L’infertilité féminine est une problématique complexe touchant de nombreux couples. Selon les chiffres de l’INSERM, 10 % des couples rencontrent des difficultés à concevoir un enfant naturellement après deux ans de tentatives. Cet article vise à explorer en profondeur les causes, les symptômes et les solutions disponibles pour les femmes confrontées à l’infertilité.
Infertilité vs. Stérilité : Une Distinction Essentielle
Il est crucial de distinguer l’infertilité de la stérilité. L’infertilité se définit comme la difficulté à concevoir un enfant malgré des rapports sexuels réguliers sans contraception. Contrairement à la stérilité, l’infertilité n’est pas considérée comme irréversible. Des traitements peuvent aider une femme infertile à concevoir naturellement. La stérilité, quant à elle, se caractérise par une impossibilité totale de concevoir un enfant naturellement et ne peut être établie qu’au terme de la vie reproductive.
Un couple est considéré comme infertile après 12 à 24 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. L’infertilité peut être primaire (lorsqu’une personne n’a jamais mené une grossesse à terme) ou secondaire (quand au moins une grossesse antérieure a abouti).
Manifestations de l'Infertilité Féminine
Le principal symptôme de l’infertilité féminine est l’absence de grossesse. Cependant, d’autres signes peuvent alerter :
- Irrégularité des cycles menstruels : Les femmes infertiles ont souvent des cycles anarchiques, avec des périodes de dysovulation (ovulation irrégulière) ou d’anovulation (absence d’ovulation). Sans ovulation, la fécondation est impossible. La durée d’un cycle normal est généralement comprise entre 23 et 35 jours. Des cycles plus longs ou plus courts que cette durée moyenne peuvent être associés à des problèmes de fertilité.
- Douleurs pelviennes : Des douleurs dans la région du bassin peuvent être un signe d’infertilité.
- Dyspareunies : Rapports sexuels douloureux.
- Pertes vaginales anormales : Les modifications hormonales peuvent affecter la quantité et la nature des sécrétions vaginales, pouvant entraîner une sécheresse vaginale.
- Cycles menstruels trop longs, trop courts, irréguliers ou absents.
Causes de l'Infertilité Féminine
De nombreuses causes peuvent expliquer l’infertilité féminine. Elles peuvent être d’origine hormonale, mécanique ou liées au mode de vie.
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Causes Hormonales
Les troubles de l’ovulation sont une cause fréquente d’infertilité. L'ovulation est contrôlée par les hormones de la fertilité. Si, pour une raison quelconque, vos taux hormonaux sont perturbés, votre ovulation peut s’en trouver affectée. On parle d’anovulation lorsque l’ovaire d’une femme échoue dans la production, la maturation ou la libération d’un ovule. La plupart des femmes feront l’expérience de cycles menstruels anovulatoires à un moment donné de leur vie reproductive. Ce phénomène est plus courant chez les jeunes femmes ayant tout juste eu leurs règles, ou chez les femmes plus âgées approchant de la ménopause. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine du dérèglement hormonal affectant l’ovulation. Si une femme en bonne santé et ayant ses règles régulièrement utilise des tests d'ovulation ou le Moniteur de Fertilité Avancé et qu’elle détecte un cycle anovulatoire occasionnel, elle ne doit pas s’inquiéter : c’est normal, et cela ne devrait avoir aucun impact sur sa fertilité.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Première cause d’infertilité féminine, le SOPK est un dérèglement hormonal entraînant une production excessive d’androgènes (hormones masculines). Environ 10 % des femmes en souffrent. Cela entraine une hyperpilosité et une absence d’ovulation chez la moitié des femmes concernées. L’SOPK est la première cause d’infertilité chez la femme jeune. Les symptômes peuvent comprendre une absence de règles ou des règles irrégulières, une prise de poids, une croissance pileuse excessive et des problèmes de conception. On estime qu’au Royaume-Uni, près d’une femme sur 10 présente des ovaires polykystiques.
- Insuffisance ovarienne : Elle est la première cause d’infertilité après 35 ans. Elle ne peut pas être corrigée par une assistance médicale à la procréation (PMA), à moins de faire appel à un don d’ovocytes.
- Insuffisance ovarienne prématurée (IOP) : Souvent appelée à tort « ménopause précoce », l’IOP touche 1 % des femmes de moins de 40 ans et 0,1 % des femmes de moins de 30 ans. Il s’agit d’une perte folliculaire anormalement importante, associée à l’absence de cycle menstruel, avec une ménopause précoce survenant avant l’âge de 40 ans. Si votre mère a été ménopausée précocement, il est fort possible que vous soyez également concernée par ce problème ; essayez donc de savoir à quel âge votre mère a atteint la ménopause.
- Hyperprolactinémie : Sécrétion excessive de prolactine (hormone de lactation) par l’hypophyse, freinant l’activité de l’hypothalamus et causant des troubles de l’ovulation. Cette hormone est capable de freiner l’activité de l’hypothalamus et de générer des troubles de l’ovulation pouvant aller jusqu’à une aménorrhée complète.
- Insuffisance lutéale : Production insuffisante de progestérone par le corps jaune, empêchant l’épaississement adéquat de la paroi interne de l’utérus et l’implantation de l’embryon. L’on parle d’insuffisance lutéale lorsque le follicule ovarien, qui devient le corps jaune, ne produit pas assez de progestérone. De ce fait, l’épaississement de la paroi interne de l’utérus n’est pas correct et donc, cela empêche l’implantation de l’embryon après fécondation. Pour connaître la durée de votre phase lutéale, comptez le nombre de jours entre votre deuxième jour de fertilité maximale et la date de début de vos règles.
- Troubles de la thyroïde (hypothyroïdie ou hyperthyroïdie) : Peuvent affecter la fertilité en causant des anomalies ovulatoires et des perturbations du cycle menstruel. Ces troubles de la thyroïde peuvent avoir un impact sur la fertilité, en engendrant une anomalie ovulatoire et une perturbation du cycle.
Causes Mécaniques
- Altération des trompes de Fallope : Les trompes de Fallope acheminent l’ovule de l’ovaire à l’utérus. Une obstruction dans les trompes de Fallope peut entraver la progression des spermatozoïdes vers l’ovule ; une grosseur dans l’utérus peut empêcher l’implantation de l’ovule fécondé. Les trompes de Fallope peuvent être obstruées ou endommagées, empêchant les spermatozoïdes de rencontrer l’ovule. L’on parle dans ces cas d’anomalies tubaires. La cause la plus fréquente d’occlusion des trompes de Fallope est une infection à chlamydia qui n’a pas été traitée. Certaines femmes peuvent ne pas savoir qu’elles ont déjà été atteintes de chlamydiose en raison de l’absence des symptômes de cette infection.
- Endométriose : Le terme d’endométriose est utilisé lorsque le tissu qui revêt la paroi utérine croît en dehors de l’utérus. Cette maladie touche près de 10 % des femmes. Elle est due à l’implantation de fragments de tissus identiques à l’endomètre dans la cavité péritonéale et, parfois, sur les ovaires. Même si les femmes qui en sont atteintes peuvent avoir des difficultés à concevoir, l’endométriose n’est pas obligatoirement synonyme d’infertilité. Ce tissu peut alors obstruer les trompes de Fallope et ainsi empêcher la fécondation. L’endométriose peut provoquer des règles abondantes ou très douloureuses. Elle peut être traitée par des médicaments ou en éliminant ces tissus superflus. De nombreuses femmes atteintes d’une endométriose légère concevront normalement, bien que la probabilité de rencontrer des problèmes de fertilité soit plus importante. L’endométriose sévère peut endommager les trompes de Fallope et les ovaires, et les adhérences susceptibles d’accompagner cette maladie peuvent également obstruer les trompes. Votre gynécologue saura vous conseiller sur la procédure à suivre à ce sujet.
- Problèmes utérins et cervicaux : Les maladies de l’utérus sont à l’origine de 4 à 7 % des infertilités féminines. Les anomalies utérines peuvent empêcher l'implantation de l'embryon ou mener à des fausses couches. Ces anomalies peuvent être des : fibromes utérins (tumeurs bénignes dans la paroi de l'utérus) ; polypes utérins (excroissances bénignes dans la cavité utérine) ; anomalies congénitales (défauts présents à la naissance, tels qu'un utérus bicorne). Les problèmes cervicaux (liés au col de l'utérus) responsables de l’infertilité peuvent quant à eux être dus à : du mucus cervical (le mucus est trop épais pour permettre le passage des spermatozoïdes) ; une sténose cervicale (il s’agit du rétrécissement du col de l'utérus).
Facteurs Liés au Mode de Vie et à l'Environnement
- Âge : La fertilité féminine diminue naturellement avec l’âge, surtout après 35 ans. La fertilitéCapacité pour un couple à concevoir, c’est-à-dire de débuter une grossesse…. féminine diminue naturellement à partir de 30 ans, la fertilitéCapacité pour un couple à concevoir, c’est-à-dire de débuter une grossesse…. masculine à partir de 40 ans, ce qui explique une hausse du risque d’infertilité. Ainsi, les chances de grossesse sont évaluées à 25 % par cycle entre 25 et 30 ans, mais à 12 % seulement à 35 ans et 6 % au-delà de 40 ans. On parle souvent de « l’horloge biologique féminine », car chaque femme dispose d’une réserve d’ovocytes personnelle, déterminée à la naissance pour la vie entière. Ce stock fixe d’ovocytes diminue notablement à partir de 38 ans avant d’être épuisé à la ménopause, autour de 50-55 ans environ.
- Poids : L’obésité ou l’insuffisance pondérale peuvent affecter l’ovulation. Être en surpoids ou en sous-poids peut altérer votre cycle menstruel et diminuer vos chances de conception.
- Stress : Le stress chronique peut perturber l’équilibre hormonal.
- Exposition à des toxines : Produits chimiques industriels, pesticides et autres substances toxiques. On parle ici d’environnement au sens large, aussi appelé « exposome » : l’ensemble des expositions environnementales (non génétiques) auxquelles chaque individu est soumis au cours de sa vie. Cela inclut notamment les pollutions de tous ordres (pollution de l’air, métaux lourds, solvants, polluants organiques persistants, pesticides), les perturbateurs endocriniens, mais aussi le mode de vie : une mauvaise alimentation et un surpoids ou à l’inverse une maigreur excessive chez les femmes, la consommation de tabac ou de drogues… Tous ces éléments extérieurs jouent un rôle néfaste important sur l’infertilité masculine et féminine, directement ou indirectement.
- Tabagisme : Chez les femmes, le tabagisme peut affecter la fertilité et déclencher une ménopause précoce. Il peut aussi augmenter le risque de fausse-couche et la survenue précoce du travail.
- Consommation excessive d’alcool et de drogues : Chez l’homme comme chez la femme, la fertilité peut être affectée par une consommation excessive d’alcool. La diminution de votre consommation d’alcool peut vous aider à concevoir. De plus, la consommation d’alcool pendant la grossesse peut affecter la santé de votre bébé. Il existe de nombreuses sortes différentes de drogues à usage récréatif ou illégales de nos jours, et la manière dont elles affectent la fertilité n’est pas bien étudiée.
Anomalies Génétiques
- Syndrome de Turner : Anomalie chromosomique entraînant une atrophie et un mauvais fonctionnement de l’ovaire, pouvant causer l’infertilité. Le Syndrome de Turner est une anomalie chromosomique (perte d'une partie d'un chromosome X) qui entraîne une atrophie et un mauvais fonctionnement de l'ovaire, ce qui peut engendrer une infertilité.
Diagnostic de l'Infertilité Féminine
Le diagnostic de l’infertilité repose sur un examen clinique et des tests spécifiques. Il est conseillé de consulter un spécialiste si l'absence de grossesse est associée à des symptômes comme mentionnés ci-haut.
- Examen clinique : Le médecin s’assure que le cycle menstruel est normal et que les organes reproducteurs fonctionnent correctement.
- Tests d’ovulation : Pour vérifier la quantité d’hormones dans le sang et confirmer l’ovulation. Votre médecin peut se servir de cette analyse pour vérifier si vous ovulez. L’analyse de la durée et de la régularité des cycles menstruels de la femme permet à votre médecin d’évaluer la qualité de l’ovulation. La prise de sang permet de mesurer les taux hormonaux. Votre médecin indiquera le jour du cycle où elle doit être réalisée.
- Test de Hühner (test post-coïtal) : Réalisé quelques heures après un rapport sexuel, pour contrôler la qualité de la glaire cervicale. Grace à toutes ces informations, le médecin devrait pouvoir déterminer s’il s’agit d’une infertilité ou d’une stérilité et si son origine est masculine, féminine ou impliquant les deux partenaires.
- Hystérosalpingographie : Examen radiographique pour visualiser l’utérus et les trompes de Fallope et détecter d’éventuelles anomalies.
- Échographie pelvienne : Utilisation d’ultrasons pour visualiser l’utérus et détecter des anomalies de l’utérus, des trompes ou des ovaires. L’échographie pelvienne est pratiquée habituellement par voie vaginale, vessie vide. C’est un examen indolore et sans risque particulier.
- Laparoscopie : Chirurgie mini-invasive pour examiner l’utérus, les trompes de Fallope et les ovaires, particulièrement en cas de suspicion d’endométriose. Il s’agit d’une sorte de chirurgie mini-invasive où un tube mince doté d’une caméra est inséré pour examiner l’utérus, les trompes de Fallope et les ovaires.
- Spermogramme du partenaire : Analyse du sperme du partenaire pour évaluer la qualité et la quantité des spermatozoïdes. La principale cause d’infertilité chez l’homme est un faible nombre de spermatozoïdes ou une mauvaise qualité de ces derniers, c’est-à-dire des spermatozoïdes avec une mobilité médiocre (des spermatozoïdes qui ont du mal à se déplacer).
- Tests génétiques : Pour dépister une origine génétique à l’infertilité.
Traitements de l'Infertilité Féminine
Le traitement de l’infertilité dépend de la cause sous-jacente.
- Changement de mode de vie : Perdre du poids ou arrêter de fumer peut améliorer la fertilité.
- Traitements médicamenteux : Pour stimuler l’ovulation ou corriger les déséquilibres hormonaux. En cas de troubles du cycle menstruel et de problèmes liés à l’ovulation, les traitements seront principalement hormonaux. Il peut s’agir par exemple de comprimés de citrate de clomifène ou d’injection d’hormones FHS (hormone folliculo-stimulante) et/ou de LH (hormone lutéinisante), afin de déclencher l’ovulation.
- Chirurgie : Correction des anomalies utérines, traitement de l’endométriose, réparation des trompes de Fallope. Des traitements chirurgicaux peuvent être la clé en cas de maladie obstructive et mécanique.
- Techniques de procréation assistée : Pour les troubles de la fertilité qui ne peuvent pas être rétablis, des techniques d'assistance médicale à la procréation peuvent être proposés.
Technologies d'Assistance à la Procréation Féminine
- Insémination artificielle (IA) : Placement de spermatozoïdes lavés dans l’utérus au moment de l’ovulation pour augmenter les chances de fécondation. L’insémination artificielle peut se faire soit avec le sperme du conjoint (IAC), soit avec le sperme d’un donneur (IAD).
- Fécondation in vitro (FIV) : Prélèvement d’ovules matures, fécondation par des spermatozoïdes en laboratoire, puis transfert des embryons dans l’utérus. La fécondation in vitro est la technique la plus fréquemment utilisée.
- Injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) : Injection d’un seul spermatozoïde directement dans un ovule mature pour favoriser la fécondation.
- Don d’ovocytes : Utilisation d’ovules d’une donneuse anonyme fécondés par les spermatozoïdes du partenaire masculin, puis transfert des embryons dans l’utérus de la receveuse. Si une femme ne produit pas d'ovules de qualité suffisante, elle peut envisager un don d'ovocytes. Dans ce cas, les ovules d'une donneuse anonyme sont fécondés par les spermatozoïdes du partenaire masculin et les embryons qui en résultent sont transférés dans l'utérus de la receveuse.
Prévention de l'Infertilité Féminine
- Maintenir un poids santé grâce à une alimentation équilibrée et à l’exercice régulier.
- Éviter les comportements à risque tels que le tabagisme, l’usage de drogues et la consommation excessive d’alcool.
- Se protéger contre les infections sexuellement transmissibles (utilisation de préservatifs, dépistage régulier).
- Gérer le stress et consulter régulièrement un médecin pour des bilans de santé.
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