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Comprendre et Gérer la Frustration chez l'Enfant de 3 Ans : Causes et Solutions

Les colères et les crises de frustration sont des étapes normales du développement de l'enfant, particulièrement autour de l'âge de 3 ans. Comprendre les causes de ces comportements et adopter des stratégies appropriées peut aider les parents à mieux gérer ces moments difficiles et à accompagner leur enfant vers une meilleure régulation émotionnelle.

Pourquoi les Crises de Colère Sont-elles Fréquentes à 3 Ans ?

À l'âge de 2-3 ans, la plupart des enfants ont tendance à se mettre en colère et à faire des crises qu’il est parfois difficile d’apaiser. Ces crises sont des moments très importants auxquels presque tous les parents sont confrontés. Il est souvent difficile de les comprendre, car les parents font beaucoup pour leurs enfants.

L'ancien discours était, en substance : « Il faut poser des limites face à l’opposition des enfants ». Aujourd'hui, on a compris, à la lumière des neurosciences, que si un comportement est récurrent chez tous les enfants, c’est qu’il se passe quelque chose physiologiquement. Des études d'IRM fonctionnelle du cerveau des enfants montrent que le cortex préfrontal, qui n’était pas très actif jusqu’à présent, commence à se développer très rapidement dès l’âge de 2 ans. Cette zone est reliée à tout ce qu’on met sous le grand terme du « pouvoir personnel » : notre besoin d’exploration et de diriger notre propre vie. C’est aussi cette zone qui permet la régulation des émotions et de la maîtrise de soi. Au départ complètement immature, elle se développe et, petit à petit, la capacité des enfants à faire des choix grandit. C’est pour cela qu’on entend beaucoup nos petits dire « moi je veux ! ».

Les crises des enfants sont en fait d’énormes décharges émotionnelles et de stress liées à différentes causes. On parle de période du « non » mais c’est en fait la première période de besoin d’indépendance et d’autonomie. Il ne faut pas mettre les enfants sous cloche et éviter de les surprotéger. Avec les tout-petits, il est important de trouver un équilibre avec leur besoin de faire par eux-mêmes. Les enfants ont besoin que l’on soit à leur écoute et que l’on décode ce qui se passe pour eux. Il est important de garder un lien le plus sain possible et de tout faire pour ne pas tomber dans les interprétations.

Facteurs Développementaux et Environnementaux

Le comportement d'un enfant insupportable à 3 ans s’explique par plusieurs facteurs développementaux et environnementaux. À cet âge, le cerveau est en pleine construction, particulièrement le cortex préfrontal responsable de la gestion des émotions et des impulsions. Cette immaturité neurologique explique pourquoi les enfants peuvent passer d’un état émotionnel à un autre en quelques secondes, sans capacité à s’autoréguler efficacement.

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À 3 ans, votre enfant traverse une période cruciale d’affirmation de soi. Il découvre son autonomie et teste constamment les limites pour comprendre comment fonctionne son environnement. L’enfant de 3 ans est dans une phase d’apprentissage intense où il cherche à comprendre les règles sociales tout en affirmant son indépendance. Parallèlement, ses capacités langagières se développent rapidement mais restent insuffisantes pour exprimer pleinement ses émotions complexes. Un enfant épuisé aura beaucoup plus de difficulté à contrôler ses émotions.

La "Phase d'Affirmation"

L'enfant vit une phase de développement NORMALE que certains nomment "phase d'opposition", ou bien "terrible two".. mais il est préférable de l'appeler la "phase d'affirmation". Cette phase commence environ vers les 18 mois et se termine vers les 4 ans, avec un pic vers les 3 ans. Lors de cette période, pas toujours facile en effet, l'enfant exerce principalement sa prise de décision au niveau cognitif. Cela veut dire, qu'il va tenter de se différencier de vous. Tout cela est inconscient, ce sont les parties de son cerveau qui se développent à ce moment-là qui le pousse à exprimer et à vouloir décider, prendre des décisions: s'affirmer en tant qu'individu. En gros, il vous dit qu'il n'a pas les mêmes envies que vous car vous êtes de fait, deux personnes différentes. L'émotion dominante est la colère et la frustration, qui s'exprime souvent de façon physique (jeter, taper, etc..) car il n'a pas la capacité à rationaliser et à contrôler son impulsivité (la capacité d'inhibition n'existe pas à cet âge là). Ces crises parfois impressionnantes peuvent dérouter les parents car souvent ils ne savent pas comment les traiter et les gérer: d'un point de vue personnel et dans leur rapport avec leur enfant. L'erreur est de commencer à poser des étiquettes sur l'enfant: c'est un tyran, qui vous manipule, etc. En réalité, il est débordé par une énergie qu'il ne maitrise pas. C'est vraiment insécurisant de constater que l'on arrive pas à se contrôler.

Comment Limiter la Survenue des Crises ?

Pour limiter la survenue de ces crises, il est essentiel de comprendre les besoins de l'enfant et d'adapter l'environnement en conséquence.

Créer un Environnement Adapté

Ces lieux sont trop stimulants pour un enfant : il y a du bruit, du monde, beaucoup de lumière et beaucoup de choses qui l’attirent. Sur place, deux options : soit on fait les courses à toute allure, soit on prend le temps… Et on permet à l’enfant de combler son besoin d’exploration. En lui proposant, par exemple, de prendre un petit panier dans lequel il pourra transporter des paquets. L’idée est de lui donner du pouvoir personnel sur place… tout en continuant à lui donner du lien. Car lorsque l’on est absorbé par une tâche et que l’on coupe le lien, cela génère du stress dans son corps, et ce stress le rend vulnérable. Il faut donc continuer à lui parler, à tout faire pour rester dans le jeu.

Pour éviter l’accumulation de stress qui conduira à une crise, au supermarché ou ailleurs, tout réside dans l’ajustement entre les besoins de l’enfant et les nôtres. Il faut encore une fois, donner aux enfants la permission d’explorer par eux-mêmes.

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Stratégies Préventives

  1. Proposer un cadre rassurant et constant : Des règles simples, expliquées avec des mots adaptés à son âge, aident l’enfant à comprendre ce qu’on attend de lui.
  2. Anticiper les situations à risque : Fatigue, faim, transitions mal préparées… Ces moments fragiles peuvent déclencher des frustrations explosives.
  3. Limiter les interdits inutiles : Il vaut mieux dire "oui" le plus souvent possible, et réserver les "non” pour les vrais enjeux. Cela renforce l’efficacité des limites posées.
  4. Formuler vos consignes de façon positive : Préférez "on marche doucement à l’intérieur" plutôt que "ne cours pas", ou encore "on garde les mains sur la table" plutôt que "ne touche pas à ça". Ces tournures aident l’enfant à se concentrer sur ce qu’il peut faire, plutôt que sur l’interdit.
  5. Offrir-lui des choix : Donner deux options (“Tu veux mettre ton manteau rouge ou bleu ?”) permet à l’enfant de sentir qu’il a du pouvoir sur son quotidien, ce qui diminue les tensions.
  6. Favoriser l’expression des émotions : Mettez des mots sur ce qu’il ressent et encouragez-le à exprimer sa colère autrement, par le dessin, le jeu ou des objets symboliques.

Que Faire Lorsque la Crise Est Là ?

Si la crise survient, l’enfant se retrouve en décharge tonique de stress et la frustration sera d’autant plus forte si nous sommes indisponibles. Pour nous parent, c’est le moment de se recentrer, de respirer. On a tendance à baisser la tête et à ne plus regarder les autres dans ces moments-là. Pourtant, si l’on regarde autour de nous, on trouvera souvent de l’empathie, du soutien. Si nécessaire, il faut sortir quelques minutes du magasin pour gérer la crise. Les enfants ont différentes sensibilités sensorielles : visuelle, tactile, auditive… Certains auront besoin d’un contact physique, d’autre simplement besoin que l’on se pose quelques instants. Il faut idéalement comprendre comme fonctionne notre enfant et réfléchir, en amont, à la manière dont on va gérer ce moment. Désemparés, beaucoup de parents vont menacer, disant par exemple : « Si tu continues, je pars ». Ce type de menaces fonctionne sur la peur et sur le système de survie de l’enfant. Cela ajoute donc du stress, qui va conduire l’enfant à se figer dans un premier temps mais probablement entraîner une nouvelle crise trente minutes plus tard…

Stratégies Immédiates

  1. Gardez votre calme : Même si c’est difficile, votre attitude influence celle de votre enfant. Plus vous restez serein, plus vous l’aidez à retrouver son apaisement.
  2. Validez ses émotions sans justifier : Des phrases comme « tu as le droit d’être en colère » ou « je vois que c’est dur pour toi » montrent que vous accueillez son ressenti.
  3. Ne tentez pas de raisonner ou de négocier : En pleine crise, l’enfant n’est pas réceptif. Mieux vaut attendre qu’il se calme pour expliquer.
  4. Assurez sa sécurité (et celle des autres) : Éloignez les objets dangereux, empêchez les gestes violents, mais sans crier ni punir.
  5. Restez proche, sans envahir : Certains enfants ont besoin d’un câlin, d’autres de pouvoir se défouler seuls dans un espace sécurisé. Respectez son besoin.

Techniques de Calme

Pour aider votre enfant à se calmer physiologiquement, vous pouvez utiliser les techniques suivantes :

  • Respiration profonde : Encouragez-le à respirer lentement et profondément.
  • Contact physique : Un câlin peut aider à apaiser l’enfant.
  • Mise en retrait : Proposez-lui un endroit calme où il peut se retirer pour se calmer.

Outils Quotidien pour Aider les Enfants à Se Libérer du Stress

Les meilleurs outils sont le jeu et le mouvement ! La crise est souvent symptomatique d’un manque de mouvement, ce dernier permettant aux enfants (comme aux adultes d’ailleurs) de mieux réguler leurs émotions. Pendant le confinement, une vidéo sur les jeux de contact a été diffusée : des petits jeux de bagarre, durant lesquels le pouvoir se renverse. Si on le laisse gagner sur nous, l’enfant va se réparer de sa frustration, de sa colère.

Jeux de judo, jeu des tigres ou des tyrannosaures… Peu importe le nom, l’idée est de sortir d’une situation de confrontation subie par une confrontation assumée et positive : l’enfant nous pousse, on se laisse pousser en opposant de la résistance et il finit par nous renverser. Ce jeu est magique et possède un pouvoir de restauration bien plus grand que ce que l’on peut imaginer. On peut aussi aller vers des jeux plus doux qui favorisent le contact, les câlins, tels que le massage de la pizza ou le jeu des boules de coton que l’on cache sur soi… L’idée est de redonner du pouvoir à l’enfant dans le jeu.

Jeux et Activités

  1. Jeux de contact : Jeux de bagarre douce où l'enfant a l'occasion de renverser le parent, favorisant la réparation de la frustration et de la colère.
  2. Jeux doux : Activités favorisant le contact et les câlins, comme le massage de la pizza ou le jeu des boules de coton.
  3. Livres sur les émotions : Permettent à l’enfant de s’identifier à un personnage, de mettre des mots sur ce qu’il ressent et de comprendre qu’il existe d’autres manières de réagir.
  4. Coin calme ou boîte à colère : Proposer un coussin pour se défouler… Autant de petites stratégies qui, répétées, l’aident à s’autoréguler.

Importance du Cadre et de la Routine

Votre enfant a besoin d'être rassuré, sécurisé et c'est un cadre solide qui l'aidera le mieux. C'est à dire à la fois des règles strictes et fermes et à la fois de la présence et de l'amour. Céder à ses crises risque de l'insécuriser plus encore. Ne voyez pas cela comme une exigence de sa part mais comme l'expression maladroite d'un besoin qui n'est pas nourri. Peut-être a-t-il peur dans sa chambre ? Peur du noir, peur d'être seul… Si vous accédez à sa requête, vous risquez de confirmer à un niveau inconscient qu'il a bien raison d'avoir peur. Cherchez avec lui ce qui pourrait l'apaiser.

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Les enfants de 3 ans prospèrent dans un environnement prévisible. Les routines leur offrent un sentiment de sécurité et réduisent l’anxiété liée à l’incertitude. La consistance est essentielle.

Quand Consulter un Professionnel ?

Lorsqu’on a le sentiment de ne pas trouver la solution seul, on peut se faire aider. Se faire aider est indispensable ! Pour notre survie, on a besoin de se soutenir les uns les autres. Cela peut passer par la consultation d’un psychologue, par une séance de coaching parental. On n’ose pas toujours y aller, mais se faire aider pour gérer le mieux possible ses problèmes, c’est se montrer adulte et responsable. Il existe aussi des programmes en ligne, des livres… Ils offrent des outils concrets, à nous de voir ce qui va nous être utile, de faire le tri et de choisir les deux ou trois idées qui vont nous aider.

Les colères font naturellement partie du développement d’un enfant de 3 ans. Mais dans certains cas, elles peuvent devenir très fréquentes, intenses ou difficiles à canaliser, au point d’impacter la vie familiale ou sociale. Si votre enfant se montre régulièrement violent en tapant, mordant ou griffant , qu’il a du mal à se calmer même en dehors des crises, ou que son sommeil et son appétit sont perturbés, il peut être utile de demander conseil.

Signaux d'Alerte

  • Crises très fréquentes et intenses
  • Violence régulière (taper, mordre, griffer)
  • Difficulté à se calmer même en dehors des crises
  • Perturbations du sommeil et de l'appétit

Professionnels à Consulter

  • Pédiatre
  • Psychologue pour enfants
  • Pédopsychiatre
  • Psychomotricien
  • Orthophoniste (selon les difficultés spécifiques)

Conseils Additionnels pour les Parents

  • Prenez soin de vous : Pour prendre soin de ses mômes, il faut aussi savoir prendre soin de soi. Faites du sport, passez du temps avec vos amis, retrouvez-vous en amoureux, voyagez, lisez, bref ne lâchez pas tout ce qui pimentait votre vie avant que vous ne deveniez parents.
  • Restez calme : La sérénité que vous dégagez l’aide à retrouver son équilibre émotionnel.
  • Soyez patient : Chaque crise est une opportunité d'apprentissage. Observez ce qui déclenche les crises de colère de votre bébé et ajustez votre approche pour répondre à ses besoins émotionnels.
  • Évitez les punitions classiques : Préférez les conséquences logiques liées à son comportement. Retirez-lui temporairement un privilège. Proposez-lui de réparer ses erreurs. Expliquez calmement pourquoi son attitude pose problème.
  • Établissez un contact physique et oculaire : Si l’enfant vous désobéit, approchez-vous de lui, sans vouloir le menacer de votre présence physique. Il est important de se mettre à sa hauteur et d’établir un contact oculaire. Vous pouvez aussi établir un contact physique comme lui tenir les mains si nécessaire.

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