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La Naissance d'Adam: Sources Historiques et Interprétations

Introduction

L'histoire d'Adam, premier homme selon les traditions abrahamiques, est une source inépuisable de réflexions théologiques, philosophiques et anthropologiques. Les récits de sa création et de sa vie sont présents dans la Bible hébraïque, le Coran et les traditions rabbiniques et musulmanes. Cet article se propose d'explorer les différentes sources historiques et leurs interprétations concernant la naissance d'Adam, en mettant en lumière les similitudes, les divergences et les enjeux de ces récits fondateurs.

L'Androgynie Primordiale d'Adam

La Genèse nous apprend que "le jour où Dieu créa Adam, il le fit à la ressemblance de Dieu. Homme et femme il les créa et il les bénit, et les appela du nom d’Homme, au moment où ils furent créés". On notera dans le deuxième verset le passage du singulier au pluriel. De là, sexuation et multiplication se conjuguent, puis Adam est nommé. Son nom désigne l’humanité entière, et pas seulement son père premier.

Les traditions rabbiniques et gnostiques mentionnent toutefois Adam comme un être androgyne. L’androgynie est posée à la fois comme le point de départ et d’aboutissement de la création. Pierre Bovon et François Geoltrain notent à ce propos :[…] la transgression du commandement de Dieu dans l’Éden (Gn 3) aurait eu comme conséquence la perte de l’androgynie originelle et la séparation des sexes. Dans ce contexte, le salut consistait dans la restauration de l’unité primordiale, dans le retour à l’innocence originelle, antérieure au péché.

L’indétermination sexuelle initiale d’Adam n’était-elle que le reflet d’une androgynie divine, signe de la perfection de son Créateur, mais non transposable hors d’un paradis en partie céleste et en partie terrestre ? Ou était-elle, à l’origine, le trait propre d’Adam céleste issu d’une parthénogenèse divine, d’un créateur lui-même asexué ? Sans répondre à ces interrogations, la Bible hébraïque clôt en un verset la question de la bifurcation des sexes, mais laisse un vaste champ ouvert à l’exégèse spéculative. Dans la tradition rabbinique, l’idée d’une androgynie divine est sublimée par la richissime glose sur l’aspect féminin de Dieu, sur sa Présence, la Shekhina. Cependant, la Genèse écarte toute insinuation d’anthropomorphisme divin et, inversement, de divinité humaine.

La Création d'Adam dans le Coran

La révélation coranique, qui ne néglige nullement les écritures juives, affirme avec emphase et réitération la séparation entre le divin et l’humain ainsi que l’opposition complémentaire entre le féminin et le masculin. Cependant, elle semble adopter dans certains passages une séquence autre que la Genèse pour expliquer la sexuation des premiers êtres. La sourate 39, verset 6, demeure elliptique : de l’âme première, de l’être premier et unique Dieu fait un être homologue. Delà, les individus humains seront créés dans les ventres de leurs mères, un à un, par intervention directe de Dieu : « Il vous a créé d’un(e) seul(e) être dont il a ensuite tiré son consort / Il vous a créé dans les ventres de vos mères […]7/Création après création dans trois ténèbres. » (khalaqakum min nafsin wāḥidatin thumma jaᶜala minhā zawjahā/yakhluqukum fī buṭūni ummahātikum khalqan min baᶜdi khalqin fī ẓulumātin thalāthin).

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Le terme nafs, à l’histoire très polysémique, signifie aussi « âme » et « esprit », le principe vital, le sang, notamment celui des couches (Kazimirski, 1860, ii : 1310). Ce vocable est du genre féminin. En revanche, le mot zawj, qui désigne « l’un de deux » (éléments d’une paire), ou époux, est ici grammaticalement masculin mais de genre indifférencié ; il se rapporte à un être qui n’est explicitement désigné ni comme homme ni comme femme. Le traduire dans ce verset comme « épouse » apparaît donc hâtif. Restons-en ici à « l’autre de deux ». Les êtres qui composent la paire originelle ne sont pas nommés. En dérivant l’un de l’autre, Dieu crée certes une dualité, mais n’instaure d’emblée, semble-t-il, ni la sexuation ni la personnification. Aussi, dans cette variante, par opposition à la Genèse (5, 2), la création première n’est pas collective ni duelle mais, grammaticalement du moins, posée au singulier. Le rapport entre Créateur et créatures reste dyadique et ne fonde pas, entre ces derniers, de lien social ni de hiérarchie, notamment de genre.

On retiendra ensuite le changement de mode, de l’accompli à l’inaccompli, lors du passage du premier verset, consacré aux deux premiers êtres, et les deux versets qui décrivent la création et l’individuation des humains en tant que membres d’un collectif, mais non encore d’une société. C’est dans l’entre deux qu’intervient, en creux, la sexuation, présentée déjà comme un fait accompli mais non explicité. Le « vous » (kum) désigne des êtres (d’abord mâles ?), qui naissent, modelés par interventions divines successives dans les ventres (buṭūn, sing. baṭn) de génitrices. La genèse n’est ainsi pas un moment unique, mais se déroule en continu du début jusqu’à la fin des temps, de la Création au Jugement, de proche en proche (khalqan min baᶜdi khalqin). Chaque événement individuel se déroule « dans trois ténèbres » (fī ẓulumātin thalāthin), expression qui esquisse une anatomie de l’utérus. « C’est Lui qui vous façonne dans les matrices [arḥām] de vos mères, comme il le veut » (Coran 3, 6). Ce processus est résumé dans la sourate 53 (45-47), qui révèle : « Il a créé le couple, mâle et femelle, d’une goutte de sperme, après qu’elle a été semée ; la seconde création lui revient aussi12.» Mais qui est le semeur ? Les géniteurs humains, au statut symétrique de commis du « second créateur », assument les rôles de déclencheur et lieu de la gestation. Ils relèvent d’une triade procréatrice homme-femme-Dieu dont les éléments humains sont remplaçables de proche en proche. Ces faits, pris ensemble, impriment au temps un ordre généalogique. Aussi posent-ils la question du degré d’autonomie de l’ordre social au regard du divin.

Les "Contes des Prophètes" et la Genèse d'Adam et Ève

D’importants traditionnistes et exégètes tels Ibn Isḥāq (mort vers 150-153 A. H. /767-770 E. C.), al-Yaᶜqūbī (284/897), al-Ṭabarī (311/923), al-Thaᶜlabī (427/1035) ou Ibn Kathīr al-Dimashqī (774/1373) abordent les interrogations que pose cette Genèse elliptique dans leurs « contes des prophètes » ou qiṣaṣ al-anbiyā’ (voir Tottoli, 2002, chapitre ix). Ces recueils colorés puisent, directement ou indirectement, dans un vaste ensemble de sources qui comprend, outre le commentaire coranique (tafsīr), les traditions orales du judaïsme, les écrits intertestamentaires dont le Livre des Jubilés, les midrashim haggadiques comme le Bereshit Rabba, des recueils exégétiques chrétiens tel La Caverne des Trésors, ainsi que, àundegré moindre, les apocryphes chrétiens. Les vies, et notamment les recueils plus tardifs tels que les Qiṣaṣ al-anbiyā’ attribués à Kisā’ī (consignés avant 617/1220) (Kisā’ī, 1922-1923, Thackston, 1978) purent susciter l’opprobre de l’orthodoxie sunnite en raison de l’imbrication de cette littérature avec les récits merveilleux (ajā’īb) qui nourrissent la tradition populaire. Toutefois, les légendes prophétiques trouvent, aujourd’hui encore, un fort écho auprès de nombreux croyants. Dans le présent travail, nous allons nous référer principalement aux deux compilations fondamentales et proches que sont le Tā’rīkh al-rusul wa l-mulūk d’al-Ṭabarī (1879, 1985) et les Qiṣaṣ al-anbiyā’ d’al-Thaᶜlabī (s. d., 2002). L’imaginaire de la Création que développent ces auteurs s’articule autour d’une vision généalogique de la diachronie, vision fondatrice de l’historiographie arabe qui privilégie la recréation transgénérationnelle d’origines partagées, incarnée par le principe de nasab.

La génération d’Adam ne fut pas entreprise ex nihilo, mais procéda d’un prélèvement de terre, Terre dont la création avait précédé celle de l’Homme. Quand Dieu réclama une part de cette substance, la Terre contesta la volonté de son créateur : « Lorsque Dieu désira créer Adam, Il manifesta à la Terre : “De toi, je créerai des humains […].” » (Thaᶜlabī, s. d. : 22, 2002 : 43). Il envoya Gabriel, porteur de son Souffle, ramasser à cette fin une poignée de glèbe, mais la Terre, invoquant son intégrité, refusa. Puis Dieu dépêcha Michel qui se heurta au même rejet. Enfin, il fit descendre l’ange de la Mort (dont l’existence précède ainsi la Genèse). Bien décidé à exécuter la volonté divine, ce dernier ne tint pas compte de l’opposition réitérée de la Terre etremonta à Dieu avec de la terre [de diverses sortes et couleurs]. Dieu lui ordonna de former la terre en argile et de la laisser fermenter. Ainsi, il la malaxa avec de l’eau amère, puis dans de l’eau douce et salée jusqu’à ce qu’il en fit de l’argile et la fit lever. Ainsi la nature humaine varie-t-elle (Ibid. ; voir Ṭabarī, 1879 : 87-88 ; 1985 : 258-259).

Gabriel apporta à Dieu de la terre blanche provenant du lieu où serait enterré le prophète Muḥammad. Il en fit une boule qu’il trempa dans de l’eau bénite puis dans celle de tous les fleuves du paradis. Transie sous le regard divin, la boule trembla, dégageant cent vingt-quatre mille gouttelettes. « De chaque goutte, Dieu créa un prophète […] et tous les prophètes furent créés de sa lumière. »

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De la sorte, les anges connurent Muḥammad, le Sceau des Prophètes, avant de connaître Adam.

Adam dans le Livre de la Genèse

D’après le Livre de la Genèse, Adam et Ève sont les deux premiers humains à avoir vécu sur Terre. Créés par Dieu, ils sont donc respectivement le premier homme et la première femme et sont à l’origine de l’humanité tout entière. Le mythe de la « naissance » du premier humain est divisé en deux sections. Le Livre de la Genèse (chapitre 1) s’ouvre sur le récit de la Création de l’Univers qui s’est faite en six jours. Dieu, après avoir créé le ciel et la terre, les eaux et les animaux, crée ensuite Adam, le premier homme. Dieu le fait « à son image » ; il est donc parfait dès ses origines. Il le crée également « homme et femme » (Gn 1, 27), c'est-à-dire que sa nature est mixte. Le septième jour, Dieu se repose.

Le deuxième récit de la Genèse se préoccupe moins de l’origine de la Terre et davantage de l’homme. La Terre est encore vierge de végétation et Dieu pense qu’il serait bon de créer un homme pour travailler son sol, ce qui donne également à ce dernier une action créatrice. À partir d’une source d’eau et de la poussière, il modèle le premier homme, Adam (« homme »), dont l’étymologie vient de l’hébreu adama, « argile ». De cette matière d’abord inerte, il insuffle ensuite « dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant » (Gn 2, 7) : l’homme est donc à la fois d’origine terrienne, né de la glaise, mais également un être divin, portant en lui le souffle de Dieu.

Le Seigneur le place ensuite dans le jardin d’Éden, un endroit merveilleux où poussent toutes sortes d’arbres aux fruits délicieux qu’Adam a le droit de goûter, à l’exception de ceux de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, sous peine de mourir. Dieu reconnaît qu’il faut à l’homme un compagnon. Il crée donc les animaux et laisse Adam les nommer. Mais leur aide n’est pas suffisante. Alors, Dieu crée un être à partir d’Adam lui-même. Il l’endort et façonne, à partir d’une de ses côtes, la femme. Lorsqu’Adam la voit, il s’exclame : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! ». Cette citation a fait l’objet de nombreuses polémiques et son interprétation dépend, finalement, de la traduction choisie. D’après l’historienne et théologienne Cristina Simonelli qui a écrit Ève. La première femme (2022), le terme hébreu employé initialement est tselah, qui peut être traduit par « côté, hanche » et éventuellement « moitié ». Dans le Septante, la traduction grecque de la Bible, tselah a été traduit par pleura, qui signifie « hanche ». Puis, dans la traduction latine, c'est le terme costa, « côte », qui lui est préféré et qui, éventuellement.

Cette différence de traduction détermine donc la manière dont on peut voir la naissance de la femme. Si l’on reprend le mot hébreu, tselah, on peut donc considérer que la femme a été proposée par Dieu comme la moitié de l’homme. Le serpent, décrit comme le plus rusé des animaux, tente la femme en lui assurant que si elle mange le fruit de l’arbre défendu « [ses] yeux s’ouvriront, et [qu’ils seront] comme des dieux, connaissant le bien et le mal » (Gn 3, 5). La femme réfléchit, se dit qu’il serait agréable de manger ce fruit puisqu’il donne l’intelligence. Alors, elle le goûte puis l’offre à son mari. Prenant soudain conscience de leur nudité, ils se vêtissent de feuilles de figuier. Puis, Dieu interpelle Adam et lui demande où il se trouve, car le couple a pris peur et s’est caché. Le premier homme lui révèle qu’ils ont été trompés par le serpent et qu’ils ont désobéi. Dieu punit alors le serpent à ramper et à manger de la poussière pour le reste de sa vie. Il condamne ensuite la femme à enfanter dans la douleur et à être soumise à son mari ; et l’homme au labeur et à devenir mortel : « C'est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens ; car tu es poussière, et à la poussière tu retourneras. » (Gn 3, 19) Ils sont ensuite chassés du jardin d’Éden, désormais gardé par deux anges armés. La transgression de l’homme et de la femme envers l’interdit leur fait ainsi changer de statut : ils deviennent mortels et donc spécifiquement humains. C'est ainsi qu’Adam donne à son épouse le prénom d’Ève (hébreu Havvah), qui signifie « la vivante », car elle est la mère de tous les vivants, de tous les humains qui naîtront après eux. Après s’être unis sexuellement, Ève donne naissance à trois fils : Caïn, Abel et Seth. Avec eux s’ouvre l’histoire humaine.

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Le Péché Originel et ses Interprétations

Là encore, il s’agit sans doute d’une erreur de traduction. La Genèse ne spécifie quel fruit est produit par l’arbre de la connaissance. Lorsque la Bible a été traduite en latin, il est possible qu’il y ait eu confusion dans la terminologie. En latin, le fruit se dit pomum, ce qui a peut-être été repris ensuite dans la représentation du fruit défendu. L’histoire d’Adam et Ève aurait été écrite, d’après les spécialistes, au VIe siècle av. J.-C. dans un contexte socio-politique difficile pour les Hébreux.

En effet, en 597 av. J.-C., Nabuchodonosor II conquiert la Judée, ce qui provoque l’exil de nombreux Hébreux à Babylone et leur asservissement pendant plusieurs décennies. Bien qu’exposés aux mythes locaux, certains Hébreux conservent la mémoire de leur culte à Yahvé et perpétuent les rites de leur pays. Exilés à Babylone, les Hébreux ont donc été en contact étroit avec les mythes mésopotamiens. Parmi eux, Enuma Elish qui est l’épopée de la création du monde et dont on trouve quelques occurrences avec le récit biblique. Peut-être parce que les versets de la Genèse ne sont pas assez explicites, est composée dans le milieu juif du Ier siècle avant ou après J.-C. La Vie d’Adam et Ève. Cet ouvrage a pour objectif de reconstituer la vie des premiers humains et de comprendre pourquoi le serpent les a tentés. Ce texte va circuler pendant plusieurs siècles, notamment au sein des premières communautés chrétiennes et ainsi inspirer de nombreux auteurs, dont l’apôtre Paul qui va explicitement parler de péché.

La notion de « péché originel » ne se trouve pas dans la Bible. C'est Augustin d’Hippone qui, à la fin du IVe siècle, va en faire une doctrine. Selon lui, nous sommes tous marqués par le mal, dès notre conception, car nous sommes de facto conçus dans le péché. C'est un héritage que l’on porte depuis les origines de l’humanité et qui est dû au désir d’Adam d’avoir voulu devenir l’égal de Dieu. Le péché originel est donc, d’après Augustin, le fruit de l’orgueil et du désir qui nous enchaîne au monde terrestre.

Dans le Nouveau Testament, puis dans la tradition chrétienne de manière générale, Jésus est donc souvent perçu comme le nouvel Adam venu délivrer l’humanité dans son ensemble. De la même manière, Marie est considérée comme la nouvelle Ève, celle qui rachète la faute de la première humaine. D’un côté, puisqu’elle accepte sans condition le projet divin de mettre au monde le Fils de Dieu, elle s’oppose à la figure de la vierge désobéissante que représente Ève au jardin d’Éden. Ensuite, puisqu’elle est mère du nouvel Adam, donc du nouvel humain, elle témoigne de l’ère nouvelle qui s’annonce.

Enseignements de l'Histoire d'Adam

L’histoire d’Adam (que la paix soit sur lui) contient de nombreux enseignements sur la foi, l’obéissance, le repentir, la responsabilité et la persévérance qui sont toutes applicables dans la vie de tous les jours des croyants. On retient :

  • Obéissance à Allah: Adam et Hawa ont désobéi à Allah en mangeant du fruit interdit, ce qui leur a coûté l'expulsion du Paradis. La leçon ici est l'importance de l'obéissance à Allah et de suivre Ses commandements. Nous devons croire qu’Allah ne veut que le bien pour ses serviteurs.
  • Repentance et pardon: après avoir désobéi à Allah, Adam et Hawa se sont repentis et ont été pardonnés par Allah. Cela montre l'importance du repentir sincère et de la miséricorde divine.
  • Responsabilité: Adam a été désigné comme le vicaire d'Allah sur terre, ce qui implique une grande responsabilité. Cette histoire montre l'importance de prendre ses responsabilités au sérieux et de les assumer avec intégrité.
  • La ruse d’Iblis (Satan): le récit met en évidence les tactiques de satan pour tromper les gens et les éloigner du chemin d'Allah. Cela nous rappelle d'être vigilants et de nous protéger contre les ruses.
  • Patience et persévérance: après avoir été expulsés du Paradis, Adam et Hawa ont dû faire face à de nombreuses épreuves sur terre.

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