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Fausse couche à 9 semaines : causes, symptômes et prise en charge

La fausse couche, une épreuve douloureuse pour les futurs parents, est définie comme l'interruption spontanée d'une grossesse avant la 20e semaine d'aménorrhée (SA). Bien que fréquente, elle reste un sujet délicat et souvent entouré de silence. Comprendre les causes, les symptômes et les options de prise en charge est essentiel pour accompagner au mieux les femmes et les couples confrontés à cette situation.

Causes des fausses couches

Les fausses couches sont le plus souvent dues à des anomalies génétiques de l’embryon ou à des problèmes de santé de la mère.

Anomalies embryonnaires

Dans environ 60 % des cas, et en particulier pendant le premier trimestre de la grossesse, les fausses couches sont dues à des anomalies de l’embryon qui empêchent son développement normal. Il peut s’agir d’anomalies au niveau des chromosomes (qui se sont mal répartis avant ou après la fécondation) ou d’anomalies du développement embryonnaire (par exemple, au niveau du cœur ou du système nerveux).

Parfois, les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'un embryon. C'est ce que l'on appelle un « œuf clair », également désigné comme grossesse non embryonnée. Il est diagnostiqué par échographie ou peut provoquer des symptômes de fausse couche. Dans certains cas, il se résorbe spontanément en entraînant quelques saignements vaginaux discrets.

Une autre cause de grossesse non évolutive est la mort embryonnaire, où le cœur de l’embryon cesse de battre.

Lire aussi: Prise en charge après une fausse couche

Facteurs maternels

Certaines maladies maternelles augmentent le risque de fausse couche. Cela inclut :

  • Infections: Toxoplasmose, rubéole, listériose, infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus.
  • Âge avancé: Le risque d’avortement spontané augmente avec l’âge de la mère. On estime que ce risque est de 9 % à 20 ans, de 20 % à 35 ans, de 40 % à 40 ans et de 80 % au-delà de 45 ans.
  • Anémie gestationnelle: L’anémie durant la grossesse est un trouble relativement habituel qui peut affecter négativement la grossesse et l’accouchement, mais aussi le fœtus ou le nouveau-né.
  • Infection des voies urinaires (IVU): Étant donné qu’il y a davantage de sang dans les reins et que la capacité de la vessie est plus réduite, l’urine peut retourner vers l’urètre, ce qui peut contribuer au développement d’infections des voies urinaires pendant la grossesse.

Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, l'activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche.

Facteurs de risque de fausse couche tardive

Bien moins fréquente que la fausse couche précoce, la fausse couche tardive résulte de causes différentes de celles des interruptions de grossesse du premier trimestre. Parmi les facteurs de risques de fausse couche tardive, on retrouve :

  • Infections vaginales à répétition (vaginose bactérienne, mycose, etc.).
  • Tabac.
  • Béance cervicale (lorsque le col n’est pas tout à fait fonctionnel).
  • Âge maternel avancé ou « extrême » (moins de 16 ans ou plus de 35 ans).
  • Privation de sommeil.
  • Antécédent de fausse couche tardive ou d’accouchement prématuré.
  • Malformation utérine.
  • Antécédent de trachélectomie (ablation chirurgicale du col de l’utérus).
  • Col court ou encore un col ouvert (avec ou sans la poche des eaux dans le vagin).

Autres types de grossesses non évolutives

  • Grossesse molaire: Une anomalie du développement du placenta, appelée maladie trophoblastique gestationnelle.
  • Grossesse ectopique: Aussi appelée grossesse extra-utérine, cette grossesse se développe en dehors de la cavité utérine. L’œuf s’implante dans les trompes de Fallope dans 96 à 98% des cas, ou sur un ovaire ou le col de l’utérus. L’œuf finit alors par se rompre. La grossesse extra-utérine peut provoquer une hémorragie massive il y a alors un risque pour la femme enceinte.

Symptômes d'une fausse couche

Les symptômes d'une fausse couche peuvent varier considérablement d'une femme à l'autre et dépendent du type de fausse couche.

Fausse couche spontanée

La fausse couche tardive se manifeste par des saignements vaginaux abondants et/ou des contractions utérines douloureuses. S’il y a rarement de signes avant-coureurs, une consultation en urgence est nécessaire dès la moindre alerte.

Lire aussi: Diagnostic de la fausse couche tardive

Fausse couche silencieuse

La fausse couche silencieuse, également appelée fausse couche retenue, a lieu lorsque la grossesse s’arrête sans signes d’expulsion spontanée et immédiate de l’embryon ou du fœtus. Ceci est dû à un fait essentiel : l’embryon n’est pas expulsé du corps de la femme. Dans un certain sens, le corps agit comme si la grossesse était encore en cours.

Il est improbable que ce type de fausse couche spontanée provoque un saignement ou une douleur intense, parfois seuls des symptômes très légers font leur apparition. Cela signifie que le diagnostic de la fausse couche silencieuse se révèle d’une manière particulière, normalement durant une visite chez le médecin et grâce à une échographie.

Grossesse non évolutive (œuf clair)

Dans le cas d’un œuf clair, vous ressentez les symptômes de grossesse liés à l’hormone Béta- HCG, comme le dérèglement de votre humeur lors du 1er mois, ou les nausées. Chez certaines femmes la grossesse non évolutive ne provoque pas de symptôme.

Diagnostic

Pour détecter une grossesse non évolutive, un examen par imagerie est nécessaire. Cet examen peut être effectué dès la 4ème semaine de grossesse, soit 6 semaines d’aménorrhée. Les critères posés pour un diagnostic ont été fondés dans le but d’éviter les erreurs de diagnostic.

Une fausse couche silencieuse ne peut être totalement confirmée qu’à l’aide d’une échographie ou d’une analyse de la hCG (hormone gonadotrophine chorionique humaine).

Lire aussi: Fausse couche embryonnaire : ce qu'il faut savoir

Prise en charge

La gestion de la fausse couche silencieuse peut varier en fonction de la situation et des préférences de la femme.

Attente

Dans de nombreux cas, si la grossesse n’évolue pas, le corps de la femme expulse naturellement le tissu fœtal quelques jours ou semaines après.

Traitement Médicamenteux

Si la patiente peut choisir d’attendre quelques jours que la fausse couche se déroule naturellement et spontanément, il est désormais recommandé de recourir à un traitement médicamenteux pour aider le corps à expulser l’embryon ou le fœtus. Il va vous prescrire un traitement médicamenteux au misoprostol. Cette molécule est la version synthétique de la prostaglandine E1.

Dilatation et curetage

Si le corps n’expulse pas naturellement tout le tissu fœtal ou à partir de 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée, un curetage peut être fait. Il s’agit d’un procédé médical au cours duquel le col de l’utérus est dilaté et les tissus qui se trouvent dans l’utérus sont retirés. Cette intervention peut être réalisée jusqu’à environ 22 semaines. Après vous avoir administré du misoprostol, une anesthésie générale est effectuée. Les protocoles sont très variables d’une équipe à l’autre.

Suivi psychologique

La perte de la grossesse peut provoquer une certaine angoisse. D’autant plus si la perte survient à un stade avancé de grossesse. Certaines femmes peuvent développer un syndrome dépressif. Un professionnel de santé peut vous aider à mieux traverser cette épreuve.

Prise en charge après une fausse couche tardive

L’interrogatoire du médecin sera alors important pour choisir la meilleure prise en charge à adopter. Il s’agira de rechercher un antécédent de fausse couche tardive ou d’accouchement prématuré, et de procéder à un bilan sanguin à la recherche d’une éventuelle infection. Le corps médical part généralement du principe qu’une patiente ayant déjà fait une fausse couche tardive est à risque d’en faire une autre. D’où la nécessité d’une prise en charge adaptée et d’un bilan, de préférence avant une nouvelle grossesse. On tentera de déterminer la ou les cause(s) de cette fausse couche tardive. Une échographie ou une IRM pelvienne pourra ainsi être prescrite avant une nouvelle grossesse, en vue d’éliminer la présence d’une éventuelle malformation utérine. Si une nouvelle grossesse survient après une fausse couche tardive, le cerclage n’est pas systématique, et plutôt réservé aux femmes ayant plusieurs antécédents de fausses couches.

Impact sur les grossesses futures

Si une fausse couche unique n’a aucune influence sur le succès des grossesses futures, l’existence de deux fausses couches successives (avec le même père) semble augmenter le risque d’en développer une nouvelle.

Aspects administratifs

Lorsque l’accouchement a lieu avant 22 semaines d’aménorrhée, le congé maternité n’est pas possible. En revanche, le médecin peut établir un arrêt de travail, lequel ouvre droit à une indemnisation par l’Assurance Maladie. Le père peut, quant à lui, bénéficier d’une autorisation exceptionnelle d’absence pour événement familial. Si l’accouchement intervient après 22 semaines d’aménorrhée, le congé maternité est accordé dans sa totalité, et selon les termes habituels (rang de l’enfant dans la fratrie). Quant à la reconnaissance de l’enfant sans vie et à son inscription dans le livret de famille, elle est possible à condition qu’un certificat d’accouchement ait été délivré. Lorsque l’accouchement a eu lieu avant 22 SA, la famille peut en faire la demande à l’équipe médicale, tandis qu’il est systématiquement délivré après le terme de 22 SA.

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