 000 Livres de l’époque, celui qu’il perçut effectivement par la suite ! « Je portais des pantalons cintrés, tout le monde portait alors des pattes d’éléphants. J’avais les cheveux courts, alors que les hippies les portaient longs. Je n’étais pas vêtu pour tuer des gens. Cette constante inconscience lui permit d’obtenir le rôle. En fait, le jour de son audition, il s’est acharné à trouver un coach pour apprendre la comédie. Il s’attache les services de Ronan O’Rahilly, qui l’irrite tellement qu’il lui permit de berner les deux producteurs quant à ses capacités d’acteur.
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"Au service secret de Sa Majesté": Un Bond unique
George Lazenby sera l'agent 007 une seule fois dans un des meilleurs opus de la série des James Bond, voire le meilleur selon les fans, "Au service secret de sa majesté". Il est donc le successeur de Sean Connery, en tant que James Bond, dans le film Au service secret de Sa Majesté, sorti en 1969, aux côtés de Diana Rigg et face à Telly Savalas, avant que Sean Connery ne reprenne le rôle pour Les diamants sont éternels. Alors âgé de 29 ans, Lazenby a été le plus jeune acteur à avoir incarné James Bond.
Lazenby - tout aussi unique - est entré dans le Panthéon bondien, par la grande porte. Il eût d’abord et surtout la rude mission de succéder à Sean Connery, incarnation de 007 pour des millions de fans. Son Bond tombe amoureux, se marie, avant que son épouse ne périsse sous les balles de Blofeld (cela ne vous rappelle rien ?), ouf ! Aujourd’hui, en dépit de son aspect daté, Au Service Secret de Sa Majesté reste, dans le cœur des fans, un film unique et de qualité.
Pourtant Au service secret de Sa Majesté est considéré par certains, fans comme spécialistes, comme un des meilleurs films de la série. Sur le tournage, Lazenby multiplie les caprices alors qu'il n'est pas encore une star et se brouille avec le metteur en scène Peter Hunt et le coproducteur Albert R. Broccoli.
Le refus controversé et la suite de carrière
Selon certaines sources, il aurait renoncé à tourner d'autres films de la série sur les conseils de son agent Ronan O'Rahilly, selon lequel le « succès des James Bond ne durerait pas ». Mais en novembre 1969, coup de théâtre. James Bond à cause d'un différent avec les producteurs. Sa décision ressemble à un sabordage. Pensant qu’il pouvait gagner beaucoup d’argent en deux films seulement et que la série s’essoufflerait (!), O’Rahilly convainquit Lazenby de refuser le contrat pour sept films proposé à l’issue du tournage, et ce en dépit de l’offre de Saltzman : un salaire mirobolant d’un million de dollars par film, sans compter les intéressements [à l’époque, pour mémoire, Clint Eastwood gagnait à peine cinq cent mille dollars par film ! Lazenby écouta son conseil et le regrette encore, quarante ans après : « J’aurais sans aucun doute dû rempiler, en faire au moins un autre, juste pour mettre un terme aux rumeurs qui prétendaient qu’ils m’avaient virés.
Lazenby devient un pestiféré dans le milieu. Il faut attendre le début des années 1980 pour le voir à nouveau apparaître à l'écran de manière régulière, en interprétant des rôles, souvent secondaires, dans des séries télévisées ou des téléfilms. À plusieurs reprises, il joue des rôles qui évoquent Bond : en 1983 dans le téléfilm Le Retour des agents très spéciaux où il incarne un agent secret britannique, JB qui pilote une Aston Martin, puis en 1989 dans la série Alfred Hitchkok présente : Diamond's are not forever, allusion au 7e film de la saga Les Diamants sont éternels (Diamonds are forever).
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En 1973, il se lie avec Bruce Lee et doit tourner un film avec lui mais ce dernier meurt avant la réalisation du projet. Il persiste dans le cinéma de films de karaté de Hong Kong et rencontre le producteur Raymond Chow qui lui permet de tourner L'Homme de Hong Kong. George a rencontré Bruce Lee en 1972. Ils sont devenus amis. Lee l’a initié à sa philosophie de vie et à la technique de combat qui en découle, et qu’il a lui-même conçu. Au cours d’un déjeuner, en ce mois de juillet 1973, à deux semaines à peine du tournage, ils évoquent Le Jeu de la Mort, leur prochain film, le plus gros film d’art martial jamais produit, où Lazenby doit tenir le haut de l’affiche avec Lee et incarner son adversaire occidental. Le lendemain, l’attaché de presse de Lee appelle Lazenby pour lui annoncer la tragique nouvelle. George avait signé son contrat quatre jours auparavant. Voilà comment se jouent les destins.
En 1993, il est aux côtés de Sylvia Kristel dans la série de téléfilms Emmanuelle. Le rôle de la jeune Emmanuelle est tenu par Marcela Walerstein. Lazenby campe le plus souvent des personnages d’espions, autant de clins d’œil à l’agent 007 qui fit sa renommée. En 1979, John Cleese - héraut des Monty Python - songe à lui pour son film La vie de Brian et le rôle de… Jésus himself ! On dissuade Cleese. Outre son apparition dans la série Emmanuelle au tout début des années 90 ou dans un épisode d’Alerte à Malibu, George Lazenby incarne de façon récurrente le père du héros Jarod dans la série à succès Le Caméléon, en l’an 2000.
Filmographie sélective
- 1969 : Au service secret de Sa Majesté
- 1972 : Qui l'a vu mourir ?
- 1975 : L'homme de Hong Kong
- 1981 : L'ultimo harem
- 1986 : Hell Hunters
- 1993 : Gettysburg
- 2000 : Four dogs playing poker
- 2019 : Z Dead End
- 2021 : In the blink of an eye
Apparitions dans des séries télévisées
- 1974 : Matlock police
- 1979-1981 : B.J. and the Bear
- 1982 : Hôpital Central
- 1999-2000 : Le Caméléon
- 1999 : Alerte à Hawaï
- 2014 : Legit
Vie privée: Mariages et enfants
En 1971, alors qu’il vient de quitter le rôle de James Bond, George Lazenby rencontre à Londres la top model Christina Gannett. Ils se marient cette même année. L'acteur a épousé Christina Townson Gannett à Londres, au Royaume-Uni, le 23 août 1973. Sa première femme, Christina Gannett, et lui ont été mariés de 1971 à 1995. Ensemble, ils ont deux enfants, Melanie Andrea, née en 1973, et Zachary, né en 1974. Ce dernier mourra d’un cancer du cerveau en 1994 à l’âge de vingt ans seulement. Durant toute sa maladie, George Lazenby met sa carrière entre parenthèse pour s'occuper de lui.
Le 12 juin 2002, George Lazenby épouse à Los Angeles l’ancienne joueuse de tennis américaine Pam Shriver, de vingt-trois ans sa cadette. Ils se sont rencontrés deux ans plus tôt, mais le lieu n’est pas précisément établi, certaines sources parlant de l’Open d’Australie, d’autres de Wimbledon. Leur premier enfant, George Samuel, est né en 2004. En août 2008, l’ancienne médaillée d’or aux Jeux Olympiques demande le divorce, pour causes de “différences inconciliables”. Elle déclare notamment que l’alcoolisme de son époux met ses enfants en danger. Ils ont une fille trois minutes plus tard. étant en instance de divorce depuis…
George Lazenby, l'acteur en question, est père de sept enfants. L'acteur, qui chérit également ses enfants, a écrit un jour : "[les] vraies réussites de ma vie sont mes enfants. Je suis extrêmement fier d'eux". L'acteur de James Bond aime être avec ses enfants et n'aime pas être éloigné d'eux trop longtemps lorsqu'il voyage.
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