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Fièvre et Cancer Pédiatrique : Comprendre, Diagnostiquer et Combattre

Les cancers pédiatriques, bien que rares, représentent un défi majeur en raison de leur impact sur la vie des enfants et de leurs familles. Cet article vise à informer sur les aspects essentiels des cancers chez l'enfant, en mettant l'accent sur la fièvre comme symptôme potentiel et en explorant les différentes facettes de cette maladie complexe.

Introduction

Les adultes ne sont pas les seuls touchés par le cancer. Chaque année, environ 1 700 à 2 300 nouveaux cas de cancers pédiatriques sont diagnostiqués en France, touchant les enfants de moins de 15 ans. Bien que représentant seulement 1 à 2 % de l'ensemble des cancers, ils constituent la quatrième cause de mortalité chez les enfants de 0 à 15 ans, et la deuxième cause de décès après les accidents chez les enfants de plus d'un an. Les cancers infantiles présentent des caractéristiques propres, distinctes de celles des tumeurs chez les adultes. La détection précoce et la prise en charge rapide sont essentielles pour améliorer les chances de guérison.

Les Types de Cancers Pédiatriques

Il existe une centaine de types de cancers pédiatriques, chacun nécessitant des traitements spécifiques et une approche thérapeutique différente. Parmi les pathologies cancéreuses les plus fréquentes chez l'enfant, on retrouve :

  • Les leucémies : Près d’un cancer pédiatrique sur trois est une leucémie de l’enfant (29%). Ce sont des cancers du sang, affectant les globules blancs. Les leucémies débutent dans la moelle osseuse, qui renferme les cellules souches hématopoïétiques à l’origine de toutes les cellules sanguines. On distingue les leucémies aiguës et les leucémies chroniques. Chez l’enfant, il existe pratiquement que des leucémies aiguës, les leucémies chroniques étant très rares. Les deux types de leucémies existent chez les enfants, les leucémies myéloïdes affectant davantage les filles.
  • Les tumeurs au cerveau et dans la moelle épinière : 27%
  • Les lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens : 15%
  • Les tumeurs du système nerveux sympathique
  • Les cancers des tissus mous
  • Le cancer du rein (néphroblastome) : Le néphroblastome est une tumeur maligne du rein du jeune enfant. C’est une tumeur très différente des cancers du rein de l’adulte. Le néphroblastome représente entre 6 et 8 % des cancers de l’enfant. C’est l’une des plus fréquentes tumeurs abdominales de l’enfant. La maladie apparaît entre 6 mois et 5 ans. L’âge moyen d’apparition est de 3 ans. Le néphroblastome a plus de risques d’apparaître chez les enfants ayant certains syndromes malformatifs congénitaux.
  • Le cancer des os
  • Les tumeurs germinales
  • Les tumeurs oculaires (rétinoblastome) : C’est un cancer de l’œil, touchant le nourrisson et le jeune enfant. Le rétinoblastome peut atteindre un œil ou les deux. La moitié des rétinoblastomes est diagnostiquée avant l’âge de deux ans et 40 % touchent les deux yeux.

Symptômes et Diagnostic

Les cancers pédiatriques peuvent être difficiles à diagnostiquer car ils sont plus rares que chez l’adulte, et que certains symptômes ressemblent à ceux d’autres pathologies infantiles. Les signes d'appel sont variables et souvent trompeurs car ils peuvent s'observer au cours de maladies bénignes, souvent chez l'enfant. C'est la persistance et / ou la combinaison de certains symptômes qui conduit le médecin traitant ou le pédiatre à faire pratiquer des examens complémentaires biologiques ou radiologiques.

Parmi les symptômes les plus fréquents, on retrouve :

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  • Une fatigue inhabituelle, hors infection récente.
  • Une fièvre prolongée et inexpliquée.
  • Un gonflement abdominal anormal
  • Une pâleur, une perte d’énergie, une perte de poids
  • Des sueurs nocturnes
  • Des douleurs persistantes dans les articulations et les membres
  • Des maux de tête, généralement suivis de vomissements
  • Des saignements inexpliqués ou des hématomes fréquents
  • Une irritabilité fréquente et/ou une modification du comportement
  • Un reflet blanchâtre dans la pupille

En cas de symptômes - surtout s’ils persistent - il est important d’amener votre enfant chez le pédiatre ou le médecin. Plusieurs examens peuvent être nécessaires pour diagnostiquer un cancer pédiatrique :

  • Analyse de sang (numération formule sanguine)
  • Examen de la moelle osseuse prélevée par ponction (myélogramme)
  • Biopsie : un prélèvement de fragment de la tumeur, réalisé sous anesthésie.

Le délai de diagnostic peut parfois paraître long mais il est nécessaire afin de réaliser le bilan le plus précis possible et prescrire à l’enfant le traitement le plus adapté.

En cas de cancer diagnostiqué, un bilan d’extension est réalisé.

La Fièvre : Un Signal d'Alerte

La fièvre est un symptôme courant chez les enfants, souvent lié à des infections bénignes. Cependant, une fièvre prolongée et inexpliquée peut être un signe d'alerte de cancer pédiatrique, en particulier de leucémie ou de lymphome. Il est donc crucial de consulter un médecin si la fièvre persiste ou s'accompagne d'autres symptômes inquiétants.

Leucémie : Focus sur le Cancer du Sang chez l'Enfant

Près d’un cancer pédiatrique sur trois est une leucémie de l’enfant. Les leucémies sont des cancers du sang, affectant les globules blancs. Les leucémies sont des cancers du sang, qui affectent les globules blancs, c’est-à-dire les cellules du système immunitaire. Les leucémies débutent non pas directement dans le sang, mais dans la moelle osseuse, qui renferme les cellules souches hématopoïétiques à l’origine de toutes les cellules sanguines, les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes sanguines.

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Les leucémies peuvent être distinguées en différents sous-types. Tout d’abord, on distingue les leucémies aiguës et les leucémies chroniques. Les leucémies aiguës se développent de manière brutale en quelques jours à quelques semaines. Chez l’adulte, peuvent survenir des leucémies aiguës et chroniques. Chez l’enfant, il n’existe pratiquement que des leucémies aiguës, les leucémies chroniques étant très rares. Les deux types de leucémies existent chez les enfants, les leucémies myéloïdes affectant davantage les filles.

Généralement, les premiers signes d’une leucémie aiguë chez l’enfant apparaissent rapidement en quelques jours ou quelques semaines. En cas de doute, il est important d’en parler au médecin ou au pédiatre. Le plus souvent, les parents consultent suite à une dégradation rapide de l’état de santé de leur enfant. En fonction des résultats de ces examens, l’équipe médicale confirme le diagnostic de la leucémie et détermine le type de leucémie dont l’enfant est atteint.

L’équipe médicale propose alors à l’enfant et à ses parents un protocole de soins adapté à la leucémie. Ces étapes s’enchaînent très vite dans le cas d’une leucémie aiguë de l’enfant, puisque la maladie évolue très rapidement, en seulement quelques jours. L’enfant est très rapidement hospitalisé dans un service d’oncologie pédiatrique et les protocoles médicamenteux débutent également très rapidement.

En moyenne, 89 % des enfants âgés de 0 à 14 ans sont toujours en vie 5 après une leucémie aigüe lymphoblastique, contre 67 % pour une leucémie aigüe myéloblastique.

Traitements et Perspectives d'Avenir

Pour chaque type de leucémie et chaque stade d’évolution de la maladie, des protocoles standardisés de traitements ont été définis par des comités d’experts nationaux, européens ou internationaux.

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La chimiothérapie anticancéreuse a pour but de détruire le maximum de cellules tumorales. La greffe de moelle osseuse est utilisée après la chimiothérapie pour détruire le clone de cellules tumorales.

Une thérapie innovante, la thérapie CAR-T, basée sur l’immunothérapie, suscite un formidable espoir pour tous les enfants touchés par la leucémie. Cette technique repose sur la modification génétique de globules blancs, des lymphocytes. Administrés au patient atteint de leucémie, ces lymphocytes génétiquement modifiés vont détruire les cellules cancéreuses. Déjà, plus d’une vingtaine d’enfants en France ont pu bénéficier de cette thérapie révolutionnaire, mais très coûteuse. Son déploiement à grande échelle se heurte à des défis technologiques, mais aussi économiques. Cette thérapie peut aussi être utilisée pour d’autres types de cancers.

Un enfant est dit en rémission, lorsqu’aucun signe de leucémie n’est observé après 4 à 6 semaines de chimiothérapie d’induction (première série de traitements).

Le risque de récidive, parfois plusieurs années après la maladie initiale, est plus ou moins important selon les types de leucémies. Le fait d’avoir eu une leucémie dans l’enfance peut également augmenter le risque de cancer secondaire au cours de la vie adulte, en lien avec la leucémie elle-même ou les traitements anticancéreux. Les traitements anticancéreux peuvent également affecter la fertilité de l’enfant.

Aujourd’hui, selon l’Institut Curie, grâce aux progrès de la médecine, 8 enfants sur 10 guérissent de leur cancer pédiatrique. De ce fait, certaines pathologies comme la rétinoblastome - une tumeur touchant la rétine - affichent un taux de survie de presque 100 %.

En termes de traitements, des progrès considérables ont été enregistrés au cours des dernières décennies, permettant aujourd'hui de guérir quatre enfants sur cinq en moyenne; ce chiffre variant bien entendu selon le type et l'étendue du cancer au moment du diagnostic. Ces progrès sont essentiellement dus à l'adoption de chimiothérapies de plus en plus efficaces, à des collaborations entre différents spécialistes utilisés dans la prise en charge thérapeutique et à une harmonisation des procédures de traitement à l'échelon national et, de plus en plus, international.

La recherche médicale fait partie intégrale des traitements et constitue la clé de voûte des progrès constatés. La préoccupation des spécialistes est d'optimiser les stratégies thérapeutiques afin de guérir plus d'enfants et, si possible, les guérir mieux, sans séquelles ou avec le moins de séquelles possibles.

Causes et Facteurs de Risque

Malgré les progrès constants de la recherche, les causes des cancers sont très rarement identifiées chez les enfants et les adolescents. Les mutations génétiques surviennent par hasard et le rôle des facteurs environnementaux dans la survenue d'un cancer chez l'enfant n'a jamais été démontré à ce jour.

Les causes réelles du cancer des enfants sont encore très mal connues. En effet, contrairement aux adultes, les enfants sont souvent « vierges » de la consommation de facteurs favorisant le développement de cancer chez l’adulte (alcool, tabac, mauvaise hygiène de vie…). Le rôle des facteurs environnementaux dans la survenue d’un cancer chez l’enfant fait l’objet d’études. Les données actuelles sont encore fragmentaires et leur interprétation est souvent difficile. À ce jour, il n’y a pas de données scientifiques solides et argumentées permettant d’incriminer un ou des facteurs environnementaux dans la survenue d’un cancer chez l’enfant. Des travaux de recherche sont en cours et permettront d’améliorer les connaissances sur le rôle éventuel de ces facteurs environnementaux.

Le rôle des facteurs héréditaires est faible (environ 5 % des cas). Cependant, le rétinoblastome, cancer de la rétine, peut être d'origine héréditaire dans un certain nombre de cas. Certaines anomalies génétiques peuvent augmenter le risque de cancer; ainsi la trisomie 21 est une maladie génétique qui augmente le risque de leucémie.

Les parents s'interrogent souvent sur le lien entre le cancer de leur enfant et d'éventuelles causes psychologiques. Les études actuelles ne passent pas de lien entre le stress ou les traumatismes psychologiques et la survenue de cancers. L'origine du développement d'un cancer est souvent liée à plusieurs facteurs (maladie multifactorielle), ce qui rend difficile leur identification et la détermination de leur rôle. Il est également important de rappeler que le cancer n'est pas une maladie infectieuse ; il n'est donc pas contagieux, on ne peut pas « l'attraper » au contact d'une personne malade.

Le Rôle du Médecin Généraliste

En tant que médecin généraliste, vous êtes un acteur clé du parcours de soins. Votre rôle est crucial dès les premières consultations. Votre démarche clinique, basée sur un recueil de données complet, est essentielle.

Votre interrogatoire doit être complet et l’observation clinique, minutieuse. Cette rigueur clinique vous permet de :

  • Suivre l’évolution des signes dans le temps.
  • De mettre en évidence la répétition anormale des motifs de consultation.
  • Rechercher des antécédents familiaux de cancers pédiatriques.

Tout tableau clinique persistant, inexpliqué, inhabituel ou évolutif, même modéré, doit alerter et motiver une exploration rapide.

Les examens à prescrire en première intention dépendent du contexte (à interroger lors de l’interrogatoire).

En règle générale, il est recommandé de prescrire :

  • Une analyse sanguine pour évaluer les NFS, plaquettes, CRP, VS, LDH, ionogramme, fonction rénale, fonction hépatique (transaminases)…
  • Une analyse urinaire à la bandelette, éventuellement complétée par un ECBU pour rechercher les signes d’hématurie. On peut également mesurer les catécholamines en cas de suspicion de neuroblastome.
  • Des examens d’imagerie : échographie abdominale ou cervicale, radiographies ciblées (osseuses), scanner ou IRM cérébrale…

Ces examens peuvent suffire à motiver une orientation spécialisée urgente.

En tant que médecin traitant, vous êtes l’interlocuteur privilégié de vos patients et des parents. Face à la maladie, surtout quand elle touche l’enfant, les familles paniquent. Il est important à cette étape de maintenir la relation de confiance que vous avez su nouer avec eux, au fil des ans, et de les soutenir à chaque étape du parcours de soins. Elle est aussi très utile pour repérer les signaux d’alerte. Valoriser les observations parentales peut en effet vous aiguiller sur le diagnostic. Chez l’enfant, un signe persistant ou inhabituel, même mineur, doit être exploré sans délai. Parce que si les cancers de l’enfant sont rares, ils n’en sont pas moins graves. Les repérer rapidement, c’est peut-être sauver une vie.

Chacune de vos consultations compte pour repérer, orienter et coordonner.

Soutien et Accompagnement

Le cancer fait partie de la liste des affections de longue durée (ALD) et ouvre donc droit à une prise en charge par l’Assurance maladie à 100 % des soins et traitements liés à la pathologie de l’enfant. De plus, en bénéficiant du tiers payant, vous pouvez ne pas avoir à avancer les frais médicaux. Toutefois, certains frais ne sont pas pris en charge à 100 %.

Faire face à une maladie chronique ou sévère bouleverse le quotidien. Il est important de maintenir la relation de confiance avec le médecin et de soutenir les familles à chaque étape du parcours de soins.

tags: #fievre #et #cancer #pediatrique

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