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Fractures de l'humérus chez l'enfant : causes, symptômes et traitements

Les fractures de l'humérus sont des blessures courantes chez les enfants, nécessitant une compréhension approfondie des causes, des symptômes et des options de traitement. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète des fractures de l'humérus chez l'enfant, en tenant compte des particularités de l'anatomie infantile et des approches thérapeutiques adaptées.

Introduction

Le coude est le site de fracture le plus fréquent dans la population pédiatrique, et la plupart de ces blessures concernent l'humérus distal. L'humérus est un os long situé dans le bras, s'articulant avec la scapula (omoplate) en haut et le radius et l'ulna (cubitus) en bas. Chez l'enfant, l'os est encore en maturation et moins dur que chez l'adulte, ce qui le rend plus susceptible aux fractures en cas de choc. La croissance de l'humérus se termine à 16 ans chez les filles et à 18 ans chez les garçons.

Nomenclature des fractures pédiatriques de l'humérus distal

Les fractures pédiatriques de l'humérus distal sont souvent classées selon la nomenclature suivante :

  • Fractures supracondyliennes : le type le plus courant, survenant juste au-dessus du condyle latéral et de l'épicondyle médial. Elles sont généralement classées selon le système de classification de Gartland modifié.
  • Fractures du condyle latéral : le deuxième type le plus courant, suivant généralement un modèle de fracture Salter-Harris IV. Elles sont généralement classées selon le système de classification de Milch.
  • Fractures de l'épicondyle médial : le troisième type le plus courant, impliquant l'apophyse de l'épicondyle médial.

Causes des fractures de l'humérus chez l'enfant

Les fractures de l'humérus chez l'enfant résultent généralement d'une force directe qui dépasse le point de rupture de l'os. Les causes courantes comprennent :

  • Une chute sur une main tendue.
  • Un coup direct au bras.
  • Un accident de la voie publique.
  • Une chute au cours de la pratique d’un sport.

Chez les personnes âgées, la diaphyse humérale peut se fracturer même en cas de simple chute à cause de l’ostéoporose (maladie de l’os entraînant sa fragilité). Une métastase osseuse (tumeur dans l’os) peut également entraîner une fracture.

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Symptômes des fractures de l'humérus chez l'enfant

Les symptômes d'une fracture de l'humérus chez l'enfant peuvent varier en fonction de la localisation et de la gravité de la fracture, mais ils comprennent généralement :

  • Douleur intense au niveau du bras.
  • Incapacité à bouger le bras.
  • Gonflement et ecchymose.
  • Déformation visible du bras.
  • Sensibilité au toucher.

Lors de l'examen clinique, le médecin recense les symptômes par interrogatoire, inspection et palpation. Il recherche d’éventuelles lésions vasculaires (en palpant le pouls au poignet) ou nerveuses (en recherchant une paralysie ou une diminution de la sensibilité cutanée).

Diagnostic des fractures de l'humérus chez l'enfant

Le diagnostic d'une fracture de l'humérus chez l'enfant repose généralement sur les éléments suivants :

  • Un examen clinique.
  • Une radiographie de l’humérus de face et de profil. Elle permet généralement d’identifier la localisation de la fracture le long de la diaphyse, le nombre de fragments et la forme du trait de fracture.
  • Dans certains cas, une IRM ou un scanner peuvent être nécessaires pour évaluer plus précisément la fracture et les tissus environnants.

Traitement des fractures de l'humérus chez l'enfant

La prise en charge d’une fracture de la tête humérale est différente chez l’enfant et chez l’adulte, du fait de la nature de leurs os. Le traitement des fractures de l'humérus chez l'enfant dépend de plusieurs facteurs, notamment :

  • La localisation de la fracture.
  • La gravité de la fracture.
  • L'âge de l'enfant.
  • La présence de lésions associées.

Les options de traitement comprennent :

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  • Traitement conservateur (orthopédique) : Il s’agit d’immobiliser le bras dans une écharpe ou un plâtre pendant 3 semaines. La récupération de l’amplitude articulaire et de la force est naturelle dès que le bras est mobilisé à nouveau. Une rééducation douce (= passive) débutera dès que possible pour permettre une récupération la plus complète possible de la mobilité de l’épaule. La rééducation se poursuivra après l’arrêt de l’immobilisation par écharpe.
    • Attelle ou plâtre : Généralement recommandé pour les fractures non déplacées et peu déplacées. L’articulation de l’épaule ne doit pas être mobilisée activement pendant 4 à 6 semaines et le système d’immobilisation est retiré uniquement lorsque la fracture est complètement consolidée, ce qui parfois peut prendre 3 mois. Une rééducation avec un kinésithérapeute peut alors commencer.
  • Traitement chirurgical : il est indiqué dans les fractures très déplacées, pathologiques (métastase osseuse, ostéoporose), chez les patients ne souhaitant pas être immobilisés, présentant des lésions vasculaires ou nerveuses ou chez qui le traitement orthopédique n’a pas fonctionné. Les fractures ouvertes constituent une urgence chirurgicale en raison du risque d’infection. Différentes techniques d’ostéosynthèse existent, c’est-à-dire visant à maintenir l’alignement de fragments osseux grâce à du matériel : par enclouage (la moins invasive), par plaque, c’est la méthode utilisée en cas de paralysie radiale pour vérifier si le nerf est simplement contus ou bien s’il est sectionné, ou par fixateur externe : on réserve généralement cette méthode aux fractures ouvertes en attendant de pouvoir utiliser une autre technique.
    • Réduction fermée et fixation percutanée : Une chirurgie dans les situations graves ou complexes, engageant le pronostic fonctionnel de l’épaule. Les os sont fixés à l’aide de matériel comme des agrafes, des vis ou des broches.
    • Réduction ouverte et fixation interne : Les systèmes d’ostéosynthèses possibles sont des broches, des vis ou des plaques vissées.

Spécificités du traitement chez l'enfant

L’une des caractéristiques les plus importantes de l’os de l’enfant est la présence de cartilages de croissance. Ces cartilages siègent à chaque extrémité des os long (humérus, fémur, tibia…). Ceci est bénéfique car cela induit des capacités de remodelage mais il faut savoir que ces cartilages peuvent être lésés par la fracture (on appelle ces lésions des fractures à décollements épiphysaires). Il faut donc réparer soigneusement les décollements épiphysaires et surveiller la croissance pendant 1 ou 2 an par des radiographies pour vérifier que tout se passe bien.

Complications possibles des fractures de l'humérus chez l'enfant

Les complications possibles des fractures de l'humérus chez l'enfant comprennent :

  • Lésions nerveuses ou vasculaires : une lésion du nerf radial par étirement, section ou compression, soit directement à cause de la fracture, soit suite à un geste chirurgical. Les complications neurologiques peuvent concerner 15 % des patients, principalement du fait de déficits régressifs du nerf radial ou du nerf médian.
  • Pseudarthrose : Une pseudarthrose, c’est-à-dire que la fracture ne consolide pas et que les fragments osseux restent mobiles. La pseudarthrose nécessite une nouvelle chirurgie et souvent une greffe osseuse. Il s’agit souvent d’un simple retard de consolidation qu’il suffit de traiter par une immobilisation un peu plus longue pour obtenir la consolidation.
  • Cal vicieux : Un cal vicieux, c’est-à-dire la consolidation de l’os dans une position anormale, souvent visible à l’œil nu. Il survient généralement suite à un traitement orthopédique, le plus souvent sans grandes conséquences sur les articulations de l’épaule et du cou.
  • Raideur articulaire : Il y a peu de raideurs consécutives aux fractures et aux immobilisations. L’enfant récupère progressivement en quelques semaines à quelques mois une mobilité complète de ses articulations, même après une immobilisation plâtrée prolongée en position non physiologique.
  • Troubles de croissance : Pour les fractures touchant les zones de croissance (fractures-décollements épiphysaires), la complication la plus redoutable est le pont d’épiphysiodèse. Si le pont est central, il entraîne un arrêt de croissance du cartilage de l’os atteint. Si le pont est périphérique, il entraîne une déviation progressive de l’os atteint. Les séquelles les plus fréquentes après fracture chez l’enfant sont des inégalités de longueur des membres, habituellement de quelques millimètres (proche du centimètre), mais parfois de plusieurs centimètres.

Rééducation

Un dernier point sur lequel il faut insister est l’inutilité habituelle de la rééducation. En effet, du fait des capacités fonctionnelles de l’organisme de l’enfant, les raideurs après traitement sont rares et transitoires et vont récupérer seules en quelques jours à quelques semaines. Parfois la rééducation peut être nocive comme notamment sur des articulations fragiles comme le coude.

Cependant, dans certains cas, une rééducation avec un kinésithérapeute peut être nécessaire pour aider l'enfant à retrouver une mobilité et une force normales.

Prévention

On peut difficilement prévenir les accidents responsables des fractures de l’humérus. En revanche, il existe certaines méthodes de renforcement musculaire permettant de réduire les risques de fractures lors de chutes ou d’accidents en tout genre. En effet, lorsque les muscles de l’épaule, du cou, ou encore du bras sont entraînés régulièrement, ils assurent une meilleure stabilité et protection des os qui les entourent.

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