Geneviève Haag a été une figure importante dans le domaine de la psychanalyse infantile. Sa contribution à la compréhension de l'autisme et du développement précoce a marqué durablement le paysage de la psychanalyse. Cet article se propose d'explorer son parcours, ses contributions majeures et son héritage.
Un parcours riche et diversifié
Geneviève Haag était psychiatre, ancienne interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine. En 1964, elle est appelée par le Pr Didier Duché pour rejoindre l’équipe de L’Institut Médico Educatif Marie-Auxiliatrice à Champrosay (Essonne). Dans les années 60, elle rejoint le Dr Henri Sauguet à L’Institut Claparède à Neuilly sur Seine. Elle y rencontre James Gammill qui devient un de ses superviseurs. À l'Institut Claparède, elle a exercé les fonctions de médecin consultant et de psychothérapeute auprès d'enfants présentant, pour certains, des états autistiques. Elle recevait ces enfants avec leur famille, leurs frères et sœurs, et s'intéressait de plus en plus au développement du bébé, ayant bénéficié des enseignements de Frances Tustin et d'Esther Bick, dont elle fut l'élève.
Son parcours l'a amenée à croiser des figures importantes de la psychanalyse et à s'intéresser aux espaces psychiques primitifs. Elle a établi un dialogue avec de nombreux psychanalystes, dont André Green, Piera Aulagnier, Didier Anzieu, Michel Soulé, Florence Guignard, Didier Houzel, Bernard Golse, Maria Rhode et David Rosenfeld.
Contributions à la psychanalyse et à la compréhension de l'autisme
Les travaux de Geneviève Haag se situent au carrefour de plusieurs disciplines. Elle a exploré les relations entre le soma, la psyché et la création d'espaces psychiques, prolongeant ainsi le travail de Donald Winnicott. Ses propres découvertes relatives au moi corporel et à l'image du corps ont enrichi la compréhension de ces liens complexes.
Elle s'est particulièrement intéressée aux enfants présentant des états autistiques. Son approche consistait à les recevoir avec leur famille, leurs frères et sœurs, et à s'intéresser de près au développement du bébé. Elle a bénéficié des transmissions de Frances Tustin et d'Esther Bick, dont elle fut l'élève, ce qui a influencé sa compréhension de l'autisme.
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En 1977, elle a présenté avec Cesar et Sara Botella, au Congrès des psychanalystes de langues romanes, une conférence princeps intitulée « En deçà du suçotement ». Cette présentation a ouvert la voie à de nombreuses recherches et à la publication de 300 articles, traduits en différentes langues.
Ses travaux ont permis de renouveler de nombreux concepts cliniques et d'approfondir la compréhension des processus autistiques. Elle a notamment mis en évidence le rôle de l'objet dans ces processus et a souligné l'importance de la contenance et des combinaisons d'une perspective à l'autre.
"Le moi corporel. Autisme et développement" : Un ouvrage majeur
En 2018, Geneviève Haag a obtenu le 56ème Prix Maurice Bouvet pour son ouvrage paru aux Puf : « Le moi corporel. Autisme et développement ». Ce livre est considéré comme un véritable manuel de référence sur l'autisme et le développement précoce. Il retrace le cheminement de sa pensée clinique, à la fois vivante et actuelle, à partir d'un recueil d'articles et de conférences allant de 1985 à 2005.
Dans la préface de l'ouvrage, Bernard Golse souligne le caractère innovant de ses travaux, qui ont permis de renouveler de nombreux concepts cliniques. L'ouvrage explore la préhistoire de la construction du Moi, en particulier la place centrale de l'inscription corporelle dans la construction de la psyché. De nombreux concepts essentiels sont développés, offrant une perspective pour penser la sensorialité, la trace, le non verbal, les images mentales, les boucles de relation, en lien avec l'ancrage corporel précoce. L'importance de l'axe, de l'hémicorps, de la peau, du regard, de l'espace et du groupe est également soulignée.
L'ouvrage met en évidence l'importance de l'écoute du corps dans les contextes de désorganisation extrêmes, offrant la possibilité de penser le symptôme, le geste, comme pourvus de sens.
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Engagement et transmission
Geneviève Haag était membre de la SPP depuis 1983. Elle a participé activement à la création du Gerpen en 1973, autour de Donald Meltzer et Marta Harris. En 2004, elle a créé la CIPPA en demandant à M.D.
Elle aimait les liens avec l'esthétique et considérait que "nous n'avons pas fait le tour de cette question ou de ce problème". Elle cherchait toujours à découvrir de nouveaux chemins empruntés par les processus et leurs mises en sens pour penser les intégrations du rythme et de ses fantaisies.
La C.I.P.P.A. décerne un prix d'un montant de 1000 € ainsi qu'une aide à la valorisation des travaux sur un plan national et/ou international.
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