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Grossesse, Tabac, Alcool et Trisomie 21 : Évaluation des Risques

L'âge moyen de la maternité se situe aujourd'hui autour de 28 ans. Cependant, après 35 ans, les médecins commencent à parler de maternités tardives, considérées comme étant à risque. Qu'en est-il réellement ? Cet article vise à explorer les risques associés à la grossesse tardive, en mettant en lumière les dangers potentiels liés au tabac, à l'alcool, ainsi qu'au risque accru de trisomie 21.

L'évolution de l'âge de la maternité

Les maternités tardives, après 35 ans, ne sont plus des exceptions. La part des mères qui accouchent à 35 ans ou plus est passée de 13 % en 1991 à 22 % en 2011. Une tendance qui augmente progressivement : au cours des 10 dernières années, les femmes de 30 ans ou plus ont eu davantage d’enfants que les générations précédentes. Trouver le conjoint idéal pour faire un bébé, mener sa carrière à bien avant d’être enceinte… par choix ou par contrainte, les Françaises reculent de plus en plus l’âge de la maternité. Mais de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour mettre en garde les femmes sur les risques liés à ces grossesses tardives.

Risques liés à l'âge maternel avancé

En avril 2005, le Haut Conseil de la population et de la famille émettait un avis destiné à informer les femmes sur les risques qu’elles courent et qu’elles font courir à leurs enfants en faisant des bébés sur le tard. Parmi ces risques, le risque de trisomie 21 est mis en avant. " Ce risque concerne l’ensemble des grossesses mais il augmente fortement lorsque l’âge de la mère est supérieur à 35 ans. Il est de l’ordre de 1/400 naissances à 35 ans et passe à 1/100 naissances à 40 ans. " L’avis mettait aussi en garde sur les risques accrus d’accouchement prématuré. Du côté de la mère, l’avis pointait la fréquence augmentée de grossesses multiples et leur cortège de complications, de césariennes et d’accouchements difficiles. Enfin, il soulignait aussi le risque de décès maternel qui " est quatre fois supérieur à celui encouru par les mères de moins de 30 ans ". Tout en précisant toutefois que la mort en couches entre 40 et 45 ans est rare (21 mères pour 100 000 naissances).

Suivi médical et dépistage prénatal

En France, les femmes bénéficient d’un suivi médical important durant la grossesse : échographies, doppler, monitoring, bilans sanguins, soins spécifiques. Le suivi obstétrical est encore plus rigoureux pour les grossesses tardives. Couplé aux progrès de la médecine, ce suivi permet désormais à ces grossesses de se dérouler presque comme toutes les autres.

Concernant le risque de trisomie 21, il faut rappeler que le risque réel de naissance d’un enfant trisomique est faible et le plus souvent nul en raison du dépistage prénatal. En effet, si la femme enceinte a plus de 38 ans, le gynécologue peut proposer au couple de bénéficier de plusieurs examens (prise de sang maternelle pour dosage des marqueurs sériques, mesure de la clarté nucale, amniocentèse, prélèvement de villosités choriales) qui permet d’étudier les chromosomes du fœtus (caryotype). Dans le cas d’une grossesse gémellaire, l’amniocentèse est souvent plus difficile (prélèvement redondant, permutation des échantillons, mauvaise identification du fœtus atteint en cas de discordance). Il est recommandé qu’elle soit menée par un opérateur entraîné au prélèvement pour des grossesses multiples. Cet examen détermine si le fœtus est ou non porteur d’une malformation chromosomique comme la trisomie 21. Rappelons toutefois que le dépistage prénatal n’est pas une obligation et que le couple peut décider de le refuser.

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Fertilité et âge

Le tout premier risque lié à l’âge tardif de la femme est sans nul doute celui de ne jamais avoir d’enfant ! Il ne faut pas l’oublier : les chances d’être enceinte diminuent au fur et à mesure que l’on avance en âge. On peut ainsi estimer qu’une femme cherchant à avoir un enfant vers 30 ans a 75 % de chances d’y parvenir en 12 mois, 66 % de chances si elle commence à 35 ans, et 44 % si elle commence à 40 ans. Le recours aux divers traitements contre la stérilité n’est pas une garantie de succès. Ces traitements ont une faible efficacité avec l’avancée en âge. De nombreuses équipes médicales ne les appliquent pas après 40 ans, et ils ne sont plus pris en charge par la Sécurité sociale après 43 ans.

Grossesses multiples

Avec l’avancée en âge ou suite aux stimulations ovariennes, les femmes ont plus souvent des grossesses multiples. En cas de grossesse multiple, le risque d’accouchement prématuré est proche de 50 % pour des jumeaux et de 90 % pour des triplés. Plus la prématurité est grande et plus les risques pour la santé de l’enfant sont importants. Pour une bonne prévention de la prématurité, le choix de la maternité devra être fait en fonction du nombre d’enfants attendus et de la complexité de la grossesse. Le suivi et l’accouchement doivent être prévus dans une maternité dite de niveau 2 (maternité disposant d’un service de néonatologie) voire de niveau 3 (maternité disposant d’un service de néonatologie et de réanimation néonatale). Seuls ces établissements disposent du maximum de sécurité humaine (anesthésistes, pédiatres, néonatologistes, sage-femmes, médecins obstétriciens) et matérielle, tant pour les nouveau-nés qui reçoivent immédiatement tous les soins nécessaires que pour les mères.

Tabac et grossesse : une combinaison dangereuse

Le tabagisme maternel durant la grossesse est associé à une augmentation du risque d'anomalie chromosomique dans les cellules fœtales, selon une étude préliminaire. Ces auteurs ont étudié les amniocytes (cellules d'origine fœtale dans le liquide amniotique) de 25 femmes contrôles et de 25 femmes qui fumaient 10 cigarettes ou plus depuis au moins 10 ans. Les auteurs ont noté des différences entre les fumeuses et les non fumeuses, notamment pour la proportion d'anomalies chromosomiques : 12,1 % chez les fumeuses et 3,5 % chez les sujets contrôles. La proportion de cellules en métaphase et avec une instabilité chromosomique était également plus élevée chez les fumeuses (10,5 % contre 8,0 %). De plus, la proportion de lésions chromosomiques était de 15,7 % chez les fumeuses et 10,1 % dans le groupe contrôle. Néanmoins, ils sont en accord avec les nombreuses études publiées sur les effets néfastes du tabac pendant la grossesse.

Alcool et grossesse : zéro tolérance

Toutes les consommations de substances psychoactives (tabac, alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, médicaments à base de dérivés de la morphine…) présentent des risques de complications pour vous et votre enfant à naître (fausse-couche, grossesse extra-utérine, accouchement prématuré, restriction de croissance…). L’alcool est à proscrire dès le désir de grossesse, c’est-à-dire que vous ne devez pas consommer d’alcool dès lors que vous arrêtez votre contraception dans le cadre d’un projet de grossesse. En effet, l’alcool expose le fœtus à des conséquences graves sur son développement représentant ainsi la 1ère cause de retard mental évitable.

Comme la science n’est pas en mesure de savoir à partir de quelle quantité d’alcool et quelles conséquences précises entrainent une consommation d’alcool, il est recommandé de ne pas en consommer du tout pendant la grossesse. L’arrêt ou la diminution de ces substances peuvent être difficiles car ces produits sont particulièrement addictifs, nous vous encourageons donc à en parler le plus tôt possible pour vous apporter le soutien dont vous avez besoin. La consommation d'alcool chez la femme enceinte est la première cause non génétique de handicap mental chez l'enfant en France. Pourtant, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire parue en 2013, environ 23 % des Françaises consomment de l'alcool pendant leur grossesse.

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Pendant la grossesse, la prise d’alcool est particulièrement néfaste : l’alcool passe la barrière du placenta et se retrouve dans le sang du fœtus à des concentrations plus élevées que celles présentes dans le sang de la mère. En effet, le foie du fœtus n’est pas encore capable d’éliminer l’alcool comme chez les adultes. La consommation de boissons alcoolisées est toxique pour le fœtus à tous les stades de la grossesse. Au cours du premier trimestre, l’alcool peut être à l’origine de malformations anatomiques du visage du bébé.

Les conséquences de l’exposition du fœtus à l’alcool sont regroupées sous le terme d’ « ensemble de troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) », susceptibles d’entrainer pendant l’enfance des difficultés d’apprentissage, des troubles du langage, des problèmes de mémoire et de raisonnement, ainsi qu’un retard du développement moteur (équilibre, temps de réaction, coordination des mouvements, etc.). Des troubles du développement social peuvent également apparaître à l’adolescence, ainsi que des troubles du psychisme. Des enquêtes ont été menées afin de mieux comprendre pourquoi l’alcoolisation fœtale était encore un problème en France aujourd’hui. Dans la très vaste majorité des cas, l’alcoolisation fœtale est observée chez des femmes qui sont dans l’ignorance ou le déni de la toxicité des boissons alcoolisées pendant la grossesse et qui, de plus, tendent à sous-estimer leur consommation. Lorsqu’une consommation problématique est dépistée, il va mettre en place un plan d’action visant à diminuer, si possible supprimer, la quantité de boissons alcoolisées ingérée pendant la grossesse. S’il craint des conséquences précoces de l’alcoolisation fœtale, il alertera la future mère et son obstétricien pour permettre une prise en charge adaptée du nouveau-né dès l’accouchement.

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