La fausse couche spontanée, ou avortement spontané, est une expérience difficile et malheureusement assez fréquente. Cet article vise à explorer les différents aspects de la fausse couche, y compris les causes potentielles, les conséquences psychologiques et les options de traitement disponibles.
Définition et types de fausse couche
Une fausse couche est définie comme l'interruption spontanée d'une grossesse avant la 20e semaine. On distingue généralement :
- La fausse couche précoce : Survenant avant la 14e semaine d'aménorrhée.
- La fausse couche tardive : Se produisant entre la 14e et la 22e semaine d'aménorrhée.
- La fausse couche silencieuse (ou retenue) : La grossesse s'arrête sans expulsion immédiate de l'embryon ou du fœtus. Le diagnostic est souvent posé lors d'une échographie.
La fausse couche isolée (unique) concerne en moyenne 15 % des grossesses. Parfois, elle passe même inaperçue : la femme ignore qu'elle est enceinte.
Causes potentielles de fausse couche
Les causes d'une fausse couche sont multiples et parfois difficiles à identifier, surtout lorsqu'il s'agit d'un événement isolé. Cependant, certaines causes sont plus fréquemment observées :
- Anomalies chromosomiques de l'embryon : C'est la cause la plus fréquente de fausse couche précoce. L'embryon ne peut pas se développer normalement en raison d'anomalies génétiques.
- Facteurs utérins : Des anomalies de l'utérus, telles que la présence de polypes, d'endométriose, de myomes, du syndrome d'Asherman ou de cloisonnement utérin, peuvent empêcher l'implantation de l'embryon. Un utérus abîmé peut empêcher l’embryon de s’implanter après le transfert.
- Qualité de l'embryon : Un embryon de mauvaise qualité, résultant de spermatozoïdes de mauvaise qualité (lents, faibles, déformés…) ou de problèmes avec les ovocytes, peut être rejeté par l'organisme. Le souci peut également provenir des ovocytes de la donneuse.
- Facteurs liés à l'âge : Le risque de fausse couche augmente avec l'âge de la femme.
- Facteurs liés au sperme : Le matériel génétique des spermatozoïdes du partenaire masculin peut également influencer la survenue de fausse couche. Des études ont montré que le sperme des partenaires masculins des femmes atteintes de pertes de grossesse récurrentes présentait deux fois plus d'altération de l'ADN (ADN fragmenté) du sperme par rapport au groupe témoin. Par ailleurs, les taux de testostérone étaient 15 % plus faibles chez les partenaires masculins que dans le groupe témoin.
- Anémie gestationnelle : L’anémie durant la grossesse est un trouble relativement habituel qui peut affecter négativement la grossesse et l’accouchement, mais aussi le fœtus ou le nouveau-né.
- Infection des voies urinaires (IVU) : Étant donné qu’il y a davantage de sang dans les reins et que la capacité de la vessie est plus réduite, l’urine peut retourner vers l’urètre, ce qui peut contribuer au développement d’infections des voies urinaires pendant la grossesse.
- Facteurs liés au mode de vie : Certains facteurs environnementaux peuvent avoir une influence sur le risque de fausses-couches. L'hygiène de vie est essentielle pour maximiser ses chances de grossesse, étant donné que certains facteurs environnementaux peuvent avoir une influence sur le risque de fausses-couches.
Conséquences psychologiques d'une fausse couche
Les répercussions psychiques d'une fausse couche sont souvent mal appréhendées. Une étude a confirmé la fréquence élevée des troubles psychiques survenant après un avortement spontané, qu'il s'agisse d'anxiété, de symptômes dépressifs et, tout particulièrement, de stress post-traumatique.
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Au fil du temps, les trois types de symptômes ont persisté tout en diminuant chez les patientes ayant eu une perte fœtale précoce. Ainsi, à trois mois, 21 % (86/418) avaient un PTSD, 23 % (96/426) une anxiété modérée à sévère et 8 % (32/426) une dépression modérée à sévère.
Ce constat doit conduire à envisager systématiquement la survenue possible de troubles psychiques après une fausse couche. Leur repérage permettrait alors de mettre en place un traitement adapté. La fréquence particulière du PTSD est aussi à souligner, en raison de ses multiples conséquences : impact sur la qualité de vie, les relations sociales, la capacité au travail, le risque suicidaire, les grossesses ultérieures. En outre, ce syndrome nécessite une approche thérapeutique très spécifique.
Fertilité après une fausse couche
Pour la majorité des femmes ayant subi une fausse couche précoce, aucun impact sur la fertilité n'est associé. Toutefois, il est conseillé aux femmes ayant eu des avortements spontanés à répétition de consulter un médecin afin de réaliser un bilan afin de rechercher les causes des fausses couches récurrentes. En ce sens, les fausses couches répétées peuvent être à l'origine d'une infertilité au sein du couple.
Les premières règles après une fausse couche peuvent survenir dans les 4 à 6 semaines qui suivent. Si l'interruption spontanée de grossesse a lieu après 7 semaines d'aménorrhée, les règles peuvent arriver un peu plus tard.
Ce qui importe, avant de concevoir un enfant après une fausse couche est de se sentir prête psychologiquement. Une hausse de la fertilité suite à une interruption spontanée de grossesse n'a pas été démontrée par des études scientifiques. Néanmoins, des chercheurs soutiennent l'hypothèse qu'il n'existe pas de preuves indiquant à une femme de retarder une tentative de grossesse après une perte précoce. En effet, d'après une étude portant sur 1 083 femmes, 53 % de celles ayant conçu dans les 3 mois ont eu une grossesse réussie, contre 36 % chez celles ayant attendu plus longtemps.
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Prise en charge et traitements
La gestion d'une fausse couche dépend du type de fausse couche et des préférences de la femme :
- Attente : Dans de nombreux cas, si la grossesse n’évolue pas, le corps de la femme expulse naturellement le tissu fœtal quelques jours ou semaines après.
- Médicaments : Des médicaments peuvent être prescrits pour aider à l'expulsion des tissus.
- Dilatation et curetage : Si le corps n’expulse pas naturellement tout le tissu fœtal, un curetage peut être fait. Il s’agit d’un procédé médical au cours duquel le col de l’utérus est dilaté et les tissus qui se trouvent dans l’utérus sont retirés.
Après une fausse couche, en cas de désir d'une nouvelle grossesse, une consultation médicale est indispensable pour se rassurer et faire part de ses éventuelles inquiétudes.
FIV et fausse couche
Si le couple a des problèmes de fertilité et que le désir d'être de futurs parents est fort, la PMA (Procréation Médicalement Assistée) peut être envisagée. L'une des techniques de PMA est la Fécondation In Vitro (FIV).
Il est défini comme la non-réussite d’une grossesse viable après un traitement de FIV. Une étude correcte de l’échec embryonnaire exige une évaluation multidisciplinaire.
Pour maximiser les chances de succès de la FIV, il est important de prendre en compte plusieurs facteurs :
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- Qualité de l'embryon : La manipulation délicate, la nécessité d’une surveillance stricte du développement de ce dernier et des conditions de culture dans le laboratoire, ainsi que du délicat transfert dans l’utérus maternel sont des facteurs importants.
- Facteur utérin : L’Échographie tridimensionnelle aux mains des échographistes experts et avec des équipements sophistiqués permet d’exclure l’adénomyose, une cause bien connue de perte de réceptivité endométriale et d’anomalies anatomiques de l’utérus. De plus, nous réalisons des études des contractions utérines au moment du transfert embryonnaire. Il ne faut pas oublier que l’utérus est un muscle et que donc toute stimulation inadéquate sur ce dernier se traduira par une augmentation de ses contractions, ce qui pourrait expulser l’embryon.
- Facteurs immunologiques : Bien que les études immunologiques ne soient pas toujours utiles, une Section d’Immunologie reproductive évalue ce facteur et suit de près les découvertes qui pourraient avoir lieu.
- Microbiome : Nos dernières recherches démontrent l’effet du microbiome sur la fertilité ; les microorganismes qui peuplent notre zone génitale.
- Plasma riche en plaquettes (PRP) : L’utilisation de plasma riche en plaquettes provenant de la patiente elle-même pourrait améliorer la réceptivité de l’endomètre et, par conséquent, l’implantation également. Des études récentes ont montré de bons résultats sur le rôle des plaquettes dans la réparation et la régénération de différents tissus chez les patientes en présentant un échec d’implantation embryonnaire récurrent et chez les femmes atteintes d’endomètre réfractaire.
- Intralipides : L’administration d’intralipides autour du moment du transfert et après l’obtention de la grossesse peut contribuer à augmenter le taux d’implantation et, d’autre part, à diminuer la probabilité de fausse couche.
- Étude IBgen RIF : Une étude dénommée IBgen RIF, qui regroupe un panel de facteurs génétiques, immunologiques et hématologiques, de telle manière qu’un seul test nous apporte des informations sur différentes causes. Après évaluation du cas spécifique, il peut également être indiqué de réaliser des panels de séquençage massif (NGS).
Lors du choix d’une clinique de FIV, il est important de prendre en compte les taux de réussite, mais aussi de comprendre comment ces taux sont calculés. Il faut considérer le taux de grossesse, le taux d'accouchement, le taux de naissance vivante, le taux de fausse-couche et le nombre de cycles de traitement. Les cliniques ne valident pas forcément le début d’une grossesse au même moment. Pour certaines, la grossesse commence dès que le test sanguin confirme le test urinaire. D’autres patientent jusqu’à 8 à 12 semaines, pour laisser passer la période la plus à risque de fausse-couche.
Importance de la vitamine D
Selon une étude scientifique publiée dans « The Lancet Diabetes & Endocrinology », une supplémentation en vitamine D avant la conception augmenterait les chances de mener à terme une nouvelle grossesse après une première fausse couche. La prise de vitamine D de manière régulière avant la conception réduirait les risques de fausse couche et augmenterait les chances d’aboutir à une naissance.
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