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L'Attraction Subtile : Comment l'Ovulation Influence l'Attirance Masculine - Études Scientifiques

Chaque jour, des millions d’hommes et de femmes se livrent à une activité essentielle à la survie de l’humanité : les relations sexuelles. Mais qu'est-ce qui nous rend sensibles à un visage, un corps, ou une attitude particulière ? La théorie de l’évolution suggère que les comportements favorisant le succès reproductif ont été privilégiés au fil du temps. Chez les animaux, la femelle signale sa période de fécondité par diverses stratégies. La question se pose alors : la femme fait-elle exception à cette règle ?

L'Ovulation Cachée et les Signaux Subtils

Chez l’être humain, l’appel à l’accouplement est si discret qu’il semble inexistant. Pourtant, selon la théorie de l’évolution, il devrait exister. Chez la femme, l’ovulation est cachée, ou cryptique. La plupart des femmes ne savent pas quand elles ovulent, sauf si elles observent attentivement les infimes changements physiologiques qui opèrent à l’approche de l’ovulation, tels que l’augmentation de la température corporelle ou le changement du mucus vaginal. Mais, pourtant, la sexualité féminine est caractérisée par des changements importants d’une phase à l’autre du cycle menstruel. Ils impliquent des variations de la beauté du visage et du corps, des fluctuations du désir sexuel, des modifications dans l’attirance qu’elles éprouvent pour différents types d’hommes, et une évolution des stratégies pour se mettre en valeur.

La Symétrie et l'Attirance Accrue Pendant l'Ovulation

La période d’ovulation s’accompagne de modifications de la structure du visage et du corps, qui les rendent plus attirants. Or la symétrie est un indicateur de « bons gènes ». En effet, le corps des mammifères est généralement symétrique. Toute asymétrie est le révélateur d’une infime anomalie, ce qui explique pourquoi les visages symétriques sont considérés comme plus attractifs que les visages asymétriques. Pourtant, bien que la symétrie ait été sélectionnée, la plupart des individus sont légèrement asymétriques : un doigt imperceptiblement plus long que celui de la main opposée, une oreille un peu plus décollée, une jambe plus longue. Or, pendant les jours fertiles, cette asymétrie diminue chez les femmes (parfois jusqu’à 30 pour cent). Il en résulte un aspect plus séduisant pendant les jours fertiles.

Les biologistes Diane Scott et John Manning, de l’Université de Liverpool, ont mesuré différentes parties du corps et du visage de femmes, tels les oreilles, les joues, les seins, les doigts, à l’aide d’instruments de précision pouvant mesurer des différences d’un vingtième de millimètre. Simultanément, ils ont évalué le moment précis du cycle par un examen des ovaires et de l’utérus par ultrasons.

Preuves Empiriques : Pourboires des Strip-Teaseuses et Études Photographiques

D’autres expériences ont montré que les hommes sont sensibles à ces variations d’attrait sexuel. Ainsi, le psychologue américain Geoffrey Miller a demandé à des strip-teaseuses de noter leurs heures de travail, leurs pourboires, et les dates de leur cycle pendant 60 jours. Les résultats ont révélé que les strip-teaseuses recevaient des pourboires nettement plus élevés pendant la phase fertile de leur cycle (en moyenne 335 dollars pour cinq heures) que pendant la phase non fertile (260 dollars) ou pendant leurs règles (185 dollars).

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À l’Université de Californie, des chercheurs ont demandé à des étudiantes de poser pour des photos, sans leur communiquer le but de l’étude. Chaque étudiante posait deux fois, et les dates étaient fixées de façon à ce qu’une séance photographique ait lieu pendant la phase fertile de leur cycle menstruel (15 à 17 jours avant le début estimé de la prochaine menstruation) et l’autre dans leur phase non fertile (4 à 7 jours avant). Ensuite, les chercheurs ont demandé à d’autres hommes et femmes d’observer les paires de photos et de les évaluer en fonction de plusieurs critères qu’ils avaient établis.

Stratégies Vestimentaires et Compétition Féminine

À l’Université du Minnesota, la psychologue Kristina Durante a donné à des femmes le choix entre divers types d’habits et a constaté qu’elles s’habillaient de façon plus sensuelle pendant la phase d’ovulation, mais aussi qu’elles le faisaient d’autant plus volontiers qu’on venait de leur montrer des photographies d’autres femmes séduisantes. En revanche, elles étaient moins attirées par les habits voyants si on précisait que ces femmes vivaient dans des villes très éloignées. Selon les auteurs, le choix d’habits valorisants serait une stratégie utilisée par les femmes en phase d’ovulation pour surpasser d’éventuelles rivales. Il s’agirait d’un réflexe ancestral qui permettrait aux femmes en phase fertile d’accéder aux meilleurs reproducteurs quand elles sont en compétition avec d’autres femmes attirantes.

Désir Sexuel et Préférences Masculines

Si les hormones ont une influence sur la tenue vestimentaire, ce n’est qu’un prélude. Une dizaine d’études qui se sont déroulées entre 1984 et 1994 ont porté sur les envies et pratiques sexuelles des femmes selon la phase de leur cycle menstruel. Pour participer à ces études, les femmes devaient noter pendant plusieurs mois la fréquence de diverses pratiques : masturbation, rapport sexuel à leur propre initiative, orgasme, etc. Évidemment, cette amplification de la vie sexuelle peut dépasser la sphère des relations au sein du couple.

Steven Gangestad de l’Université du Nouveau Mexique, a demandé à des jeunes femmes de noter régulièrement, pendant plusieurs mois, leurs envies de flirter avec d’autres hommes que leur conjoint, leur niveau de désir sexuel, et leurs fantasmes. S. Gangestad a constaté que cet accroissement du désir et des fantasmes ne concernait pas le partenaire « régulier », mais d’éventuelles relations extraconjugales. En outre, au moment de l’ovulation, pendant la phase fertile de leur cycle, les femmes préfèrent des hommes très attirants, ayant des visages typiquement masculins caractérisés notamment par un menton carré, de larges mâchoires et des sourcils épais, de même que des corps plutôt musclés et présentant des épaules nettement plus larges que le bassin. Elles privilégient aussi les voix graves et les hommes de grande taille adoptant des comportements dominants.

L'Odeur et les Gènes : Attraction Chimique

Dans d’autres études, les chercheurs ont mesuré les paramètres physiques de sujets qui participent à leurs études et ont également évalué leurs traits psychologiques. Ensuite, ils ont demandé aux hommes de dormir avec le même T-shirt pendant deux jours et de le rapporter au laboratoire. Dans la deuxième phase de l’étude, ils demandaient à des femmes de sentir ces T-shirts et d’indiquer à quel point elles se sentaient sexuellement attirées par cette odeur. Les résultats ont montré que pendant leur phase fertile, les femmes se sentent davantage attirées par l’odeur d’hommes symétriques, ayant un niveau élevé de testostérone et d’androstérone, ainsi que des hommes socialement dominants. Ainsi, les femmes assurent leur descendance en étant attirées, au bon moment, par des hommes portant de « bons » gènes et présentant des qualités de dominance physique ou sociale, qui leur permettront de protéger leurs enfants.

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La Stratégie Duale : Fidélité et Bons Gènes

Toutefois, toutes les femmes ne peuvent pas être mariées à Johnny Depp. Par la force des choses, certaines doivent se contenter d’individus moins attirants et ayant moins d’atouts génétiques. À cela s’ajoute le fait que les hommes les plus séduisants ne sont pas toujours les meilleurs candidats pour une relation à long terme. En effet, de nombreuses femmes s’intéressent à eux et ils ont, de ce fait, plus d’opportunités d’être infidèles. Les femelles oiseaux ont trouvé une solution : elles s’assurent un compagnon dévoué en cohabitant avec un mâle médiocre, mais elles assurent la qualité génétique de leur descendance en s’accouplant avec de beaux mâles. Les scientifiques appellent cela la stratégie duale des femelles… À tel point que chez le passerin indigo, un petit oiseau bleu d’Amérique du Nord, environ 40 pour cent des petits qu’un mâle nourrit dans son nid ne sont pas de lui ! Évidemment, les femelles infidèles ne choisissent pas n’importe quel mâle : elles s’accouplent avant tout avec des amants plus dominants, plus âgés, ou plus attirants, dotés de plumes caudales plus longues ou plus symétriques.

L’étude des oiseaux nous renseigne-t-elle sur la sexualité féminine chez l’être humain ? A priori non. Mais elle permet d’élaborer des hypothèses qui peuvent ensuite être testées. C’est ce qu’ont fait des psychologues qui ont constaté que les femmes se sentent moins engagées vis-à-vis de leur partenaire pendant leur phase fertile. Ce faisant, elles optimisent les chances de concevoir un enfant avec un reproducteur portant de bons gènes, fût-ce dans le cadre d’une relation extraconjugale.

La Physiologie de l'Orgasme et la Sélection du Sperme

La physiologie du rapport sexuel apporte même sa contribution à cette stratégie : les psychologues Robin Baker et Mark Bellis, de l’Université de Manchester, ont montré que, lors de rapports sexuels, la quantité de sperme retenu dans le vagin dépend du type d’orgasme de la femme. Si la femme n’a pas d’orgasme ou si elle a un orgasme plus d’une minute avant son partenaire, très peu de sperme reste dans le vagin. En revanche, si elle a un orgasme « tardif » - moins d’une minute avant lui ou jusqu’à 45 minutes après lui -, la plus grande partie du sperme reste dans le vagin. R. Baker et M. Bellis ont découvert que chez des femmes fidèles, environ 55 pour cent des orgasmes sont du type tardif. Chez les femmes infidèles, seulement 40 pour cent des orgasmes avec leur mari, mais environ 70 pour cent des orgasmes avec leur amant sont tardifs.

Attraction Masculine et Fidélité

Paola Bressan et Debora Stranieri, à l’Univer-sité de Padoue, ont montré que les femmes en ménage se sentent davantage attirées par des hommes à l’apparence masculine pendant les jours fertiles de leur cycle, mais qu’un tel effet n’existe pas chez les femmes sans partenaire stable. Les psychologues expliquent cet effet par la stratégie double déjà mentionnée : assurer la supériorité génétique des descendants en s’accouplant avec un partenaire seulement pour une aventure adultère n’est intéressant que si les femmes ont un partenaire stable prêt à investir dans l’éducation des enfants. Ce partenaire stable est alors soumis à ce que l’on nomme l’incertitude de paternité, c’est-à-dire le risque d’assumer la garde et l’éducation d’enfants qui ne portent pas ses gènes. S’il est effectivement avéré que l’évolution a « programmé » les femmes à adopter une stratégie double pour leur reproduction, et si les effets de l’évolution persistent, on devrait observer un nombre non négligeable de familles où le père élève des enfants qu’il croit être les siens, mais dont il n’est pas le géniteur. Des études montrent que c’est effectivement le cas. R. Baker et M. Bellis ont montré par des tests génétiques réalisés à Liverpool, que moins de quatre individus sur cinq étaient les enfants de leur père présumé.

Infidélité Masculine et Monogamie Souple

S’il s’agissait de jeter la pierre aux femmes, il faudrait en faire autant des hommes. Leur stratégie, beaucoup plus simple et systématique, consiste à rechercher une multiplicité de relations sexuelles avec des femmes jeunes et belles. Réalisée récemment à l’Université du Wisconsin, l’analyse globale de 834 études consacrées aux comportements sexuels des hommes et des femmes, portant sur un million de personnes, montre que les hommes sont plus infidèles que les femmes, et que cette différence n’a pas diminué depuis 30 ans. La question n’est donc pas de présenter le sexe féminin comme infidèle ou manipulateur, il semble plutôt que chaque sexe ait ses stratégies d’infidélité liées à des impératifs différents en matière de reproduction. L’espèce humaine se caractérise par une monogamie « souple » qui privilégie les unions de deux partenaires, mais où les relations extraconjugales et l’infidélité sont assez fréquentes.

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L'Influence de l'Évolution sur nos Comportements

Néanmoins, l’humanité moderne a vu l’éclosion d’une sexualité en partie dissociée de cette logique de reproduction, et ce qui me paraît le plus fascinant dans ces travaux est le fait que, dans le domaine sexuel, tout comme dans d’autres domaines, nos comportements sont influencés par des mécanismes mis en place par l’évolution pour gérer des contraintes auxquelles devaient faire face nos ancêtres. Ces contraintes ont changé, voire disparu, mais les schémas de comportement qu’elles ont installés ont subsisté et il serait illusoire de vouloir les nier. Nous sommes porteurs d’un héritage sexuel ou amoureux qui nous guide encore bien souvent sans que nous en ayons conscience. Faut-il le laisser décider de nos actions, ou s’y opposer - par exemple en décrétant que les hommes et les femmes doivent s’interdire les relations extraconjugales ? À chacun de choisir, en connaissant les forces biologiques à l’œuvre !

L'Ovule et le Choix du Sperme : Une Nouvelle Perspective

Une nouvelle étude effectuée par des chercheurs de l’Université de Stockholm et de la NHS Foundation Trust de l’Université de Manchester, a démontré que les ovules utilisent des signaux chimiques pour attirer et choisir les spermatozoïdes. Les humains consacrent beaucoup de temps et d’énergie à choisir leur partenaire. « Les ovules humains libèrent des produits chimiques appelés chimioattractants, qui attirent les spermatozoïdes vers les œufs non fécondés. Dr John Fitzpatrick, boursier de l’Académie Wallenberg, du Département de zoologie de l’Université de Stockholm. Les chercheurs ont examiné la réponse des spermatozoïdes au liquide folliculaire, qui entoure les ovules et contient des chimioattractants pour les spermatozoïdes.

Compatibilité et Non Rapidité

Dans le cadre de l'étude en laboratoire, des tests ont été effectués sur des couples suivis pour une fécondation in vitro, c'est-à-dire une fécondation réalisée artificiellement en laboratoire. Les chercheurs ont procédé à la récupération des fluides entourant l'ovule dans les follicules, petits sacs organiques où l'ovule libère ses molécules chimioattractantes. Ces follicules ont servi de milieu dans lequel les spermatozoïdes des participants ont été introduits. Les résultats mettent en évidence des réponses différenciées des spermatozoïdes face à chaque liquide folliculaire, soulignant l'influence des molécules chimioattractantes sécrétées par l'ovule. L'étude révèle que ces molécules ont tendance à attirer des spermatozoïdes provenant fréquemment d'hommes autres que le partenaire de la femme. Voici donc pourquoi on parle de compatibilité.

Cette recherche parue dans The Royal Society Publishing révèle que les chimioattractants libérés par l'ovule jouent un rôle déterminant dans le processus de fécondation. Ces molécules agissent comme des aimants, attirant et même aspirant les spermatozoïdes compatibles vers l'ovule, qui sélectionne ensuite celui qu'il préfère pour la fécondation. Le professeur John Fitzpatrick souligne ce point en précisant que, "lorsqu'on compare le sperme de deux hommes, les ovules attirent de 18 à 40% de spermatozoïdes supplémentaires du mâle préféré". En résumé, la fécondation n'est pas simplement le résultat du spermatozoïde le plus rapide, mais plutôt de celui qui est compatible avec les molécules sécrétées par l'ovule, c'est-à-dire, les chimioattractants.

Le Rôle des Chimioattractants

Ainsi, la conception d'un enfant ne dépend pas uniquement de l'amour ou de l'alchimie entre deux partenaires, mais plutôt de la compatibilité chimioattractante dégagée par l'ovule. Cette étude suggère que la chimie entre les gamètes joue un rôle primordial, remettant en question l'idée romantique selon laquelle l'amour est le seul moteur de la reproduction, comme le souligne le professeur John Fitzpatrick.

Détection de l'Ovulation et Fertilité

La pilule contraceptive influence les femmes dans le choix de leur partenaire sexuel, suggèrent Alexandra Alvergne et Virpi Lummaa, de l'Université de Sheffield, au Royaume-Uni, dans une synthèse des recherches publiées ces dernières années. Pour la psychologie évolutionniste et l'écologie comportementale, branches de la psychologie et de l'éthologie qui s'inspirent de la théorie néodarwinienne de l'évolution, la principale fonction de l'attirance des sexes et du sentiment amoureux est de maximiser les chances de se reproduire et de transmettre ses gènes. Ainsi, la sélection naturelle aurait favorisé, chez la femme, la capacité à reconnaître les indices de « qualité génétique » chez l'homme lorsque la reproduction a le plus de chances de réussir, c'est-à-dire autour de l'ovulation.

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