L'infertilité est devenue un problème sociétal majeur, confrontant de nombreux couples à des défis émotionnels et physiques. Face à l'inefficacité des médecines traditionnelles et de la chirurgie, la fécondation in vitro (FIV) offre un espoir tangible aux patients infertiles. Bien que la FIV soit largement utilisée pour améliorer les résultats cliniques de la grossesse, son taux de réussite reste relativement faible, se situant entre 20 et 25 % par tentative. Cet article explore divers aspects de la FIV, en mettant en lumière des études récentes, des témoignages et des perspectives pour mieux comprendre et optimiser cette technologie.
Grossesse Après un Cancer : Une Perspective Encourageante
Une étude récente menée par l'Institut Marquès, une clinique espagnole spécialisée dans la fertilité, a révélé que la grossesse après un traitement anticancéreux est sans danger. Cette découverte est particulièrement importante, car elle répond à une question fréquemment posée par les femmes ayant vaincu un cancer et désirant avoir un enfant. Jusqu'à récemment, ces femmes étaient confrontées à des incertitudes quant à la possibilité qu'une grossesse puisse réactiver leur cancer. L'Institut Marquès a démontré qu'avoir un enfant après un cancer ne présente pas de risque accru de récidive.
L'unité d'oncologie et de médecine de la reproduction de l'Institut Marquès étudie chaque cas individuellement pour garantir la sécurité des patientes et prévenir la réactivation du cancer pendant ou après la grossesse. Cette unité est composée de 20 médecins de différentes spécialités, notamment l'oncologie, la radiothérapie, la chirurgie, la gynécologie et l'endocrinologie.
Actuellement, 89 % des patientes dont le cas a été étudié par l'Institut Marquès ont été jugées suffisamment en bonne santé pour commencer un traitement de fertilité. Parmi ces femmes, 82 % sont tombées enceintes après divers traitements reproductifs.
Il est crucial de noter que le cancer et son traitement peuvent affecter la fertilité d'une femme. Cependant, dans de nombreux cas, c'est le retard de la maternité qui entraîne la nécessité de recourir à un traitement de procréation assistée après un cancer. Bien que la préservation de la fertilité avant le traitement du cancer soit de plus en plus courante, l'étude de l'Institut Marquès a révélé que seule une femme sur dix ayant entamé un cycle d'assistance médicale à la procréation avait fait congeler ses ovocytes avant son traitement anticancéreux.
Lire aussi: Caractéristiques des biberons NUK First Choice
L'Institut Marquès souhaite transmettre un message clair à la communauté médicale : il est essentiel de ne pas refuser aux femmes ayant des antécédents de cancer la possibilité de devenir mères. L'unité spécialisée dans le conseil en reproduction de l'Institut a déjà traité des femmes du monde entier, et la première consultation peut se faire dans leur pays d'origine. Il est possible de consulter l'Institut Marquès en Irlande, avec des consultations initiales disponibles à Clane, Dublin et Londres. Les patientes ayant survécu à un cancer qui consultent la clinique ont généralement environ 40 ans et ont survécu à un cancer du sein, un cancer hématologique (leucémie, lymphome) ou un cancer de l'ovaire. En moyenne, les femmes mettent environ huit ans après le diagnostic de cancer avant de rechercher activement des conseils professionnels sur la façon de devenir mères. La bonne nouvelle est que sept femmes sur dix deviennent mères moins de deux ans après leur première consultation. Toutes les femmes sont suivies de près par les oncologues de l'Institut, et en moyenne, après deux ans, elles sont toujours en bonne santé.
Impact du Microbiote Vaginal sur les Résultats de la FIV
Une étude rétrospective menée entre janvier 2017 et décembre 2019 a évalué l'impact du microbiote vaginal sur les résultats de la FIV. L'étude a inclus 967 patientes ayant bénéficié d'un score de Nugent pour la vaginose bactérienne (VB) avant le début du traitement ou au cours de la première semaine d'injections pour le protocole de FIV.
La vaginose bactérienne (VB) a été diagnostiquée pour des scores de Nugent de 7 à 10, et un score de 4 à 6 a été considéré comme une flore intermédiaire. La prévalence de la VB estimée par le score de Nugent dans la population totale était de 6,52 % (63/967). L'étude a révélé qu'il n'y avait pas de différence significative entre les trois groupes de Nugent en ce qui concerne les critères démographiques. La prévalence de la VB était de 8,07 % (18/223) chez les patientes atteintes d'endométriose, de 10,46 % (18/172) chez les patientes atteintes d'infertilité tubaire et de 5,51 % (17/353) chez les patientes atteintes d'infertilité masculine.
La présence de Lactobacillus dépend de l'âge, étant statistiquement plus fréquente chez les patientes plus âgées (p = 0,4), tandis que la présence de Gardnerella dépend de l'indication de l'infertilité, étant plus représentée dans les indications tubaires (p = 0,01). En ce qui concerne la leucocytose (nombreux, relativement nombreux et peu de leucocytes), la différence était statistiquement significative entre la grossesse et l'échec après le transfert d'embryon (p = 0,014), indiquant que la leucocytose est plus impliquée dans le vagin en cas d'échec de la FIV.
La prévalence de la VB chez les patientes tombées enceintes après le transfert d'embryons était de 3,47 % (8/230), tandis que la VB chez les patientes ayant échoué à la FIV était de 7,22 % (48/664) (p = 0,05). En ce qui concerne le taux de naissances vivantes, des différences statistiquement significatives ont été observées entre le groupe 1 (152/192) et le groupe 2 (14/24) (p = 0,03) et entre le groupe 1 et le groupe 3 (8/16) (p = 0,01), mais aucune différence entre les groupes 2 et 3 (p = 0,74).
Lire aussi: Avis complet sur la Safety 1st Compacte
Ces résultats suggèrent que le score de Nugent est capable de diagnostiquer la vaginose bactérienne et de prédire son influence négative sur les taux de naissances vivantes après un transfert d'embryons frais.
Vasa Prævia et FIV : Un Lien Étroit
L'hémorragie de Benckiser est une hémorragie fœtale rare mais grave, associée à une mortalité fœtale élevée. Elle est causée par la rupture d'un ou plusieurs vasa prævia (VP) lorsque les membranes se rompent. Bien que rare, le risque de VP est multiplié par dix en cas de grossesse conçue par fécondation in vitro (FIV).
Une revue de la littérature a été réalisée en sélectionnant huit articles datant de 1987 à 2015 à partir de différentes bases de données internationales. Les résultats ont montré que les anomalies placentaires à l'origine du VP étaient plus fréquentes en cas de FIV. Le diagnostic anténatal du VP est crucial car il permet de pratiquer une césarienne prophylactique avant le début du travail. L'examen de référence pour le diagnostic est l'échographie transvaginale couplée au Doppler couleur réalisée au cours du deuxième trimestre.
Afin d'améliorer le suivi des patientes FIV, un dépistage ciblé et systématique devrait être mis en place. Cependant, en France, le dépistage ciblé du VP sur les patientes à risques n'est pas systématiquement mis en œuvre, malgré la publication de recommandations cliniques internationales. Les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans le dépistage de cette pathologie, et leur information est primordiale.
Optimisation des Conditions de Culture Embryonnaire : Impact de la Concentration en Oxygène
Une étude monocentrique observationnelle rétrospective a examiné l'impact de la concentration en oxygène pendant la culture embryonnaire sur les résultats de la FIV. L'étude a inclus 120 couples ayant subi deux cycles de FIV entre 2014 et 2019.
Lire aussi: Test et évaluation de la poussette Safety 1st
Dans le premier cycle de FIV, les embryons ont été cultivés à 5 % d'O2 du jour 0 (J0) au jour 5/6 (stratégie de concentration monophasique en O2). Dans le deuxième cycle de FIV, les embryons ont été cultivés à 5 % d'O2 de J0 à J3 et à 2 % d'O2 de J3 à J5/6 (stratégie de concentration biphasique en O2).
Les taux de blastocystes totaux et utilisables (44,4 % contre 54,8 %, p = 0,049 et 21,8 % contre 32,8 %, p = 0,002, respectivement) et le taux cumulé de naissances vivantes (17,9 % contre 44,1 %, p = 0,027) étaient significativement plus élevés avec la stratégie de concentration biphasique (5 %-2 %) en O2.
L'analyse du transcriptome complet des blastocystes donnés pour la recherche a identifié 707 ARN qui étaient exprimés différemment en fonction de la stratégie O2 (fold-change > 2, valeur p < 0,05). Ces gènes sont principalement impliqués dans le développement embryonnaire, la réparation de l'ADN, la pluripotence des cellules souches embryonnaires et le potentiel d'implantation.
Ces résultats suggèrent qu'une stratégie de concentration biphasique en oxygène (5 %-2 %) améliore significativement les taux de blastocystes utilisables et le taux cumulé de naissances vivantes en FIV.
Influence du Délai de Première Division Cellulaire sur le Développement Embryonnaire
Une étude sur des zygotes bovins produits in vitro a révélé une variation substantielle dans le temps nécessaire pour compléter le premier cycle cellulaire et dans leur potentiel de développement in vitro. Les embryons qui se développent le plus rapidement in vitro sont les plus susceptibles d'être comparables à leurs homologues in vivo.
Vingt-quatre heures après la FIV, les zygotes présumés ont été cultivés dans des gouttelettes de milieu de fluide oviductal synthétique. Les gouttelettes ont été examinées à intervalles réguliers, et tous les embryons clivés à chaque point temporel ont été transférés dans de nouvelles gouttelettes et cultivés séparément pendant toute la durée de l'expérience. Tous les zygotes non clivés ont été remis dans l'incubateur et réexaminés aux points temporels successifs jusqu'à 48 heures après l'insémination, date à laquelle les ovocytes non clivés restants ont été conservés en groupe.
Un nombre représentatif de blastocystes de jour 7 provenant de zygotes qui s'étaient clivés avant 30 ou 36 heures ont été transférés à des receveuses synchronisées, et la gestation a été diagnostiquée par échographie au jour 35. Le métabolisme du glucose et de la glutamine a été examiné dans les zygotes et les blastocystes et comparé rétrospectivement au moment de la première division. Un nombre représentatif de blastocystes de chaque groupe de clivage a été sexé par PCR.
Le développement jusqu'au stade blastocyste a diminué à mesure que le temps entre l'insémination et la première division augmentait (r = 0,97, P < 0,03). Il n'y avait pas de différence dans l'éclosion des blastocystes, le nombre de cellules blastocystes ou le taux de gestation entre les groupes 30 et 36 heures. Le sex-ratio global était de 62 % de mâles (n = 258, P < 0,0001) et n'était pas différent dans les groupes 30 et 36 heures (61 %, n = 155 contre 63 %, n = 95, respectivement).
Ces résultats suggèrent que le délai entre l'insémination et la première division cellulaire influence le développement embryonnaire et peut être un indicateur du potentiel de développement.
tags: #first #ivf #dublin #témoignages