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Comprendre et Gérer les Avortements chez la Jument : Causes, Risques et Prise en Charge

L'avortement chez la jument est une source de déception et d'inquiétude pour tout éleveur. Déterminer la cause de cet événement est crucial pour la santé de la jument et la gestion future de son élevage. Bien que les raisons d'avortement chez les équidés soient diverses et souvent complexes, une investigation approfondie permet d'identifier la cause dans la majorité des cas.

Généralités sur la gestation et l'avortement chez la jument

La gestation chez la jument dure en moyenne 11 mois, soit entre 320 et 365 jours. On parle d'avortement lorsque le fœtus (non viable ou mort) et ses membranes sont expulsés avant le 300e jour de gestation. Au-delà de cette date, entre le 300e et le 320e jour, on parle de prématurité, car le fœtus est alors potentiellement viable. Les annexes fœtales, ou enveloppes, jouent un rôle crucial en protégeant le fœtus et en assurant ses fonctions vitales (respiration, nutrition, excrétion). Elles se situent entre le fœtus et l'utérus maternel.

Il est important de noter qu'une jument peut avorter sans présenter de signes cliniques évidents, surtout en début de gestation. Un éleveur attentif pourra cependant observer un manque d'appétit ou un abattement passager.

Causes infectieuses d'avortement

Les infections sont une cause majeure d'avortement chez la jument. Parmi les agents bactériens impliqués, les streptocoques et les colibacilles (bactéries environnementales) sont les plus fréquemment rencontrés. Plus rarement, des entérobactéries et des staphylocoques peuvent être en cause.

Les avortements d'origine virale sont principalement dus au virus de la rhinopneumonie équine (EHV1). Ce virus se transmet par voie respiratoire, par contact direct avec un avorton ou un placenta infecté, ou par l'intermédiaire d'un environnement contaminé (par exemple, un box de poulinage mal désinfecté). Les avortements infectieux se manifestent souvent par un épaississement et des zones de coloration anormale du placenta.

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Causes non infectieuses d'avortement

Outre les infections, d'autres facteurs peuvent provoquer un avortement chez la jument. Les gestations gémellaires sont responsables d'environ un quart des avortements non infectieux. Ces avortements surviennent généralement entre le 8e et le 9e mois de gestation.

Les anomalies placentaires, telles qu'un placenta mal vascularisé, déchiré, décollé ou insuffisamment développé, peuvent entraîner des échanges mère/fœtus inadéquats et conduire à un avortement. De plus, les juments présentant une fibrose de l'endomètre ont un risque significativement plus élevé d'avorter.

Diagnostic et prise en charge

Face à un avortement, il est crucial de contacter rapidement un vétérinaire. Celui-ci pourra vous indiquer la marche à suivre et procéder aux examens nécessaires pour déterminer la cause de l'avortement.

L'avorton et les enveloppes fœtales doivent être acheminés au laboratoire le plus rapidement possible pour analyse. Si le transport n'est pas possible, le vétérinaire peut procéder à une autopsie du fœtus sur place, dans un local facilement désinfectable.

Le recueil des commémoratifs (âge de la jument, stade de gestation, antécédents gynécologiques, traitements médicaux récents…) et l'examen des annexes permettent généralement de déterminer le type d'avortement (infectieux ou non infectieux).

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Traitement

Les avortements non infectieux et les avortements d'origine virale ne nécessitent généralement pas de traitement spécifique, mais un temps de repos de l'appareil génital est essentiel. En revanche, les infections bactériennes ou fongiques doivent être traitées rapidement et efficacement. Le traitement consiste généralement en l'administration d'antibiotiques (choisis en fonction des résultats d'un antibiogramme) ou d'antifongiques, administrés localement par irrigation utérine pendant 4 à 5 jours.

Prévention et surveillance

En cas de signes suspects tels qu'un écoulement vulvaire, un gonflement précoce des mamelles ou de la fièvre, il est impératif de consulter un vétérinaire. Un examen complet et une échographie permettent d'évaluer les signes vitaux du fœtus et de détecter d'éventuelles anomalies du placenta (comme un épaississement).

Métrite : une complication post-partum à surveiller

La métrite, une inflammation plus ou moins infectieuse de l'utérus, est une complication potentielle après le poulinage. La métrite aiguë, beaucoup plus grave et potentiellement mortelle, apparaît après la naissance du poulain. Un point essentiel est la surveillance de la délivrance, c'est-à-dire l'expulsion complète du placenta après la sortie du poulain. Si le placenta se déchire et qu'il en reste un morceau à l'intérieur, cela peut entraîner une métrite aiguë. Après l'expulsion, le placenta doit être soigneusement étalé au sol pour vérifier son intégrité.

Adénopathie du poulain

Les poulains peuvent se contaminer par inhalation et développer des abcès dans les poumons. Les adultes sont rarement atteints grâce à leur système immunitaire. La forme aiguë de l'adénopathie se manifeste par des symptômes brutaux suivis de la mort du poulain, tandis que la forme chronique a une apparition plus progressive et permet des soins.

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