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FIV au Gabon : Définition, Procédure et Implications

La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui offre une solution aux couples confrontés à des problèmes d'infertilité. Cet article explore la définition de la FIV, son processus, son application au Gabon, ainsi que ses implications sociales et éthiques.

Définition de la FIV

La PMA est définie comme « un ensemble de pratiques cliniques et biologiques permettant d'induire une grossesse en dehors de l'union naturelle de l'homme et de la femme, en particulier l'insémination artificielle, la fécondation in vitro, le transfert de gamètes et d'embryons, la conservation des gamètes, des tissus germinaux et des embryons ». L'objectif principal est de faciliter la rencontre entre un spermatozoïde et un ovule pour initier une grossesse.

Contexte Africain et Introduction de la FIV

Les technologies de la reproduction ont été introduites en Afrique subsaharienne à partir des années 1980, avec des premières naissances par FIV enregistrées à Cape Town (1984), au Sénégal (1989), au Togo (1997), au Cameroun (1998), au Mali (2000), en Mauritanie (2005), au Kenya (2006) et en Côte d’Ivoire (2009). Cette introduction soulève des questions sur les effets sociaux de cette innovation médicale, notamment dans un contexte où les taux de stérilité sont élevés et où les femmes sont souvent stigmatisées.

La stérilité est rarement attribuée à l'homme, et les femmes sont souvent victimes de maltraitance, incluant violences psychologiques, insultes, accusations de sorcellerie, répudiations, divorces ou polygamie du conjoint. Pour pallier cette stérilité, des pratiques comme le fosterage (adoption intrafamiliale) ou le « mariage entre femmes » sont parfois utilisées. Cependant, les couples ayant les moyens financiers se tournent de plus en plus vers l'AMP, mettant à distance les pratiques ancestrales.

L'émergence de classes moyennes en Afrique subsaharienne, avec un pouvoir d'achat permettant de financer des soins de santé privés, ainsi que l'essor du secteur privé libéral dans le domaine de la santé, ont favorisé l'implantation de ces techniques. Ces groupes sociaux émergents accordent une attention particulière à leur santé et aspirent à des modes de vie familiaux qui réorganisent les rapports entre homme et femme.

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Processus de la Fécondation In Vitro

Le processus de la FIV comprend plusieurs étapes clés :

  1. Évaluation initiale et tests : Détermination de l’état de santé des futurs parents par des tests sanguins, échographies et analyses de sperme.
  2. Stimulation ovarienne : Administration d’hormones injectables pour stimuler la production de plusieurs ovocytes, surveillée par échographie et tests sanguins.
  3. Ponction folliculaire : Extraction des ovocytes des follicules ovariens sous anesthésie légère, une procédure d'environ 20 à 30 minutes.
  4. Fertilisation et développement embryonnaire : Fertilisation des ovocytes en laboratoire avec les spermatozoïdes, suivie d’une surveillance du développement embryonnaire par un embryologiste. La fertilisation peut être réalisée par insémination classique ou par injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI).
  5. Transfert des embryons : Transfert des embryons sélectionnés dans l’utérus de la femme à l’aide d’un cathéter fin, sans nécessité d’anesthésie.
  6. Suivi médical : Après le transfert, la patiente reçoit des médicaments pour soutenir l’implantation et le développement embryonnaire. Un test de grossesse est effectué environ deux semaines après pour confirmer la réussite du traitement.

Taux de Réussite et Facteurs Influents

Le taux de réussite de la FIV dépend de plusieurs facteurs, notamment l’âge de la femme et les causes de l’infertilité.

  • Âge de la femme : Les taux de réussite diminuent significativement après 35 ans. Les femmes de moins de 35 ans ont un taux de réussite de 40-50%, tandis que celles de plus de 42 ans ont moins de 5% de chances de succès.
  • Causes de l’infertilité : Des conditions comme l’endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et l’azoospermie peuvent affecter les résultats de la FIV.

Cadre Légal et Éthique au Cameroun

Au Cameroun, une loi encadre l'exercice de la PMA, avec des interdictions assorties de sanctions administratives et pénales. Les sanctions administratives vont de la suspension au retrait de l'agrément, tandis que les sanctions pénales peuvent inclure des peines d'emprisonnement allant jusqu'à 20 ans et des amendes pouvant atteindre 20 millions FCFA.

La loi précise que les demandeurs d'une PMA doivent être vivants et âgés d'au moins 21 ans. Bien qu'aucune limite d'âge ne soit fixée pour l'homme, une limite est imposée pour la femme, tenant compte du « fonctionnement naturel » du corps féminin. La PMA est restreinte aux couples, mariés ou non, avec une exigence d'attestation de communauté de vie par un rapport d'enquête sociale pour les couples non mariés.

L'intérêt de l'enfant à naître est également pris en compte, avec des dispositions interdisant la divulgation d'informations pouvant conduire à sa stigmatisation. La filiation de l'enfant à l'égard du couple est établie de droit, qu'il soit marié ou non, et les parents ne peuvent contester leur lien de filiation avec l'enfant issu de la PMA.

Innovation Technologique et Sociale

L'AMP est considérée comme une innovation dans le domaine de la santé, transformant les structures sociales et les rapports sociaux. Elle permet de résoudre le problème de la stérilité grâce à la fécondation in vitro. L'innovation sociale est définie comme ayant des effets sur la structure sociale locale et transitant par des porteurs sociaux.

L'acceptation socioculturelle de l'innovation, notamment l'AMP, est cruciale. Des facteurs comme les possibilités limitées d'émergence, la coopération par emprunt, la diffusion et le cumul des connaissances, ainsi que l'expérimentation volontaire par essais et erreurs, conditionnent l'apparition et l'acceptation de toute innovation.

L'AMP correspond à la création d'un nouveau mode de reproduction humaine, visant à résoudre le problème d'infertilité des couples.

Introduction de l’AMP en Afrique Subsaharienne Francophone

La mise en place de l’AMP dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne a impliqué l’installation de structures spécialisées, l’acquisition de nouvelles connaissances scientifiques et l’apprentissage de nouveaux savoir-faire techniques. Les « porteurs sociaux » de ce dispositif (gynécologues et biologistes) ont constitué un réseau social de la reproduction francophone en Afrique.

Au Cameroun, une équipe de quatre médecins gynécologues s'est associée pour mutualiser l'achat de matériel et aménager des locaux conformes aux normes d'asepsie. La qualité de la gestion collective et l'anticipation des achats de matériel sont essentielles pour le succès de cette entreprise.

Alternatives à la FIV

Pour les couples conservateurs ou religieux, la transplantation utérine est une alternative à la gestation pour autrui. Cette opération chirurgicale consiste à transplanter un organe sain dans le corps d'une autre femme. Cependant, elle comporte des risques et nécessite une thérapie immunosuppressive.

Gestation pour Autrui

La gestation pour autrui est une autre option pour les couples infertiles. Elle peut être altruiste (sans récompense monétaire pour la mère porteuse) ou commerciale (avec une récompense monétaire). La gestation pour autrui est strictement interdite dans de nombreux pays, tandis qu'elle est légale en Ukraine, en Russie, en Géorgie et dans certains États américains.

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